Cellefrouin

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Cellefrouin
L'église abbatiale de Cellefrouin
L'église abbatiale de Cellefrouin
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Charente
Arrondissement Confolens
Canton Mansle
Intercommunalité Communauté de communes de Haute-Charente
Maire
Mandat
Jean Damerose
2008-2014
Code postal 16260
Code commune 16068
Démographie
Gentilé Cellefrouinais
Population
municipale
560 hab. (2011)
Densité 14 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 53′ 28″ N 0° 23′ 29″ E / 45.891, 0.3914 ()45° 53′ 28″ Nord 0° 23′ 29″ Est / 45.891, 0.3914 ()  
Altitude Min. 81 m – Max. 189 m
Superficie 40,09 km2
Localisation

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Cellefrouin est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente (région Poitou-Charentes).

Ses habitants sont les Cellefrouinais et les Cellefrouinaises[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation et accès[modifier | modifier le code]

Cellefrouin est une commune du nord-est de la Charente située 6 km à l'ouest de Saint-Claud et 33 km d'Angoulême. Elle est la plus étendue du canton de Mansle.

Le bourg de Cellefrouin est à 10 km de Chasseneuil-sur-Bonnieure, 11 km de Champagne-Mouton, 17 km de Mansle et 21 km de Ruffec[2].

La commune est traversée d'est en ouest par la D 739 de Fontafie en direction de Rochefort entre Saint-Claud et Mansle qui traverse le bourg. Un réseau de routes départementales secondaires et de routes communales relient la commune aux communes voisines ; la D 36, la D 62, la D 91 se croisent près du bourg. La D 175 passe au sud-est à Chavagnac[3].

La gare la plus proche est celle de Chasseneuil, desservie par des TER à destination d'Angoulême et de Limoges.

Hameaux et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Plus de cinquante hameaux sont disséminés sur toute l'étendue de la commune.

Le hameau le plus important de la commune est Chavagnac, situé dans le sud-est, sur la route de Chasseneuil. Parmi les autres hameaux : le Temple, dans le nord-est de la commune ; les Pradelières, près de la route de Mansle ; Lascoux, sur la route de Saint-Claud ; le Madinteau et les Forges, dans le nord-ouest ; le Lac et Fonfaix, dans l'est ; Goutibert, sur la route de Beaulieu ; Chez Cherves ; les Ages ; le Maschinet, près du Son ; la Merlière ; Puychétif ; l'Homme de l'Épine, dans le nord, etc.[3]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Cellefrouin
Ventouse Beaulieu-sur-Sonnette Parzac
Valence Cellefrouin Saint-Claud
La Tâche Saint-Mary Lussac,
Chasseneuil

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Le sol est calcaire et date du Jurassique moyen (Bajocien, Bathonien et Callovien à l'ouest). Les plateaux, sur une grande partie centrale de la commune, sont recouverts d'altérite et d'argile à silex, dépôts du tertiaire[4],[5],[6].

Article connexe : Géologie de la Charente.

Le Son parcourt toute la commune de l'est à l'ouest, dans une belle vallée, et la partage en deux parties à peu près équivalentes. La vallée est dominée de chaque côté par des plateaux élevés. Le point culminant de la commune est à une altitude de 189 m, situé au sud de la commune dans le Bois de Bel-Air. Le point le plus bas est à 81 m, situé sur le Son à la limite ouest. Le bourg est à 96 m d'altitude[3].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le Son à Cellefrouin

Le Son parcourt toute la commune de l'est à l'ouest.

Le ruisseau des Bourgons, affluent du Son-Sonnette coulant vers l'ouest, prend sa source dans la commune au sud du bourg dans le bois de Bel-Air.

La Sonnette, deuxième affluent du Son-Sonnette, passe en limite nord-ouest de la commune[3].

Le bourg comporte deux belles fontaines.

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Végétation[modifier | modifier le code]

Les bois couvrent plus du quart de la superficie totale et s'étendent principalement dans le sud, pour former le bois de Bel-Air.

Climat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Climat de la Charente.

Comme dans les trois quarts sud et ouest du département, le climat est océanique aquitain.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les formes anciennes sont Cellam Fruinensem en 1025-1028[7], Cellae Fruini en 1110[8], Cella Froyni en 1197[9], Cella Froino en 1032[10].

L'abbaye fut fondée vers 1025 par l'évêque de Périgueux avec l'aide de plusieurs habitants, dont un nommé Frouin, sans doute un seigneur local, qui donna son nom au monastère (cella)[11],[7]. L'abbé Rousselot émet l'hyothèse que le village existait peut-être avant le XIe siècle, sous le nom de Celle[12]. Au début du XXe siècle, on l'appellait encore dans la région de ce seul nom[13].

Limite dialectale[modifier | modifier le code]

Linguistiquement, la commune est située dans le dialecte marchois qui est considéré comme une langue d'oc, et marque la limite avec la langue d'oïl (à l'ouest)[14],[15]. Son nom est Cela Froïn en occitan[16].

Articles connexes : Langues de la Charente et Charente occitane.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'ancienne voie romaine d'Angoulême à Argenton traversait la commune du sud-ouest au nord-est, et des traces en ont été retrouvées au pont du Grand Peyrat sur un ruisseau, en limite avec la commune de La Tâche. La voie traversait le Son près du bourg. Perpendiculairement, au sud de la commune et dans le bois de Bel-Air, passait une autre voie romaine, entre Chassenon et la Terne[17].

Le bourg de Cellefrouin doit probablement son existence au monastère qui y fut fondé, vers l'an 1025 par Arnauld de Vitabre, évêque de Périgueux.

Cellefrouin était également le siège d'une châtellenie qui, vers la fin du XIIe siècle, appartenait à la puissante maison de La Rochefoucauld. Au XVIe siècle cette châtellenie comprenait les paroisses de Cellefrouin, La Tâche, Beaulieu et Ventouse. À cette époque, Louis Prévost de Sansac acquit les deux tiers de la châtellenie par un échange avec Louis de La Rochefoucauld, seigneur de Montendre. Dès lors, Cellefrouin ne fut plus qu'une dépendance de Sansac[11].

L'état des paroisses de 1686 nous apprend que madame de Besse, comtesse de Sansac, est dame de cette paroisse de 318 feux où sont produits du grain et des châtaignes et où se pratique l'élevage[18].

Une ancienne coutume a existé parmi les habitants depuis le Moyen Âge jusqu'à la Révolution. Chaque année, le jour de la Pentecôte, un habitant était élu baron et placé au milieu d'une table au fond de la halle. Il était accusé « d'avoir porté de l'eau dans une plaine à l'aide d'un crible, afin d'y faire noyer les lièvres, et d'avoir fait brûler les poissons dans la rivière. » On le jetait alors dans le Son, et une fois sorti de l'eau, il était dédommagé de trois livres pour sa peine. Il distribuait aussi des bouquets aux spectateurs, qui devaient le rémunérer. Ceux qui refusaient étaient aussi jetés à l'eau. Cette étrange coutume avait été condamnée par plusieurs arrêtés du Parlement, en particulier celui du qui donnait des peines sévères aux contrevenants[11].

Administration[modifier | modifier le code]

La mairie
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2001 2005 André Moreau    
2005   Jean Damerose SE Retraité directeur commercial
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 560 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1841 1846 1851 1856
1 628 1 819 1 934 2 018 2 043 2 069 2 117 2 091 2 008
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
2 047 1 821 1 750 1 805 1 777 1 720 1 674 1 616 1 586
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 544 1 559 1 199 1 140 1 125 1 098 958 907 840
1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009 2011
730 593 580 563 508 500 494 551 560
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[19] puis Insee à partir de 2004[20])
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Cellefrouin en 2007 en pourcentage[21].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90  ans ou +
1,1 
10,0 
75 à 89 ans
14,4 
22,1 
60 à 74 ans
18,8 
22,1 
45 à 59 ans
24,0 
15,7 
30 à 44 ans
17,3 
13,6 
15 à 29 ans
11,8 
16,4 
0 à 14 ans
12,5 
Pyramide des âges du département de la Charente en 2007 en pourcentage[22].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
90  ans ou +
1,6 
8,2 
75 à 89 ans
11,8 
15,2 
60 à 74 ans
15,8 
22,3 
45 à 59 ans
21,5 
20,0 
30 à 44 ans
19,2 
16,7 
15 à 29 ans
14,7 
17,1 
0 à 14 ans
15,4 

Économie[modifier | modifier le code]

Équipements, services et vie locale[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'école est un RPI entre Cellefrouin et Saint-Mary. Cellefrouin accueille l'école primaire, et Saint-Mary l'école élémentaire[23].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Nicolas[modifier | modifier le code]

Façade de l'église et fontaine

L'église paroissiale Saint-Nicolas (également abbatiale Saint-Pierre), avec sa façade, est la plus ancienne de tout l'Angoumois, avec sa voûte du XIe siècle, sa coupole du XVIIe siècle; classée monument historique depuis 1907[24].

Lanterne des morts[modifier | modifier le code]

Lanterne des morts

La lanterne des morts de Cellefrouin est une lanterne des morts située dans le cimetière de Cellefrouin, en haut du bourg, et elle représente le monument de ce genre le plus parfait en France.

Ce petit monument, qui date du XIIe siècle, a environ douze mètres de hauteur. Il se compose d'un faisceau de huit colonnes dont quatre grosses et quatre plus petites. Ces colonnes sont supportées par un piédestal, qui repose sur un soubassement de cinq gradins. Une particularité très rare de l'édifice consiste en ce que les bases des colonnes sont munies de griffes. Les colonnes sont surmontées de huit assises en retrait, couronnées de dents triangulaires. La dernière assise consiste en une boule, qui supportait une croix, aujourd'hui brisée.

Le cône supérieur est percé de quatre petites fenêtres rectangulaires, destinées à laisser rayonner autour de l'édifice la lumière du fanal. Vers le milieu du cône, on voit une cinquième ouverture, plus petite que les précédentes[11].

Elle est classée monument historique depuis 1886[25].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Colonel Jean Neuville, combattant guerre de 1914-1918, maire de Cellefroin après sa retraite. Époux de Cynthia Orticoni, infirmière major aux Armées pendant la guerre de 1914-1918, représentante d'une des plus anciennes familles de la noblesse de Corse[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site habitants.fr, « Les gentilés de Charente »,‎ 2013 (consulté le 12 avril 2014)
  2. Distances orthodromiques prises sous ACME Mapper
  3. a, b, c et d Carte IGN sous Géoportail
  4. Visualisateur Infoterre, site du BRGM
  5. Carte du BRGM sous Géoportail
  6. [PDF] BRGM, « Notice de la feuille de La Rochefoucauld », sur Infoterre,‎ 1983 (consulté le 6 novembre 2011)
  7. a et b Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1989, 738 p. (ISBN 2-85023-076-6), p. 159
  8. Jean Nanglard, Cartulaire de l'église d'Angoulême, t. IX, Bulletins et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente, imprimerie G.Chasseignac,‎ 1899 (1re éd. 1180), 296 p. (lire en ligne), p. 94,124
  9. Jean Nanglard, Livre des fiefs de Guillaume de Blaye, évêque d'Angoulême [« Liber feodorum »], t. 5, Société archéologique et historique de la Charente,‎ 1905 (1re éd. 1273), 404 p. (lire en ligne), p. 24-26
  10. Histoire passion, « Cartulaire de l'abbaye Saint-Pierre de Cellefrouin »,‎ 1032-1048 (consulté le 12 avril 2014)
  11. a, b, c et d Jules Martin-Buchey, Géographie historique et communale de la Charente, édité par l'auteur, Châteauneuf,‎ 1914-1917 (réimpr. Bruno Sépulchre, Paris, 1984), 422 p., p. 102-103
  12. Pierre Jean Rousselot, Les modifications phonétiques du language, étudiées dans le patois d'une famille de Cellefrouin (Charente), H. Welter,‎ 1891, 372 p. (lire en ligne), p. 153
  13. Jean Talbert, Origine des noms de lieux, 1928
  14. Charles de Tourtoulon et Olivier Bringuier, Limite géographique de la langue d'oc et de la langue d'oil, Paris, Imprimerie nationale (réimprimé en 2007 par Massert-Meuzac, IEO),‎ 1876, 63 p. [[ Carte de la limite oc-oil en France, partie ouest, visualisation en ligne]]
  15. Jean-Hippolyte Michon, Statistique monumentale de la Charente, Paris, Derache (réimprimé en 1980 par Bruno Sépulchre, Paris),‎ 1844, 334 p. (lire en ligne), p. 55
  16. (oc) Jean Urroz, « Les noms des communes en Charente occitane »,‎ 2005 (consulté le 12 avril 2014)
  17. Christian Vernou, La Charente, Maison des Sciences de l'Homme, Paris, coll. « Carte archéologique de la Gaule »,‎ 1993, 253 p. (ISBN 2-87754-025-1), p. 140
  18. Histoire passion
  19. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  20. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  21. « Evolution et structure de la population à Cellefrouin en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 29 juillet 2010)
  22. « Résultats du recensement de la population de la Charente en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 29 juillet 2010)
  23. Site de l'inspection académique de la Charente
  24. « Église Saint-Nicolas », base Mérimée, ministère français de la Culture
  25. « Lanterne des morts », base Mérimée, ministère français de la Culture
  26. Jean-Christophe Orticoni, Nouvel Armorial Corse, éditions Jeanne Laffitte, 1992

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Rousselot, Les modifications phonétiques du langage étudiées dans le patois d’une famille de Cellefrouin, thèse, 1892.

Liens externes[modifier | modifier le code]