Le Voyageur contemplant une mer de nuages

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Le Voyageur contemplant une mer de nuages
Image illustrative de l'article Le Voyageur contemplant une mer de nuages
Le Voyageur contemplant une mer de nuages.
Artiste Caspar David Friedrich
Date 1817-1818
Technique Huile sur toile
Dimensions (H × L) 94,4 × 74,8 cm
Localisation Kunsthalle de Hambourg, Hambourg

Le Voyageur contemplant une mer de nuages ou L’homme contemplant une mer de brume (en allemand : Der Wanderer über dem Nebelmeer) est un tableau du peintre romantique allemand Caspar David Friedrich, exposé à la Kunsthalle de Hambourg[1]. Il a été composé à partir de 1817 et est avec La Mer de glace l'une des œuvres les plus célèbres du peintre[1].

Description[modifier | modifier le code]

Au premier plan, un homme est debout sur un rocher en hauteur, le dos tourné au spectateur. Il porte une redingote vert sombre et tient un bâton de marche dans sa main droite[2]. Sa chevelure flotte dans le vent, il contemple un paysage brumeux. Dans un plan intermédiaire apparaissent devant lui des crêtes montagneuses qui peuvent être comme celle sur laquelle il se trouve[3]. Dans les volutes du brouillard, on y discerne des arbres. Au lointain, des montagnes floues s'élèvent à la gauche. Le brouillard à l'arrière-plan s'étend au point de rendre indistincts l'horizon et le ciel nuageux[2].

Le paysage représenté s'inspire du massif montagneux Elbsandsteingebirge avec à l'arrière-plan à droite le Zirkelstein (de) ; la montagne à l'arrière-plan gauche peut être le Mont Rosenberg (de) ou le Mont Kaltenberg (de)[4].

Perception de l'œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre est caractéristique de la période romantique et plus particulièrement du style de C.D. Friedrich[5], comme d'autres de ses œuvres : Falaises de craie sur l'île de Rügen ou La Mer de glace.

Selon M.E. Gorra, le regard du voyageur dans le brouillard représente une réflexion sur soi-même au sens où l'entendait Kant[3]. Une autre critique énonce que le voyageur est une métaphore de l'avenir inconnu[6]. J.L. Gaddis suggère que la position du personnage au-dessus du précipice et devant un paysage tourmenté est contradictoire car « évoquant la domination sur un paysage mais en même temps l'insignifiance de l'individu qui y est inclus. » (suggesting at once mastery over a landscape and the insignificance of the individual within it)[2]. Pour H. Gaßner, le personnage romantique, dont la vie est conçue comme un voyage, fait l'expérience de « l'incertitude et de l'abîme de son existence » et de son ancrage dans « un monde céleste au-delà de l'horizon »[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (de)Der Wanderer über dem Nebelmeer, par Hubertus Gaßner article de H. Gaßner, directeur de la Hamburger Kunsthalle, 15 mars 2013, sur www.deutschland.de/fr/topic/culture, consulté le 7 octobre 2013.
  2. a, b et c (en) John Lewis Gaddis, The Landscape of History, Oxford University Press US,‎ 2004, 1–2 p. (ISBN 0-19-517157-8)
  3. a et b (en) Michael Edward Gorra, The Bells in Their Silence, Princeton University Press,‎ 2004, xi-xii p. (ISBN 0-691-11765-9)
  4. (de) Caspar David Friedrich und die böhmischen Berge. Karl-Ludwig Hoch, Dresde 1987.
  5. (en) Jessica Gunderson, Romanticism, The Creative Company,‎ 2008 (ISBN 1-58341-613-7), p. 7
  6. (en) Ron S. Dembo, Andrew Freeman, The Rules of Risk, John Wiley and Sons,‎ 2001 (ISBN 0-471-40163-3), p. 10

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Carlos Idrobo, « He Who Is Leaving … The Figure of the Wanderer in Nietzsche’s Also sprach Zarathustra and Caspar David Friedrich’s Der Wanderer über dem Nebelmeer » (1er novembre 2012) in: Nietzsche-Studien volume 41(1), pages 78–103, De Gruyter, (ISSN 0342-1422).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]