Give Peace a Chance

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Give Peace a Chance

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John Lennon en juin 1969 à Montréal, lors de l'enregistrement de Give Peace a Chance.

Single de John Lennon
Face A Give Peace a Chance
Face B Remember Love
Sortie Drapeau : Royaume-Uni 4 juillet 1969
Drapeau : États-Unis 7 juillet 1969
Enregistré 1er juin 1969
Montréal
Durée 4:54
Genre Pop
Format 45 tours
Auteur-compositeur John Lennon
(créditée à l'origine Lennon/McCartney)
Label Apple Records

Singles de John Lennon

Give Peace A Chance est la première chanson officielle produite de la carrière solo de John Lennon, sortie en juillet 1969.

Elle est enregistrée le 1er juin 1969 dans une suite de l'hôtel Queen Elizabeth de Montréal, dans le cadre du second Bed-in du fondateur des Beatles et de sa nouvelle épouse Yoko Ono, militant pour la paix dans le monde, entourés de nombreux participants, célèbres ou anonymes.

Dans cette chanson, Lennon invite simplement à donner une chance à la paix, dans le contexte, entre autres, de la guerre du Viêt Nam. Il s'agit donc d'une hymne à la paix.

Give Peace a Chance est écrite par John Lennon mais, au moment de sa sortie, est créditée Lennon/McCartney (la signature commune que Paul McCartney et lui utilisaient pour toutes leurs chansons au sein des Beatles). Cette chanson n'ayant pourtant rien à voir avec le groupe – qui commence alors à se séparer –, John Lennon s'explique en 1980 sur ce choix des crédits : « Je ne sais même pas pourquoi son nom était dessus. Il est là parce que je me sentais en quelque sorte coupable, parce que j'avais sorti un single solo – le premier – et que j'étais vraiment en train de rompre avec le groupe. ». Plus tard, lors des sorties d'albums posthumes, les crédits ont été attribués au seul Lennon.

Enregistrement et réception[modifier | modifier le code]

Le 26 mai 1969, dès leur arrivée à Montréal, Lennon et Ono descendent à l'hôtel Reine Élizabeth au centre-ville où ils occupent les trois suites 1738, 1740 et 1742[1]. C'est dans la suite 1742 que le lit nuptial est installé[2].

La chanson Give Peace a Chance est enregistrée par le montréalais André Perry le 1er juin 1969, lors du fameux Bed-in tenu dans cette suite en utilisant simplement huit microphones, un magnétophone Scully à quatre pistes loués chez RCA Victor dans cette ville et une console d'enregistrement 8 pistes de marque Ampex[3].

Les paroles de la chanson sont affichées en grand sur les murs de la chambre. Lennon chante et joue de la guitare, accompagné par Tommy Smothers des Smothers Brothers au milieu d'une assistance d'une quarantaine de personnes parmi lesquelles le militant Timothy Leary et sa conjointe Rosemary Woodruff Leary, l'attaché de presse Derek Taylor, des membres de Hare Krishna, (mentionnés dans les paroles[n 1]), le futur ambassadeur du Canada aux Nations-Unies Allan Rock, le poète Allen Ginsberg, le comique Dick Gregory, la chanteuse britannique Petula Clark, le disc jockey Murray the K, quelques journalistes, des amis du couple, et même, selon Derek Taylor, un membre de la CIA déguisé.

Enregistrement à Montréal de "Give Peace a Chance".

André Perry, qui mit sur pied par la suite le réputé Le Studio, relève le défi de l'enregistrement et de la post-production de Give Peace a Chance malgré la mauvaise acoustique de la chambre d'hôtel. André Perry supprime notamment la majorité des voix des participants et les remplace en studio en utilisant des chanteurs non-professionnels. La voix de John Lennon ainsi que sa guitare et celle de Tom Smothers sont gardées intactes. Ensuite, André Perry reproduit le rythme en ayant recours à un ‘tape loop’[3].

Pour le remercier, John Lennon avait généreusement inclus son adresse complète sur l’étiquette du disque, geste qui ne se faisait pas (et ne s’est jamais refait), mais qui attira l’attention internationale sur le jeune preneur de son et réalisateur québécois[4].

Muni d'une fausse carte de presse, Allen Radu, jeune admirateur montréalais alors âgé de 17 ans, arrive à se faufiler dans la chambre 1742 avec son appareil photo. Lennon se rend compte du subterfuge et invite le jeune téméraire à demeurer parmi eux durant quatre jours. Il réalise plus de 160 clichés inédits, qu'il exposera vingt-cinq ans plus tard au 1000 De La Gauchetière[5] à Montréal.

Gail Renard, également montréalaise d’origine, a participé à l'âge de 16 ans à ce Bed-in. John Lennon lui a laissé, comme souvenir de l’événement, le manuscrit des paroles de la chanson Give Peace a Chance. Gail Renard, qui réside désormais au Royaume-Uni, a réalisé par la suite, compte tenu du retentissant succès de l’œuvre, qu’elle était détentrice d’un document d’archives exceptionnel. Ce manuscrit, qui a été mis en vente aux enchères le 10 juillet 2008[6] chez Christie’s à Londres, lui a rapporté quelque 840 000$ canadiens[7].

Give Peace a Chance va devenir rapidement l'hymne pacifiste d'une génération. Publiée en 45 tours en juillet 1969, la chanson deviendra numéro 2 en Angleterre et numéro 14 au Billboard magazine aux États-Unis. Elle atteindra la première place aux Pays-Bas.

Reprises[modifier | modifier le code]

Cette chanson a été reprise dès 1970 par Louis Armstrong sur son album de reprises Louis Armstrong and his Friends.

Cette chanson a été reprise par le Peace Choir en 1991 pour protester contre la Guerre du Golfe. Formé à l'initiative de Lenny Kravitz avec Yoko Ono et Sean Lennon, qui ajoute d'ailleurs de nouvelles paroles au texte original pour l'occasion, ce groupe comprenait, entre autres, Little Richard, Peter Gabriel, Randy Newman, Iggy Pop, Tom Petty, Cyndi Lauper, Flea et John Frusciante, Al Jarreau, LL Cool J, etc. Paul McCartney lui-même l'a reprise en concert lors de sa tournée 2009, l'enchaïnant après son interprétation de A Day in the Life

On trouve également une version reggae de cette chanson jouée par The Maytals sur la compilation Reggae Tribute to the Beatles et également Max Roméo en concert sur sa tournée 2010.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les personnalités mentionnées sont : John and Yoko, Timmy Leary et sa femme Rosemary, Tommy Smothers, Bobby Dylan, Tommy Cooper, Derek Taylor, Norman Mailer, Alan Ginsberg.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]