Tomoe Gozen

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Tomoe Gozen par Kikuchi Yōsai.
Pierre commémorative pour Tomoe, à Gichū-ji, Ōtsu, préfecture de Shiga

Tomoe Gozen (巴 御前?, littéralement Dame Tomoe, 1161?-1184 ou 1247?) est l'une des rares femmes samouraï de toute l'histoire du Japon. Tout comme Benkei, sa vie a été à tel point utilisée et distordue dans les légendes populaires qu'il est aujourd'hui impossible de distinguer la vérité de la légende.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tomoe combattit auprès de son mari (ou amant, selon les sources) Minamoto no Yoshinaka[1] au cours de la guerre de Gempei, et ses exploits sont relatés dans le grand roman guerrier concernant cette guerre, le Heike Monogatari. Si beaucoup de femmes de l'époque savaient manier la naginata, Tomoe était réputée être un samouraï de haut niveau, douée pour l'équitation, le tir à l'arc et le kenjutsu[2]. On dit d'elle qu'elle était sans peur et très douée dans la bataille. Très respectée par les hommes, elle était l'un des principaux capitaines de Yoshinaka durant la guerre, et mena ses troupes au combat.

Après avoir repoussé les Taira dans les provinces de l'ouest, Yoshinaka prit Kyoto et commença à intriguer pour prendre le contrôle du clan Minamoto, allant même jusqu'à kidnapper l'ex-empereur Go-Shirakawa. Le chef du clan, son cousin Minamoto no Yoritomo, envoya alors ses troupes contre le rebelle, sous le commandement de ses frères Yoshitsune et Minamoto no Noriyori. La confrontation finale eut lieu le 21 février 1184 à la bataille d'Awazu. Les troupes de Yoshinaka combattirent bravement, mais furent largement dépassées par le nombre. Quand Yoshinaka vit sa fin arriver, n'ayant plus que quelques soldats debout, il dit à Tomoe Gozen de fuir au lieu de se faire tuer par Yoritomo.

Ce qui advint ensuite de Tomoe n'est pas clair. Une version dit qu'elle resta et mourut à ses côtés. D'autres qu'elle a été vue fuyant le champ de bataille en emportant une tête (peut-être celle de Yoshinaka, à moins que ce fut celle d'un ennemi). La suite est encore moins certaine : certaines versions prétendent qu'elle se jeta dans l'océan avec la tête, alors d'autres la font survivre et devenir religieuse bouddhiste voire qu'elle se serait remariée.

Postérité[modifier | modifier le code]

De par le caractère si inhabituel de sa vie, elle est devenue une légende qui elle-même s'est diversifiée en de nombreuses versions contradictoires, ce qui augmente encore son intérêt aux yeux des Japonais, certaines légendes allant même jusqu'à dire qu'elle était la réincarnation d'une déesse des rivières (voir infra le chapitre "Dans la culture populaire contemporaine").

Dans la culture populaire contemporaine[modifier | modifier le code]

Tomoe Gozen sur son destrier, et tenant sa naginata (arme d'hast féminine par tradition)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Modes of Address, Nihon Zatsuroku
  2. Nussbaum, Louis Frédéric et al. (2005). "Tomoe Gozen" in 'Japan Encyclopedia, p. 984. sur Google Livres

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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