Fédéralisme au Québec

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Politique au Québec
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Le fédéralisme au Québec désigne l'idéologie qui prône que le Québec conserve son statut de province au sein de la fédération canadienne, plutôt que de devenir un pays souverain. Cette idéologie s'oppose donc au souverainisme québécois qui prône l'indépendance du Québec.

Le fédéralisme québécois désigne une idéologie générale. Au sein de ce mouvement, des opinions diverses peuvent être perçues. Certains fédéralistes sont partisans du statu quo alors que d'autres prônent une modification de la Constitution afin d'accorder plus de pouvoirs au Québec. Les partisans du fédéralisme au Québec sont appelés « fédéralistes »[1].

Branches idéologiques[modifier | modifier le code]

Bien qu'habituellement, le terme « fédéraliste » est simplement utilisé pour toute personne n'adhérant pas à l'idéologie souverainiste, il y a tout de même deux branches distinctes de fédéralisme québécois, celles-ci incluent fédéralisme nationaliste et fédéralisme du statu quo.

Fédéralisme nationaliste[modifier | modifier le code]

Les fédéralistes nationalistes défendent le concept du Québec demeurant au Canada, tout en revendiquant une plus grande autonomie au sein de la confédération canadienne, ainsi que la reconnaissance constitutionnelle du peuple québécois comme une société distincte[1]. L'Union nationale sous Maurice Duplessis était nationaliste sans prôner explicitement l'indépendance du Québec avant l'arrivée de Daniel Johnson à la tête du parti. Le Parti libéral du Québec était un parti majeur du nationalisme fédéraliste aux époques de Jean Lesage et de Robert Bourassa[2]. Toutefois, depuis l'échec des accords du lac Meech et de Charlottetown, ainsi que du référendum de 1995 au Québec sur la question de la souveraineté, le parti n'a aucun plan pour la reconnaissance nationale officielle[1]. Robert Bourassa, Jean Lesage et Brian Mulroney furent des adhérents notables à cette idéologie. De 1994 à 2012, c'était l'Action démocratique du Québec, avec sa vision autonomiste du Québec, qui faisait entendre la voix des fédéralistes nationalistes québécois à l'Assemblée nationale du Québec[3].

Une idée développée par les fédéralistes nationalistes est celle où le Québec doit absolument brandir la menace de la souveraineté pour que le Canada anglais consente à faire des concessions constitutionnelles. Cette idée fut notamment soulevée par le politologue Léon Dion, père de l'ex-ministre fédéral et chef libéral Stéphane Dion, et adoptée par l'ex-premier ministre fédéraliste du Québec, Robert Bourassa, qui affirma que la seule façon de négocier avec le Canada est de lui tenir un « couteau à la gorge »[4].

Fédéralistes du statu quo[modifier | modifier le code]

Les fédéralistes du statu quo défendent le concept du Québec demeurant dans le giron canadien en conservant le statu quo concernant la reconnaissance constitutionnelle et les compétences provinciales dans les dossiers comme les taxes et impôts, la santé et l'immigration. Ils défendent aussi le rôle majeur joué par le gouvernement fédéral dans la fédération, avec des empiètements occasionnels dans les compétences provinciales. Faisant valoir le caractère non territorial des deux principaux groupes linguistiques et de leurs identités, certains[Qui ?] ne reconnaissent pas le caractère national du Québec, ni officiellement, ni officieusement. Ils craignent qu'une telle reconnaissance par le Canada favoriserait de fait la sécession à moyen terme du Québec soit dans un cadre politique confédéral liant deux états nations — le Québec (français) d'un côté et le reste du Canada ou Canada anglais de l'autre, soit dans une fédération si asymétrique que l'ensemble risquerait de devenir ingouvernable. Le Parti égalité, qui fut un parti de protestation anglophone de 1989 à 1994 avant que ses électeurs reviennent à leur berceau libéral traditionnel, adhérait plus ou moins à cette idéologie.

Ce mouvance est associé à l'ancien premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau, de même qu'à Jean Chrétien et Stéphane Dion. La revue politique Cité libre fut un médium notable de cette idéologie[5].

Partis politiques fédéralistes[modifier | modifier le code]

Sur la scène provinciale, deux partis majeurs sont de l'idéologie fédéraliste :

  • Action démocratique du Québec (ADQ). Bien que l'ADQ ait appuyé le camp du « oui » lors du référendum de 1995 au Québec, son ancien chef et fondateur, Mario Dumont, n'a jamais été souverainiste. La plateforme politique de l'ADQ se base plutôt sur le Rapport Allaire, un document qui milite en faveur de pouvoirs politiques étendus pour le Québec. La position constitutionnelle de l'ADQ a donc évolué vers une solution mitoyenne, l'autonomisme (qui pourrait être comparé à une autonomie à la catalane, avec des pouvoirs étendus). L'ADQ n'existe plus officiellement, ayant fusionné le 14 février 2012 avec la CAQ de François Legault.
  • L'Union citoyenne du Québec (UCQ) Parti créé en 2012, fédéraliste et de gauche.
  • Parti conservateur du Québec (PCQ) Parti créé en 2009, fédéraliste, de droite et conservateur.

Depuis le schisme entre le Nouveau Parti démocratique du Québec et le Nouveau Parti démocratique fédéral, il n'y a pas eu de parti fédéraliste majeur de gauche au Québec. Sur la scène fédérale, exception faite du Bloc québécois, tous les partis partagent l'idéologie du fédéralisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Marc Chevrier (Ministère des Relations internationales 1996), « Le fédéralisme canadien et l'autonomie du Québec : perspective historique » (consulté le 12 novembre 2011)
  2. « Le Québec n’intéresse pas les partis fédéraux », sur Vigile (consulté le 12 novembre 2011)
  3. Vigile.net
  4. Antoine Robitaille, « L'idée du « couteau à la gorge » », sur Le Devoir,‎ 9 décembre 2006 (consulté le 5 mars 2009)
  5. L'Encyclopédie canadienne

Annexes[modifier | modifier le code]