SS Freies Indien Legion

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Indische Legion
Freies Indien
Légion Azad Hind
Indisches Infanterie-Regiment 950
Indische Freiwilligen-Legion der Waffen-SS
SS Freies Indien Legion
Image illustrative de l'article SS Freies Indien Legion

Période 1941 - 1945
Pays Allemagne, Inde
Branche Wehrmacht puis Waffen SS
Type Division SS
Garnison Pays-Bas, France, Allemagne
Ancienne dénomination Infanterie Regiment 950
Surnom Indische Legion ou Azad Hind Legion
Guerres Seconde Guerre mondiale

La légion SS de l’Inde libre (en allemand : SS Freies Indien Legion) est une unité de volontaires indiens de la Waffen-SS, essentiellement recrutés par Subhash Chandra Bose dans les camps de prisonniers allemands en Afrique du nord pour combattre les Britanniques au nom de la lutte contre le colonialisme.

Historique[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

L'origine de l'idée de constituer une force armée capable de se frayer un chemin vers l'Inde pour envahir le Raj britannique remonte à la Première Guerre mondiale, lorsque le Parti Ghadar (en) et la Ligue de l'indépendance indienne (en) élaborent des plans pour lancer une rébellion dans l'Armée des Indes britanniques du Penjab à Hong Kong avec le soutien allemand. Ce plan, connu sous le nom de Conspiration indo-allemande, a échoué après que l'information ait été divulguée à l'intelligence britannique, après que la garnison de Hong Kong se soit rebellée.

Recrutement japonais et italien[modifier | modifier le code]

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les trois grandes puissances de l'Axe, ont cherché à soutenir les activités révolutionnaires armées dans l'Inde afin d'affaiblir la Grande-Bretagne. Ils ont donc recrutés des prisonniers de guerre indiens mécontents, soit capturés alors qu'ils servaient dans les forces du Commonwealth britannique soit des expatriés. La plus célèbre force armée étant l'Armée nationale indienne (INA) qui a vu le jour avec le soutien de l'Empire japonais en Extrême-Orient.

En 1942, l'Italie fasciste avait créé le bataillon Azad Hindoustan formé par d'anciens militaires de l'armée indiennes ainsi que par des Italiens résidant en Inde et en Perse. L'absence de leadership et le caractère ouvertement propagandiste de la création de cette force limitèrent toutefois son développement. En novembre 1942, après la défaite à El Alamein, les efforts italiens de recrutement s'avèrent être un échec total.

Recrutement allemand[modifier | modifier le code]

La création des Indiens libres, au nombre d’environ 4 000 à 6 000 hommes, s'effectue par recrutement des prisonniers de guerre d'origine indo-pakistanaise capturés par Rommel pendant la guerre du désert et par des étudiants indiens indépendantistes résidant en Allemagne.
En décembre 1941 la création, par la Heer, de l'Indische Legion devient officielle.
Recrutés exprès pour lutter contre les Britanniques, Subhash Chandra Bose avait obtenu la garantie du pouvoir nazi qu’ils ne seraient pas engagés contre d’autres ennemis de l’Allemagne, et en particulier pas sur le front de l’est. En effet, Bose prévoyait de marcher sur l'empire des Indes à travers la Perse depuis le Caucase, où se battait alors l'armée allemande afin de rejoindre les troupes japonaises engagées en Birmanie et qui projetaient d'attaquer l'Est de l'Inde.
Les volontaires sont alors regroupés à Frankenberg, en Saxe, ou seulement 300 seront retenus et transférés à Königsbrück pour recevoir l'uniforme de la Wehrmacht avec un écusson de bras aux couleurs de l'Indoustan. Après un entrainement militaire et idéologique poussé, seul quelques dizaines seront retenus. L'idée première était de former un groupe d'assaut qui serait pionnier lors d'une invasion des frontières occidentales de l'Inde britannique par les troupes Allemandes et les indépendantistes indiens.

Néanmoins avec le temps, les rangs de la Legion gonflent peu à peu en particulier grâce à la mission initiale des premiers éléments de ce contingent qui consiste alors à recruter de nouveaux volontaires, combattants, dans les camps de prisonniers prenant le nom de Freies Indien. Mais si ces centaines de volontaires affluent c'est en général après avoir subi des pressions ou pour échapper aux conditions déplorables de leurs captivité.
Cette première unité de Freies Indien prend le nom d'Indisches Infanterie-Regiment 950 ou plus simplement d'Infanterie-Regiment 950 également connue sous le nom de Légion Azad Hind, et qui dépend de la Wehrmacht, sous le commandement de l'oberstleutnant Kurt Krappe. Après plusieurs mois d'entrainement, les quelques centaines d'hommes de la Legion Freies Indien, qui ne forment qu'une seule compagnie, prêtent serment à Hitler le 26 août 1942. Ils seront 1 300 en novembre et atteindront le nombre de 3 500 en décembre 1942. À terme l'unité fut divisée en quatre bataillons composés de deux tiers de musulmans et d'un tiers d'hindous et de sikhs.

Avec les défaites de l'Axe à Stalingrad, El-Alamein, le retournement de tendance en Birmanie et les difficultés japonaises en Nouvelle-Guinée, il n'est plus possible d'avoir la même approche. La solution militaire laisse la place à la propagande. Lors de l'unique entrevue accordée par Hitler à Bose, le dictateur allemand refuse de promettre l'indépendance de l'Inde. Le dirigeant indépendantiste indien, réalisant le peu de cas manifesté par le Führer pour la question indienne, gagne alors l'Asie en janvier 1943 afin de prendre la tête de l'Indian National Army levée par les Japonais l'année précédente. À la suite de son départ, les Allemands décident alors de transférer la Legion Freies Indien à Singapour, dans la sphère de coprospérité de la grande Asie orientale, mais en raison du blocus de la marine britannique les tentatives seront abandonnées.

En France[modifier | modifier le code]

Le maréchal Rommel inspectant une unité de la légion indienne à Lacanau, en France.

Suite à ce rapatriement impossible, l'Indisches Infanterie-Regiment 950 est affecté à la surveillance du mur de l'Atlantique aux Pays-Bas, où il séjourna durant cinq mois ce qui provoque des émeutes, les Indiens ne voulant pas se battre pour les intérêts allemands. Certains sont alors traduits en cour martiale et d'autres renvoyés dans les stalags.
Malgré cette mutinerie les deux premiers bataillons rejoignent, début mai 1943, au camp de Beverloo (en), en Belgique alors que le 3e bataillon ne rejoint qu'à partir du 14 juillet. La légion est alors rattachée à la 16. Luftwaffen-Feld-Division dans la région de Zandvoort.

Fin juillet 1943, la Freies Indien Legion reçoit l'ordre de gagner la France et de se déployer dans le secteur de Lacanau en Gironde, ou elle est rattachée à la 344. Infanterie-Division et chargée de la mise en œuvre des batteries côtières et à la surveillance du mur de l'Atlantique. En août 1944, après le débarquement de Normandie la 344. ID est envoyée en renfort au front mais la légion Indienne reste en Gironde, avec la 159. ID.

Le 8 août 1944 l'unité est transféré à la Waffen-SS et prend le nom de Indische Freiwilligen-Legion der Waffen-SS sous les ordre de l'oberführer Heinz Bertling[1] et renforcée d'anciens membres de la Légion nord-africaine.

Le débarquement de Provence et la progression alliée dans la vallée du Rhône jointe à la libération de Paris puis la progression vers la Lorraine menaçant de couper la légion du front allemand, elle est transférée, mi-août, à Poitiers. Aussitôt prise à partie par les FFI, la légion eut à déplorer ses premiers blessés. La retraite de l'Indische Freiwilligen-Legion est jalonnée ensuite de plusieurs accrochages avec la Résistance. Début septembre1944, elle eut à déplorer son premier mort, le lieutenant Ali Khan, qui succomba durant des combats de rues avec l'armée régulière française à Dun-sur-Auron, au Sud de Bourges. La légion indienne bat ensuite en retraite jusqu'à Dijon, combat les troupes de la 1re armée française à Nuits-Saint-Georges, le 9 septembre, se retirant ensuite par Remiremont et Colmar pour atteindre Oberhoffen-sur-Moder près de Haguenau. On garde leur souvenir à Strasbourg, dans le quartier du Schluthfeld, où un groupe d'entre eux étaient cantonnés dans le bâtiment de l'école élémentaire. Quelques anciens se souviennent de ces Indiens Sikhs, en uniforme de l’Afrika Korps, avec barbe et turban. Sur leur épaule ils arboraient l’emblème d'un tigre bondissant sous-titré « Freies Indien ».
Ils passent ensuite l'hiver à Heuberg.

La fin[modifier | modifier le code]

Insigne d'épaule

Le reste de cette unité fut ensuite cantonné en Allemagne, au camp militaire d'Heuberg, dans le Jura Souabe, où elle resta jusqu'en mars 1945, date à laquelle Hitler ordonne que les armes de l'unité soient cédées à la 18e Panzer Grenadier Division SS Horst Wessel.
La défaite du IIIe Reich étant inéluctable ses membres entamèrent une marche désespérée et essayèrent de s'enfuir en direction du lac de Constance pour rejoindre la Suisse neutre. Lors de cette tentative, ils furent capturés par des troupes américaines et françaises. Certains de ces soldats furent fusillés par des régiments marocains après leur capture à Immenstadt. Les autres furent ensuite remis aux forces britanniques qui les transférèrent en Inde où ils furent maintenus en détention au Fort Rouge à Delhi, en attendant d'être jugés pour haute trahison. Mais tous les membres de la légion indienne furent libérés dès 1946 car, sous la pression de la population, une condamnation par des tribunaux britanniques s'avéra irréalisable.

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Heinz Bertling ou Karl-Heinz Bertling

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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