Église Saint-Irénée de Lyon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-Irénée (homonymie).
Église Saint-Irénée
Image illustrative de l'article Église Saint-Irénée de Lyon
Église Saint-Irénée
Présentation
Culte Catholique
Type Église
Rattachement Archidiocèse de Lyon
Début de la construction IXe-Xe siècle pour la crypte
Fin des travaux 1824
Style dominant carolingienne (crypte)
néoclassique (église haute)
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)
Site web http://stirenee-stjust-lyon.cef.fr
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Ville Lyon
Coordonnées 45° 45′ 18″ nord, 4° 48′ 50″ est

Géolocalisation sur la carte : métropole de Lyon

(Voir situation sur carte : métropole de Lyon)
Église Saint-Irénée

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Église Saint-Irénée

L'église Saint-Irénée, à Lyon, située sur les hauteurs de Lyon dans le quartier de Saint-Irénée, est, pour sa partie basse, l'une des plus anciennes de France.

En effet, la crypte de l'église date du IXe siècle, début de l'époque carolingienne, l'église elle-même ayant été rebâtie, après bien des vicissitudes, au début du XIXe siècle et terminée en 1830. Elle en fait l'un des rares monument du haut Moyen Âge conservé partiellement en élévation.

L'église fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Nécropole romaine[modifier | modifier le code]

Sarcophages dans la cour de l'église Saint-Irénée

Le site est construit sur une nécropole romaine installée à l'ouest de la cité de Lugdunum restée active du Haut Empire romain jusqu'au Moyen Âge et couvrant l'actuel quartier de Trion jusqu'à l'ancienne basilique Saint-Just. Des fouilles en l'an 2000 sur la place Saint-Irénée qui forme le parvis de l'église ont permis de mettre au jour de nombreuses sépultures de l'époque romaine et paléochrétienne. Elles complètent les fouilles déjà effectuées dans les années 1970-80 au sud de la basilique Saint-Just, en 1950-51 dans la rue des Macchabées, contiguë à l'église, et même auparavant dès le XIXe siècle dans ce quartier.

On retrouve des sarcophages de cette époque à l'extérieur de l'église contre le mur d'enceinte qui auraient été exhumés dès le XIXe siècle. Un livre[2] mentionne dans la première moitié du XIXe siècle un «sarcophage [...] en marbre blanc de Paros ; il était dans la cour de l'église Saint-Irénée [...]. Il est difficile d'assigner une date précise à ce beau monument, mais le style de la sculpture porte à croire qu'il appartient à la première moitié du troisième siècle de notre ère ». Cette pièce a été déplacée peu après sa découverte au musée des beaux-arts de Lyon, d'autres moins importantes datant du Ve siècle ont été laissées sur le site.

L'église se situe à l'emplacement d'un ancien mausolée, abritant déjà au dernier tiers du Ve siècle des reliques d'origine inconnue qui donnèrent vraisemblablement lieu à l'invention des martyrs locaux Alexandre et Épipode[3].

La "distribution de la poussière précieuse des martyrs", telle que décrite dans l'homélie 55 de la collection d'Eusebius Gallicanus (attribuée aujourd'hui à Fauste de Riez) y était ainsi pratiquée à la fin du Ve siècle.

L'édifice, construit à proximité immédiate ou peut-être même sur la crypte des deux martyrs, aurait pu être destiné initialement à une dévotion "privée" à Alexandre et Epipode, avant la mise en place d'un culte officiel et public à Irénée au début du siècle suivant.

De la basilique Saint-Jean-Baptiste à l'église Saint-Irénée (VIe-IXe siècles)[modifier | modifier le code]

Arc, seul reste de la première église du VIe siècle

La basilique funéraire, dont la tradition attribue la construction à l'évêque Patiens († avant 494), fut dédicacée par l'archevêque de Vienne Avit au début du VIe siècle, apparemment sous le vocable de saint Jean-Baptiste.

L'édifice remarquable était doté d’un grand transept et d’une vaste crypte caractéristiques de la renaissance de la deuxième moitié du Ve siècle et du début du VIe siècle. La similitude avec la basilique funéraire Saint-Laurent de Choulans indiquerait que les deux édifices pourraient être l’œuvre d'un même architecte. De cet édifice il ne reste aujourd'hui qu'un arc.

Grégoire de Tour, qui résida à Lyon entre 551 et 573, décrit la crypte de la basilique Saint-Jean abritant les reliques de saint Irénée sous un autel, à côté de celles d’Alexandre et d’Épipode. La présence de cet autel inférieur associé aux aménagements facilitant l'accès à la crypte (portes, escaliers) laissent à penser qu'elle était le théâtre d'une célébration eucharistique "sur" les tombes des martyrs. Interdite par le deuxième concile de Braga, mais soutenue par saint Augustin et Isidore de Séville, cette pratique restait associée au culte des martyrs ailleurs en Occident[4].

Durant la première moitié du VIIe siècle, le bâtiment est doté d'une abside (rectangulaire à l’intérieur et polygonal à l’extérieur) à l'ouest d'une crypte dont l'accès de faisait par des escaliers. Cette restauration est à mettre soit au crédit de l'évêque Arigius (proche de la reine Brunehaut, premier signataire du concile de Paris en 614) soit à celui d'Ennemond (élevé au palais sous Dagobert et proche Clovis II).

En 830, le Liber Confraternitatum atteste de la présence de chanoines. Un collège commun à Saint-Irénée et l'église Saint-Just est mentionné sous l'épiscopat d'Agobard († en 840). À la même période, l’évêque de Narbonne Barthélémy (c.827-840) fit don de reliques. Elles furent placées au milieu de la nef, sous l’autel situé au-dessus du «puits des martyrs».

En 868, l'église est en ruine avant la restauration de l'évêque Remigius.

La nécropole comtale (Xe-XIVe siècles)[modifier | modifier le code]

Dans la deuxième moitié du Xe siècle, une troisième campagne de restauration est réalisée : l’église est alors réduite au chœur de l’édifice ancien, la crypte d’axe oblique fut dotées de trois nefs voûtées, un mur de façade de l’église fut construit sur la descente d’escaliers.

Après 993, l'église devient la nécropole familiale de la première maison des comtes de Forez[5] après une donation du comte Artaud[6].

Innocent IV consacra le maître-autel sous le vocable de Saint-Irénée lors de son séjour à Lyon entre 1244 et 1251.

À la suite des comtes de Forez et des seigneurs de Beaujeu, les chanoines-comtes de la cathédrale furent inhumés dans une chapelle méridionale.

L’évêque Jubin y fut enterré en 1083 dans la galerie extérieure à droite de l’escalier d’accès à l’église.

En 1084, Saint-Irénée devient une collégiale indépendante.

Le dernier des comtes y fut enterré en 1494.

Destructions et reconstructions[modifier | modifier le code]

L'église est dévastée lors des guerres de religions par les troupes protestantes du baron des Adrets en 1562.
L'église haute est restaurée à partir de 1584 et la crypte à partir de 1635.

À la Révolution française, l'église est transformé en fenil (grange à foin). Puis l'édifice est peu à peu abandonné. Le regain du culte des saints au XIXe siècle la remet au goût du jour. Elle est reconstruite en 1824 (bâtiment actuel) et la crypte est rénovée en 1863.

La crypte et l'église ont été classés Monuments historiques en 1862.

Calvaire de St-Irénée

Le calvaire et l'extérieur[modifier | modifier le code]

Le calvaire érigé derrière le chœur de l'église date de 1687. À flanc de colline, il surplombe la Saône et donne une vue panoramique sur la ville de Lyon. Restauré en 1817 et 1868, il reste l'un des seuls calvaires subsistant dans une grande ville.

Il est complété par un chemin de croix du XIXe siècle constitué de ses quatorze tableaux dont deux, ceux qui encadrent le calvaire, sont placés dans une châsse en pierre. Il entoure le chœur extérieur de l'église, impressionnant avec ses pierres de taille qui montent dans le ciel jusqu'à la tour-clocher qui le surplombe.

L'église actuelle et paroisse latine[modifier | modifier le code]

Le bâtiment actuel est du XIXe siècle pour l'église haute, construite dans un style néoclassique avec des rappels byzantins, la crypte est du Xe siècle, bien conservé et intelligemment restaurée au XIXe siècle avec quelques éléments (au moins un arc) du Ve siècle.

Elle se situe à l'angle de la rue des Macchabées et de la place Saint-Irénée. Le bâtiment ne donne pas directement sur la place ni sur la rue mais sur une cour intérieure où restent quelques sarcophages d'époque romaine, fermée par un mur ouvert à deux endroits sur la rue et sur la place et qui entourent l'église, le calvaire et la maison paroissiale.
L'église catholique est par ailleurs accolée à une église chrétienne catholique de rite byzantin.

Les vitraux et les statues de l'église haute datent d'une période s'échelonnant entre la reconstruction de l'église en 1824 et le tout début du XXe siècle. En 1828, le sculpteur Jean-François Legendre-Héral réalise plusieurs sculptures pour cette église: Saint-Jean; Saint-Paul; Saint-Just; Saint-Irénée; Le Martyr de Saint-Irénée. Les vitraux de la nef retracent les premiers temps de l'histoire chrétienne de Lyon et ceux des côtés les portraits des grands martyrs de Lyon, saint Irénée, sainte Blandine, Épipode et Alexandre de Lyon. En 1901, l'artiste lyonnais Lucien Bégule réalise pour les murs latéraux de la nef une série de huit vitraux sur les martyrs de Lyon : saint Pothin, saint Irénée, sainte Blandine, etc. [7];

L'orgue qui date de 1855, possède 2 claviers de 54 notes, un pédalier de 30 notes et 17 jeux. Jamais restauré avant 1987, il sert aux offices religieux et à des concerts. Sa particularité est d'être installé sur la partie latérale gauche du chœur et non au-dessus de l'entrée où on le trouve le plus souvent et où il se situait à l'origine. Adrien Rougier en fut l'un des titulaires au début des années 1930[8].

La paroisse actuelle comprend les églises Saint-Just et Saint-Irénée avec messes se déroulant habituellement en cette dernière.

Paroisse byzantine Saint Irénée[modifier | modifier le code]

A côté de l'église, l'ancienne chapelle du refuge Saint Michel des Sœurs du Bon Pasteur est utilisée depuis 1991 par une communauté[9] catholique de tradition russe. La liturgie y est donc célébrée selon le rite byzantin (en français et en slavon). Cette chapelle a été consacrée en juin 2016[10] après deux ans de travaux.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Reynaud, François Richard (dir.) et Michel Rubellin, « Les archevêques de Lyon, les abbayes lyonnaises et la Réforme grégorienne », dans L'abbaye d'Ainay : des origines au XIIe siècle, Lyon, Presses universitaires de Lyon, , 302 p. (ISBN 978-2-7297-0806-1, notice BnF no FRBNF42414418), p. 181-201
  • Jean-François Reynaud, Pierre Guibert, Armel Bouvier, Philippe Lanos et Philippe Dufresne, "Saint-Irénée (Lyon) : une église funéraire des Ve-VIIe-Xe siècles", In: Revue archéologique de l'Est, T. 61 (2012) p. 223-258 Lire en ligne

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00117798, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Jean-Baptiste Monfalcon Histoire de la ville de Lyon page 148, publié en 1847
  3. A. AUDIN, Ch. PERRAT « Fouilles exécutées dans la crypte de Saint-Irénée de Lyon en 1956 et 1957 », Bull. des musées et monuments lyonnais, t. CXVII, 1959, p. 109-118. Lire en ligne
  4. C. GODOY FERNANDEZ, Arqueologia y Liturgia. Iglesias Hispanicas (siglos IV al VIII), Barcelone, Presses Univ. de Barcelone, 1995, p. 51-53. Lire en ligne
  5. Reynaud, Richard et Rubellin 2008, p. 194
  6. L'acte est repris dans J.-M. de la Mure, Histoire des ducs de Bourbons et des Comtes du Forez, éd. Chantelauze, d'après le manuscrit du XVIIe siècle, t. III, Montbrison, 1878, p. 7-8, n°6 bis, Lire en ligne le texte sur books.google.fr
  7. Thierry Wagner, Martine Villelongue, Lucien Bégule, maître-verrier lyonnais, Éditions La Taillanderie, 2005, (ISBN 9782876293168), p. 56
  8. André Pelletier (sous la direction de), Grande encyclopédie de Lyon et des communes du Rhône: Lyon (lère partie) et l'Est lyonnais, Editions Horvath,
  9. [1]
  10. http://ugcc.fr/multimedia/photo/vladyka-borys-gudzyak-vzyav-uchast-v-osvyachennya-rosyjskoho-hreko-katolytskoho-hramu-v-lyony/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]