Eldridge Cleaver

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Eldridge Cleaver

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Eldridge Cleaver en 1968

Naissance 31 août 1935
Wabbaseka, Arkansas, États-Unis
Décès 1er mai 1998 (à 62 ans)
Pomona, Californie, États-Unis
Nationalité Américaine
Profession Activiste politique
Essayiste

Leroy Eldridge Cleaver (31 août 1935 à Wabbaseka, Arkansas - 1er mai 1998 à Pomona, Californie) est un militant des droits civiques (qui devint un membre important du Black Panther Party) et un essayiste américain.

Sommaire

Biographie[modifier]

Né à Wabbaseka, Arkansas, Cleaver a rapidement déménagé avec sa famille à Phoenix, Arizona puis à Los Angeles. Adolescent délinquant, il est condamné en 1957 pour attaque à main armée. En prison il a écrit un essai Soul on Ice (traduit en France sous le titre Un noir à l'ombre), qui influencera le mouvement Black Power et est aujourd'hui considéré comme un classique. Cleaver y avoue le viol de plusieurs femmes blanches qu'il revendique comme un « acte insurrectionnel ». Il admet aussi qu'il a commencé sa carrière comme violeur en « s'entraînant sur les filles noires dans le ghetto ». Cleaver est libéré en 1966 et rejoint le Black Panther Party, à Oakland en Californie et en devient le ministre de l'information (porte-parole).

En 1968, il est candidat du Parti paix et liberté à la Présidence des États-Unis. Cette même année, il est blessé dans une échauffourée entre les Panthers et la police d'Oakland. Accusé de tentative de meurtre, il s'exile en Algérie où il est rejoint par Timothy Leary. Cleaver place Leary aux « arrêts révolutionnaires » comme contre-révolutionnaire bien que Leary soit plus tard relâché. Puis Cleaver quitte l'Algérie et passe du temps à Cuba et en France.

Soul on Fire[modifier]

En 1978 Cleaver écrit Soul on fire et révèle plusieurs aspects surprenants de son exil en Algérie :

  • Cleaver recevait régulièrement des dons de la République du Nord Viêt Nam avec laquelle les États-Unis étaient en guerre.
  • Cleaver a été suivi par plusieurs ex-criminels devenus révolutionnaires. Plusieurs d'entre eux ont détourné des avions pour se rendre en Algérie. Les Algériens attendaient de Cleaver qu'il les surveille. Cleaver organisa un trafic de voitures volées pour les employer : les voitures étaient volées en Europe puis revendues en Afrique.
  • Cleaver a fui l'Algérie pour vivre clandestinement en France. Par l'entremise de la photographe Marie-Laure de Decker, il rencontre Valéry Giscard d'Estaing, alors ministre des Finances, qui accepte d'intervenir auprès de Jacques Chirac, alors ministre de l'Intérieur, pour empêcher l'arrestation de Cleaver par la DST et son extradition. Ayant obtenu des permis de séjour pour lui et sa famille grâce à ces hautes protections, il s'établit quelque temps à Paris, où il se reconvertit dans la mode[1].
  • Cleaver a fait l'expérience d'une « renaissance à Dieu » pendant son année d'isolement alors qu'il vivait dans la clandestinité.
  • Dans Soul on Fire, Cleaver considère que la religion chrétienne autorise un mari à battre sa femme pour la faire obéir.

Retour aux États-Unis[modifier]

Cleaver retourne aux États-Unis en 1975 et postérieurement renonce aux Black Panthers. Il est condamné à la probation pour agression et les poursuites judiciaires cessent.

En 1986, il se présente, sans succès, à la nomination comme candidat des Républicains de Californie au Sénat des États-Unis. Ensuite il s'implique dans l'organisation de Sun Myung Moon puis avec les mormons.

Au milieu des années 1980, Cleaver devient dépendant de la cocaïne. En 1992, il est condamné pour détention de cocaïne et cambriolage. En 1994, il est laissé pour mort après une agression liée à la drogue. Il réussit ensuite à se désintoxiquer et retourne à la religion chrétienne.

Cleaver est mort d'un cancer de la prostate à Pomona en Californie en 1998 à l'âge de 62 ans ; il est enterré au cimetière Mountain View d'Altadena en Californie. Il a une fille, Joju Younghi Cleaver, et un fils, Macio Cleaver.

Notes et références[modifier]

  1. « Quand Giscard protégeait un redoutable terroriste », dans Giscard : la monarchie contrariée, n° 1 des Dossiers du Canard enchaîné, avril 1981, p.8.

Voir aussi[modifier]

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]