Ishikawa Goemon

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L’exécution de Goemon Ishikawa (image réalisée à la fin du XIXe siècle).

Ishikawa Goemon (石川 五衛門 ou 石川 五右衛門?, 1558-1594) était un bandit japonais semi-légendaire qui volait de l’or et d’autres objets de valeurs afin de les remettre aux pauvres[1].

L’élément probablement le plus remarquable de sa vie, celui avec lequel on l’associe la plupart du temps, est de s’être fait bouillir vivant en public après une tentative d'assassinat raté du seigneur de guerre Toyotomi Hideyoshi. Une grande baignoire en forme de bouilloire de fer est maintenant appelée un Goemon-buro («baignoire Goemon»)[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il y a peu de faits historiques sur la vie de Goemon et donc il devint un héros populaire dont les antécédents et les origines furent l’objet de nombreuses spéculations. Dans sa première apparition dans les annales historiques, la biographie de Hideyoshi datant de 1642, on réfère à lui comme d’un simple bandit. Alors que sa légende devenait populaire, plusieurs exploits anti-autoritaristes lui furent attribués, incluant une tentative supposée d’assassinat du grand seigneur de guerre Nobunaga Oda[4],[5].

Selon une version, Goemon est né sous le nom Sanada Kuranoshin en 1558 dans une famille de samurai au service du puissant clan Miyoshi dans la province d’Iga. En 1573, lorsque son père (possiblement Ishikawa Akashi[6]) fut tué par les hommes du shogun Ashikaga, Sanada, alors âgé de 15 ans, jura de se venger et commença son apprentissage du ninjutsu d’Iga sous le mentorat de Momochi Sandayu. Il fut cependant contraint de s’enfuir lorsque son maître découvrir sa relation romantique avec l’une de ses maîtresses; Sanada eut néanmoins l’opportunité de lui voler une épée de valeur. Il déménagea par la suite dans la région voisine du Kansai où il forma et dirigea une bande de voleurs et de bandits sous le nom d’Ishikawa Goemon qui volait de riches seigneurs féodaux, des marchands et des temples et partageait son butin avec les paysans pauvres et oppressés [7]. Selon une autre version, qui attribue aussi à Goemon une tentative ratée d’empoisonnement de Nobunaga, il fut forcé à devenir un voleur quand les réseaux de ninjas furent brisés[8].

Il y a aussi de nombreux comptes rendus contradictoires sur l’exécution publique de Goemon en face de la porte principale du temple bouddhiste Nanzen-ji à Kyoto[9], incluant, mais ne se limitant pas, à ceux-ci :

  • Goemon essaya d’assassiner Hideyoshi pour venger la mort de sa femme Otaki et la capture de son fils Gobei. Il s’introduisit dans le château de Fushimi et entra dans la chambre d’Hideyoshi, mais renversa une cloche posée sur une table. Le bruit réveilla les gardes et Goemon fut capturé. Il fut condamné à mort en être bouilli vivant dans un chaudron de fer avec son très jeune fils, mais fut capable de le sauver en le tenant au-dessus de l’huile[10].
  • Goemon voulait tuer Hideyoshi parce qu’il était un despote. Quand il entra dans la chambre d’Hideyoshi, il fut détecté par un brûleur d’encens mystique[réf. nécessaire]. Il fut exécuté un 24 août avec sa femme, son fils, et 20 membres de sa famille[11].
  • Lors de son supplice sur les bords de la Kamogawa, Goemon fut plongé avec son fils Ichiro dans une marmite d'huile bouillante. Il s'efforça tout d'abord de sauver son enfant en le tenant à bout de bras, mais soudainement le plongea profondément dans l’huile bouillonnante afin de le tuer le plus rapidement possible. Puis, il tint le corps bien haut dans les airs en signe de défi face à ses ennemis jusqu’à ce qu’il succombe finalement à la douleur et à ses blessures et s'effondre dans la marmite[12],[13].

Même la date exacte de sa mort est douteuse, car certaines annales l’ont enregistrée comme ayant eu lieu l’été, alors que d’autres la font plutôt tomber le 8 octobre (c’est-à-dire après le milieu de l’automne japonais). Avant son trépas, Goemon écrivit un célèbre poème d’adieu dans lequel il affirme que peu importe les circonstances, il y aura toujours des voleurs. Une pierre tombale lui étant consacrée se trouve au temple Daiunin à Kyoto [14].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

L'acteur Bandō Mitsugorō III jouant le rôle de Ishikawa Goemon dans le drame Sanmon Gosan no Kiri qui fut mis en scène en mars 1820 au Nakamura-za (œuvre de Utagawa Toyokuni I).

Ishikawa Goemon est le sujet de plusieurs pièces de kabuki. La seule encore jouée de nos jours est «Kinmon Gosan no Kiri» (La Porte dorée et le mon paulownia), une pièce en cinq actes écrite par Namiki Gohei en 1778. Le plus célèbre de ces actes s’intitule « Sanmon Gosan no Kiri » (La Porte du temple et le mon paulownia) dans lequel Goemon est initialement vu assis au sommet de la porte Sanmon à Nanzen-ji. Il fume un kiseru argenté, une sorte de longue pipe, et s’exclame : «La vue du printemps vaut un millier de pièces d’or, à ce qu’ils disent, mais c’est trop peu, trop peu. Ces yeux de Goemon jugent qu’elle en mérite dix milliers!» Goemon apprend rapidement que son père, So Sokei, fut tué par Mashiba Hisayoshi (un alias populaire au kabuki pour Toyotomi Hideyoshi) et il se met en route afin de venger sa mort. Goemon apparaît aussi dans la célèbre histoire tirée de faits historiques les 47 rōnin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Boye Lafayette De Mente, Everything Japanese, McGraw-Hill,‎ 1989, p. 140
  2. [image](en) « Goemonburo - Goemon-style bathreview », sur pixelmap.ca (consulté le 25 juillet 2011)
  3. (en) Scott Clark, Japan, a View from the Bath, University of Hawaii Press,‎ 1994, p. 38-39
  4. (en) Joel Levy, Ninja: The Shadow Warrior, Sterling Publishing Company,‎ 2008, p. 172
  5. (en) Stephen Turnbull, Warriors of Medieval Japan, Osprey Publishing,‎ 2007, p. 180
  6. (en) Henri L. Joly, Legend in Japanese Art, a Description of Historical Episodes, Legendary Characters, Folklore, Myths, Religious Symbolism, Illustrated in the Arts of Old Japan, Charles E. Tuttle Company,‎ 1967
  7. (pl) « Skośnoocy buntownicy », sur focus.pl,‎ 25 janvier 2010 (consulté le 25 juillet 2011)
  8. (en) Andrew Adams, Ninja: The Invisible Assassins, Black Belt Communications,‎ 1970, p. 160
  9. (en) Gracie Murano, « 9 Most Outrageous Outlaw Heroes », sur oddee.com,‎ 28 mai 2009 (consulté le 25 juillet 2011)
  10. (en) Kirai, « Goemon », sur kirainet.com,‎ 14 mars 2008 (consulté le 25 juillet 2011)
  11. Graham Seal, Outlaw Heroes in Myth and History, Anthem Press, 2011, p. 28
  12. (en) Jack Seward, The Japanese, McGraw-Hill Professional,‎ 1992, p. 48-49
  13. John H. Martin, Phyllis G. Martin 2001, p. 179
  14. (en) Outlawed!: Rebels, Revolutionaries and Bushrangers, National Museum of Australia,‎ 2003, p. 32

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]