6e arrondissement de Lyon

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Le 6e arrondissement de Lyon est un des neuf arrondissements de Lyon. Il a été créé le , mais la partie nord-est du parc de la Tête d'or ne lui fut rattachée qu'en 1895[1]

Il est souvent décrit comme l'arrondissement le plus huppé et le plus chic de Lyon. Ses larges avenues (boulevard des Belges, rue Duquesne, avenue Foch, cours Franklin Roosevelt) et ses places (place du Maréchal-Lyautey, place d'Helvétie, place Edgar-Quinet, place Jules-Ferry...) sont bordées de beaux immeubles anciens et d'hôtels particuliers. Ceux du boulevard des Belges possèdent pour la plupart une vue sur le parc de la Tête d'or.

C'est aussi un quartier commerçant, principalement autour du cours Franklin-Roosevelt et de l'avenue de Saxe.

6e arrondissement de Lyon
Place du Maréchal-Lyautey
Place du Maréchal-Lyautey
Administration
Pays Drapeau de la France France
Ville Lyon
Quartier Les Brotteaux
Cité internationale
Bellecombe
Masséna
Maire
Mandat
Pascal Blache
2014-2020
Code postal 69006
Code Insee 69386
Démographie
Population 50 419 hab. (2014)
Densité 13 374 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 46′ 18″ nord, 4° 51′ 17″ est
Superficie 3,77 km2
Localisation

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6e arrondissement de Lyon

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6e arrondissement de Lyon

Histoire[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le 6e arrondissement est une ancienne zone de plaine alluviale inondable du Rhône : depuis 15 000 ans le fleuve charrie sables et galets et ces alluvions s'accumulent pour former les îles des brotaux[2] et des lones. Le paysage est mouvant : le lit principal du Rhône passe avant 1730 au milieu de ce qui deviendra le parc de la Tête d'or[3]. Sur les îles les moins exposées à la submersion sont implantées des fermes : celles de la Tête d'Or, de Bellecombe, de l'Emeraude. Mais l'activité n'était pas qu'agricole : les Lyonnais venaient se promener et se distraire dans des guinguettes plus ou moins autorisées. Le marionnettiste Cardinely fait plusieurs saisons aux Brotteaux, à compter de 1777[4].

La Presqu'île étant surpeuplée, deux projets voient le jour dans les années 1763-1770 : celui de Perrache qui veulent agrandir Lyon vers le Sud et celui de Morand qui conçoit un plan pour étendre Lyon vers l'Est. En 1765 Morand acquiert 7 hectares et entreprend de le lotir selon un plan en damier dont le centre est une place carrée (la place Kléber).

Projet d'un plan général de la ville de Lyon, et de son agrandissement, en forme circulaire, dans les terrains des Brotteaux, 1775
Projet d'un plan général de la ville de Lyon, et de son agrandissement, en forme circulaire, dans les terrains des Brotteaux, 1775

Il présente en 1766 aux Hospices (alors propriétaires des parties proches du Rhône) le "Plan général de la ville de Lyon et de son agrandissement en forme circulaire dans le terrain des Brottaux" :

  • création d'un canal de déviation d'une partie des eaux du Rhône,
  • réseau de rues en damier parallèles au Rhône avec trois places (actuellement places Puvis-de-Chavannes, Edgar-Quinet, Maréchal-Lyautey)
  • création d'un nouveau pont, d'abord appelé Saint-Clair, puis Morand : un pont de bois dont les 17 piles sont indépendantes et dotées chacune d'un avant-bec. Le péage du pont concurrence celui des bacs des Hospices.

Morand constitue sa compagnie en 1772 et commence les travaux : le pont est ouvert aux piétons en 1775, puis aux voiture en 1776 (il perdurera jusqu'en 1885). En 1778 il construit sa maison, et commence à lotir autour, sans grand succès. C'est le plan dressé par l'architecte des Hospices, Decrenice, qui s'impose finalement : il garde le plan en damier, mais réduit le nombre de lots et transforme en rectangles les places circulaires. L'inflexible ordonnance du plan en damier régit toujours la morphologie urbaine du 6e arrondissement et l'individualise dans l'ensemble urbain lyonnais[5].

Article détaillé : Pont Morand.

La plaine des Brotteaux est le lieu d'événements organisés par Morand à titre promotionnel : ascension en montgolfière le 15 janvier 1784 puis le 4 juin (Elisabeth Estrieux devient la première femme au monde à voler).

L'écuyer Franconi fait construire un cirque en bois aux Brotteaux en 1786, rapidement remplacé par une construction en pierre, détruite pendant le siège de Lyon[6].

De 1789 à 1792 des fêtes révolutionnaires s'y déroulent. Le Siège de Lyon, considérée en état de rébellion, touche les Brotteaux : Morand coupe le pont ce sera le principal motif de sa condamnation à mort en 1794. Presque tous les immeubles sont détruits, à part la maison de Morand. Puis on exécute en masse. En 1794, à l'occasion d'une « Fête de l'Etre suprême  » une « montagne » de débris est érigée à l'angle des rues Boileau et Tronchet actuelles et un monument à Jean-Jacques Rousseau est érigé à la pointe de l'île du Consulat[7]. En 1795 un cénotaphe est édifié à la mémoire des victimes du Siège, mais il il est détruit par un incendie en 1796[8].

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe les circonstances économique et la politique foncières des Hospices qui répugnent à vendre leurs biens ne sont pas favorables au développement des habitations. Les locations de courte durée et l'obligation de rendre le terrain nu en fin de bail encouragent les constructions en pisé de terre. L'habitat ouvrier et l'artisanat s'étendent cependant  : menuiseries, ateliers de tissage et de teintureries...

Un quartier bourgeois se développe (la noblesse, elle, reste fidèle au quartier d'Ainay) mais sur une faible partie de l'arrondissement.

La mise en en place d'équipements s'accélère à partir de 1830 : les rues de la partie centrale sont pavées, en 1829-1830 le pont Lafayette et en 1845 la passerelle du Collège sont construits. Les maires de la Guillotière, et surtout Henri Vitton, vont mettre en place un quartier organisé. Les dénominations des rues montrent l'ultra-royalisme du Conseil municipal : place Louis XVI, rue Monsieur, rue Madame, rue des Martyrs (du Siège), rue Elisabeth (soeur de Louis XVI), rue Tronchet (défenseur de Louis XVI), et plus tard rue de Précy. Beaucoup seront débaptisées en 1848. L'église Saint Pothin est terminée en 1843.

Articles détaillés : Pont Lafayette et Église Saint-Pothin de Lyon.

Les établissements de divertissements se multiplient : près de l'actuelle mairie, le Jardin de Flore du limonadier Antoine Spreafico (installé dès 1775)[9], mais aussi les jardins de Paphos. Des arrêtés tentent d'encadrer les bals champêtres, salles de danse, et « fêtes baladoires », ainsi que les jeux des boulistes. Des "montagnes russes", un cirque, un gymnase, l'Alcazar qui accueille bal, concert, courses hippiques, ou encore le jardin d'Hiver ouvert en 1847 sont autant de marque d'une vocation ludique toujours prégnante[10].

Mais l'année 1856 marque une césure : elle est à la fois l'année de la crue du 31 mai au 3 juin (la plus forte connue des 3 ou 4 derniers siècles), de la mise en place du chemin de fer et de la création du parc de la Tête d'Or[11].

La place des Brotteaux en 1820 
L'ancien pont Morand en bois et le quai d'Albret en 1844 
Inondation de l'avenue de Saxe en 1856 
La ferme de la tête d'or en 1857 
Le pont Morand avant 1886 
Le monument du Siège des Brotteaux avant 1906 

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Vogue devant l'église Saint-Pothin, au début du XXe siècle

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires d'arrondissement successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
2014 en cours Pascal Blache    
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2009 2011
- - - - 48 167 49 700 49 965 49 137 48 794
2012 2014 - - - - - - -
49 479 50 419 - - - - - - -

La densité s'élève à 13 359 habitants/km² en 2013. Sans compter le parc de la Tête d'or (117 ha) qui occupe près du tiers de la superficie totale du 6e arrondissement, la densité s'élève à 19 371 habitants/km².

Population par quartier[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

Lycées[modifier | modifier le code]

Cinq lycées existent actuellement dans le 6e arrondissement de Lyon, 2 sont publics, 3 sont privés :

Lycées publics Lycées privés
  • Lycée de la Trinité
  • Institut Carrel
  • Centre scolaire Deborde

Collèges[modifier | modifier le code]

Cinq collèges existent actuellement au sixième arrondissement de Lyon, 3 sont publics, 2 sont privés :

Collèges publics Collèges Privés
  • Collège Bellecombe
  • Collège Fénelon
  • Collège Vendôme
  • Centre scolaire Deborde (Collège-Lycée)
  • Collège Fénelon

Élémentaires et maternelles[modifier | modifier le code]

Le 6e arrondissement dispose de 10 établissements publics d'enseignement primaire, auxquels il faut ajouter les 8 autres privés. Sur les 10 établissements publics, 6 sont à la fois école maternelle et élémentaire ; le nombre d'écoles primaires au sixième arrondissement de Lyon s'élève à 31 : 16 écoles maternelles et 15 écoles élémentaires.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

  • centre d'études bouddhiste tibétain
  • église adventiste du 7e jour
  • église évangélique
  • église évangélique de Pentecôte
  • église évangélique luthérienne
  • église orthodoxe russe Saint-Nicolas
  • église orthodoxe russe Saint-Jean le Confesseur
  • paroisse catholique de la rédemption
  • paroisse catholique Notre-Dame de Bellecombe
  • paroisse catholique Saint-Joseph des Brotteaux
  • paroisse catholique Saint-Pothin
  • paroisse du Saint Nom de Jésus

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Monuments, équipements, services[modifier | modifier le code]

Principaux monuments[modifier | modifier le code]

  • Complexe de la Cité Internationale

Musées[modifier | modifier le code]

Parcs et jardins[modifier | modifier le code]

Autres équipements et services[modifier | modifier le code]

Voirie de l'arrondissement[modifier | modifier le code]

Principales voies[modifier | modifier le code]

Places[modifier | modifier le code]

  • Place de l'Europe
  • Place d'Helvétie (anciennement Place du Consulat). Au numéro 7 se trouve la "maison ou immeuble du Consulat" parfois appelée "maison des maréchaux" ; au dessus des fenêtres figurent 34 bustes de personnages du Consulat[12].
  • Place Jules Ferry
  • Place du Maréchal-Lyautey, ancienne place Morand

Ponts[modifier | modifier le code]

Quartiers[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

En 2011, le revenu fiscal médian par ménage était de 35 501 €, ce qui plaçait le 6e arrondissement au premier rang parmi les 9 arrondissements de Lyon[13].

Le 6e arrondissement dans la fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (Pelletier 1999, p. 5)
  2. Le mot "broteau" ou sous sa graphie plus récente " les brotteaux" désigne des terrains humides, où le bétail pouvait brouter.
  3. (Pelletier 1999, p. 9-11)
  4. Sylvain Chuzeville, Vie, œuvre et carrière de Jean-Antoine Morand, peintre et architecte à Lyon au XVIIIe siècle, Lyon, Université Lumière Lyon 2, , 409 p. (lire en ligne), p. 181
  5. (Pelletier 1999, p. 13-17)
  6. Frédéric Hillemacher, Le cirque Franconi, détails historiques sur cet établissement hippique et sur ses principaux écuyers / recueillis par une chambrière en retraite ; avec quelques portraits gravés à l'eau-forte, Lyon, impr. Perrin & Marinet, , 69 p. (lire en ligne)
  7. (Pelletier 1999, p. 18-21)
  8. Sous la Restauration est organisée une souscription pour construire un monument funéraire où seraient conservés les ossements de ceux en qui l'on voulait voir les martyrs de l'anti-Révolution. C'est le projet de Claude Cochet qui est retenu.  Ce monument en forme de pyramide situé rue Vendôme sera démoli en 1906 pour créer la rue de Créqui et l’ossuaire transféré dans la crypte d’une chapelle de style roman-byzantin construite en 1901 selon les plans de l'architecte Pascalon.
  9. A. Vachon, « Antonio Spréafico, glacier-limonadier à Lyon au siècle des Lumières », Rive gauche, no 143,‎ , p. 4-10.
  10. (Pelletier 1999, p. 22-42)
  11. (Pelletier 1999, p. 42-49)
  12. A. Vachon, {{Article}} : paramètre « titre » manquant, Rive-gauche, Revue de la société d'Etude d'Histoire de Lyon, no 105,‎
  13. « Indicateurs de structure et de distribution des revenus en 2011 | Insee », sur www.insee.fr (consulté le 4 mars 2017)
  14. N.M., « Le cabinet du maire du 6e transformé pour les besoins d'une série télé », Lyonplus,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Bruyas et Erick Roux de Bézieux, Il y a 130 ans, le 6ème, Lyon, Editions Horvat, , 127 p. (ISBN 9782717109832)
  • Jacques Bruyas et Jean-François Gross, Excellence 6ème, S.l., les Grilles d'Or, , 124 p. (ISBN 9782917886564)
  • Jean-Paul Donné, Paul Feuga, Jean-Pierre Gutton et al., Plan historique et patrimonial du 6e arrondissement de Lyon, Lyon, Ville de Lyon, , 2 p., 1 plan en couleur 30 x 27 cm sur une feuille de 60 x 59 cm, plié 20 x 10 cm (lire en ligne [PDF])
  • Jean Pelletier, Connaître son arrondissement : le sixième, Lyon, Editions lyonnaises d'Art et d'Histoire, 1999, 96 p. (ISBN 9782841470624)
  • Marc Polisson (coord.), « Les secrets du boulevard des Belges : enquête exclusive », Lyon people, no 98,‎ , p. 18-85 (ISSN 1952-7764, lire en ligne)
  • Marc Polisson (coord.), « Les secrets de l'avenue Foch : enquête exclusive », Lyon people, no 98,‎ , p. 26-208 (ISSN 1952-7764, lire en ligne)
  • Paul Saint-Olive, « Notice sur le territoire de la Tête-d'Or », Revue du Lyonnais, 2e série, no 20,‎ , p. 61-77 (lire en ligne)
  • Paul Saint-Olive, « Notice sur le territoire de la Tête-d'Or », Revue du Lyonnais, 2e série, no 20,‎ , p. 142-151 (lire en ligne)
  • Paul Saint-Olive, « Notice sur le territoire de la Tête-d'Or », Revue du Lyonnais, 2e série, no 20,‎ , p. 209-222 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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