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Paul Gouin

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Paul Gouin, né à Montréal le 20 mai 1898 et mort dans la même ville le 4 décembre 1976, est un avocat et un homme politique québécois. Il a été le chef de l’Action libérale nationale de 1935 à 1944. Il s’est aussi consacré à la conservation et à la promotion du patrimoine matériel et culturel canadien-français.

Origines familiales et vocation de service public

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Par sa mère Éliza, Paul Gouin est le petit-fils du premier ministre du Québec Honoré Mercier (1887-1891). Son père, Sir Lomer Gouin, fut aussi premier ministre du Québec (1905-1920). Son oncle, Honoré Mercier (fils), fut ministre dans les gouvernements québécois libéraux de 1914 à 1936, et son frère aîné, Léon Mercier-Gouin, sénateur (1940-1976)[1],[2],[3]. En 1964, Gouin confirme l’importance de ces influences familiales sur sa volonté de service public :

« Nous avons été élevés, mon frère et moi, dans un contexte […] où l’on ne peut guère s’évader du souci de la chose publique, du souci de servir et du souci de rendre ce qu’on a reçu. J’ose prétendre, vous m’en pardonnerez l’apparente vanité, que ni mon frère ni moi, chacun à notre façon, selon notre tempérament et selon les circonstances, n’avons manqué à cette impérieuse vocation. Pour ma part, il ne me paraissait pas facultatif de servir ou de me refuser. J’ai fait ce qui était naturel »[4].

Études et débuts professionnels

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Après ses études primaires au Jardin de l’enfance à Montréal, puis son cours classique au Séminaire de Québec, Paul Gouin interrompt ses études au cours de la Première Guerre mondiale pour servir comme lieutenant dans le 1er bataillon blindé canadien en Angleterre. Il étudie le droit aux universités Laval et de Montréal. Il est reçu au barreau le 30 aout 1920[5],[6]. Il épouse Gabrielle Garneau le 12 octobre 1922. Il pratique le droit à Montréal jusqu’en 1929 dans le cabinet Beaulieu et Gouin, puis Cormier, Gouin et Demers. Il a peu d’intérêt pour cette profession et se consacrera à d’autres activités[7],[3].

Une passion pour l’histoire

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L’histoire passionne Gouin. Il prononce dès 1925 des conférences sur des sujets historiques[8]. En 1927, il publie aux Éditions du Mercure[9],[Note 1], un livre illustré par Jean Palardy et intitulé Médailles anciennes. Poèmes historiques[10]. Le recueil, dédicacé « à mon père à qui je dois tout » et « à ma femme, mon inspiratrice de chaque jour[11] », offre des poèmes de facture classique rendant hommage à une vingtaine de figures majeures de l’histoire de la Nouvelle-France, dont Champlain, Maisonneuve, Jean Talon, Louis Hébert, Michel Sarrazin, Marguerite Bourgeoys, Jean de Brébeuf, Kateri Tekakwitha, Dollard des Ormeaux[12]. Ce recueil démontre l’intérêt de Gouin pour l’histoire du Canada depuis la Nouvelle-France. Ses discours et ses essais sont riches en références historiques.

En 1930, Gouin sollicite le poste de conservateur du musée de la Province à Québec. Le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau le lui refuse. Gouin tente de nouveau sa chance en 1931, pour le poste d’assistant-conservateur, en plaidant que sa santé ne lui permet pas la pratique du droit. Le premier ministre lui propose plutôt un poste de juge au tribunal de la jeunesse, que Gouin refuse[13],[14],[15].

Hésitant quant à une profession, songeant brièvement au journalisme, il envisage en 1931 de faire un doctorat sur un personnage important de l’histoire du Canada français, mais y renonce appréhendant le temps considérable requis pour le réaliser. Sa passion pour l’histoire le conduit à l’étude des coutumes et de la vie quotidienne révélatrices du caractère et de la mentalité d’un peuple. Il est un collectionneur avide de livres, de mobilier et d’objets anciens du Canada français[16].

Développement d’une vision économique, sociale, culturelle et politique

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Au début de sa trentaine, Gouin concrétise sa volonté d’engagement politique et de service public. À la fin d’octobre 1929, l’effondrement de la bourse annonce la Grande Dépression. Gouin accueille chez lui en 1930 des rencontres hebdomadaires d’un groupe d’intellectuels qui, profondément troublés comme lui par les effets dévastateurs de la Grande Dépression au Québec, cherchent des solutions à la crise[17]. Dans ce contexte, Gouin, par des articles de presse et par des conférences, expose sa pensée économique, sociale, culturelle et politique. Rejeton d’une grande lignée politique, il se démarque publiquement par cet engagement intellectuel.

Sa réflexion privilégie deux thèmes : la nécessité de la conservation et de la mise en valeur de l’héritage culturel du Canada français et le développement économique et politique du Québec. Ces thèmes sont étroitement liés[18].

L’héritage culturel québécois

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Pour Gouin, l’héritage culturel associe le renforcement du « sentiment national » par l’éducation des enfants, la défense du « visage français » du Québec, la mise en valeur de l’artisanat[19]. Il appuie la campagne de refrancisation lancée par la Société des Arts, Sciences et Lettres de Québec. Il propose de redonner au Québec une physionomie et une atmosphère françaises en privilégiant des toponymes français, en s’attaquant à l’affichage en anglais, en recommandant des noms francophones pour les commerces, particulièrement pour ceux de l’industrie touristique[20].

Pour développer le patriotisme chez les jeunes, il recommande la lecture de livres écrits par des auteurs canadiens-français sur des personnages canadiens-français ou illustrant les réalités du pays[21]. Ces livres sont aussi offerts comme prix scolaires[22]. Il veut mettre les jeunes en contact avec des objets témoignant de la culture particulière du Canada français, des objets artisanaux qui constituent des « signes tangibles » de la patrie. Pour donner l’exemple, Gouin se fait construire à Saint-Sulpice, en 1934, une résidence selon le style des habitations de l’époque de la Nouvelle-France[23].

Dès le début des années 1930, Gouin promeut l’artisanat par des expositions et des conférences, par des inventaires des produits existants, par la relance et la revitalisation de la petite industrie artisanale[24]. Pour lui, l’artisanat joue un rôle économique non négligeable, en assurant des revenus aux artisans et aux familles grâce notamment à la vente d’objets aux touristes, par exemple la sculpture sur bois de Saint-Jean-Port-Joli vendue aux touristes[25]. En vue du tricentenaire de Montréal en 1942, il propose de restaurer une partie du Vieux-Montréal, la Place d’Armes d’abord, pour rétablir son apparence originale.

Selon Gouin, l’héritage culturel, la spécificité culturelle et la langue française s’inscrivent dans une stratégie économique nationale. Cette originalité culturelle et linguistique unique du Québec le rend intéressant pour les touristes[26]. Activement engagé en politique, Gouin demeurera soucieux de la valorisation de l’héritage culturel du Québec.

Une vision pour le développement économique et politique

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Paul Gouin par Arthur Lemay, 1933

La vision économique et politique que construit Gouin, comme sa vision de l’héritage culturel spécifique du Québec, promeut des réformes visant le progrès de la nation.

En 1933, alors que plusieurs préconisent la colonisation et le « retour à la terre » comme panacées au chômage et à la misère, Gouin renouvelle sa vision économique de l’agriculture[27]. Il propose notamment la création d’une commission pour que la colonisation soit menée de manière rationnelle[28]. Selon Gouin, le gouvernement doit financer l’électrification rurale, essentielle à l’efficacité, la productivité et au confort des exploitants agricoles[29]. Elle l’est tout autant pour développer une petite et moyenne industrie transformant sur place la production agricole en biens à valeur ajoutée. Ces industries emploient la main-d’œuvre que les travaux de la ferme n’occupent pas. Elles remplissent également plusieurs fonctions. Greffées aux fermes – tissage, fromagerie, mise en conserve, tannerie, forge, travail du bois, etc. –, elles répondent à des besoins quotidiens de la classe agricole, créent des produits pour de plus vastes marchés, et permettent aux Canadiens français de devenir eux aussi des entrepreneurs et des dirigeants d’industries. Elles soutiennent l’émergence d’une classe de professionnels au service des agriculteurs. Elles génèrent de la richesse et consolident progressivement l’autonomie économique du Québec en réduisant sa dépendance aux importations et à la fuite de richesse qui en découle[30].

Convaincu que « les petites industries locales, qui peuvent paraître insignifiantes en elles-mêmes, pourraient devenir, si elles étaient dirigées, organisées et coordonnées, la véritable ossature économique [du Québec] », Gouin ajoute qu’« il vaut mieux être les maîtres de la petite entreprise que les serviteurs ou plutôt les chômeurs de la grande[31] ».

Par ailleurs, Gouin souhaite la transformation de plusieurs institutions québécoises. Il demande la création d’une commission d’enquête pour réformer le système d’éducation[32]. Voyant l’incapacité des gouvernements à trouver des solutions efficaces aux maux issus de la Grande Dépression, il réclame, à l’automne 1932 et de nouveau en février 1933, que le Conseil législatif soit transformé en un « Conseil économique national dont feraient partie nos compétences ». Un pareil organisme, formé de personnes nommées pour leur compétence, proposerait les meilleurs moyens de surmonter la crise et d’entreprendre un grand développement économique, social et culturel. Gouin n’abandonnera jamais la conviction que le système politique doit faire place aux experts. Pour lui, il faut abandonner les politiques purement partisanes et combattre la subordination de trop d’élus aux puissances de l’argent par des politiques rationnelles et réfléchies élaborées par des experts[33].

L’engagement politique (1934-1944)

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Le 23 avril 1934, l’Association de la Jeunesse libérale de Montréal invite Paul Gouin, qui intervient régulièrement sur l’actualité, à faire connaitre ses idées lors d’une conférence. Son nom de famille est fortement associé à la tradition libérale. Toutefois, Gouin lui-même n’est pas entaché par la mauvaise réputation et la corruption du parti au pouvoir à Québec depuis 1897[34].

Pour les jeunes, Gouin est une voix neuve, un homme neuf, une conscience neuve du Parti libéral. Par-delà les appartenances partisanes, Gouin parle à toute la jeunesse, « libérale ou non ». Il comprend « les besoins, les aspirations, les inquiétudes de notre jeunesse devant […] les horizons fermés ». Rompant avec ce qu’il considère comme une l’absence de vision des partis politiques, réclamant une meilleure répartition des richesses, Gouin analyse les défis qu’il faut relever : le recours à l’agriculture et la colonisation, mais avec l’électrification rurale et le développement de l’industrie complémentaire; la réforme de l’enseignement; l’institution d’un Conseil économique. Gouin conclut en évoquant la création d’un nouveau parti politique réformateur. Au départ, il n’est pas convaincu de sa nécessité. Cependant, ses critiques du Parti libéral actuel et de sa direction l’en éloigneront[35].

C'est ainsi que Gouin, l’intellectuel engagé, critique et novateur, devient un personnage politique. Ses prises de position lui vaudront des critiques impitoyables, des attaques ad hominem, des oppositions féroces, des trahisons qui le blesseront profondément, et des échecs électoraux répétés. Mais, en 1964, il s’honore de son engagement politique :

« Si c’était à recommencer, je recommencerais. Sans hésitation. Parce que je pense avoir servi, parce que je crois avoir servi. Je ne vous cacherai pas qu’il m’en a parfois coûté ; qu’à certains moments, je me suis demandé […] : « à quoi bon ? » ; que j’ai eu mes heures de lassitude et presque de découragement. Mais je ne vous cacherai pas non plus qu’au secret de mon cœur je me suis souvent mal défendu d’un certain orgueil à la vue de tout ce que le temps réalisait des choses que j’avais préconisées aux jours déjà lointains de mon action politique et pour lesquelles j’avais si âprement combattu, pour lesquelles j’avais résolument sacrifié, disons le mot, ma quiétude et d’autres carrières et pour lesquelles je continue à lutter dans un autre champ d’action »[36].

Naissance d’un nouveau parti : l’Action libérale nationale

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Si la conférence du 23 avril 1934 éloigne de Gouin de membres du Parti libéral, d’autres le rejoignent. Un groupe se forme : l’« Action libérale ». Le discours est entendu ailleurs qu’à Montréal. Un nouveau parti politique naîtra rapidement.

Dès juin 1934, à Trois-Rivières, Gouin rencontre des militants politiques de Québec, dont Philippe Hamel, promoteur de la nationalisation de l’électricité, et le nationaliste René Chaloult. Cette rencontre nourrit l’idée d’une nouvelle formation politique. L’idée est bien accueillie par l’influent Édouard Lacroix, industriel et homme d’affaires de la Beauce et député libéral au Parlement fédéral, qui avance des fonds.

Les 27 et 28juillet 1934, des dissidents du Parti libéral et des nationalistes de Québec créent un nouveau parti : l’Action libérale nationale (ALN). Ils adoptent un programme et désignent Paul Gouin comme chef[37]. Le manifeste de l’ALN propose un plan d’action complet pour combattre la Grande Dépression, assurer la prospérité et l’autonomie économiques du Québec, et instituer un gouvernement affranchi de la tutelle des puissances d’argent, des trusts et des cartels s’enrichissant aux dépens de la population[38]. Le manifeste explique la crise économique. Surtout, il affirme qu’une action politique méthodique, éclairée par les travaux des meilleurs experts, est indispensable, car les mécanismes économiques eux-mêmes sont impuissants à résoudre la crise qu’ils ont créée :

« La crise actuelle est due en grande partie à la mauvaise distribution dans le domaine économique, à l’avidité de la haute finance et aux abus de toutes sortes qui se sont glissés dans l’application du régime démocratique. Il est inutile d’espérer que l’équilibre se rétablira de lui-même et sans l’aide d’une formule bien définie. […] une évolution politique est nécessaire dans notre pays et dans notre province afin d’assurer la mise en œuvre des doctrines élaborées par nos économistes »[39].

Manifeste de l'Action libérale nationale

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Les neuf chapitres du manifeste identifient des réformes, chères à Gouin, qu’un gouvernement de l’ALN mettrait en œuvre :

L’ALN veut une « politique nationale conforme aux besoins et aux aptitudes de la masse de sa population qui est canadienne-française. » Le manifeste propose un État imaginatif et interventionniste qui, devant les problèmes économiques et sociaux, recherche activement des moyens de les résoudre. L’exemple du « New Deal » du président Roosevelt est cité dès le premier paragraphe du document. Ce programme différencie clairement l’ALN du Parti libéral dirigé par Louis-Alexandre Taschereau et du Parti conservateur dirigé par Maurice Duplessis. La Grande Dépression force à la réflexion et à l’innovation; l’ALN s’inscrit dans un vaste mouvement des sociétés occidentales cherchant une sortie de crise.

Le manifeste de l’ALN se démarque du Programme de restauration sociale de l’École sociale populaire élaboré en conformité avec la doctrine sociale de l’Église catholique. Le manifeste rejette le communisme. Il est également très critique envers les entreprises privées de toutes catégories. Il assigne à l’État un rôle très actif et interventionniste dans la vie de la société. En outre, le manifeste est le programme d’un parti politique visant la conquête et l’exercice du pouvoir alors que le Programme de restauration sociale est l’affaire de personnes et de groupes apolitiques[40]. Gouin a regroupé autour de lui et de sa vision des personnes résolues à agir par un parti politique organisé promouvant des idées et des propositions d’intellectuels et d’experts ayant réfléchi en toute liberté aux meilleures solutions pour la population, cela dût-il indisposer les puissants du jours et les grands intérêts économiques.

Tournée à travers le Québec

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L’homme d’affaires et député Édouard Lacroix invite Gouin à tenir une assemblée en Beauce le 12 août pour présenter le programme de l’ALN. La veille, des membres du Parti libéral proposent à Gouin de renoncer à l’assemblée en échange d’une place dans leurs rangs comme député et d’une carrière prometteuse. Gouin refuse. On lui fera d’autres offres semblables; il les refusera[41].

À Saint-Georges-de-Beauce, 7000 personnes écoutent Paul Gouin présenter le programme de sa formation politique. Il proclame entre autres que « le temps est venu d’assurer la conquête nationale et économique de notre peuple[42] ». Le discours est publié dans Le Devoir du 13 août. À la suite du succès de Beauce, l’ALN organise des assemblées un peu partout au Québec : le 20 août à Rivière-du-Loup, le 16 septembre à Mégantic, le 9 octobre à Mont-Joli, le 22 octobre à Granby, le 1er novembre à Louiseville[43]. L’ALN utilise d’autres moyens pour faire connaître son programme et pour critiquer le gouvernement en place : des causeries radiophoniques à compter de l’automne 1934 et La Province, un hebdomadaire publié de 1935 à 1938[44].

Le nouveau parti politique, composé de membres abandonnant le Parti libéral et de militants politiques de diverses tendances, inquiète le premier ministre Taschereau et son parti qui mèneront une guerre sans merci à Gouin en multipliant les attaques personnelles. Ainsi, le 22 octobre 1934, le journal libéral Le Soleil publie la correspondance entre Gouin et le premier ministre au sujet d’emplois que Gouin pourrait occuper. Le 6janvier 1935, Gouin rend publiques les offres que les libéraux lui ont faites pendant l’année précédente[45]. Il demande aussi le 20 novembre à ses partisans de cibler méthodiquement le gouvernement Taschereau en attaquant le système du gouvernement libéral et non les hommes personnellement, de ne pas s’en prendre aux autres partis d’opposition, de ne pas faire de promesses en laissant croire qu’elles seraient réalisées en deux mois de pouvoir, et de ne pas évoquer l’administration de son père[46].

Positionnement contre les libéraux

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À compter de janvier 1935, renonçant à l’idée de « relibéraliser » le Parti libéral, Gouin le décrit désormais comme un « clan de famille ». Mois après mois, Gouin et ses principaux associés politiques continuent inlassablement leur croisade à travers le Québec en promouvant l’ALN et son programme politique et en critiquant sans ménagement le régime Taschereau par de multiples moyens : assemblées publiques, causeries radiophoniques, articles dans La Province, rencontres privées[47]. Depuis sa fondation les 27 et 28 juillet et l’adoption de son manifeste, depuis la grande assemblée du 12 aout 1934 à Saint-Georges-de-Beauce, l’ALN monte en puissance politique. Les ralliements s’accumulent, notamment de personnalités politiques d’autres partis. Le 19 septembre, Gouin lance une grande campagne de levée de fonds. Depuis la fin de l’été de 1934, l’ALN a tenu 119 assemblées publiques, assuré 37 conférences radiophoniques, ouvert deux bureaux permanents et lancé un hebdomadaire. Gouin peut être très content de l’évolution des choses[48].

Dans La Province du 21juin 1935, Gouin explique l’originalité de son parti politique :

« L’Action libérale nationale poursuit un double but. Elle veut adapter la politique provinciale aux problèmes économiques de l’heure présente. Elle veut aussi doter notre province d’une politique nationale, c’est-à-dire conforme aux besoins et aux aptitudes de la masse de sa population, qui est canadienne-française. Or ce double but nécessite une double action. […] libre de toute allégeance envers la dictature économique […]. Campagne politique et campagne d’éducation nationale, voilà donc les deux moyens d’action auxquels l’Action nationale libérale aura recours pour atteindre son double but »[49].

Les élections fédérales du 14 octobre 1935 ont porté au pouvoir le Parti libéral dirigé par W. L. Mackenzie King et son bras droit et lieutenant québécois Ernest Lapointe. Voulant tirer profit de cette victoire libérale à Ottawa et voulant arrêter le plus vite possible la montée de l’ALN, le premier ministre Taschereau déclenche des élections pour le 25 novembre[50].

Croissance de l’Action libérale nationale

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Élections de 1935

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Le chef conservateur, Maurice Duplessis, craint que l’ALN divise les votes des opposants au régime de Taschereau et en facilite la réélection. Duplessis se présente comme le vrai chef de l’opposition qui défend un programme où se retrouvent nombre d’éléments de celui de l’ALN. En outre, connaissant bien les origines politiques libérales de Gouin et sachant que des libéraux influents, qui ne manquent pas de moyens, nourrissent toujours l’ambition de le ramener au bercail, Duplessis se méfie[15].

Une volonté commune de renverser le régime libéral amène des membres des partis d’opposition à réfléchir à une alliance[51]. Les discussions sont très laborieuses. Les deux chefs ont chacun leurs réticences. Gouin préférerait collaborer avec Onésime Gagnon, dont les idées se rapprochent des siennes, plutôt qu'avec Duplessis, qui lui semble être un caméléon en politique[52]. Finalement, le 7novembre 1935, un accord est conclu. Un accord public stipule que les deux partis « présenteront un front uni contre l’ennemi commun du peuple [du] Québec : le régime Taschereau. Il n’y aura qu’un seul candidat oppositionniste officiel, soit conservateur, soit libéral-national, dans chaque comté [circonscription][53] ». Après la victoire sur ce front, le gouvernement appliquera le programme de l’ALN, le premier ministre sera Maurice Duplessis, et une majorité de ministres seront choisis par Gouin parmi les députés de l’ALN. Il n’y a pas de fusion : chaque parti conserve son identité, ses cadres, son organisation, sa caisse électorale[54].

Un deuxième accord, tenu secret, sous la forme d’une lettre à Gouin signée par Duplessis, prévoit qu’il y aura « vingt-cinq à trente candidats conservateurs provinciaux, et pour la balance, des candidats de l’Action libérale nationale offrant toutes les garanties de sincérité et de succès ». En fait, il y aura 55 candidats de l’ALN et 32 conservateurs. Fait à signaler, Duplessis réussit à faire nommer plusieurs membres de son propre parti candidats de l’ALN pour ces élections. Tout l’effort des partis cherche la défaite du gouvernement. Pendant la campagne électorale, Gouin est personnellement attaqué très durement par le Parti libéral[55]. Des assemblées conjointes de Paul Gouin et de Maurice Duplessis illustrent les différences des deux hommes à travers les discours souvent abstraits de Gouin et ceux, plus concrets et plus électoralistes, de Duplessis.

Le 25 novembre, le gouvernement libéral de Taschereau est réélu avec 48 députés contre 42 pour l’opposition (26 de l’ALN et 16 du Parti conservateur). Gouin est élu député de L’Assomption, mais plusieurs de ses collaborateurs les plus importants perdent. Plusieurs puissants libéraux fédéraux concluent qu’il faut remplacer Taschereau pour que le parti soit capable de conserver le pouvoir. Cela se sait et crée des tensions dans l’ALN. Duplessis le sait aussi. Le 9 décembre, des libéraux fédéraux proposent à Gouin de créer un gouvernement de coalition sous Adélard Godbout avec trois ministres ALN, trois ministres conservateurs (dont Duplessis) et trois ministres libéraux, tous appliquant le programme de l’ALN. Gouin refuse et en informe Duplessis. Ce dernier manœuvre habilement pour accroître son ascendant auprès des députés de l’ALN, par exemple en payant les dettes électorales de certains. Le gouvernement sort très affaibli des élections et son chef est condamné. Pour Gouin, son élection et la relative réussite électorale de la coalition ALN-PCQ inaugurent une expérience politique difficile et amère conduisant à un échec consommé dès le milieu de l’été de 1936[56].

Rivalité Gouin-Duplessis

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Trois développements affectent le destin politique de Paul Gouin. D’abord, des libéraux influents continuent à manœuvrer pour sauver le gouvernement libéral, fût-ce en sacrifiant Taschereau et les membres les plus compromis de son équipe ou en proposant un gouvernement de coalition avec l’ALN. Ces tractations impliquent la réintégration de Gouin au sein du Parti libéral. Bien qu’il s’y refuse, cela mine la confiance entre lui et Duplessis[57]. Dans ce climat de complots, le premier ministre Taschereau a de plus en plus de difficultés à gouverner. Finalement, le 11 juin, Taschereau, incapable de faire adopter un budget et accablé par les révélations du Comité des comptes publics sur la corruption de son gouvernement, démissionne. Adélard Godbout prête serment le jour même comme premier ministre et annonce des élections pour le 17août 1936. De nouvelles approches sont faites auprès de Gouin pour l’attirer au Parti libéral en voie de « se réformer ». Duplessis n’ignore rien de ces tractations; sa méfiance envers Gouin n’est nullement désamorcée par la fidélité réitérée de ce dernier à l’alliance du 7 novembre.

Deuxième développement : la montée en puissance de Maurice Duplessis. Député depuis 1927, parlementaire aguerri, habile, rusé, ambitieux, capable d’ascendant, Duplessis est chef de l’Opposition avec l’accord de Gouin. Sa montée en puissance prend deux formes. D’une part, il s’active à séduire les fidèles de Gouin. Avant le début de la session, il se serait déjà gagné l’appui d’une dizaine des 26 élus de l’ALN. Il les rencontre ; il efface leurs dettes électorales ; il cherche à les rallier à son leadership. Cela fonctionne[58]. D’autre part, Duplessis domine l’Assemblée législative. Il mène une offensive contre le gouvernement. Il bloque l’adoption du budget[59]. Surtout, usant de sa prérogative de chef de l’Oopposition, Duplessis convoque le Comité des comptes publics de l’Assemblée législative, qui se compose de 20 députés ministériels et de 16 députés oppositionnistes, dont Gouin. Duplessis mène les travaux du comité avec vigueur et habileté. Il fouille partout, convoque de multiples témoins, manie finement l’humour, la colère et le sarcasme, questionne sans ménagement des membres du gouvernement Taschereau, obtient de ceux-ci des aveux explosifs et dévastateurs qui mettent à nu la corruption, le népotisme, la fraude et le gaspillage de fonds publics dont est coupable le gouvernement et l’enrichissement personnel qu’il procure à ses parents et amis aux dépens de la population. Ce travail détruit la réputation et l’autorité morale et politique du gouvernement Taschereau, et magnifie considérablement la réputation et la popularité de Duplessis dans la population. Son prestige auprès de nombreux députés de l’ALN grandit[60].

Troisième développement : l’inefficacité et la faiblesse de Gouin comme chef de parti à l’Assemblée législative et à l’extérieur le discréditent progressivement auprès de ses propres troupes. Il ne prononce qu’un seul discours en chambre, le 28 avril 1936, après cinq semaines de tergiversations[61]. En chambre, tout l’espace est occupé par Duplessis qui exploite le désintérêt de Gouin. De nombreux députés de l’ALN se convainquent que Duplessis seul peut les conduire à la victoire. Ses partisans le mettent en garde contre la trahison dont ils croient toujours capable le chef de l’ALN[62].

Naissance de l'Union nationale et élections de 1936

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La convocation d’élections pour le 17 août 1936 précipite la fin de l’alliance des deux partis d’opposition. En mai et en juin des réunions du Parti conservateur ont lieu auxquelles n’est pas invité Gouin mais auxquelles participent des députés de l’ALN. Les élections déclenchées, Gouin, craignant que quelque chose se trame à son insu, convoque, pour le 17 juin, une rencontre avec Duplessis. Gouin veut reconduire l’accord du 7 novembre 1935. Duplessis refuse en réclamant de désigner les deux tiers des candidats de l’opposition et en rejetant la double chefferie. Il demande à Gouin de se subordonner à lui ou alors de se retirer. Gouin ne peut plus se faire d’illusions. Le 18 juin, sans avoir consulté ses députés, Gouin publie un communiqué dénonçant l’attitude de Duplessis et décrétant la fin de l’alliance de 1935[63].

Le 20 juin 1936, Duplessis réunit à Sherbrooke ses députés et une partie des députés ALN, sans y inviter Gouin. Une trentaine de députés se rallient complètement à Duplessis, dont des députés influents de l’ALN. D’autres, absents ou indécis, se rallieront rapidement[64]. Plusieurs députés de l’ALN sont profondément irrités par la position prise le 18 juin par Gouin sans les avoir consultés. De plus, ils sont déçus du comportement général de Gouin, de son absence des débats les plus importants, de ses discours trop souvent abstraits et philosophiques, de son manque grave d’énergie et d’ardeur dans le combat contre le gouvernement. Ayant fait naitre l’Union nationale, Duplessis est triomphalement accueilli à Trois-Rivières. Dans les jours qui suivent, plusieurs députés de l’ALN ralliés à Duplessis, dont Philippe Hamel, Oscar Drouin et Ernest Grégoire, stigmatisent la présumée conversion du Parti libéral sous Godbout, dénoncent ceux qui divisent l’opposition au régime libéral et voient Gouin comme un traître[65].

Duplessis a réussi, pour l’essentiel, à avaler l’ALN. À la mi-juillet et à la fin du mois, Gouin annonce qu’il ne présentera pas de candidats aux élections. Quelques députés de l’ALN se présenteront tout de même, mais sous l’appellation de « libéraux indépendants ». L’Union Nationale triomphe avec 76 députés, contre seulement 14 pour le Parti libéral. Lors de l’assermentation du gouvernement Duplessis, les candidats vedettes issus des rangs de l’ALN, Philippe Hamel et Ernest Grégoire, n’en font pas partie, ce qui augure mal pour l’application par le gouvernement du programme de l’ALN[66].

Premier gouvernement Duplessis (1936-1939)

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Pendant que Duplessis s’installe au pouvoir et gouverne sans se soucier de ce programme, Gouin, ayant raté sa chance de devenir premier ministre par l’espèce d’apathie politique qui le caractérisait pendant les premiers mois de 1936, se partage son temps entre deux types d’activités. D’une part, il se consacre surtout à la protection et à la promotion de l’héritage culturel canadien-français. Il déborde d’idées et de projets : créer une auberge-école pour former un personnel capable de donner une personnalité canadienne-française aux établissements hôteliers ; restaurer le Vieux Montréal ; ouvrir un musée de meubles et de costumes traditionnels ; instituer une corporation des artisans pour faciliter la mise en marché de leurs produits[67]. D’autre part, il commente l’actualité politique. Il donne des conférences sur ses principales idées économiques, sociales et politiques, en confirmant qu’il n’a pas renoncé à la politique. Il s’emploie notamment à expliquer clairement la condition d’infériorité économique des Canadiens français qui résulte fondamentalement des effets de la Conquête de 1760 et de la cession de la Nouvelle-France à l’Empire britannique : « L’infériorité économique pratique des Canadiens français vis-à-vis leurs concitoyens anglais, infériorité qu’on exagère toujours mais qui demeure à un certain degré réelle, trouve naturellement dans l’histoire deux ordres de causes : certaines circonstances défavorables pour les Canadiens français, qui se produisirent à la conquête, et surtout un ensemble de circonstances très favorables qui ont mis, dès 1760, de puissants moyens de conquête économique aux mains des colons anglais[68] ».

Alors que le Parti libéral essaie de se renouveler en cherchant à le réintégrer, Gouin réactive l’ALN par un congrès les 23 et 24 juillet 1938 à Sorel, avec quelque 450 délégués provenant de presque toutes les circonscriptions[69],[70]. Gouin présente ce congrès comme le « premier glas » de la dictature et « de ses deux paravents, l’ancien régime et le nouveau ». Il dénonce le désordre social, économique et politique. Au-delà des engagements concrets et particuliers du parti, Gouin, répliquant à ceux qui l’accusent d’être un homme politique « destructeur » et durcissant son langage, s’efforce de mettre en lumière l’ambition la plus fondamentale et partant la nouveauté et l’originalité de l’entreprise politique de l’ALN :

« Détruire la dictature économique et son emprise sur toute la vie sociale, économique et politique, […] détruire la machine politique sans cœur et sans entrailles, qui écrase dans ses serres oppressives notre pauvre race, […] détruire l’influence de tous ces principes néfastes […] dont toute l’action a été de confirmer les forts dans leur force et de plonger les faibles dans un abîme toujours plus profond de misères injustes et imméritées ; […] détruire l’impression sans cesse plus précise, chaque jour plus dangereuse, que la loi n’est rien autre chose qu’un chien de garde placé à côté de l’argent, d’où qu’il vienne, fût-ce de l’exploitation la plus éhontée ; détruire la menace de révolte, stérile autant qu’inutile aventure qui sourd derrière les regards des masses affamées et méprisées »[71].

Le congrès conserve l’appellation d’Action libérale nationale, renouvelle le mandat de Gouin comme chef, et met à jour le programme. Le programme de 1938, une centaine d’articles regroupés en dix thèmes, prolonge de manière générale le manifeste de 1934. Mais des chapitres nouveaux apparaissent sur des thèmes tels les ressources forestières ou les pêcheries. Les chapitres sur les réformes de nature économique, – financières, industrielles, commerciales, – comptent plus de propositions. Le chapitre de « réformes ouvrières » est plus étoffé : le programme promet l’abolition de lois antisyndicales adoptées par le gouvernement de Duplessis, l’adoption d’un code du travail, la création d’un tribunal du travail indépendant avec des pouvoirs d’arbitrage indépendants de la volonté du gouvernement, la « généralisation » des conventions collectives. La grande nouveauté est un projet de réforme de l’éducation : réorganisation du Conseil de l’Instruction publique, amélioration de la formation des enseignants, uniformisation des manuels, nouvelles matières d’enseignement (puériculture et hygiène pour les filles, culture physique, développement de l’esprit d’initiative, civisme et patriotisme), « salaires raisonnables » pour le personnel enseignant. Sur cette lancée, le parti annonce qu’il présentera des candidats aux prochaines élections[72].

Gouin réinvestit dans la vie politique par des assemblées publiques un peu partout, par des causeries radiophoniques, par la publication d’un essai politique intitulé Servir[73]. Outre le programme politique rafraichi de l’ALN, Gouin attaque de plus en plus durement le gouvernement Duplessis jugé comme « frère siamois du régime Taschereau-Godbout[74] ». Des libéraux, redoutant les effets de la division de l’opposition au gouvernement Duplessis, approchent encore Gouin dans une volonté de « réconciliation sur le dos de l’ennemi commun ». Ce dernier énonce ses exigences pour accepter de rejoindre les libéraux : l’adoption du programme de l’ALN et la nomination d’un chef tout à fait distinct du régime Taschereau et partageant pleinement le programme de l’ALN. Ces exigences sont refusées[75].

Déclin de l'Action libérale nationale

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Élections de 1939

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En 1939, la situation en Europe annonce une guerre imminente et incontournable. Cette perspective pousse Gouin à prendre position. Il appuie les Alliés européens, mais rejette la participation du Canada à la guerre[76]. Deux événements changent la situation. Le Canada déclare la guerre à l’Allemagne le 10septembre. Désormais, les débats porteront sur les modalités plutôt que le principe de l’engagement militaire canadien, avec, en arrière-plan, les douloureux souvenirs de la conscription de 1917. Par ailleurs, le premier ministre Duplessis, confronté à la difficulté pour son gouvernement d’emprunter pour ses dépenses, et voulant un mandat clair pour faire face au gouvernement fédéral, déclenche des élections générales pour le 25octobre 1939[77].

L’ALN présentera des candidats dans toutes les circonscriptions, mais refuse par principe toute alliance avec la « vieille clique » libérale. Ernest Lapointe et d’autres ministres québécois du gouvernement de Mackenzie King, se décrivant comme le « rempart du Québec contre la conscription », menacent de démissionner et de priver le Québec de cette protection si le gouvernement de Duplessis est réélu[78].

La menace portera fruit. Gouin la dénonce comme un pur chantage. Sans caisse électorale et sans bonne organisation, il parcourt néanmoins le Québec. À la radio, le 4 octobre, il dénonce virulemment les deux autres partis foncièrement semblables et pareillement corrompus, tous deux enchaînés par l’argent de leurs caisses électorales. Seule l’ALN est un parti « intègre, pauvre et libre, […] vraiment populaire, vraiment démocratique dans le meilleur sens, puisqu’il n’est dévoué qu’aux meilleurs intérêts populaires »[79]. Gouin annonce que si l’ALN est élue, elle rompra la Confédération plutôt que d’accepter l’imposition de la conscription au Québec[80].

Au jour de la mise en candidature officielle, l’ALN compte une soixantaine de candidats[81]. Mais la victoire électorale appartient au Parti libéral avec 69 députés contre 15 pour l’Union nationale. Tous les 56 candidats de l’ALN sont défaits et perdent leur dépôt. Le parti n’obtient que 4,49 % du vote populaire, soit environ 25 000 votes, comparativement à 160 000 en 1935[82]. Au vu des résultats, Gouin se fait prophète : « Dans un an, deux au plus, lorsque le peuple de cette province réalisera qu’il a été trahi, les réjouissances de ce soir se changeront malheureusement en larmes de sang[83] ».

Les élections de 1939 marquent ainsi la fin de l’ALN. L’engagement politique de Gouin entre en dormance. Il faudra la poursuite de la guerre et une crise nationale pour le réactiver.

Crise de la conscription de 1942

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Le 22 janvier 1942, le premier ministre Mackenzie King annonce la tenue le 27 avril d’un plébiscite demandant à la population d’autoriser le gouvernement à imposer la conscription pour service militaire outre-mer. Ce faisait, le gouvernement fédéral cherche à revenir sur sa promesse de ne pas imposer la conscription sur laquelle il avait été élu en 1940. En vue de ce plébiscite, Paul Gouin participe à la création de la Ligue pour la défense du Canada (LDC) qui militera pour le NON. Lors du plébiscite, les deux-tiers de l’électorat canadien approuvent la conscription (80 % dans les provinces anglophones); mais au Québec, 71 % des votants s'y opposent.

En septembre, le député fédéral Maxime Raymond annonce la création d’un nouveau parti politique : le Bloc populaire canadien (BPC). À la mi-octobre, Gouin annonce son ralliement au BPC, car, dit-il, « tout mon passé politique, toutes mes luttes depuis dix ans me dictent cette attitude. […] ce faisant, je ne fais que continuer à servir la même cause, les mêmes idées[84] ». Son engagement sera difficile. La formation politique est travaillée par des rivalités entre personnes et par des divergences de vues sur les priorités[85]. Gouin plaide que le BPC n’est pas qu’une force négative d’opposition, mais doit promouvoir certaines politiques. Au plan fédéral, il faut revendiquer l’indépendance du Canada et son affranchissement de la Grande-Bretagne, freiner la centralisation, récupérer les champs de taxation et d’imposition cédés à Ottawa pour les fins de la guerre, et contrôler l’immigration. Au plan de la politique québécoise, il faut accroître l’intervention du gouvernement pour consolider l’« État français » au sein du Canada. Le gouvernement doit mettre en œuvre une « politique pro-canadienne-française, une politique antitrustards [anti-monopole] », et, selon les domaines économiques, déployer « devant la haute finance et ses abus, le triple rempart de la nationalisation, du contrôle effectif, de la coopération ». Pour Gouin, le Bloc populaire canadien peut reprendre nombre d’éléments du programme de l’ALN ainsi que l’esprit de défiance envers les puissances économiques et le fédéralisme canadien centralisateur caractérisant ce programme[86].

La collaboration est très difficile entre l’équipe de Gouin (notamment Philippe Hamel et René Chaloult) et le BPC. Des conflits presque incessants les opposent à Maxime Raymond et à d’autres membres à propos de la création d’une aile québécoise du Bloc et de son éventuel leadership. Gouin et ses associés politiques finissent par s’éloigner du parti. Raymond priorise le fédéral, alors que Gouin appréhende que Duplessis reprenne le pouvoir à Québec[87].

Élections de 1944

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Le 28 mai 1944, Gouin confirme qu’il ne présentera pas de candidats aux prochaines élections québécoises. Il donne à ses partisans rendez-vous à celles de 1948. Cela s’explique par la concurrence d’autres partis, par le manque de temps pour s’organiser, par le manque d’argent. Gouin, reprenant le propos de son grand-père Honoré Mercier, déplore la division des forces nationalistes[88].

Les élections du 8août 1944 portent l’Union nationale au pouvoir avec 48 députés, contre 37 pour le Parti libéral. Le BPC, avec près de 15 % du vote, fait élire quatre députés seulement, dont André Laurendeau. Gouin, candidat indépendant dans L’Assomption où le BPC ne présente pas de candidat, est battu. Malgré ses revers, à la fin de novembre, Gouin envoie à une brochette de personnalités politiques une lettre proposant la convocation d’un congrès national des Canadiens français pour développer un plan d’action pour l’après-guerre et refaire l’unité de la nation. Le 30 novembre, Gouin reprend sa suggestion dans un télégramme à Duplessis. Celui-ci répond par un décret réclamant que le gouvernement fédéral renonce à la conscription pour service outremer et par un accusé de réception à Gouin, poli mais sans conséquences. Son influence est épuisée[89].

Carrière post-politique

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Grand serviteur du patrimoine et de la culture du Canada français

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Quittant la politique, Gouin se consacre au service du patrimoine et de la culture du Canada français. Un temps, la collection et la vente d’objets anciens l’occupent. En 1946, il ouvre rue Sherbrooke à Montréal la boutique Beaumanoir, où il vend des antiquités et, de l’artisanat ancien et des œuvres d’artisans contemporains[90]. Comme sa situation financière approche la faillite, des personnes interviennent auprès du premier ministre Duplessis pour qu’il lui vienne en aide. Celui-ci, devenu généreux envers un adversaire qui ne peut plus lui nuire, le fait nommer « conseiller technique » auprès du Conseil exécutif (sous son autorité directe) le 25 novembre 1948[91]. Il occupe ce poste jusqu’à sa retraite, le 2 octobre 1968[92]. Outre ce rôle, Gouin assume plusieurs mandats en matière culturelle : président notamment de la Commission des monuments historiques, du Conseil de la vie française, de la Commission Jacques-Viger, des Festivals de Montréal. Pendant deux décennies, Gouin sera un grand serviteur du patrimoine et de la culture du Canada français.

Une vision oriente son action. Pour renforcer le sentiment national dans la population, il faut donner l’exemple et intégrer l’héritage culturel (les arts, la langue, la littérature, les traditions, les coutumes et le folklore) dans le quotidien. Gouin souhaite agir sur plusieurs plans : artisanat, architecture, urbanisme, beaux-arts, théâtre, édition, enseignement, hôtellerie, agriculture, musées, monuments historiques. C’est donc un vaste programme qu’il souhaite mettre en place, en assignant à cette campagne un double objectif, patriotique et économique[93].

Comme conseiller technique, Gouin se consacre à la conservation et au développement du patrimoine culturel et artistique. Il signale notamment la valeur de l’art sacré de l’époque de la Nouvelle-France et la nécessité d’en assurer la protection[94].

De 1949 à 1952, Gouin prononce des séries de causeries radiophoniques sur le thème de l’héritage culturel et il écrit beaucoup d’articles. Il souhaite que son bureau publie des bulletins et des brochures sur l’architecture, la décoration intérieure, les enseignes, le folklore. Cependant, l’appui limité du gouvernement ne lui permet pas de réaliser ses ambitions[95].

Gouin priorise le tourisme. Pour renforcer l’industrie touristique, il recommande dès 1950 des mesures pour un ministère du tourisme : un programme annuel d’attractions touristiques, incluant divers festivals; un plan méthodique de refrancisation; et la réorganisation du service d’hôtellerie[96]. L’hôtellerie est un champ d’intervention privilégié puisque c’est le premier point de contact du touriste avec le pays visité. Gouin reprend toujours les mêmes arguments : les hôteliers doivent proposer de l’hébergement offrant un caractère différent, grâce à une architecture caractéristique, à un décor aménagé avec du mobilier inspiré des meubles traditionnels, à des textiles et à des œuvres d’artisans québécois, à des mets typiques, sans oublier de mettre en vente des produits artisanaux dans les boutiques. Bref, tous les aspects doivent être pris en considération pour offrir un lieu original aux touristes[97]. En 1949, pour prêcher par l’exemple, il a conçu la « suite canadienne » à l’hôtel Ritz-Carlton de Montréal[98]. En 1951, il inspire la tenue d’un Salon de l’hôtellerie pour montrer des exemples d’une signature québécoise dans ce domaine[99]. Il préconise aussi le développement d’une production artisanale répondant à la demande des visiteurs. En 1961, il propose la création d’un ministère regroupant tourisme et affaires culturelles[100].

En 1952, Maurice Duplessis offre à Paul Gouin le poste de conservateur du Musée provincial à Québec. Gouin lui recommande plutôt la candidature de Gérard Morisset. Celui-ci obtient finalement le poste[101]. Il a lui-même d’autres ambitions. Il aspire à présider un Conseil des beaux-arts qu’il demande au premier ministre de créer. Reprenant ses observations et ses interventions remontant aux années 1930, Gouin a élaboré un « projet de loi concernant la conservation et le développement de notre patrimoine artistique et culturel », qu’il soumet au premier ministre. Cette ébauche de politique culturelle constitue en quelque sorte une synthèse de la pensée de Gouin dans le domaine de la conservation et de la gestion de la culture. Dès les années 1930, Paul Gouin et Paul Lavoie souhaitaient la création d’un « Institut de la Nouvelle-France » ayant pour but l’« action intellectuelle, économique, sociale et politique ». Le projet de l’automne 1952, reprend ce nom parmi les appellations suggérées : « Conseil culturel », « Conseil Supérieur des Beaux-Arts » ou « Institut de la Nouvelle-France », pour rappeler l’Institut de France, dont il est inspiré en partie. Ce projet ne se concrétisera pas[102].

Président de la Commission des monuments historiques

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Ayant proposé avec succès une mise à jour de la Loi sur les monuments historiques, adoptée en 1952, Gouin devient en 1955 le premier président de la Commission des monuments historiques, au moment de la création de celle-ci par une loi. Il conserve ce poste avec celui de conseiller technique jusqu'à sa retraite. Il donne un nouvel élan à la Commission tant par le classement de plusieurs monuments historiques, que par leur acquisition et leur restauration[103].

La conservation des immeubles anciens préoccupe Gouin depuis longtemps. Il propose d’utiliser certains de ces bâtiments pour y installer de petits musées et des comptoirs d’artisanat, ce qui assurerait la conservation des bâtiments tout en leur adjoignant une fonction touristique et en participant à la promotion de l’artisanat et des petites industries. Gouin va plus loin : il demande de transformer des quartiers anciens en villages historiques. Il lance l’idée pour le Vieux-Montréal en 1950, dans un projet conjuguant la conservation des bâtiments anciens et les besoins touristiques. Il agira en ce sens alors qu’il préside, dès sa création en 1962, la Commission Jacques-Viger instituée par la métropole pour assurer la conservation du Vieux-Montréal. Le mandat de la commission est d’étudier toute question ayant trait à la préservation de la physionomie historique du quartier. Gouin obtiendra en 1963 une mise à jour de la Loi sur les monuments historiques pour y inclure la possibilité de protéger des arrondissements historiques, disposition pour laquelle il affirme avoir lutté pendant 25 ans. C’est sous sa présidence que seront créés plusieurs arrondissements historiques dont ceux du Vieux-Québec et du Vieux-Montréal. Pour Gouin, les traces matérielles de l’héritage culturel sont des sources d’inspiration qui doivent nourrir la création contemporaine dans toutes les sphères artistiques[104].

En novembre 1950, Gouin, devenu membre du Comité de la survivance française en Amérique, trouve un autre terrain pour poursuivre la refrancisation du Québec[105]. À l’occasion du troisième congrès, en 1952, le Comité demande à Gouin d’organiser des journées de refrancisation afin de développer une campagne à long terme visant à redonner son vrai visage français au Québec. En septembre 1955, Paul Gouin est élu président du Conseil de la vie française en Amérique, nouveau nom du Comité de la survivance française, qu’il préside jusqu’en 1961. Rapidement, l’idée d’organiser un nouveau congrès, lors du vingtième anniversaire du Conseil en 1957, est envisagée. Ce sera le « Congrès de la refrancisation », terme qui suscite des discussions chez les membres. Paul Gouin voit ce congrès comme le moment de dresser un plan méthodique de refrancisation. Le bilan du congrès sera mitigé[106].

Dernières années

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Par-delà ses fonctions officielles, Gouin rend service au Québec par ses activités de collectionneur. Elles lui permettent d’assurer la conservation de milliers d’objets et de transmettre cet héritage à la société québécoise[107]. En 1951, Paul Gouin propose de vendre sa collection d’antiquités québécoises au gouvernement. Après négociation, le gouvernement accepte d'en acheter une partie pour la somme de 25 000 $[108]. En 1955, Gouin renonce à une autre partie de sa collection lors d’une vente par un antiquaire. Il garde néanmoins la passion des arts et des objets anciens et s’associe en 1967 à l’ouverture d’une galerie dans le Vieux-Montréal[109].

Observant les développements de la Révolution tranquille, Gouin formule le jugement que « l’on trouve actuellement des solutions ou des tentatives de solutions à tous nos problèmes anciens et nouveaux[110] ».

Le 4 décembre 1976, Paul Gouin meurt d’un cancer de la gorge qui l’a rendu aphone quelques années plus tôt. Tout au long de sa vie, la conservation et la mise en valeur de l’héritage culturel canadien-français passionneront Paul Gouin, qui y voit les bases d’un patriotisme nécessaire à la réussite économique du peuple québécois. Pour lui, la conservation des témoignages du passé constitue un fondement sur lequel il faut s’appuyer pour construire l’avenir de la société canadienne-française, afin qu’elle puisse prendre son envol[111].

Distinctions et hommages

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Paul Gouin a reçu un doctorat honoris causa en lettres de l’Université Laval en 1951 et le Mérite de la Société du bon parler français en 1953.

En 1964, il est fait membre d’honneur de l’Association Canado-Américaine (Manchester, New Hampshire).

Il y a une rue Paul-Gouin à Repentigny.

  • Médailles anciennes. Poèmes historiques, Montréal, Éditions du Mercure, 1927, 172 p.
  • Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, 250 p.
  • Claude Corbo et Nathalie Hamel, Écrits et discours 1932-1964. Héritage culturel. Modernisation sociale et réforme politique, Montréal, Del Busso éditeur, 2017, 335 p.

Notes et références

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  1. Une maison d'édition qu’il dirige brièvement.

Références

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  1. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 21.
  2. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 33-34.
  3. a et b Richard Jones, Paul Gouin, L'Encyclopédie canadienne, 13 février 2008. Consulté le 18 novembre 2025.
  4. Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 285-286. Archives nationales du Québec, Fonds Paul-Gouin (P190).
  5. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 32.
  6. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 32-33.
  7. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 22.
  8. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 23, 29.
  9. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 22, note 4.
  10. Paul Gouin, Médailles anciennes. Poèmes historiques, Montréal, Éditions du Mercure, 1927, 172 p.
  11. Paul Gouin, Médailles anciennes. Poèmes historiques, Montréal, Éditions du Mercure, 1927, p. 9.
  12. Paul Gouin, Médailles anciennes. Poèmes historiques, Montréal, Éditions du Mercure, 1927, p. 171-172.
  13. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 52-54.
  14. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 115-118.
  15. a et b Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec, t. XXXIV : L’Action libérale nationale, Fides, 1963, p. 49.
  16. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 23-24.
  17. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 25-26. Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec, t. XXXIV : L’Action libérale nationale, Fides, 1963, p. 36.
  18. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 45-46.
  19. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 45.
  20. «La refrancisation de la province», L’Action nationale, avril 1933; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 34-43; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 62-66. «Géographie et hôtellerie», Le Canada français, 10 janvier 1933; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 24-28.
  21. «Le scoutisme et l’esprit national», Causerie à Trois-Rivières, 22 octobre 1933; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 67-81; «En marge du féminisme», Causerie, 3 décembre 1934; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 133-148; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 87-94; Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 46-47.
  22. «Livres de prix et éducation nationale», Causerie à Québec, 29 juin 1933; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 58-66; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 70-74; Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 46-47.   
  23. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 47-48, 51.
  24. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 68-69.
  25. «Il était un petit navire…», La Revue moderne, mars 1934; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 115-118; «Les arts domestiques», Causerie à Montréal, 10 mars 1938; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 186-199; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 95-105.
  26. «L’architecture et l’hôtellerie», Le Canada, 4 aout 1932; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 14-19; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 55-58.
  27. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 34-35.
  28. «L’opportunité de la ruralisation» , Réponse à une enquête de L’Action catholique, janvier 1933; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 20-23. «Colonisons la terre, les âmes et les cœurs», Causerie à Sherbrooke, 14 mai 1934; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 123-132.
  29. «L’électrification des campagnes» , Causerie radiophonique à CKAC, 21 avril 1933; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 44-51; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 67-69.
  30. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 33-36; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 43-45.
  31. «L’industrie complémentaire», Causerie à Montréal, le 18 novembre 1933; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 89-107; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 79-86. «Colonisons la terre, les âmes et les cœurs», Causerie à Sherbrooke, 14 mai 1934; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 123-132.
  32. «Au carrefour…», Opinions, octobre 1933; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 82-88; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 75-78.
  33. «On demande un architecte», La Revue moderne, février 1933; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 29-33; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 59-61. «Un geste de vie», La Province, 19 juin 1936; Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 154-159; Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 28.
  34. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 27; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 42-43; Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec, t. XXXIV : L’Action libérale nationale, Fides, 1963, p. 37.
  35. «L’avenir de la jeunesse, libérale ou non», Causerie à Montréal, 23 avril 1934; Archives Université Laval, Fonds Philippe-Hamel (P160); Le Devoir, 24 avril 1934; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 109-115; Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec, t. XXXIV : L’Action libérale nationale, Fides, 1963, p. 37.
  36. Causerie à Manchester , Hew Hampshire, le 6 septembre 1964. Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 286.
  37. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 27-28; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 47-48; Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec, t. XXXIV : L’Action libérale nationale, Fides, 1963, p. 54.
  38. «Manifeste de l’Action libérale nationale», Le Devoir, 28 juillet 1934; Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 27-28; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 58; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 116-124.
  39. Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 117.
  40. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 26-28; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 56-57.
  41. Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec, t. XXXIV : L’Action libérale nationale, Fides, 1963, p. 61-63.
  42. Le Devoir, 13 août 1934; Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec, t. XXXIV : L’Action libérale nationale, Fides, 1963, p. 64-65; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 125-129.
  43. Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec, t. XXXIV : L’Action libérale nationale, Fides, 1963, p. 86-87, 90; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 104-105, 107.
  44. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 61-66; Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 39-40.
  45. Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec, t. XXXIV : L’Action libérale nationale, Fides, 1963, p. 64, note 1.
  46. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 103-104.
  47. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 39-40; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 73.
  48. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 36.
  49. La Province, 21 juin 1935.
  50. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 131-133.
  51. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 36; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 136-138, 269.
  52. Alexandre Dumas, Les Quatre mousquetaires de Québec, Éditions du Septentrion, 2021, p. 102.
  53. Le Devoir, 8 novembre 1935; Le Devoir, 31 juillet 1936; Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 36; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 139-144; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 130-132.
  54. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 158.
  55. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 146-148.
  56. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 180-183.
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  58. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 212-214.
  59. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 215-216.
  60. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 237-239.
  61. Discours de Paul Gouin du 28 avril 1936, Débats de l’Assemblée législative, 19e Législature, 1re session, vol. 1, séances du 24 mars au 30 avril 1936, p. 393-404; Le Devoir, 29 avril 1936; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 218-228; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 140-157.
  62. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 42-43.
  63. «Déclaration concernant la rupture entre l’Action libérale nationale et le parti conservateur de Maurice L. Duplessis», Le Devoir, 19 juin 1936; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 158-160.
  64. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 257-258, 284-287, 298.
  65. «Déclaration de Paul Gouin relative à sa décision de ne pas présenter de candidats aux élections du 17 aout 1936», Le Devoir, 16 juillet 1936; La Province, 18 juillet 1936; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 338-339; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 161-165. «Déclaration de Paul Gouin sur la rupture avec Maurice L. Duplessis», Le Devoir, 31 juillet 1936; La Province, 1er aout 1936; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 338-339; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 166-170.
  66. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 383-385.
  67. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 54-55.
  68. «Vers l’unité nationale» Causerie , 12 janvier 1938), Servir I : La cause nationale, Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1938, p. 164-185; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 433; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 182-191.
  69. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 435-437.
  70. Le Devoir, 25 juillet 1938; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 444-453.
  71. «Pour la libération nationale par l’Action libérale nationale» Causerie à Radio-Canada, 4 octobre 1939, Le Devoir, 5 octobre 1939; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 197-205.
  72. «Manifeste de l’Action libérale nationale», version de 1938. Accès en ligne par la Bibliothèque de l’Assemblée nationale du Québec; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 454-458; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 291-312.
  73. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 462-466.
  74. Sur les ondes de Radio-Canada, 12 février 1939; Le Devoir, 13 février 1939; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 464.
  75. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 469-471, 476.
  76. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 484-486
  77. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 497-498.
  78. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 509.
  79. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 512-513; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 203.
  80. «Pour la libération nationale par l’Action libérale nationale» Causerie à Radio-Canada, 4 octobre 1939, Le Devoir, 5 octobre 1939; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 197-205.
  81. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 527.  
  82. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 531-532.
  83. «Allocution au soir des élections», déclaration à Radio-Canada, 25 octobre 1939; Le Devoir, 26 octobre 1939; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 207.
  84. Causerie à Radio Canada, 18-19 octobre 1942; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 550; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 209.
  85. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 558, 564-656.
  86. «Que devons-nous attendre du Bloc», conférence à Montréal, 28 avril 1943; Le Devoir, 29 avril 1943; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 214-224.
  87. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 560-561.
  88. «Décision de ne pas présenter de candidats aux élections provinciales de 1944», causerie à CKAC, 28 mai 1944; Le Devoir, 29 mai 1944; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 225-231.
  89. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 573-574.
  90. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 59-60; Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 579.
  91. Décret 1562 du 25 novembre 1948. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 59-60, 62; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 313-314.  
  92. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 62, note 46.   
  93. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 63.  
  94. « À la recherche du temps perdu… en art sacré», Les Carnets viatoriens, XV-2, 1950, p. 132-139; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 235-243.
  95. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 63.
  96. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 128-132.
  97. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 127.
  98. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 135, 202.
  99. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 131.
  100. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 168-169.
  101. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 58.
  102. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 160-167.
  103. «Notre héritage architectural», causerie 30 septembre 1963, Architecture, bâtiment, construction, vol19, no 216, avril 1964, p. 45-50; Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 94-96; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 263-273.
  104. «Au pays de Québec, rien ne doit mourir et rien ne doit changer…», 1951, Culture XII (19512), p. 43-50; Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 88-96; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 244-249.
  105. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 112.
  106. «La campagne de refrancisation», causerie à CKAC, 24 mai 1953; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 250-254. «Traduction et refrancisation», conférence 28 septembre 1957, Journal des traducteurs II-3, 1957, p. 80-84; Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 113-115.
  107. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 55-58.
  108. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 64-65.
  109. Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, p. 66-67.
  110. « La belle province ou le Québec de la Révolution tranquille », causerie à Manchester, New Hampshire, 6 septembre 1964, Le Canado-américain, octobre 1964, p. 23-33; Claude Corbo et Nathalie Hamel, Paul Gouin – Écrits et discours 1932-1964, Del Busso éditeur, 2017, p. 274-282.
  111. Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, p. 580-584.

Bibliographie

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  • Philippe Ferland, Paul Gouin, Montréal, Guérin Éditeur, 1991, 604 p.
  • Pierre B. Berthelot, Duplessis est encore en vie, Éditions du Septentrion, 2021, 410 p.
  • Conrad Black, Duplessis, Montréal, Éditions de l’Homme, 1977, 2 vol.
  • Claude Corbo, Destruction de Paul Gouin. Fiction historique, Montréal, Del Busso Éditeur, 2018, 256 p.
  • Alexandre Dumas, Les Quatre mousquetaires de Québec, Éditions du Septentrion, 2021, 294 p.
  • Patricia G. Dirks, The Failure of L’Action libérale nationale, Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 1991, 216 p.
  • Nathalie Hamel, Notre maître le passé, notre maître l’avenir. Paul Gouin et la conservation de l’héritage culturel du Québec, Québec, Les Éditions de l’IQRC/Les Presses de l’Université Laval, 2008, 204 p.
  • Corneliu Kirjan, Louise Brunelle-Lavoie et Alain Gelly, La Passion du patrimoine. La Commission des biens culturels du Québec, 1922-1994, Sillery, Septentrion, 1995, 302 p.
  • Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec, vol. XXXIII-XLI, Montréal, 1940-1969.
  • Robert Rumilly, Maurice Duplessis et son temps. Montréal, Fides, 1973, 2 vol.
  • Pierre Van Der Donckt, L’Action libérale nationale : 1934-1936. mémoire de maitrise (histoire), Université de Montréal, 1966, 125 p.

Articles connexes

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Liens externes

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