Camille Laurin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Camille Laurin
Illustration.
Fonctions
7e Vice-premier ministre du Québec
Prédécesseur Jacques-Yvan Morin
Successeur Marc-André Bédard
Ministre des Affaires sociales du Québec
Prédécesseur Pierre Marc Johnson
Successeur Michel Clair
Ministre de l'Éducation du Québec
Prédécesseur Jacques-Yvan Morin
Successeur Yves Bérubé
Député de Bourget
Prédécesseur Huguette Boucher-Bacon
Successeur Diane Lemieux
Prédécesseur Jean Boudreault
Successeur Claude Trudel
Prédécesseur Paul-Émile Sauvageau
Successeur Jean Boudreault
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Charlemagne
Date de décès (à 76 ans)
Lieu de décès Vaudreuil-Dorion
Parti politique Parti québécois
Diplômé de Université de Montréal
Profession Psychiatre

Camille Laurin, né le à Charlemagne et mort le à Vaudreuil-Dorion, est un psychiatre, homme politique et ministre canadien. il a notamment contribué à la rédaction de la Charte de la langue française, devenu la loi 101.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Camille Laurin a réalisé ses études classiques au collège de l'Assomption[1], où il est exposé aux idées nationalistes du chanoine Lionel Groulx. Il s'éloigne ensuite du goulxisme, partageant les critiques libérales contre le duplessisme, et adhère aux jeunesses étudiantes catholiques, groupe qui a fourni de nombreuses personnalités libérales et qui était le rival de l'Association canadienne de la jeunesse canadienne-française, fidèle à Lionel Groulx[2].

Camille Laurin obtient son diplôme de médecin à l'université de Montréal puis il effectue un stage postdoctoral en psychiatrie à l'hôpital d'État de Boston. Il se forme à la psychanalyse à Paris[réf. souhaitée], puis fait une carrière médicale et universitaire, qui le conduit à être professeur agrégé et directeur du département de psychiatrie à l'université de Montréal.

Premiers engagements professionnels et politiques[modifier | modifier le code]

En 1961, Laurin signe la postface du livre de Jean-Charles Pagé Les fous crient au secours, sur les hôpitaux psychiatriques. Il est l'un des fondateurs du mouvement souverainiste québécois, se prononçant en faveur de l'indépendance du Québec.

Il est l'un des sept premiers députés élus du Parti Québécois. Il est leader de l'aile parlementaire de 1970 à 1973, année où il est défait dans sa circonscription. Il est réélu lors des élections générales québécoises de 1976.

Expérience ministérielle[modifier | modifier le code]

Camille Laurin (à gauche sur la photo), Robert Gaulin et Jean-Pierre Charbonneau, alors qu'il participent à un colloque dans une université en 1981.

En tant que ministre d'État au Développement culturel dans le premier gouvernement du Parti québécois élu en 1976, il guide l'adoption de la loi 101, qui établit le français comme seule langue officielle de l'État québécois. Plus tard, le premier ministre René Lévesque appuie cette loi publiquement, mais il hésitait à faire de même en privé. Lévesque pensait que devoir légiférer sur la langue de la majorité était une « humiliation nécessaire » en raison de la « situation coloniale » québécoise[3].

En 1982-1983, Laurin fait adopter la « Loi sur l'accréditation et le financement des associations d'élèves ou d'étudiants », ce qui est le début de la reconnaissance officielle des associations et fédérations étudiantes postsecondaires.

Laurin signe, le , la « lettre des douze », dans laquelle la moitié des ministres du gouvernement Lévesque s'opposent à la stratégie du « beau risque » du premier ministre et réclament que la souveraineté soit au cœur de la campagne électorale de l'année suivante. Le , il démissionne de ses responsabilités ministérielles, comme six autres collègues[4]. Il quitte son poste de député de l'Assemblée nationale du Québec le .

Il revient au Parti québécois après l'accession de Jacques Parizeau au poste de chef du parti et reprend son siège de Bourget à l'élection du 12 septembre 1994, mais le premier ministre Parizeau ne lui confie aucune responsabilité ministérielle. Il quitte définitivement la vie politique en 1998, en raison de problèmes de santé.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Camille Laurin meurt le (à 76 ans), à la suite d'un cancer du foie et du système lymphatique[5].

Le fonds d’archives de Camille Laurin est conservé au centre d’archives de Québec de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec[6].

Distinctions et honneurs[modifier | modifier le code]

  • 1986 : prix Chomedey-de-Maisonneuve, de la Ville de Montréal[7]
  • 1989 : prix d'excellence du Département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal[7]
  • 1990 : prix d'excellence en psychiatrie (désigné comme le Prix Heinz E. Lehman depuis 2002), de l'Association des médecins psychiatres du Québec[7]
  • 1993 : médaille du 150e anniversaire de la Faculté de médecine de l'université de Montréal[7]
posthumes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Camille Laurin : biographie », sur assnat.qc.ca
  2. Charles-Philippe Courtois, Histoire intellectuelle de l'indépendantisme québécois, t. II, Montréal, VLB Éditeur, , 370 p., « Paul Bouchard et les séparatistes de La Nation, 1936-1937 », p. 86-101
  3. Picard 2003, op. cit.
  4. Duchesne, Pierre (2002). Jacques Parizeau, vol. 2 : Le Baron, 1970-1985, Québec Amérique, Montréal. p. 493-502.
  5. « Avis de décès de Camille Laurin », sur Touslesdeces.com (consulté le 21 mars 2016)
  6. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, « Fonds Camille Laurin (P706) » (consulté le 10 février 2014)
  7. a, b, c, d et e « Camille Laurin », dans L'Encyclopédie canadienne
  8. « Prix Camille-Laurin », de oqlf.gouv.qc.ca

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Un hommage lui a été rendu sous forme d'articles rédigés par d’anciens collègues et parlementaires dans le numéro de janvier 2017 de la publication Le temps de parole, quarante ans après l’adoption de la Charte de la langue française[1].

Liens externes[modifier | modifier le code]