Neudorf (Strasbourg)

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Neudorf
Le Scala, salle de spectacle et restaurant
Le Scala, salle de spectacle et restaurant
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Alsace
Ville Strasbourg
Canton Canton de Strasbourg-8 et une partie du Canton de Strasbourg-7
Histoire
Étapes d’urbanisation majoritairement fin XIXe siècle et XXe siècle
Lieux intéressants Île aux épis, bâtiments remarquables
Transport
Gare Gare de Strasbourg-Krimmeri-Meinau
Tramway A / C / D / E
Bus 7 - 14 - 24 - 30
Géographie
Coordonnées 48° 34′ 02″ N 7° 45′ 38″ E / 48.567151, 7.7605148° 34′ 02″ Nord
       7° 45′ 38″ Est
/ 48.567151, 7.76051
  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Neudorf (Strasbourg)

Géolocalisation sur la carte : Strasbourg

(Voir situation sur carte : Strasbourg)
Neudorf (Strasbourg)
Cours d’eau Ziegelwasser, Krimmeri (Rhin Tortu ou Krummen Rhein), bassins d’Austerliz, Dusuzeau et Vauban

Neudorf (fr. nouveau village) est un ancien faubourg de Strasbourg devenu quartier dense et central. À l’origine en dehors de la ville (les remparts étaient situés au nord) le quartier est désormais intégré au cœur de l’agglomération. C’est un quartier principalement résidentiel qui est le quartier le plus peuplé de Strasbourg.

Sommaire

Histoire [modifier]

Avant 1870 [modifier]

plan relief de 1863, canal et champs
Vue du nord de Neudorf sur le plan en relief de 1863 : fossé Riepberg (aujourd’hui avenue Jean Jaurès)

L’emplacement actuel du quartier a longtemps été peu propice à l’habitat en raison de son humidité, néanmoins il y avait quelques habitations au nord, à l’ouest ainsi que le long des cours d’eau (il y eut alors des moulins)[1]. De plus le faible nombre de portes permettant d’entrer dans la ville par le sud ne favorisa pas le développement du quartier, les seuls points d’entrée dans la ville étant la porte de l’hôpital (Spitaltor), celle des bouchers (Metzgertor) et celle Sainte-Catherine (Katharinentor), puis celle de la citadelle. On peut noter que le fossé Riepberg, creusé au XVIe siècle, permit la construction de bâtiments au nord du quartier[2].

Les plus anciennes constructions encore existantes sont celles situées dans le hameau du Ratzendorf, situé du côté de l’actuelle rue de l’ancienne école[3].

Ce n’est qu’à partir du milieu du XIXe siècle que Neudorf connut un essor considérable à la suite des régulations du réseau des ruisseaux qui étendit la surface constructible (par la régulation du Rhin et de l’Ill, notamment par la construction en 1887 du canal de décharge de l’Ill)[3],[2]. Le quartier se peuple alors principalement de maraîchers[1].

Lors du siège de 1870 la partie nord du quartier est inondée[1], en effet les barrages (comme le Barrage Vauban) furent fermés afin de rendre les terrains impraticables pour les manœuvres ennemies. Ceci entraîna la destruction de bâtiments ainsi que l’évacuation des habitants.

1871 – 1939 [modifier]

Plan de Neudorf
Plan de Neudorf en 1895
alignements d'immeubles de trois étages
Cité Jules Siegfried allée de l’orphelinat – construction des années 1920

Sous le Reichsland la population de Neudorf augmente considérablement (38 % d’augmentation entre 1871 et 1875 ; en 1875 Neudorf est le quartier le plus peuplé de Strasbourg[1]), de nombreux bâtiments sont construits (école de la Ziegelau (1878), école de la Musau (1897), école du Schluthfeld (1899), école du Neufeld (1907), foyer Charles Frey, plusieurs immeubles), en partie par le Stadtbaumeister Fritz Beblo. Neudorf profite également du développement du tramway avec trois lignes électrifiées en 1898[2].

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe la voie ferrée qui était le long du fossé Riepberg (approximativement le long de l’actuelle avenue Jean-Jaurès) est déplacée vers le sud du quartier, délimitant ainsi Neudorf au sud (la limite antérieure étant le Krimmeri ou Rhin tortu à l’ouest et le Ziegelwasser à l’est). Cette nouvelle voie est construite sur un talus qui faisait partie des défenses de la ville de Strasbourg[2].

Après la Première Guerre mondiale il y a trop peu de logements à Neudorf, on construit alors dans les années 1920 jusqu’au milieu des années 1930 plusieurs ensembles immobiliers comme la cité Siegfried ou la cité Rissler (de l’architecte Paul Dopff)[1].

Seconde Guerre mondiale [modifier]

La plaque apposée en 2004 sur la façade de l’ancien cinéma Scala.

En 1939 les habitants de Neudorf sont, comme tous ceux de Strasbourg, évacués en Dordogne. C’est à partir de l’été 1940 qu’ils peuvent revenir[4]. Comme le rappelle une plaque apposée en 2004 sur la façade de l’ancien cinéma Scala de la route du Polygone (construit en 1938[1]), cette salle fut transformée en chapelle ardente après le bombardement du 6 septembre 1943. La plaque est dédiée aux 214 victimes civiles tuées et aux 673 blessés à Neudorf lors des bombardements qui précédèrent la Libération de Strasbourg, les 6 septembre et 17 novembre 1943, puis le 1er avril 1944. Épargné, le cinéma reprend ses activités après la guerre mais, faute de spectateurs, il ferme ses portes en octobre 1975[5], d’abord transformé en dépôt-vente, puis en magasin de vêtements. Rénové dans les années 1980, il abrite aujourd’hui une salle de spectacle et une brasserie. Le bombardement causa la destruction de plus de 300 bâtiments, l’église protestante datant de 1885 fut détruite[3] et la clinique Sainte-Odile fut endommagée[1].

Depuis la Seconde Guerre mondiale [modifier]

De nombreuses construction ont permis à Neudorf de prendre une place importante dans l’agglomération strasbourgeoise : le lycée Jean Monnet (1965), le centre administratif de la communauté urbaine (1976), le contournement sud (1992), ainsi que plus récemment l’urbanisation du secteur de la route du Rhin au nord du quartier (cinéma, centre commercial).

En 1999, Neudorf est peuplé de plus de 39 000 habitants ce qui en fait le quartier le plus peuplé de Strasbourg[2].

Urbanisme [modifier]

Situé au sud du centre-ville, le quartier est entouré par les quartiers de la Montagne Verte et de l’Elsau à l’ouest, de la Meinau et du Neuhof au sud ainsi que le Port du Rhin à l’est. On trouve au nord le quartier de la Bourse et celui de l’Esplanade Sa séparation avec le centre-ville est marquée par une longue bande de terres peu urbanisées résultant de l’ancienne zone non ædificandi ou glacis qui ceinturait les remparts de la ville, doublés du canal portuaire et des installations qui y étaient propres[6].

halle du marché de Neudorf
La halle du marché

Neudorf s’articule autour de la route du Polygone et de la place du Marché, qui en constitue la principale centralité. Cette place est notamment entourée de deux équipements : le Scala, ancien cinéma de quartier à l’architecture des années 1930 et aujourd’hui reconverti en salle de spectacle et en brasserie, et la halle du marché, qui accueille, outre le marché lui-même, un centre médico-social et une médiathèque.

Sous entités [modifier]

Les Fronts de Neudorf et le quartier du Danube [modifier]

La frange nord du quartier, appelée les fronts de Neudorf est constituée de l’ancienne zone de glacis[3] évoquée plus haut et qui fait depuis les années 1990 l’objet de multiples réflexions urbanistiques dont le principal enjeu est d’atténuer, voire supprimer, la coupure entre Neudorf et le centre-ville[7]. Ce projet profite notamment de la position centrale du site et de la qualité paysagère du canal pour lutter contre l’étalement urbain, offrant une alternative à l’implantation de logements et d’équipements dans la périphérie de l’agglomération.

Rivétoile, conservatoire et médiathèque
De g. à dr. : centre commercial Rivétoile, logements, Cité de la musique et de la danse, Médiathèque André Malraux

Les Fronts de Neudorf constituent actuellement l’opération immobilière d’envergure visant à combler ce vide séparant le centre des quartiers sud[7]. Divers ouvrages ont été réalisés :

Le quartier du Danube est en construction. Cette zone centrale de la ville bénéficie également du passage du tram et de la revalorisation des zones périphériques (requalification de la RN4, des aires industrielles, aménagements aquatiques sur le bassin d’Austzerliz (anciennement Metzgertor Hafen)).

La Musau [modifier]

Article détaillé : Musau.

La Musau se situe au sud-ouest, au-delà de la voie de chemin de fer.

À l’origine un hameau (une vingtaine de maisons en 1830[3]), la vieille Musau est à l’ouest tandis que le quartier Wattwiller, construit dans les années 1970, est plus à l’est.

Le Schluthfeld [modifier]

Église avec statue de Ste Thérèse
Église Saint LéonSainte Thérèse du Schluthfeld

Le Schluthfeld est au nord-ouest de Neudorf, entre la voie rapide (ancienne nationale 4) et le chemin de fer. À l’origine le Schluthfeld désignait l’extrémité de ce qui est actuellement la rue de Saint-Dié (Schluthfeldstross)[8] mais de nos jours le nom est utilisé pour désigner plus largement cette partie de Neudorf, principalement ce qui est proche de la station de tramway Schluthfeld (aujourd’hui place du Schluthfeld). On peut noter la présence d’une école de la fin du XIXe siècle.

L’église saint Léon – sainte Thérèse fut construite entre 1924 et 1925, on y trouve une croix venant de Tambov en souvenir des alsaciens qui y furent prisonniers durant la Seconde Guerre mondiale (les prisonniers alsaciens et mosellans, combattants alors sous l’uniforme allemand, étaient regroupés dans certains camps en URSS dont Tambov).

Le Heyritz [modifier]

Le Heyritz était peuplé au XIVe siècle mais les constructions furent détruites. On creusa au nord un canal de jonction en 1880[3] ainsi que le port du Heyritz (Spitaltor Hafen ou port de la porte de l’Hôpital). Ce port servait principalement aux bateaux venant de la Bruche ou du canal du Rhône au Rhin (le port Austerlitz ou Metzgertor Hafen servant aux embarcations venant du Rhin). Ce port est de nos jours un port de plaisance.

Le Heyritz fut ensuite séparé du Schluthfeld par la gare de marchandise (à cet endroit se trouve désormais le contournement sud).

C’est désormais un quartier en voie d’urbanisation, situé entre l’Ill et la voie rapide, c’est le lieu de la Grande mosquée de Strasbourg.

Bâtiments remarquables [modifier]

Ménagerie Klinglin [modifier]

En 1749 le prêteur royal François-Joseph de Klinglin se fit construire une résidence au sud de Strasbourg. Ce bâtiment fut démoli en 1967[9].


Maison Bowe [modifier]

maison Bowe : imposante maison de 2 étages avec des ferronneries
Maison Bowe au 50 route du Polygone

En 1895 est construite la maison Bowe (d’r Amerikaner Hüss en alsacien,  Inscrit MH (1995, partiellement)[10]) au 50 route du Polygone, cette maison comporte d’imposantes ferronneries, une forge était située à l’arrière du bâtiment, c’est cette forge qui confectionna les chandeliers du pont Saint Guillaume au centre-ville.

Poste d’aiguillage du Krimmeri [modifier]

bâtiment en hauteur exiguë, en pierre et à colombages
Ancien poste d’aiguillage du Krimmeri

Le poste d’aiguillage du Krimmeri,  Inscrit MH (1988, Façades et toitures)[11], datant de 1905 et situé avenue de Colmar à la limite avec la Meinau, entre la voie de chemin de fer et le cours d’eau du Krimmeri (Krummen Rhein en allemand, Rhin-tortu en français) est également protégé au titre des monuments historiques. Ce poste servait à la ligne de Strasbourg-Ville à Strasbourg-Port-du-Rhin ; on trouve aujourd’hui la gare de Strasbourg-Krimmeri-Meinau.

Au pied du poste d’aiguillage se trouve la station Krimmeri du tramway de Strasbourg.

Église saint Aloyse [modifier]

Église saint Aloyse
église saint Aloyse de Neudorf

L’église saint Aloyse (Aloysiuskirche, également nommée « église saint Aloïse ») fut construite à la fin du XIXe siècle pour répondre à l’augmentation du nombre de fidèles[12] : la chapelle (qui se trouvait rue de la chapelle) n’étant plus assez grande. Elle est dédiée à saint Louis de Gonzague (en allemand Aloysius von Gonzaga) et fut consacrée le 16 octobre 1887[13]. Il y a dans cette église des orgues Koulen datant de 1888[13].

On y trouve la pietà de Notre-Dame de la Citadelle, cette statue se trouvait dans l’église Saint-Louis de la citadelle de Strasbourg qui fut détruite durant le siège de 1870. Dans un premier temps conservée chez un particulier la statue a ensuite trouvé une place dans cette église depuis le 16 novembre 1887[14].

Personnalités liées au quartier [modifier]

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Notes [modifier]

  1. a, b, c, d, e, f et g Documentation de l’exposition sur Neudorf, Archives municipales de Strasbourg. Consulté le 21 janvier 2012
  2. a, b, c, d et e Plan d’occupation des sols
  3. a, b, c, d, e et f Brochure de découverte de Neudorf de la ville de Strasbourg
  4. 1939 Strasbourg évacué. Consulté le 22 janvier 2012
  5. Odile Gozillon-Fronsacq, Alsace cinéma : cent ans d’une grande illusion, Strasbourg, La Nuée Bleue/DNA, 1999 (ISBN 9782716503631), p. 114 
  6. Strasbourg : place de l’Étoile et presqu’île Malraux. Consulté le 21 janvier 2012
  7. a et b L’axe Strasbourg Kehl
  8. Uebersichtskarte der Gemarkung Strassburg – document cartographique. Blatt 8, Neudorf - Elsau 1895 Fichier:Neudorf-plan-1895.jpg
  9. Rue de la ménagerie, archi-strasbourg.org. Consulté le 6 décembre 2012
  10. Maison Bowe – protection partielle en 1995, base Mérimée, ministère français de la Culture ; 48° 34′ 08″ N 7° 45′ 24″ E / 48.56901, 7.75678 (Maison Bowe)
  11. Aiguillage du Krimmeri – protection pour Façades et toitures en 1988, base Mérimée, ministère français de la Culture ; 48° 33′ 48″ N 7° 45′ 10″ E / 48.56331, 7.75273 (Aiguillage du Krimmeri)
  12. Histoire des paroisses de Neudorf
  13. a et b Plaques commémoratives apposées à l’intérieur de l’église
  14. Strasbourg Neudorf : Devant la porte des Bouchers, Strasbourg, Éditions Coprur, 2000, 207 p., p. 84 
  15. Henri Loux habitait au 4 rue d’Erstein. Consulté le 15 mars 2012
  16. article des DNA du 2 Juillet 2008. Consulté le 15 mars 2012

Bibliographie [modifier]

  • Francis Bozzi, Le logement social, usage et mixité : projet à dimension urbaine intégrant la préexistence dans l’îlot Lombardie Strasbourg-Neudorf, Strasbourg, 1996, 112 p. (mémoire d’Architecture)
  • Denis Durand de Bousingen, « Un hôpital militaire en 1914-1918 : le "Lazareth de garnison" de Strasbourg-Neudorf », in Journal de médecine de Strasbourg, vol. 15, n° 8, p. 610-614
  • Église St. Aloyse : Strasbourg - Neudorf, 1887-1987, Paroisse catholique Saint-Aloyse, 1987, 40 p.
  • Gilles Fabbro, Réemergence d’un lieu par les notions de paysage et de nouveaux modes de vie : la ceinture verte. Le cas des Fronts de Neudorf à Strasbourg, Strasbourg, 1996, 79 p. (mémoire d’Architecture)
  • Bénédicte Gérard, Contribution à l’histoire du peuplement de Strasbourg : quels apports des sources démographiques à la connaissance de l’échelon infra-urbain ? L’exemple de la formation d’un faubourg, le « Neudorf » (1811-1910), Université de Strasbourg 2, 1998, 336 p. (thèse de Sciences sociales)
  • Jean-Marie Holderbach, Benoît Jordan, Yves Loffredo (et al.), Strasbourg-Neudorf, cimetière Saint-Urbain, Ville de Strasbourg, 2007, 59 p.
  • Neudorf : nouveau village, nouvelle ville (catalogue de l’exposition réalisée par les Archives de la Ville et la Communauté urbaine de Strasbourg, 1er octobre 2007-21 décembre 2007), Strasbourg, 2007, 174 p.
  • Pierre Perny, Le Racing club de Strasbourg, 1906-2006. De Neudorf à l’Europe : une histoire alsacienne, Pierre Perny, Drusenheim, 2006, 346 p.
  • Projet Étoile, fronts de Neudorf : le livre blanc : mai 1998, Communauté urbaine de Strasbourg, 1998, 27 p.
  • Théodore Rieger, Gilbert Bronner, Léon Daul et Louis Ludes, « Neudorf » in Les faubourgs de Strasbourg : de la Belle Époque aux Années Folles, G4J, 2003, 214 p. (ISBN 2-913468-20-9)
  • (de) Julien Schies, Entstehungs- und Entwickelungsgeschichte des Vorortes Neudorf : eine ortsgeschichtliche Plauderei, Strasbourg, 1902
  • Georges Schwenk, Aspects du Neudorf, Éditions Oberlin, Strasbourg, 1984 (ISBN 9782853690201)
  • Georges-Henri Schwenk (et al.), Notre école, histoire du Collège de la Musau (Strasbourg-Neudorf) : à travers l’histoire d’un collège, un aperçu de l’histoire de l’enseignement en Alsace entre 1871 et 1990, Le Verger, Strasbourg, 1992, 143 p. (ISBN 2-908367-29-7)
  • Strasbourg Neudorf : devant la porte des Bouchers, Caisse de crédit mutuel de Neudorf, Éd. Coprur, Strasbourg, 2000, 207 p. (ISBN 2-8420-8065-3)

Liens externes [modifier]