Shigeru Mizuki

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Shigeru Mizuki

水木 しげる

Naissance (93 ans)
Nationalité japonaise
Auteur
Éditeur associé
Élèves

Œuvres principales

Première œuvre :

Autres ouvrages :

Shigeru Mizuki (水木 しげる, Mizuki Shigeru?), de son vrai nom Shigeru Mura (武良 茂, Mura Shigeru?) est un mangaka japonais né le à Kohama, près d’Osaka, même s'il a passé toute son enfance à Sakaiminato dans la préfecture de Tottori. Il est un des grands fondateurs du manga d'horreur, se spécialisant dans les histoires de monstres et de fantômes japonais, avec des créatures telles que yōkai, tengu et kappa. Il est également connu pour ses récits portant sur la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire de Sakaiminato, dans la préfecture de Tottori, il réside à Tokyo. Son nom en tant que dessinateur, Mizuki, vient du temps où il dirigeait une auberge appelée Manoir Mizuki alors qu'il dessinait pour des kamishibai.

Né sur la ville côtière de Sakaiminato, Mizuki dont le vari nom est Shigeru Mura (武良 茂 Mura Shigeru) est le second des trois fils. Décrit comme un enfant curieux, ses premières découvertes comprennent de nombreuses écoutes et illustrations d'histoires de monstres par une femme nommée Nononba, la femme de ménage.

En 1942, il est enrôlé dans l'armée japonaise impériale et envoyé sur l'île de Nouvelle Bretagne en Nouvelle Guinée. Cette expérience l'a profondément affectée. Gaucher ayant perdu son bras gauche lors d'un bombardement durant la Seconde Guerre mondiale, en Nouvelle-Guinée, il a contracté la malaria[1]. Alors qu'il était prisonnier de guerre à Rabaul, il a noué des liens avec la tribu locale Tolai qui lui a offert une terre, un domicile et la citoyenneté grâce à un mariage avec une femme locale. Mizuki a reconnu qu'il se considérait comme un « planqué ». Il s'est senti honteux lorsqu' un docteur militaire l'a incité à retourner au Japon pour voir ses parents, ce qu'il a fait à contre-coeur.


Une fois retourné dans son pays natal, Mizuki avait envisagé de retourner en Nouvelle Guinée mais l'occupation du Japon a contrecarré ce projet. Ses blessures ne l'ont pas incité à partir. De plus, son plus vieux frère, un officier d'artillerie, a été accusé de crime de guerre pour avoir exécuté des prisonniers de guerre.

Depuis son retour au Japon jusqu'à 1956, il a travaillé en tant qu'opérateur de théâtre puis il est devenu dessinateur.jet. Ses blessures ne l'ont pas incité à partir. De plus, son plus vieux frère, un officier d'artillerie, a été accusé de crime de guerre pour avoir exécuté des prisonniers de guerre.

Il surmonte le traumatisme de la guerre et apprend à dessiner du bras droit pour devenir auteur de manga dans les années 1950. En 1957, il publie son premier manga Rocketman. Il fut aussi auteur et conteur de kamishibai[2]. Depuis, il a publié de nombreuses œuvres sur les monstres et sur le thème militaire. Il a aussi écrit de nombreux livres sur ces deux sujets y compris une autobiographie sur sa période sur l'île de Nouvelle Bretagne et un manga biographique sur Adolf Hitler.

Son manga le plus célèbre est Kitaro le repoussant (ゲゲゲの鬼太郎, Ge-ge-ge no Kitarō?), qui est adapté en anime, en film et en jeu vidéo, et dont le personnage principal est Kitaro, un chasseur de yōkai. Il raconte son initiation à ce monde imaginaire et traditionnel japonais durant son enfance par une vieille dame, amie de sa famille, dans NonNonBâ (のんのんばあとオレ, Nonnonbā to ore?, lit. Mémé et moi).

Il participe en 1964 aux débuts du magazine Garo fondé par Katsuichi Nagai (長井 勝一, Nagai Katsuichi?) et Sanpei Shirato, avec Kitarō yawa (鬼太郎夜話?), prémisse de Kitaro le repoussant, et Ninpō hiwa (忍法屁話?), histoire parodique de ninja. Il y eut comme assistant Ryōichi Ikegami, puis dans la suite de sa carrière Takao Yaguchi et Yoshiharu Tsuge, entre autres.

En 1991, il a publié une oeuvre courte intitulée War and Japan (Guerre et Japon) publiée dans The Sixth Grader, un magazine populaire de divertissement pour jeunes enfants, détaillant les atrocités commises par l'armée japonaise pendant son incursion en Chine et en Corée. La narration est assurée par Nezumi Otoko. Cette œuvre sert de contrepoint puissant aux mangas révisionnistes comme les ouvrages de Yoshinori Kobayashi. Elle a été aussi pour Mizuki un exutoire pour exprimer sa colère face à ceux qui ont été victimes des japonais.

En 2003, il est retourné à Rabaul pour renouer des liens avec les natifs qu'il avait rencontrés pendant la guerre.

En 2005, Shigeru Mizuki a fait une apparition avec un rôle furtif dans le film Yōkai Daisenso (La grande guerre des Yokai) dirigé par Takashi Miike, une oeuvre sur les monstres inspirée par son travail. Plusieurs de ses personnages font des apparitions brèves. Une courte explication au sujet de ses œuvres est aussi abordée dans le film.

En 2010, NHK, chaîne télévisée japonaise, a diffusé un asadora, une série télévisée au sujet de sa vie maritale, Gegege no Nyobo, basée sur l'autobiographie de sa femme.

Ouvrages en français[modifier | modifier le code]

  • NonNonBâ, Cornélius 2006, one shot
  • 3, rue des Mystères (et autres histoires), Cornélius 2006-2009, 2 tomes
  • Kitaro le repoussant, Cornélius 2007-2008-2009-2011, 11 tomes, série en cours
  • Yôkai. Dictionnaire des monstres japonais, Pika Édition 2008, 2 tomes
  • Opération mort, Cornélius 2008, one shot
  • Micmac aux enfers, Cornélius 2010, one shot
  • Mon copain le kappa, Cornélius 2010-2011, 3 tomes
  • Hitler, Cornélius 2011, one shot
  • La vie de Mizuki, Cornélius:
    • tome 1, L'enfant (2012)
    • tome 2, Le survivant (2013)
    • tome 3, L'Apprenti (2014)

Postérité[modifier | modifier le code]

Route Mizuki à Sakaiminato

Shigeru Mizuki reçoit au Japon le prix du manga Kōdansha en 1965 pour Terebi-kun (テレビくん?) et en 1989 pour Shōwa-shi (昭和史?). En France le jury du festival de la bande dessinée d'Angoulême lui a attribué le prix du meilleur album pour NonNonBâ en 2007, et le prix patrimoine pour Opération mort en 2009. En 2010, il reçoit le prix de la personne de mérite culturel[3]. Il reçoit également plusieurs distinctions japonaises comme le Shi-ju Hōshō en 1991 et l'Ordre du Soleil levant en 2003[1]. Aux États-Unis, l'édition américaine d'Opération mort reçoit le Prix Eisner de la meilleure édition américaine d'une œuvre internationale (Asie) en 2012.

Sakaiminato, sa ville natale située face à la mer du Japon, a su tirer profit du succès de l'enfant du pays. Autrefois réputé pour sa pêche de crabes, le port a transformé son activité sur le déclin en économie touristique florissante. Désormais, 120 statues de bronze à l'effigie de yōkai bordent les 800 mètres de son avenue principale, rebaptisée la Route Shigeru Mizuki (水木しげるロード, Mizuki Shigeru Road?), et mène à un musée consacré au maître Mizuki Shigeru kinenkan (水木しげる記念館?, « mémorial Shigeru Mizuki »)[1]. Ces attractions drainent près d'un million de touristes par an. Les autorités locales sont allées jusqu'à ériger l'univers animé de Mizuki en religion, en élaborant un guide de ses « esprits » et de leurs pouvoirs présumés, comme le don du bonheur ou de la réussite.

Une rue de Rabaul en Papouasie-Nouvelle-Guinée porte également son nom depuis 2003[1].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Mizuki a reçu de nombreuses récompenses et distinctions pour ses œuvres, notamment pour Ge Ge Ge no Kitaro.

  • 1965 Prix Kodansha Jido Manga pour Terebi-kun ( テレビくん? ).
  • 1990 Prix Kodansha Manga pour Komikku Shōwa-Shi.
  • 1991 Decoration Hōshō.
  • 1995 Pour le sixième anniversaire du jour de paix à Tokyo, exposition de ses peintures intitulée « Prière pour la paix ; Exposition des peintures de l'expérience de guerre de Shigeru Mizuki.
  • 1996 Prix du Ministère de l'Education .
  • 1996 Sa ville natale Sakaiminato lui a rendu hommage en inaugurant la rue Shigeru Mizuki, une rue décorée avec des statues des personnages de Ge Ge Ge no Kitaro et d'autres dessins en relation avec ses ouvrages.
  • 2003 Decoration Kyokujitsu Shō.
  • 2003 Sakaiminato lui a encore rendu hommage avec le Centre Culturel International Shigeru Mizuki.
  • 2003 Prix culturel Tezuka Osamu Récompense spéciale pour l'ensemble de son oeuvre.
  • 2007 Prix de la meilleure bande dessinée pour NonNonBā at au festival International de la bande dessinée d'Angoulême.
  • 2010 Prix de la personne du mérite culturel.
  • 2012 Prix Eisner pour Onward Towards Our Noble Deaths (Opération mort), dans la catégorie Meilleure publication américaine – Asia.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « War and Japan: The Non-Fiction Manga of Mizuki Shigeru » (consulté le 10 mars 2014)
  2. Yoshihiro Tatsumi, Une vie dans les marges, Cornélius, 2011
  3. (ja) « 平成22年度 文化功労者 » (consulté le 30 octobre 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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