Cooperl Arc Atlantique

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Cooperl Arc Atlantique

Création 1966
Personnages clés Patrice Drillet (président)
Emmanuel Commault (directeur général)
Forme juridique Coopérative agricole
Siège social Lamballe
Drapeau de France France
Actionnaires 2 700 adhérents[1]
Activité Secteur agroalimentaire
Effectif 5 000 salariés[1]
Site web http://www.cooperl.com

Chiffre d’affaires 2 milliards d'euros[1]

Cooperl Arc Atlantique est un groupe coopératif du secteur agroalimentaire français créé en 1966 (Coopérative des Éleveurs de la région de Lamballe) et spécialisé dans la production de porc et la transformation en viande porcine.

Ce groupement d'agriculteurs est devenu le premier complexe industriel porcin de France et le troisième de l'Union européenne derrière deux groupes néerlandais.

Histoire[2][modifier | modifier le code]

La Cooperl naît en 1966 à la suite d'une scission du groupe Coopagri Bretagne, à l'initiative d'une douzaine d'agriculteurs adhérents de la JAC de la région d'Hénanbihen. A la création, il compte 24 éleveurs, 8 272 porcs commercialisés et 2 salariés.

En 1978, le groupe acquiert 2 abattoirs : à Lamballe et à Montfort-sur-Meu. En 1982, l'entreprise effectue ses premières livraisons dans les hypermarchés. En 1987, Cooperl intègre la société privée Logeais qui transforme de l’aliment du bétail à Vitré (35). L'année suivant, la Cooperl compte 1 650 adhérents, 1 469 000 porcs commercialisés, 257 000 tonnes d’aliment et 1 200 salariés.

En 1992, la Cooperl fusionne ses activités avec la coopérative Hunaudaye à Plestan, spécialisé dans la fabrication d’aliment.

En 1999, le groupe emploie près de 4 300 salariés et a un chiffre d'affaires de 7,6 milliards de francs[3].

Entre 1994 et 2006, Cooperl investit dans le développement d'une filière environnementale avec la reprise de la SA FERTIVAL (spécialisée dans la transformation en engrais organiques), la construction de l’unité des co-produits, la création du centre de valorisation CEDEV, la mise en place d’une station de traitement de l’eau à Lamballe (22) et d’un oxydeur thermique au CEDEV, et enfin la construction d’une deuxième station de traitement de l’eau.

En 2008, Cooperl fusionne avec la coopérative ARCA à Saint-Armel (35) pour devenir Cooperl Arc Atlantique.

En juillet 2009, Cooperl acquiert les activités de transformation charcutière d'Unicopa, en difficulté économique, activités comprenant la marque « Brocéliande », avec un volume de vente de 50 000 tonnes et près de 1 400 salariés, contre seulement 25 000 tonnes de charcuterie pour Cooperl avant cette opération[4],[5],[6].

En 2011, Cooperl acquiert des boucheries Défi Viandes pour créer un réseau de distribution.

En mai 2012, Cooperl rouvre une usine de transformation fermée par Bigard à Lamballe, pour la spécialiser dans les produits cuisinés[7]. En novembre 2012, Cooperl acquiert pour un montant inconnu 50 % de Charcupac, une entreprise lorraine vendant notamment ses transformations à travers sa marque « Provinces d'Europe » et qui compte 200 salariés[8].

Durant l'été 2015, Cooperl et Bigard sont en désaccord avec le gouvernement qui souhaite imposer un prix minimum d'achat pour la viande porcine après d'importantes manifestations d'éleveurs[9].

En juin 2017, la Cooperl acquiert le « pôle charcuterie-salaison » du groupe Financière Turenne Lafayette comprenant les marques « Paul Prédault », « Lampaulaise de Salaisons », « Madrange » et « Montagne Noire »[10].

Activité[modifier | modifier le code]

Cooperl est une coopérative organisée en filière autour de la production porcine principalement. Elle regroupe un ensemble d’activités complémentaires, de l’amont à l’aval avec plusieurs branches :

La branche « distribution spécialisée » via sa filiale Calipro, assure la distribution du matériel spécialisé agricole via son réseau de 7 magasins répartis dans le Grand Ouest.

La branche « groupement de producteurs » accompagne les agriculteurs dans différents domaines : les techniques d’élevage, le bâtiment, l’économie, l’environnement, la génétique et la santé animale.

La branche « industrie de l’alimentation animale » regroupe plusieurs activités dont la transformation en aliments, la collecte et les services « agrofourniture » - bovin - volaille.

La branche « environnement » repose sur 5 piliers principaux : l’élimination des effluents industriels et production d’énergie, le traitement du lisier, la transformation en fertilisants organiques, la transformation des sous-produits animaux et le traitement des eaux usées.

La branche « industrie des viandes » abat et découpe les carcasses de porc. Elle dispose d’une capacité d’abattage de 100 000 porcs/semaine au total dans trois abattoirs situés à Lamballe (22), Montfort-sur-Meu (35) et Saint-Maixent (79). Une unité de transformation des viandes, à Rochetoirin (38) complète ces installations.

La branche « industrie de la salaison » transforme les carcasses détaillées issues des ateliers de découpe (désossage, préparation de recette, moulage, cuisson et conditionnement). Cooperl transforme pour un volume de 160 000 tonnes de salaisons par an.

La branche « boucherie » avec le rachat du réseau Défiviandes en 2011 propose aux clients des viandes, charcuteries et autres « produits traiteurs » dans plus 80 boucheries.

La branche « industrie bovin », via sa filiale Siabel spécialisée dans le négoce de gros bovins, abat 700 bêtes par semaine, qu'elle découpe et désosse. Cette activité est centralisée à Saint-Maixent (79).

Le groupe maîtrise aujourd’hui tous les métiers du porc et toutes les étapes de production et transformation : construction des bâtiments, alimentation animale, services aux éleveurs, abattage, découpe, transformation et salaison, commercialisation et environnement. Il est impliqué dans la production de plus de 5,8 millions de porcs et l'abattage de près de 5 millions (soit 450 000 tonnes/an), faisant de cette coopérative agricole le chef de file de la filière porcine française.

Cette organisation en filière, est consolidée par les filiales de Cooperl : Farm’apro, Nucléus, Brocéliande, Siabel, Fertival et Socobati.

Ses chiffres clés[modifier | modifier le code]

Aujourd’hui, Cooperl c’est :

  • 2 700 adhérents
  • 7 000 salariés
  • 5 800 000 porcs produits
  • 1 400 000 tonnes d’aliments
  • 20% de part d’activité en France
  • 13 millions de consommateurs dans le monde/an
  • 2 milliards d’euros de chiffres d’affaires

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Les 2 700 éleveurs-adhérents de la Cooperl[11] sont ainsi les propriétaires du capital social de la coopérative. Le mode de gouvernance de la Cooperl est propre aux coopératives : le groupe est dirigé par un président élu par un conseil d’administration composé d'éleveurs ; ainsi que par un directeur et un conseil de direction qui sont des salariés non actionnaires.

Marcel Lemée en devint le premier président (il le resta pendant 25 ans), Sébastien Coupé lui succéda, puis Bernard Mégret et ensuite Jean-Yves Le Barzic.

Ses implantations[modifier | modifier le code]

Cooperl est née à Lamballe (22). Elle s’est étendue, au fil des années et de ses achats industriels, dans le grand ouest de la France. Elle bénéficie d’un fort ancrage territorial.

La coopérative exporte de nombreux produits à l’étranger : Europe, Afrique, Asie et région pacifique. Aujourd’hui, des équipes Cooperl sont implantées dans plusieurs pays (Chine, Hongrie, Russie et Royaume-Uni) et exporte 165 000 tonnes de viande dans plus de 50 pays.   

Conditions de travail[modifier | modifier le code]

Plusieurs salariés de l'usine de Lamballe se mettent en grève en mars 2016 pour dénoncer leurs conditions de travail, considérées comme très pénibles, avec des horaires en décalé et une forte prévalence d'accidents du travail. Le rapport médical du 4 juin 2013 signale un grand nombre de troubles musculo-squelettiques graves, en raison de postures pénibles et du port de charges lourdes, aggravés par les horaires, le froid et le bruit[12].

Les sites de Lamballe et de Montfort-sur-Meu connaissent ce mouvement de grève, alors que les élus locaux condamnent le silence de la direction[13], le préfet des Côtes-d'Armor appelant à la négociation[14]. Le conflit, portant sur le gel des salaires, la diminution de la prime d’ancienneté et du treizième mois, est le plus long depuis la fondation de l'entreprise[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Chiffres clés », sur Cooperl Arc Atlantique, chiffres 2011
  2. La Cooperl 50 ans d'audace et de passion
  3. Robert Fort, "Ils ont révolutionné le monde rural. L'aventure de la JAC en Bretagne (1930-1970)", éditions Le Télégramme, 2001, [ (ISBN 2-909292-94-0)]
  4. Unicopa cède Brocéliande à Cooperl Arc Atlantique, AgraPresse, 22 juillet 2009
  5. Unicopa va céder ses salaisons Brocéliande à Cooper, La France Agricole, 22 juillet 2009
  6. Agroalimentaire : Cooperl Arc Atlantique en passe de reprendre Brocéliande, Stanislas du Guerny, Les Échos, 22 juillet 2009
  7. Cooperl Arc Atlantique rachète l'ex-usine Kerguelen, Stanislas du Guerny, Usine nouvelle, 31 mai 2012
  8. Cooperl Arc Atlantique prend 50% du capital de Charcupac, Stanislas du Guerny, Usine Nouvelle, 19 novembre 2012
  9. « Cooperl et Bigard : qui sont les deux mastodontes de l'industrie porcine ? », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  10. Cooperl prend les commandes du pôle charcuterie de Turenne Lafayette, Marie Cadoux, LSA, 15 juin 2017
  11. « Cooperl, Groupe coopératif agricole production porcine », sur www.cooperl.com (consulté le 21 octobre 2016)
  12. « Marre de suer sang et eau pour engraisser Cooperl ! Ils ont décidé de parler », sur L'Humanité (consulté le 28 mars 2016)
  13. Thierry Peigné, « Conflit à la Cooperl : une table ronde sans la direction - France 3 Bretagne », France 3 Bretagne,‎ (lire en ligne)
  14. Baptiste Galmiche, « Cooperl : préfet et direction opposés - France 3 Bretagne », France 3 Bretagne,‎ (lire en ligne)
  15. Philippe Brochen, « Grève historique à la Cooperl, premier abatteur français de porcs », Libération.fr,‎ (lire en ligne)