Gilles Le Gendre

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Gilles Le Gendre
Illustration.
Gilles Le Gendre en 2017.
Fonctions
Président du groupe LREM
à l'Assemblée nationale
En fonction depuis le [N 1]
(7 mois et 8 jours)
Élection
Législature XVe (Cinquième République)
Prédécesseur Richard Ferrand
Député français
En fonction depuis le
(1 an, 9 mois et 30 jours)
Élection 18 juin 2017
Circonscription 2e de Paris
Législature XVe (Cinquième République)
Groupe politique LREM
Prédécesseur François Fillon
Biographie
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Neuilly-sur-Seine
Nationalité française
Parti politique LREM
Fratrie Bertrand Le Gendre
Olivier Le Gendre
Diplômé de IEP de Paris
Centre de formation des journalistes
Profession entrepreneur, journaliste

Gilles Le Gendre, né le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un homme politique, entrepreneur et journaliste français, spécialisé dans la presse économique.

Membre de La République en marche (LREM), il est élu député dans la deuxième circonscription de Paris lors des élections législatives de 2017. Il est successivement vice-président puis, depuis 2018, président du groupe LREM à l'Assemblée nationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Gilles Marie François Le Gendre est né du mariage de Bernard Le Gendre, président de société, et de Catherine Chassaing Mandegou de Borredon[1]. Il est le frère de Bertrand Le Gendre[2] et d'Olivier Le Gendre, également journalistes.

Marié en secondes noces le à Raphaële Rabatel, il a deux enfants de son premier mariage[1],[3].

Formation[modifier | modifier le code]

Élève à Neuilly-sur-Seine, au collège Sainte-Croix puis au lycée Pasteur[1], il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service public, promotion 1981)[4] et du Centre de formation des journalistes de Paris[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Journaliste à Europe 1 et à L'Usine nouvelle (1983), il est successivement journaliste (1984), chef de service, rédacteur en chef adjoint, rédacteur en chef du Nouvel Économiste (1993-1994) ; rédacteur en chef adjoint de L'Expansion[5] (1991-1993) ; directeur de la rédaction de L'Événement du jeudi[6](1994). Directeur de la rédaction de Challenges (1995-2001)[7], il est nommé président du directoire du groupe Expansion et directeur général des rédactions. De 2002 à 2004, il est directeur de la communication et membre du comité exécutif de la Fnac[8],[9].

Il est ensuite entrepreneur dans des activités de conseil à Paris[10]. En 2006, il fonde Explora & Cie[7], dont il est associé gérant, et il crée en 2011 le réseau de consultants indépendants Les Company Doctors.

En , il est à l'initiative de la création d'un Observatoire de l'élection présidentielle[11], dont il est le président.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Il milite pour Valéry Giscard d’Estaing lors de la campagne présidentielle de 1974[12],[13].

Il se présente comme étant « économiquement de droite, et culturellement et sociétalement de gauche, un peu schizophrène électoralement » avant de rejoindre, en mai 2016, le mouvement En marche[7],[14]. Il est désigné, à l'automne 2016, référent pour les 5e et 6e arrondissements de Paris[9].

Député[modifier | modifier le code]

Il est candidat de La République en marche dans la deuxième circonscription de Paris pour les élections législatives de 2017[15]. Sa suppléante est Sonia de Maigret (petite-fille de Michel Poniatowski), ancienne conseillère d'arrondissement dans le 7e arrondissement, déléguée à la culture[16]. Un sondage Ifop le donne gagnant avec 68 % des suffrages au second tour[17]. Au premier tour, il obtient 41,8 % des voix, devant la candidate LR-UDI, Nathalie Kosciusko-Morizet (18,1 %)[7],[18]. Il l'emporte au second tour, par 54,5 % des suffrages[19].

En , il est élu président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Il démissionne de cette fonction en , suivant l'avis de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), qui a relevé « un risque d'interférence » du fait de ses activités antérieures de conseil de Generali France, ex-employeur du nouveau directeur général, Éric Lombard[9]. C'est Gilles Le Gendre, conscient du risque, qui avait saisi la HATVP[20].

Au début de la législature, il est vice-président du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale, chargé de piloter la communication et coordonner le porte-parolat[21]. Il est un proche de Richard Ferrand, le président du groupe[22]. Alors qu'il anime parfois des réunions de groupe en l’absence de Richard Ferrand, certains médias estiment qu'il s'est imposé comme le « numéro deux » ou le « président bis » du groupe[23],[24]. Il est par ailleurs membre de la commission des Finances.

Par décret du [25], il est chargé d'une mission temporaire ayant pour objet la formulation de propositions permettant de préserver et de développer en France les métiers d'art et du patrimoine vivant.

En septembre 2018, après l'élection de Richard Ferrand à la présidence de l'Assemblée nationale, il se porte candidat pour lui succéder à la présidence du groupe LREM[26]. Selon les médias, il est le favori du gouvernement, même si l'exécutif ne s'est pas prononcé officiellement pour un candidat[24],[27]. Il l'emporte au second tour face à Roland Lescure, avec 157 voix contre 107[28]. Mediapart écrit qu'il s'agit « d’une courte majorité » et qu'à l’instar de Richard Ferrand, il « ne fait pas non plus l’unanimité au sein du groupe »[29]. Il entend faire évoluer en profondeur le fonctionnement du groupe, répondant aux frustrations exprimées par les députés lors de la campagne interne[30].

Après son élection, Mediapart estime qu'il « s’inscrit dans la droite lignée de son prédécesseur Richard Ferrand. Fidèle macroniste, libéral assumé, il n’a jamais émis la moindre réserve quant aux choix du gouvernement, maniant comme personne la langue de bois et adoptant parfaitement tous les codes politiques de l’« ancien monde » ». Le site d'actualité indique qu'il « a validé et soutenu tous [les] choix [de Richard Ferrand], avec un dévouement sans faille. Il était, à titre d’exemple, tout à fait favorable à l’idée de réduire le nombre d’amendements individuels, seule façon pour certains d’exprimer leurs divergences. Il menait même depuis quelques mois une réflexion sur le sujet, au côté de Pacôme Rupin »[29].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Controverses[modifier | modifier le code]

Le 17 décembre 2018, interrogé, sur Public Sénat par Cyril Viguier[31], sur les possibles erreurs du gouvernement dans le mouvement des Gilets jaunes, Gilles Le Gendre déclare qu'à travers ses actions, notamment sur le pouvoir d'achat, le gouvernement avait « insuffisamment expliqué son action et que ses membres s'étaient montrés probablement trop intelligents, trop subtils, trop technique dans les mesures du pouvoir d'achat »[32],[33],[34]. Cette déclaration tourne au badbuzz et le député fait son mea culpa[35]. Dans le cadre du grand prix de l'humour en politique, il reçoit le 10 avril 2019, un prix suite à cette déclaration[36].

Sa femme, Raphaële Rabatel, est nommée directrice de la communication et de développement durable de la Française des jeux, deux jours après le vote définitif de la loi Pacte qui autorise la privatisation de la société.[37]. La précédente directrice de communication Laetitia Olivier, nommé en 2010[38] a été contrainte de quitter son poste en janvier 2019 dans des conditions conflictuelles afin de permettre un nouveau recrutement[39]. Dans la classe politique, de nombreuses réactions ont critiquées ce choix en dénonçant une forme de népotisme et relève le fait que Gilles Le Gendre a voté pour ce texte et ne s'est pas déporté [40],[41]. Cette nomination officielle provoque une crise de communication ; la FDJ a été contraint de réagir et se défend de tout "conflit d'intérêt", qu'elle était "la meilleure candidate" car son profil "cochait toutes les cases"[42] et confirme sa prise de fonction en mai 2019.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par intérim du 12 au 18 septembre 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Who's Who in France, édition 2015,p. 1369-1370.
  2. Daniel Schneidermann, « Presse : Benalla, une sortie de la disgrâce ? », publié le 21 juillet 2018 sur le site Arrêt sur images.
  3. Pauline Moullot, « La FDJ vient-elle de recruter la femme de Gilles Le Gendre, président des députés LREM ? », Libération, 11 avril 2019.
  4. « Gilles Le Gendre », sur sciences-po.asso.fr.
  5. « Michèle Cotta rejoint le Nouvel Economiste », sur lemonde.fr, .
  6. « L'Événement du jeudi : Gilles Le Gendre est nommé directeur délégué de la rédaction », sur lemonde.fr, .
  7. a b c et d « Gilles Le Gendre en tête » sur challenges.fr, 12 juin 2017.
  8. Mathieu Magnaudeix, « Les députés LREM parisiens, comme un livre ouvert sur les réseaux Macron », sur Mediapart, .
  9. a b et c Sarah Paillou, « Gilles Le Gendre, l'ex-journaliste et chef d'entreprise devenu président du groupe En Marche », sur lejdd.fr, (consulté le 26 septembre 2018).
  10. « La campagne des légistatives vue par un candidat de la société civile », Centre de formation des journalistes, 18 mai 2017.
  11. « Création d'un Observatoire de l'élection présidentielle », sur lemonde.fr, .
  12. Voir sur lci.fr.
  13. voir sur europe1.fr.
  14. Laure Equy et Denis Allard, « Gilles Le Gendre, un macroniste sans état d'âme à la tête du groupe LREM à l'Assemblée », sur liberation.fr, (consulté le 26 septembre 2018).
  15. Graphes d'activité parlementaire et présences en commissions et participation en hémicycle au cours des 12 derniers mois de Gilles Le Gendre.
  16. "La fiche de Gilles Le Gendre sur Projet Arcadie".
  17. « Législatives : NKM donnée largement battue à Paris », Le Journal du dimanche, 4 juin 2017.
  18. « Nathalie Kosciusko-Morizet qualifiée mais en difficulté » sur europe1.fr, 12 juin 2017.
  19. « Résultats des législatives : Nathalie Kosciusko-Morizet (LR-UDI) battue par Gilles Le Gendre (LREM) à Paris » sur 20minutes.fr, 18 juin 2017.
  20. Remy Dodet, « 10 choses à savoir sur Gilles Le Gendre, le nouveau patron du groupe LREM », sur nouvelobs.com, (consulté le 26 septembre 2018).
  21. Alexandre Lemarié, « Assemblée nationale : le groupe LRM s’organise pour éviter les couacs », sur lemonde.fr, (consulté le 6 septembre 2017).
  22. Manuel Jardinaud et Ellen Salvi, « Richard Ferrand, l’homme qui ne voulait pas être là », sur Mediapart, (consulté le 20 juin 2018).
  23. Samuel Le Goff, « Le premier kilomètre des marcheurs à l’Assemblée nationale », sur contexte.com, (consulté le 30 juillet 2018).
  24. a et b « Fan de Giscard, ex-journaliste et "dandy"... Cinq choses à savoir sur Gilles Le Gendre, le nouveau patron des députés LREM », sur francetvinfo.fr, (consulté le 26 septembre 2018).
  25. Décret du 11 juin 2018 chargeant un député d'une mission temporaire JORF n°0133 du 12 juin 2018 texte n° 33 NOR: PRMX1816194D
  26. « Présidence des députés LREM : 10 candidats sont en lice pour remplacer Ferrand », sur leparisien.fr, (consulté le 13 septembre 2018).
  27. Voir sur leparisien.fr.
  28. Voir sur leparisien.fr.
  29. a et b Manuel Jardinaud et Ellen Salvi, « Dans un climat tendu, les députés LREM choisissent le statu quo », sur mediapart.fr, (consulté le 19 septembre 2018).
  30. Samuel Le Goff, « Une rentrée tourmentée pour un groupe LRM en panne de leadership », sur contexte.com, (consulté le 19 septembre 2018).
  31. Intervention de Gilles Le Gendre sur la chaine Public Sénat.
  32. « Face aux gilets jaunes, le chef des députés LREM pense que le gouvernement a été "trop intelligent" », sur Le Huffington Post, (consulté le 17 décembre 2018).
  33. Pouvoir d’achat : l’exécutif a «probablement été trop intelligent, trop subtil», selon Le Gendre.
  34. Gilles Le Gendre : une de nos erreurs "est d'avoir probablement été trop intelligents" .
  35. https://www.liberation.fr/politiques/2018/12/17/trop-intelligents-trop-subtils-la-bourde-de-le-gendre-tourne-au-bad-buzz_1698363
  36. « Édouard Philippe lauréat du prix de l’humour politique », sur www.lefigaro.fr, (consulté le 12 avril 2019)
  37. « La nomination à la FDJ de l'épouse du patron des députés LREM passe mal », sur Le Huffington Post, (consulté le 12 avril 2019)
  38. « Laetitia OLIVIER est nommée Directrice de la Communication et du Développement durable de la Française des Jeux », FDJ,‎ (lire en ligne)
  39. « L’arrivée de Raphaële Rabatel à la Française des jeux, un choix controversé », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  40. « Le recrutement de l'épouse du patron des députés La République en marche à la Française des jeux passe mal », FranceInfo,‎ (lire en ligne)
  41. « Critiques sur la nomination à la FDJ de l’épouse du patron des députés LREM », Le Parisien,‎ 11 avril 2019, (lire en ligne)
  42. Hamza Hizzir, « "Pas de conflit d'intérêts" : la FDJ réagit à la nomination polémique de l’épouse du patron des députés LaRem », LCI,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]