Camille Laurin

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Camille Laurin
Portrait de Camille Laurin

Bronze, en deux exemplaires, à l'effigie de Camille Laurin,
l'un à l'angle des rues Saint-Urbain et Sherbrooke à Montréal (en juin 2011), l'autre au parc de la Francophonie à Québec (le 6 mai 2015), par l'artiste peintre-sculpteur Léonard Simard (1933-2010).
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à MontréalVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 76 ans)
à Vaudreuil-DorionVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité CanadaVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Université de MontréalVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession Psychiatre et personnalité politiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Université de MontréalVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Commandeur de l'ordre de la Pléiade (d) () et prix Chomedey-de-Maisonneuve ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Camille Laurin (Charlemagne, - Vaudreuil-Dorion ) est un psychiatre et un homme politique québécois. Il a été ministre dans le gouvernement de René Lévesque. Il est connu comme « le père de la Charte de la langue française », la loi 101.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Camille Laurin a réalisé ses études classiques au Collège de l'Assomption[1], où il fut exposé aux idées nationalistes du chanoine Groulx. Il s'éloigna ensuite du goulxisme, partageant les critiques libérales contre le duplessisme, et adhéra aux jeunesses étudiantes catholiques, groupe qui a fourni de nombreuses personnalités libérales et qui était le rival de l'Association canadienne de la jeunesse canadienne-française, fidèle à Lionel Groulx[2].

Camille Laurin obtient un diplôme en médecine à l'Université de Montréal. Après avoir obtenu son diplôme, Laurin part à Boston au Massachusetts, pour y faire un stage postdoctoral en psychiatrie à l'hôpital d'État de Boston (Boston State Hospital). Puis, après une période à Paris pour se perfectionner en psychanalyse, il revient pratiquer au Québec.

Premiers engagements professionnels et politiques[modifier | modifier le code]

En 1961, Laurin signe la postface du livre Les fous crient au secours, un livre de Jean-Charles Pagé sur les hôpitaux psychiatriques de l'époque. Il est alors professeur agrégé et directeur du département de psychiatrie à l'Université de Montréal. Il est l'un des fondateurs du mouvement souverainiste québécois, voyant l'indépendance du Québec comme une nécessaire psychothérapie collective qui traiterait le complexe d'infériorité des Québécois.

Camille Laurin fait partie des sept premiers députés élus du Parti Québécois. Il est leader de l'aile parlementaire de 1970 à 1973, année où il est défait dans sa circonscription. Il est réélu lors des élections générales québécoises de 1976.

Expérience ministérielle[modifier | modifier le code]

Camille Laurin (à gauche sur la photo), Robert Gaulin et Jean-Pierre Charbonneau, alors qu'il participent à un colloque dans une université en 1981.

En tant que ministre d'État au Développement culturel dans le premier gouvernement du Parti québécois élu en 1976, il guide l'adoption de la loi 101, qui établit le français comme seule langue officielle de l'État québécois. Plus tard, le premier ministre René Lévesque appuie cette loi publiquement, mais il hésitait à faire de même en privé. Lévesque pensait que devoir légiférer sur la langue de la majorité était une « humiliation nécessaire » en raison de la « situation coloniale » québécoise[3].

En 1982-1983, Laurin fait adopter la « Loi sur l'accréditation et le financement des associations d'élèves ou d'étudiants », ce qui est le début de la reconnaissance officielle des associations et fédérations étudiantes postsecondaires.

Laurin signe, le , la « lettre des douze », dans laquelle la moitié des ministres du gouvernement Lévesque s'opposent à la stratégie du « beau risque » du premier ministre et réclament que la souveraineté soit au cœur de la campagne électorale de l'année suivante. Le , il démissionne de ses responsabilités ministérielles, comme six autres collègues[4]. Il quitte son poste de député de l'Assemblée nationale du Québec le .

Il revient au Parti québécois après l'accession de Jacques Parizeau au poste de chef du parti et reprend son siège de Bourget à l'élection du 12 septembre 1994, mais le premier ministre Parizeau ne lui confie aucune responsabilité ministérielle. Il quitte définitivement la vie politique en 1998, en raison de problèmes de santé.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Camille Laurin meurt le (à 76 ans), à la suite d'un cancer fulgurant du foie et du système lymphatique[5].

Le fonds d’archives de Camille Laurin est conservé au centre d’archives de Québec de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec[6].

Honneurs[modifier | modifier le code]

  • 1986 : Prix Chomedey-de-Maisonneuve, de la Ville de Montréal[7]
  • 1989 : Prix d'excellence du Département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal[7]
  • 1990 : Prix d'excellence en psychiatrie (désigné comme le Prix Heinz E. Lehman depuis 2002), de l'Association des médecins psychiatres du Québec[7]
  • 1993 : Médaille du 150e anniversaire de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal[7]
posthumes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Camille Laurin : biographie », sur assnat.qc.ca
  2. Charles-Philippe Courtois, Histoire intellectuelle de l'indépendantisme québécois, t. II, Montréal, VLB Éditeur, , 370 p., « Paul Bouchard et les séparatistes de La Nation, 1936-1937 », p. 86-101
  3. Picard 2003, op. cit.
  4. Duchesne, Pierre (2002). Jacques Parizeau, vol. 2 : Le Baron, 1970-1985, Québec Amérique, Montréal. p. 493-502.
  5. « Avis de décès de Camille Laurin », sur Touslesdeces.com (consulté le 21 mars 2016)
  6. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, « Fonds Camille Laurin (P706) » (consulté le 10 février 2014)
  7. a, b, c, d et e « Camille Laurin », dans L'Encyclopédie canadienne
  8. « Prix Camille-Laurin », de oqlf.gouv.qc.ca

Liens externes[modifier | modifier le code]