Shigeru Mizuki

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Shigeru Mizuki
水木 しげる
Nationalité Drapeau du Japon Japonaise
Date (92 ans)
Mangaka
Employeur Kōdansha

Shigeru Mizuki (水木 しげる, Mizuki Shigeru?), de son vrai nom Shigeru Mura (武良 茂, Mura Shigeru?) est un mangaka japonais né le à Kohama, près d’Osaka, même s'il a passé toute son enfance à Sakaiminato dans la préfecture de Tottori. Il est un des grands fondateurs du manga d'horreur, se spécialisant dans les histoires de monstres et de fantômes japonais, avec des créatures telles que yōkai, tengu et kappa. Il est également connu pour ses récits portant sur la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gaucher ayant perdu son bras gauche lors d'un bombardement durant la Seconde Guerre mondiale, en Nouvelle-Guinée, il a contracté la malaria[1] et est recueilli par une famille locale après la fin de la guerre. Il surmonte ce traumatisme et apprend à dessiner du bras droit pour devenir auteur de manga dans les années 1950. En 1957, il publie son premier manga Rocketman. Il fut aussi auteur et conteur de kamishibai[2].

Son manga le plus célèbre est Kitaro le repoussant (ゲゲゲの鬼太郎, Ge-ge-ge no Kitarō?), qui est adapté en anime, en film et en jeu vidéo, et dont le personnage principal est Kitaro, un chasseur de yōkai. Il raconte son initiation à ce monde imaginaire et traditionnel japonais durant son enfance par une vieille dame, amie de sa famille, dans NonNonBâ (のんのんばあとオレ, Nonnonbā to ore?, lit. Mémé et moi).

Il participe en 1964 aux débuts du magazine Garo fondé par Katsuichi Nagai (長井 勝一, Nagai Katsuichi?) et Sanpei Shirato, avec Kitarō yawa (鬼太郎夜話?), prémisse de Kitaro le repoussant, et Ninpō hiwa (忍法屁話?), histoire parodique de ninja. Il y eut comme assistant Ryōichi Ikegami, puis dans la suite de sa carrière Takao Yaguchi et Yoshiharu Tsuge, entre autres.

Ouvrages en français[modifier | modifier le code]

  • NonNonBâ, Cornélius 2006, one shot
  • 3, rue des Mystères (et autres histoires), Cornélius 2006-2009, 2 tomes
  • Kitaro le repoussant, Cornélius 2007-2008-2009-2011, 11 tomes, série en cours
  • Yôkai. Dictionnaire des monstres japonais, Pika Édition 2008, 2 tomes
  • Opération mort, Cornélius 2008, one shot
  • Micmac aux enfers, Cornélius 2010, one shot
  • Mon copain le kappa, Cornélius 2010-2011, 3 tomes
  • Hitler, Cornélius 2011, one shot
  • La vie de Mizuki, Cornélius:
    • tome 1, L'enfant (2012)
    • tome 2, Le survivant (2013)
    • tome 3, L'Apprenti (2014)

Postérité[modifier | modifier le code]

Route Mizuki à Sakaiminato

Shigeru Mizuki reçoit au Japon le prix du manga Kōdansha en 1965 pour Terebi-kun (テレビくん?) et en 1989 pour Shōwa-shi (昭和史?). En France le jury du festival de la bande dessinée d'Angoulême lui a attribué le prix du meilleur album pour NonNonBâ en 2007, et le prix patrimoine pour Opération mort en 2009. En 2010, il reçoit le prix de la personne de mérite culturel[3]. Il reçoit également plusieurs distinctions japonaises comme le Shi-ju Hōshō en 1991 et l'Ordre du Soleil levant en 2003[1].

Sakaiminato, sa ville natale située face à la mer du Japon, a su tirer profit du succès de l'enfant du pays. Autrefois réputé pour sa pêche de crabes, le port a transformé son activité sur le déclin en économie touristique florissante. Désormais, 120 statues de bronze à l'effigie de yōkai bordent les 800 mètres de son avenue principale, rebaptisée la Route Shigeru Mizuki (水木しげるロード, Mizuki Shigeru Road?), et mène à un musée consacré au maître Mizuki Shigeru kinenkan (水木しげる記念館?, « mémorial Shigeru Mizuki »)[1]. Ces attractions drainent près d'un million de touristes par an. Les autorités locales sont allées jusqu'à ériger l'univers animé de Mizuki en religion, en élaborant un guide de ses « esprits » et de leurs pouvoirs présumés, comme le don du bonheur ou de la réussite.

Une rue de Rabaul en Papouasie-Nouvelle-Guinée porte également son nom depuis 2003[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « War and Japan: The Non-Fiction Manga of Mizuki Shigeru » (consulté le 10 mars 2014)
  2. Yoshihiro Tatsumi, Une vie dans les marges, Cornélius, 2011
  3. (ja) « 平成22年度 文化功労者 » (consulté le 30 octobre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :