Élections législatives allemandes de 1912

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Élections législatives allemandes de 1912
12 janvier 1912
Type d’élection élection parlementaire
Participation
84,9 %  +0,2
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Parti social-démocrate
34,8 %
 +5,9
Sièges obtenus 110  +67
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Zentrum
16,4 %
 −3
Sièges obtenus 91  −14
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Parti national-libéral
13,6 %
 −0,9
Sièges obtenus 45  −10
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Parti populaire progressiste
12,3 %
 +1,4
Sièges obtenus 42  −7
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Parti conservateur
8,5 %
 −0,9
Sièges obtenus 43  −17
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Parti polonais
3,6 %
 −0,4
Sièges obtenus 18  −2
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Parti conservateur libre
3,0 %
 −1,2
Sièges obtenus 14  −10
Résultats par circonscription
Carte

Les élections législatives allemandes de 1912 permettent d'élire pour la 13e fois les députés du Reichstag. Elles ont lieu le . Ce sont les dernières élections du parlement avant la Première Guerre mondiale, ce sont également les dernières élections de l'Empire allemand.

Résultats[modifier | modifier le code]

La participation est d'environ 85 % ce qui est comparable à celle des élections précédentes.

Le vainqueur de l'élection est clairement le SPD. Il obtient 4 250 000 voix, soit un pourcentage de 34,8 %, un score jamais atteint par un parti politique auparavant lors des élections législatives allemandes. Le suffrage majoritaire et la carte des circonscriptions qui date toujours de 1871 biaise les résultats, le parti n'obtient donc que 110 députés sur 397 soit 27,7 %. Il est cependant pour la première fois, la première force politique du pays. Seul le parti national-libéral avait réussi lors des élections de 1871 à obtenir plus de sièges.

La seconde force politique est le Zentrum qui récolte 91 mandats, alors que le parti a obtenu moins de la moitié des suffrages du SPD.

Les conservateurs et les nationaux-libéraux, qui ont soutenu la politique du chancelier Theobald von Bethmann Hollweg perdent à la fois des voix et des sièges. Le parti populaire progressiste issu de la fusion des partis libéraux de gauche perd également quelques sièges en comparaison de la somme des mandats détenus par les entités précédentes. Ce dernier parti a conclu des accords électoraux avec le SPD et mené campagne en commun.

Famille politique Parti Voix Sièges
en million en % comparées à 1907 nb en % comparés à 1907
Conservateurs Conservateur 1,042 8,5 % −0,9  43 10,8 % −17
Conservateur libre 0,367   3,0 % −1,2  14 3,5 % −10
Libéraux Droit National-libéral 1,663 13,6 % −0,9  45 11,3 % −10
Gauche Parti populaire progressiste1) 1,497 12,3 % +1,3  42 10,6 % −7
Catholiques Zentrum 1,997 16,4 % −3,0  91 22,9 % −14
Socialistes Sociaux-démocrates (SPD) 4,250 34,8 % +5,9 110 27,7 % +67
Minorités Polonais 0,442 3,6 % −0,4  18 4,5 % −2
Alsace-Lorraine 0,162 1,3 % +0,4   9 2,3 % +2
Welf 0,085 0,7 % ±0,0   5 1,3 % +4
Danois 0,017 0,1 % ±0,0   1 0,3 % ±0
Autres Partis agricoles2) 0,234 1,9 % +0,2   7 1,8 % −2
Antisémites3) 0,300 2,5 % −0,6  10 2,5 % −11
Divers4) 0,152 1,2 % −0,8   2 0,5 % ±0
Total 12,208 100 % 397 100 %

Notes:

Groupes parlementaires[modifier | modifier le code]

Tous les députés ne rejoignent pas le groupe parlementaire de leur parti, certains restent également sans groupe parlementaire. Le député du DRP Schröder (Elbing), celui du Zentrum Oppersdorf (Fraustadt) et les nationaux-libéraux Becker (Bingen) et von Heyl (Worms) restent ainsi sans groupe parlementaire. Les députés allemands-sociaux, chrétiens-sociaux, les députés de la fédération agricole Gebhardt (Homburg), Werner (Gießen) et Vietmayer (Waldeck) rejoignent l'union économique. Les députés de la fédération agricole Vogt (Hall) et Vogt (Crailsheim) rallient les conservateurs. Le député DBB Kerschbaum (Rothenburg/Tauber) s'associe aux nationaux-libéraux. Les effectifs des différents groupes parlementaires sont les suivants [1]:

Sociaux-démocrates (SPD) 110
Zentrum 90
Conservateur 45
National-libéral 44
Populaire progressiste 42
Polonais 18
Conservateur libre 13
Alsace-Lorraine 9
Union économique 8
Welf 5
Antisémites 3
Indépendants 10

Déroulement de la législature[modifier | modifier le code]

La gauche ne parvient pas à renforcer le pouvoir du parlement, qui a toujours été faible. Après l'éclatement de la Première Guerre mondiale, les partis font la paix des forteresses, l'union sacrée allemande, même le SPD pourtant anti-militariste vote en faveur des crédits de guerre. Au cours de la guerre des dissensions apparaissent dans le parti, cela donne naissance au USPD.

En 1916, le Zentrum et les nationaux-libéraux menés par Gustav Stresemann s'associent au SPD et au FVP pour réclamer plus de contrôle parlementaire. Cette coalition est éphémère : le le Zentrum, le FVP et le SPD soutiennent les résolutions de paix, alors que les nationaux-libéraux et les conservateurs les rejettent. Les élections ne sont pas organisées à cause de la guerre. Le parlement est devenu de plus complètement impuissant face au commandement de l'OHL. Ce n'est que le , quelques jours seulement avant la défaite et la révolution allemande de novembre, que le parlement vote la réforme d'octobre proposé par le chancelier Max de Bade qui marque un pas vers le parlementarisme.

Antisémitisme[modifier | modifier le code]

Les élections de 1912 sont marquées par le succès du SPD. Les antisémites parlent d'« élections juives[2] ». Certains conservateurs radicaux comme Konstantin Freiherr von Gebsattel sont de l'avis que la majorité sociale-démocrate est commandée par l'« or juif[3] »[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Reichstagshandbuch 1912 », sur reichstagsprotokolle.de (consulté en 111 juin 2013)
  2. « Judenwahl »
  3. « jüdischen Golde »
  4. (de) « Kultur, Politik und Öffentlichkeit. », sur Dagmar Bussiek, Simona Göbel (consulté le 11 juin 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Kaiserliches Statistisches Amt, Die Reichstagswahlen von 1912, t. 1-3, Berlin, von Puttkammer und Mühlbrecht,
  • (de) Reichstags-Handbuch 13. Legislaturperiode, Berlin, Bureau des Reichstags,
  • (de) Bernd Haunfelder, Reichstagsabgeordnete der Deutschen Zentrumspartei 1871–1933. Biographisches Handbuch und historische Photographien, Düsseldorf, Droste, (ISBN 3-7700-5223-4)
  • (de) Bernd Haunfelder, Die liberalen Abgeordneten des deutschen Reichstags 1871–1918. Ein biographisches Handbuch, Münster, Aschendorff, (ISBN 3-402-06614-9)
  • (de) Bernd Haunfelder, Die konservativen Abgeordneten des deutschen Reichstags von 1871 bis 1918. Ein biographisches Handbuch, Münster, Aschendorff, , 336 p. (ISBN 978-3-402-12829-9)
  • (de) Carl-Wilhelm Reibel, Handbuch der Reichstagswahlen 1890–1918, Düsseldorf, Droste Verlag, (ISBN 978-3-7700-5284-4)
  • (de) Gerhard A. Ritter et Merith Niehuss, Wahlgeschichtliches Arbeitsbuch. Materialien zur Statistik des Kaiserreichs 1871–1918, Munich, C. H. Beck, (ISBN 3-406-07610-6)
  • (de) Wilhelm Heinz Schröder, Sozialdemokratische Reichstagsabgeordnete und Reichstagskandidaten 1898–1918. Biographisch-statistisches Handbuch, Düsseldorf, Droste, (ISBN 3-7700-5135-1)
  • (de) Jürgen Bertram, Die Wahlen zum Deutschen Reichstag vom Jahre 1912. Parteien und Verbände in der Innenpolitik des Wilhelminischen Reiches, Düsseldorf, Droste Verlag,

Liens externes[modifier | modifier le code]