Tanuki

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite du tanuki dans le folklore japonais. Pour l'animal, voir chien viverrin

Tanuki

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Sculpture d'un mythique tanuki japonais, avec le ventre rebondi, les testicules imposants, le chapeau de paille et la gourde de saké

Créature

Groupe Créature du folklore
Sous-groupe Métamorphe
Caractéristiques testicules et bedaine imposants, polymorphe

Origines

Origine Mythologie japonaise
Région Japon
Première mention Nihon Shoki, 720

Le Bake danuki (化け狸?), plus connu en occident sous le nom de Tanuki (タヌキ ou 狸?) est, dans la mythologie japonaise, l'un des yōkai (esprits) de la forêt, inspiré du chien viverrin, sous espèce de canidés ressemblant au raton laveur et également parfois confondu avec le blaireau, auquel les japonais attribuent des pouvoirs magiques. Maître des déguisements, il est réputé pouvoir changer de forme à volonté. Les tanukis sont souvent représentés portant un chapeau de paille et une gourde de saké, avec un ventre rebondi qu'ils utilisent comme un tambour et des testicules de grande taille, qui donnèrent naissance à des dessins et des légendes humoristiques. Symbole de chance et de prospérité, ils sont présents dans l'art et les contes japonais depuis le Moyen Âge et restent très populaires dans leur pays d'origine, comme le prouve notamment le film d'animation d'Isao Takahata « Pompoko ». Il arrive de voir des bake danuki dans les décorations des restaurants au côté des daruma et autres créatures du folklore.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Tanuki désigne le chien viverrin en japonais.

Tanuki ( ou タヌキ?) est le terme japonais habituellement utilisé pour désigner le chien viverrin. Le nom complet pour le tanuki mythologique est Bake danuki (化け狸?)[1], littéralement : « Tanuki se transformant »

Les tanukis sont parfois confondus avec d'autres animaux. Dans certains dialectes locaux, tanuki et mujina (, Kyūjitai : ) désignent tous deux à la fois des chiens viverrins et des blaireaux. Des animaux connus sous le nom de tanuki dans une région peuvent porter le nom de mujina dans une autre. Dans le dialecte standard moderne de Tokyo, le mot tanuki renvoie au chien viverrin et anaguma renvoie aux blaireaux. Le plat régional du nom de tanuki-jiru (狸汁« soupe de tanuki ») peut contenir aussi bien du chien viverrin que du blaireau.

À l'origine, le kanji pour le mot tanuki, (kyujitai (en) : ) était utilisé pour désigner des mammifères de taille moyenne. Étant donné que les chats sauvages, qui étaient principalement désignés par ce terme, ne vivent que dans certaines régions limitées du Japon (par exemple le chat d'Iriomote), il est possible que ces caractères finirent par désigner le tanuki.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le tanuki est connu pour être un maître du déguisement capable de changer de forme à volonté, tout comme les kitsune (, renards mythologiques). Dans certaines traditions, il leur est nécessaire de placer une feuille sur leur tête pour pouvoir se transformer.

L'image du tanuki se serait développée durant la période Edo[2]. Les céramistes de Shigaraki réalisent des représentations de tanuki sous la forme de statues de terre cuite, reprenant les formes mythologiques : chapeau en paille de riz et gourde de saké, bedaine et testicules imposants, bipédie[3].

Une des particularités du tanuki dans la mythologie japonaise, et ce, dès les premières représentations, est d'avoir des testicules imposants (les chiens viverrins ont un effet un scrotum fort développé dû à la forte compétition au sein des populations). Cela a inspiré de nombreuses représentations humoristiques. On y voit les tanukis avec leurs testicules par dessus l'épaule comme des baluchons de voyageurs, s'en servir comme parapluie, filet de pêche, pour se défendre voire comme tambours.

Une autre caractéristique est leur ventre qu'ils peuvent gonfler à leur aise et s'en servir, la nuit, comme d'un tambour à la place de leurs testicules, principalement dans les versions les plus modernes. Le son produit par ce tambourinage se transcrit par l'onomatopée ponpoko.

Symbolique[modifier | modifier le code]

Le tanuki est souvent considéré comme symbole de bonne fortune dans la tradition japonaise, tout comme le chat ou le renard. Son apparence rebondie et ses gros testicules sont des signes de prospérité et de réussite. De petite statues se trouvent souvent en décoration des façades comme symbole de chance.

Selon Robin D. Gill (en), une explication commune de la représentation exagérée de la taille des testicules de tanukis provient du fait que la peau de ces testicules était considérée comme le meilleur support pour battre des feuilles d’or, permettant à une très petite quantité d’or d’être étalée sur une vaste surface[4]. À la suite d'une confusion sur la taille étirée de la peau des testicules du tanuki, les illustrateurs se seraient amusés à perpétuer la tradition en inventant des utilisation à de tels testicules[5].

Mentions[modifier | modifier le code]

Un tanuki transformant la peau de ses testicules

Le tanuki est représenté sur des rouleaux à partir du Moyen Âge au milieu des autres yōkai. Durant la période Kamakura et Muromachi, quelques histoires utilisèrent des tanukis agressifs. Dans Kachi-kachi Yama, une histoire issue des Otogizōshi (recueil de contes), un tanuki frappe à mort une vieille dame et la sert à son mari sous forme de soupe à la place de la traditionnelle soupe de tanuki. L'image du Tanuki violent vient principalement des légendes animistes chinoises[2]. Mais de manière générale, au Japon, les tanukis ne sont pas considérés comme dangereux, mais plutôt facétieux[6]. D'autres histoires parlent de tanukis inoffensifs et membres à part entière de la communauté. Plusieurs d'entre elles décrivent des prêtres de sanctuaires comme étant des tanukis déguisés. D'autres histoires reportent des tanukis déguisés se faisant passer pour des membres actifs et productifs dans la société. Selon certaines traditions, les tanukis transformistes sont des tsukumogami, c'est-à-dire des objets qui prennent vie après 100 ans.

Une chanson pour enfant japonaise fait référence à l'anatomie du tanuki. Sa mélodie est celle du jeu d'arcade Ponpoko et fait aussi partie de la bande originale du film des Studio Ghibli, Pompoko. La mélodie originale est celle d'un hymne baptiste américain appelé Shall We Gather at the River?[7]

Tan Tan Tanuki no kintama wa,
Kaze mo nai no ni,
Bura bura

Ceci peut se traduire par « Les bijoux du tan-tan-tanuki se balancent, et pourtant il n'y a pas le moindre vent ». Le refrain continue ainsi avec de nombreuses variations en fonction des régions[8].

Un conte populaire, Bunbuku chagama, raconte l'histoire d'un tanuki qui joue avec un moine en se transformant en bouilloire[9].

Un autre conte parle d'un tanuki tentant de duper un chasseur en transformant ses bras en branches d'arbres, jusqu'au moment où il reste accroché et tombe au sol. Un troisième raconte les mésaventures d'un renard et d'un tanuki qui usent de stratagèmes par des transformations pour obtenir de la nourriture des humains[10]. Dans d'autres histoires, les tanukis jouent divers tours pendables aux humains, et payent parfois les marchands avec des feuilles temporairement transformées en billets[11].

Représentations modernes[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans la nouvelle de Tom Robbins, Villa Incognito, le personnage principal est un tanuki.
  • Dans le manga Inu-Yasha, un tanuki du nom de Hachi (八衛門, Hachiemon?) aide parfois les autres personnages.
  • Dans le manga Naruto, le démon Ichibi est un tanuki, emprisonné dans le corps de Gaara.
  • Dans le manga One Piece, le personnage de Tony Tony Chopper est souvent pris pour un tanuki[réf. nécessaire] à tort par les gens qui ne le connaissent pas alors que c'est un renne.
  • Dans le manga Soul Eater, le totem de Kim est un tanuki possédant des pouvoirs de guérison.
  • Dans le manga Dragon Ball GT, Goku tombe dans une autre dimension, dirigée par Sugoro et son fils, possédant la capacité de se métamorphoser à volonté et l'apparence de tanukis.
  • Dans le manga Shaman King, l'ascète Mikihisa Asakura possède 2 esprits dont l'un Shigaraki est un tanuki, sa disciple la chamane Tamamura Tamao possède, elle aussi, 2 esprits dont l'un nommé Ponchi est également un tanuki possédant tous les attributs de ceux-ci notamment d'énormes testicules dont il est très fier
  • Dans le manga Secret Service, Banri Watanuki est un tanuki possédant la capacité de se métamorphoser et qui n'aime pas le kitsune, Sōshi Miketsukami.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En japonais le ta subit un rendaku et devient da si il n'est pas au début du mot
  2. a et b Thomas Sotinel, Le tanuki, canidé support de légendes populaires, Le Monde, 17 janvier 2006
  3. "Welcome to Tanuki Palace ? Humorous Expressions of Japanese Tanuki", exposition du Shigari Ceramic Cultural Park
  4. (en) Robin D. Gill (en), The Cat Who Thought Too Much : An Essay Into Felinity, Paraverse Press,‎ 2010 (ISBN 9780984092321)
  5. (en) Robin D. Gill (en), Octopussy: Dry Kidney & Blue Spots, Or, Senryû : Dirty Themes from 18-19c Japanese Poems, Paraverse Press,‎ 2007 (ISBN 9780974261850)
  6. [PDF] La flore et la faune : diversité et singularité régionale, Ministère des Affaires étrangères japonaises
  7. (ja) たんたんたぬきの
  8. Alice Gordenker, Tanuki genitals, The Japan Times, 15 juillet 2009
  9. Legend in Japanese Art, Henri L. Joly, Éditions Charles E. Tuttle Company (Rutland, Vermont & Tokyo, Japon) - ISBN 0-8048-0358-7
  10. (en) Crimson fairy book, « How the wicked tanuki was punished », sur http://www.mythfolklore.net/ (consulté le 5 septembre 2009)
  11. Tanuki, Obakemono Project

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]