Tribu Zayane

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Les Zayanes (berbère : singulier Azayi ⴰⵣⴰⵢⵉ, pluriel Izayen ⵉⵣⴰⵢⵉⵏ) constituent une ethnie appartenant à la famille Amazigh :les Aït Oumalou du Maroc (litt : les fils de l’ombre – c’est-à-dire habitant sur le côté nord et boisé du Moyen Atlas-), installés dans la région de Khénifra, au le Moyen Atlas, au centre du Maroc. La tribu zayane est réputée pour son attachement à la terre ancestrale et sa ténacité guerrière, surtout lors de la colonisation sous la conduite de Mouha ou Hammou Zayani. C'est ainsi qu'ils ont empêché les colons de s'emparer facilement de Khénifra. Malgré la défaite française dans la bataille d'Elhri, le 13 novembre 1914, les stratèges de la colonisation furent déterminés à ne pas abandonner la lutte contre les Zayanes, qui constituent une poche de résistance contre le colonisateur. Ce bastion de la rébellion inquiétait les troupes françaises qui au début la campagne du Maroc (1907-1914), évitaient d'entrer en confrontation directe avec le contingent des Zayanes selon les instructions du général Lyautey et d'autres chefs militaires comme Charles Mangin qui ont mené la campagne du Maroc. Vu la combativité des Zayans, il s'est avéré stratégiquement utile de soumettre les tribus avoisinantes : Ait Ouirra, Beni M'guild, Béni M'Tir, les Ait Seghrouchens.....

Histoire[modifier | modifier le code]

Il n'est pas aisé de déterminer l'origine des Zayanes, par manque de sources des Zayanes eux même, certains manuscrits notamment Ibn khaldoun, mentionnent leur appartenance à une tribu amazighe de la branche des Sanhadjas .En général La question des origines berbères recèle d’idéologie, d’aprioris et quelques incertitudes »

Selon des manuscrits trouvés à la Zaouia de Sidi Boukil, les Zayans nomadisaient vers l'an 1004 dans les plaines d'Ighf Aman au Nord-Ouest de l'actuelle ville de Rich, il existe encore une colline qui porte leur nom Abekhar Taourirt n'Izayan.
Les Zayans, appelés aussi Aït Lahcen Ousaïd, appartiennent à la grande tribu d'Aït Harkat, dite  :

  • confédération d'Aït Oumalou qui comprend : Aït Sgougou, et Bouhssoussen, Aït Bouhaddou, Zayane d'Oulmes (region amputée au territoire Zayan depuis la colonisation, elle est rattachée aux Zemmours) et la tribu Zayane, qui se compose des sous tribus suivantes :

-Aït Alla,
-Aït Bouhou,
-Aït Chard,
-Ihbbarn,
-Aït Aammou Aïssa,
-Ait Bouhamad (Ouzaghar)
-Aït Khouya,
-Aït Boumazzoughe,
-Aït Maii,
-Aït Boumzil
-Aït Moussa (Ait Ben Akka - fraction d'Ait Moussa) :tribu de Mouha Ou Hammou Zayani.
-Ait Haddou Ouhammou
-Aït Bouhaddou
Le siège administratif était Khénifra à Tiddar Ezayane sous la tutelle du service des affaires indigènes du temps de la colonisation. Parmi les Zayanes s'ajoutent des confréries d'origine maraboutique, les Chourfas, installés en tant que réfugiés pour des raisons politiques, à rappeler que ces Chourfas sont des anciens soldats du roi Moulay El Hassan Ier venus aider les Zayanes contre la tribu Ichkern Elkbab ; leur intervention entre dans le cadre de la lutte contre la confrérie de Sidi Ali Amhaouch (1844-1918).

Ils seront protégés et respectés, tradition d'hospitalité oblige. Ces tribus sont éparpillées dans le territoire zayan. Il s'agit des Bouaazaouine installés à Kaf N'sour, à côté, les M'barkiines à Moulay Bouazza, des Chourfas Alaouites (descendant du Sultan Mohammed Ier du Maroc)de Taskart à 10 km de Khénifra, les Aït Nouh dans le territoire d'Aït Chart, les Imrabten à M'Rirt, les Aït Sidi Ali Amhaouch, les Aït Sidi Bennaceur à Elkbab, les Aït Sidi Yahyia Ou Youssef à Tounfit, les Ali Ouammar à Krouchen. Ces tribus sont d'origine arabe mais berbérisées au fil du temps.

  • Outre la confédération d'Ichkirn : comprenant des tribus Aït Ishak et d'Aït Ihand.
  • Enfin la confédération d'Aït Yafelman : Beni M'guild (Grande tribu Amazighe occupant une aire géographique prenant en écharpe le Moyen Atlas central, depuis la vallée de la Haute Moulouya jusqu’aux plateaux situés au Sud de Meknés.) ,Aït Yahia, Aït Oufalla , ,Aït Izdeg, Aït Merghad et Aït Hdiddou.
  • Confédération des Ait Atta, exemplaires au niveau de l'organisation socio-politique, cette tribu fut la dernière à se soumettre, en 1934.

Ces trois confédérations, avant le débarquement des colons français, étaient en perpétuelle lutte pour les pâturages, les points d'eaux et les infractions coutumières touchant l'honneur de la tribu — c'est ce qu'on appelle les guerres intertribales. Faute de gouvernement central organisé, ces trois confédérations vivaient dans l'anarchie — autrement dit Siba. Cette instabilité sociale découle de l'environnement politique international, et dure depuis la chute du royaume mauresque d'Espagne. Depuis lors, on assiste à de grands mouvements en masse des populations. Le Maroc est devenu la cible privilégiée des nouvelles puissances européennes montantes, notamment l'Espagne, le Portugal et la France, qui cherchent à disloquer le Maroc à partir du XVIIe siècle, et jusqu'au XIXe siècle. Les populations berbères, surtout celles du Moyen Atlas, se retirent dans les contrées difficiles d'accès, ce qui défavorisera leur développement à tous les niveaux.

Répartition Géographie[modifier | modifier le code]

Espace vital des Zayans

Les tribus des Zayans vivent au Moyen Atlas dans la région de Khénifra, territoire acquis par leur ténacité guerrière. Ils ne connurent pas de stabilité sociale avant la colonisation française, ceci, à cause des guerres intertribales. Ils sont en perpétuel déplacement à la recherche des pâturages ; à noter qu'ils ne pratiquent pas l'architecture, leur habitation traditionnelle étant la tente tissée en poil de chèvre (Akham). Cette tribu appartient à un grand groupe ethnique, recouvrant un grand espace, allant du Maroc jusqu'en Égypte (Siwa) — Afrique du nord, Afrique sub-saharienne. Les tribus Zayanes occupent l'espace géographique du bassin d'Oum Errabia et la foret d'Ajdir Izayane.

Répartition des Berbères en Afrique du Nord

Répartition des Berbères en Afrique du Nord.

         Rifains          Chenouis
         Zayanes          Kabyles
         Chleuhs          Chaouis
         Zenagas          Infusen
         Touareg          Berbères des Oasis

Société[modifier | modifier le code]

La société Zayane est organisée selon le principe patriarcal, où le père joue un rôle primordial au sein de la famille, sans négliger le rôle de la femme qui bénéficie de certains avantages au sein de la famille avant la colonisation, elle avait joué un rôle non négligeable au cours des batailles contre de le colonisateur, l'exemple à susciter est la femme de Mouha Ou Hammou Zayani, Itto, qui avait réellement participé, comme toutes les femmes Amazighes, à la résistance contre le colonisateur. Elles approvisionnent en eau et nourriture les combattants, chargent les fusils et remplacent parfois les morts au front. Elles marquent aussi ceux qui fuient les combats, avec du henné pour les ridiculiser et les marginaliser, les épouses des déserteurs n'ont pas accès aux puits et aux sources.
Le système judiciaire étant le 'Orf' (coutumier). L'assemblée des Amghres, personnes âgées et expérimentée connaissant bien les rouages de la tribu, constitue la Jamaa qui est la référence judiciaire du 'Orf'.(un système tout à fait démocratique).
La société Zayane est bien structurée. À chacun de ses membres est assignée une tâche à accomplir. Traditionnellement, elle ne connaît pas le féodalisme. C'est suite l'instauration du protectorat, qu'une nouvelle classe de propriétaires terriens voit le jour en guise de récompense à leur collaboration avec les colons, au détriment des populations insoumises.

Culture[modifier | modifier le code]

Le maestro Mohamed Oulhouceine Achibane

Arts et traditions équestres[modifier | modifier le code]

Le cheval représente une Icône dans la culture des Zayans, avant la colonisation on estimait le nombre de barbe à 20000.

Les zayanes font partie d'une grande tribu berbère nomade du Moyen Atlas pratiquant la transhumance deux fois par an : en hiver les tribus Zayanes se déplacent vers Azaghar où le climat est clément — contrairement au Jbel où l'hiver est très rigoureux. Les Zayanes vivent dans les montagnes : leur espace vital va de la grande cédraie d'Ajdir Izayane jusqu'à Boujaad, frontière des tribus arabophones. La tribu zayane est nomade et se déplace deux fois par an : en hiver vers l'Azaghar où les conditions climatiques sont clémentes, en été vers le Jbel.

Article détaillé : Culture zayane.

Culture vestimentaire[modifier | modifier le code]

Hommes[modifier | modifier le code]

Femmes[modifier | modifier le code]

Habitation[modifier | modifier le code]

Depuis les temps reculés les berbères en général comme les Zayanes habitaient dans des tentes tissées en fibres de poils de chèvres : elles sont hermétiques et supportent les hivers les plus rigoureux.

Maison en pisé Zayane

Langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : zayane.

Le zayane (tazayit) ou braber, est une variante berbère, du groupe des langues afro-asiatiques, qui comprend également les groupes sémitique, couchitique (Afrique de l'Est), l'égyptien ancien et, avec un degré de parenté plus éloigné, les langues tchadiques (haoussa).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F Berger : Mouha ou Hammou Zayani
  • Abes, M, Les izayanes d’Oulmès, Archives Berbères, 1915.
  • Amarir, O, La poésie marocaine amazighe, 1975
  • Aspignon, R, Étude sur les coutumes des tribus zayanes, éd. Moynier,1946, Casa.
  • Basset, André, La littérature Berbère, La Pléiade, 1955.
  • Ben Daoud, O i, Notes sur le pays zayan, archives berbères, 1917.
  • Berger, F, Moha Ouhammou le zayani, éd. Atlas, 1929.
  • Bernie, G, Moha Ohammou, guerrier berbère, éd. Gautey, Casa, 1945.
  • Chafik, Mohamed, Trente trois siècle de l’histoire des imazighen, Boukili éd. 2000(3e éd.).
  • Chafik, Mohamed, La poésie amazighe et la résistance armée dans le Moyen Atlas et l’Est du Haut Atlas, revue de l’Académie du Royaume,no4,1987.
  • Camps, Gabriel, Berbères aux marges de l’histoire, éd. Espérides, 1980
  • Guennoun, S, La montagne berbère, ou les Ait Oumalou,éd.Oumnia,Rabat, 1933
  • Guennoun, S, La voix des monts, Mœurs de guerres berbères, éd. Oumnia, Rabat, 1934.
  • Guillaume, A, (Général), Les berbères marocains et la pacification de l’Atlas Central( 1912-1933), Julliard, 1946
  • [7] Ait Oumalou
  • [8]/Essai de classification des dialectes berbères du Maroc
  • [9] contes populaires berbères traduit par René Basset