Bruno Bonnell

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Bruno Bonnell
Illustration.
Bruno Bonnell en 2017.
Fonctions
Secrétaire général pour l’Investissement, chargé de France 2030
En fonction depuis le
(6 mois et 9 jours)
Prédécesseur Fonction créée
Député français

(4 ans, 7 mois et 9 jours)
Élection 18 juin 2017
Circonscription 6e du Rhône
Législature XVe (Cinquième République)
Groupe politique LREM
Prédécesseur Pascale Crozon
Successeur Gabriel Amard
Biographie
Date de naissance (63 ans)
Lieu de naissance Alger (Algérie française)
Nationalité Français
Parti politique LREM (depuis 2016)
MR (2019-2021)
Diplômé de CPE Lyon
Université Paris-Dauphine
Profession Entrepreneur

Bruno Bonnell, né le à Alger, est un entrepreneur et homme politique français.

Cofondateur de la société Infogrames et ex-président des sociétés Infogrames puis Atari, il est depuis 2007 à la tête de Robopolis, société spécialisée dans la robotique personnelle. Spécialisé dans le domaine des technologies numériques, il a fondé deux sociétés spécialisées dans la robotique de service et un fonds d'investissement entièrement destiné à la robotique, Robolution Capital.

Proche de Gérard Collomb de longue date, il est élu député en 2017, dans la sixième circonscription du Rhône, sous l'étiquette de La République en marche (LREM). En 2019, il rejoint le Mouvement radical (MR), dont il est vice-président. Il est ensuite tête de liste aux élections régionales de 2021 en Auvergne-Rhône-Alpes, battu dès le premier tour avec un score de 9,82 %.

Ayant annoncé dès l'été 2021 qu'il ne serait pas candidat à sa réélection, il est chargé par le gouvernement de piloter le plan France 2030[1] et démissionne donc de son mandat de député à compter du 30 janvier 2022[2].

Formations et débuts de carrière[modifier | modifier le code]

Né en 1958 à Alger[3], Bruno Bonnell y vit jusqu'à l'âge de huit ans lorsque sa famille d’origine catalane s'installe à Lyon. Il obtient son baccalauréat à l'âge de seize ans et entame des études de mathématiques supérieures quelque temps au lycée La Martinière Monplaisir[4] avant de poursuivre une formation d'ingénieur chimiste à l'ESCIL (promotion 1981) devenue l'ESCPE Lyon en 1994. Il se tourne alors vers l'économie et devient titulaire d'une maîtrise d'économie appliquée à l'université Paris-Dauphine en 1982. Après son service militaire, il travaille dans une entreprise grenobloise Assistance Industrielle Dauphinoise[3] spécialisée dans les machines spéciales (irradiateurs et capteurs) pendant six mois. En 1983, il entre chez Thomson en tant qu'ingénieur d'affaires chargé du lancement et de la commercialisation dans l'Est, le Sud-Est et le Nord de la France du premier ordinateur du groupe, le TO7. Parallèlement, il écrit en compagnie de son ami Christophe Sapet un livre intitulé Pratique de l’ordinateur familial[5], qui leur permet de constituer un capital de départ pour créer une société d'édition de logiciels.

Entrepreneuriat dans l’industrie du numérique[modifier | modifier le code]

Industrie vidéoludique (1983-2007)[modifier | modifier le code]

Ainsi il crée avec Christophe Sapet la société Infogrames, l'une des premières sociétés d’édition de logiciels de loisirs, en [6]. Thomas Schmider les rejoint en 1984. Infogrames sera cotée dès 1993[7] au second marché de la Bourse de Paris. Entre 1984 et 1999, la société rachète de nombreuses entreprises du secteur : CobraSoft[8], ERE Informatique, Philips Média Interactive, Accolade Inc, Gremlin Software, GT Interactive, devenant ainsi un des plus gros acteurs du secteur des jeux vidéo présent sur trois continents. En 2000 il rachète Hasbro Interactive[6] propriétaire de la marque Atari. Fin 2006, la cotation du titre Infogrames est suspendue quelques jours en raison d’une perte de valeur de 65 % par rapport au début d’année[3]. Le , le conseil d'administration d'Infogrames décide du départ de Bruno Bonnell en tant que PDG[9]. Patrick Leleu le remplace à ce poste pendant huit mois avant de céder sa place à l'américain David Gardner. En 2008, la société est condamnée à verser 40 000 euros à l'Autorité des marchés financiers pour avoir « artificiellement fait varier le cours de son titre en achetant et revendant des paquets d’actions » entre 2002 et 2003, quand elle était sous la gestion de Bruno Bonnell[10].

Bruno Bonnel a été en conflit avec les créateurs d'Alone in the dark au sujet de la suite du jeu. Frédérick Raynal, programmeur du premier opus, obtiendra gain de cause en 2016[11].

Internet (1995-1997)[modifier | modifier le code]

Avec la même équipe, il crée en 1995, l'un des premiers fournisseurs d'accès Internet, Infonie[6], qui est la première introduction en bourse du nouveau marché.

Robotique (depuis 2007)[modifier | modifier le code]

En 2007, il rachète la société Robopolis[12], spécialisée dans la distribution de robotique de service et localisée à Villeurbanne. Il serait propriétaire depuis 2007 de deux sociétés situées dans l' état du Delaware[13] (connu à l'étranger pour être un paradis fiscal[14],[15]). En 2011, il fonde AWAbot[16], entreprise spécialisée dans les robots de téléprésence. En 2013, il crée le premier fonds d’investissement européen destiné à la robotique de service, Robolution Capital[17].

Télévision[modifier | modifier le code]

Bruno Bonnell est le repreneur de la première chaîne de télévision consacrée aux jeux vidéo et aux arts numériques, Game One TV[6], lancée en 1998 en partenariat avec le groupe Canal+.

L’entrepreneur est également choisi pour incarner le patron dans l’émission The Apprentice : Qui décrochera le job ?[18], produite par Endemol et diffusée à la rentrée 2015 sur M6. C'est notamment Donald Trump ou Alan Sugar qui tiennent ce rôle dans les versions américaine et britannique. L'émission est déprogrammée par M6 après seulement deux épisodes aux audiences catastrophiques. Nicolas Copperman, président d'Endemol, invité par l'Association des Journalistes Média, parlait d'un « rejet du concept » et admettait un échec[19].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Avant de rejoindre En marche, Bruno Bonnell indique avoir toujours voté à gauche[20],[21]. Il est proche de Gérard Collomb de longue date[22].

En 2012, Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, le nomme en tant que fédérateur à l’export de la famille de produits « Mieux communiquer »[23]. Sa mission consiste alors à coordonner les opérations commerciales internationales englobant différentes sociétés françaises des filières du numérique, de l’image et des télécommunications. Il a été reconduit dans cette fonction par les ministres successifs Fleur Pellerin et Matthias Fekl.

Un an plus tard, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, à qui il a été présenté par Gérard Collomb[22], puis Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, le chargent de l’élaboration et de la mise en place du plan « France Robot Initiative »[24], visant à définir la robotique comme un secteur de développement économique stratégique pour la France et faisant partie des 34 plans pour la Nouvelle France industrielle

Député de la XVe législature[modifier | modifier le code]

Fin 2016, il prend position publiquement pour Emmanuel Macron à l'élection présidentielle de 2017[25], le seul qui soit « libéral, protecteur et progressiste », estime-t-il, et devient le référent d’En marche dans le Rhône.

Poussé par Gérard Collomb[22], il se porte candidat aux élections législatives de 2017 pour le parti La République en marche (ex-En marche) dans la 6e circonscription du Rhône, où il est notamment opposé à l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, candidate du Parti socialiste[26]. Il l'emporte très largement à l'issue du second tour[27].

Au bout de six mois, il est le troisième député le moins actif selon le classement établi par Capital[28]. Le Monde relève en que « pendant des mois, il n'a pas ouvert la bouche, ni en commission, ni dans l'hémicycle » ; il a alors rédigé une seule question écrite, aucun amendement, et n'a été cosignataire que de 6 propositions de loi ou résolutions. Bruno Bonnell justifie cette attitude par la volonté de ne pas offrir « un temps d'expression équivalent à l'opposition »[29]. Se qualifiant d'« élu de la nation », il revendique le fait de ne pas se mobiliser dans sa circonscription, considérant qu'« il faut sevrer la population des vieilles pratiques »[29].

En , lors de la diffusion controversée des propos tenus par Laurent Wauquiez à l'EM Lyon, dont Bruno Bonnell a été le président, il déclare qu'il « regrette profondément qu'un engagement de faire un cours apolitique et inspirant soit devenu une tribune politique et désespérante »[30].

En , après l'élection de Richard Ferrand à la présidence de l'Assemblée nationale, il se porte candidat pour lui succéder à la présidence du groupe LREM[31] avant de se retirer et de soutenir Gilles Le Gendre[32]. Il se voit ensuite attribuer par le Premier ministre, Édouard Philippe, une mission d'information sur l'innovation et les territoires.

Il rejoint en le Mouvement radical (MR), dont il est élu vice-président[33].

En , il présente un rapport d'information sur les « métiers du lien » (assistante maternelle, animatrice périscolaire, accompagnante d'enfants en situation de handicap, femme de ménage et auxiliaire de vie sociale) co-rédigé avec François Ruffin, à l'issue d'une mission parlementaire. Pour Bruno Bonnell, il s'agit de la « grande cause du XXIe siècle »[34]. Il est filmé à ce sujet dans le documentaire Debout les femmes ! co-réalisé par Gilles Perret.

Bruno Bonnell est désigné tête de liste de LREM pour les élections régionales de 2021 en Auvergne-Rhône-Alpes[35],[36]. Sa liste est éliminée dès le premier tour avec un score de 9,82 %[37]. Peu après, il annonce qu'il ne se représentera pas aux élections législatives de l'année suivante[38].

Autres mandats[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • En 1995, Le Nouvel Économiste lui décerne le titre de « manager de l’année »[6].
  • En 1997, il est nommé chevalier de l’ordre national du Mérite[44].
  • Le 23 novembre 2012, il est nommé parrain de la promotion « Alfred Nobel » de CPE.
  • En , il est fait chevalier de la Légion d'honneur[45].
  • Le 27 octobre 2017, il est nommé parrain de la promotion « Bonnell » de l'IMERIR (Institut méditerranéen d'étude et de recherche en informatique et robotique).

Publications[modifier | modifier le code]

  • Pratique de l’ordinateur familial, Éditions Radio, co-écrit avec Christophe Sapet, 1983.
  • Viva la Robolution ! : Une nouvelle étape pour l’humanité, Paris, Éditions JC Lattes, coll. « Essais et documents », , 297 p. (ISBN 978-2-7096-3537-0).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Bruno Bonnell à la tête de France 2030 », sur Gouvernement.fr (consulté le )
  2. Annoncé dans un tweet.
  3. a b et c Hassen Haddouche, « Bruno Bonnell : le marchand de rêves », sur www.lyoncapitale.fr (consulté le ).
  4. « La Martinière accueille un élève robotisé - Lyon Info », sur www.lyon-info.fr (consulté le ).
  5. « Bruno Bonnell : le patron qui ne se rend pas », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  6. a b c d e et f « Bruno Bonnell : Tout savoir sur Bruno Bonnell, Co-fondateur d'Infogrames Entertainment et président-directeur-général de Robopolis », sur www.lsa-conso.fr (consulté le ).
  7. « La Financière Dassault entre au capital d'Infogrames Entertainment », sur lesechos.fr (consulté le ).
  8. « Infogrames (06-1983 - 05-2003) - Organisation - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le ).
  9. « Bonnell quitte Infogrames » (consulté le ).
  10. « Bruno Bonnell, candidat d'En marche ! dans le Rhône, accusé d'optimisation fiscale par Mediapart », Franceinfo,‎ (lire en ligne).
  11. « Le créateur d'Alone in the Dark gagne un procès contre Atari », sur www.game-focus.com (consulté le )
  12. Prisma Media, « Bruno Bonnell, Pdg de Robopolis : le retour gagnant de l’ami des robots », sur Capital.fr (consulté le ).
  13. « Paradis fiscal : pas une mais deux sociétés de Bruno Bonnell au Delaware », Mediacités,‎ (lire en ligne).
  14. Corporate Business Center et Cie corp, « Delaware (USA) : creez votre societe offshore, creation aux USA, creation aux Etats-Unis », sur www.paradisfiscaux.com (consulté le ).
  15. « Paradis fiscaux : Principe paradis fiscal, présentation juridictions avec régimes fiscaux attractifs » (version du 15 mai 2013 sur l'Internet Archive).
  16. « Les robots de téléprésence : stars d'Innorobo 2014 ? - H+ Magazine » (consulté le )
  17. « Bruno Bonnell dégaine - enfin - son fonds robotique de service » (consulté le ).
  18. « Bruno Bonnell, figure de The Apprentice, télé-réalité de M6 » [archive du ] (consulté le ).
  19. « The Apprentice: "On s'est planté sur le concept" », LExpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  20. Vanessa Schneider, « Bruno Bonnell, l’indompté de la macronie », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  21. Catherine Lagrange, « Législatives : Bruno Bonnell en marche contre Najat Vallaud-Belkacem », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  22. a b et c « Deux candidats élevés en politique par Gérard Collomb », sur lavoixdunord.fr, (consulté le ).
  23. « Filières porteuses à l’export : Bruno Bonnell fédère d’abord la famille « robotique » » (consulté le ).
  24. « La robotique, « un marché mondial très prometteur » », sur lemonde.fr, .
  25. Loïc Besson, « Bruno Bonnell invité de Face à Face », TLM.tv,‎ (lire en ligne).
  26. Catherine Lagrande, « Législatives : Bruno Bonnell en marche contre Najat Vallaud-Belkacem », lepoint.fr, 11 mai 2017.
  27. Ministère de l'Intérieur, « Élections législatives 2017 », sur elections.interieur.gouv.fr, (consulté le ).
  28. « Les députés d'En marche, cancres de l'Assemblée… Notre classement », sur Capital.fr, (consulté le ).
  29. a et b « "Ce qui se dit en circo, j'en ai rien à foutre" : Bruno Bonnell, le député LREM très "nouveau monde" », sur marianne.net, (consulté le ).
  30. « L'EM Lyon ne mènera pas d'enquête interne après l'enregistrement de Laurent Wauquiez à son insu », Franceinfo,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  31. « Présidence des députés LREM : 10 candidats sont en lice pour remplacer Ferrand », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  32. « Présidence du groupe LaREM à l'Assemblée : Attal et Bonnell jettent l'éponge », FIGARO,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  33. « Bruno Bonnell rejoint officiellement le Mouvement radical, social et libéral », sur Le Progrès, (consulté le ).
  34. « Lien social : "Des métiers à temps complet pour un salaire partiel", dit Bonnell », sur RTL.fr (consulté le ).
  35. « Régionales : LREM désigne ses chefs de file et espère limiter la casse », sur publicsenat.fr, (consulté le ).
  36. « Elections régionales : Bruno Bonnell, inlassable pionnier du macronisme, repart en campagne », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  37. Ministère de l’Intérieur, « Élections régionales 2021 : Auvergne-Rhône-Alpes », sur elections.interieur.gouv.fr (consulté le ).
  38. « Les nouveaux députés LREM de 2017 en marche vers 2022 ? », sur franceculture.fr, (consulté le ).
  39. « M. Bruno Bonnell, Administrateur de APRIL sur DIRIGEANT.COM », sur dirigeant.societe.com (consulté le ).
  40. « Bruno Bonnell prend la présidence du Conseil d'Administration d'EM Lyon », sur lyon-entreprises.com,
  41. « Bruno Bonnell est élu Président du Conseil d'Administration d'EMLYON Business School » (version du 6 août 2018 sur l'Internet Archive), sur em-lyon.com.
  42. « De nouvelles fonctions pour Bruno Bonnell. », sur De nouvelles fonctions pour Bruno Bonnell. (consulté le )
  43. Anne de Guigné, « 5 milliards déjà engagés par France 2030 », Le Figaro, supplément Le Figaro Économie,‎ 4-5 juin 2022, p. 22 (lire en ligne).
  44. « Bruno Bonnell, la tête dans les robots », sur L'Obs, (consulté le ).
  45. « Décret du 30 décembre 2016 portant promotion et nomination », legifrance.gouv.fr, (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]