Robert King Merton

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Robert King Merton

Naissance
Philadelphie
Décès (à 92 ans)
New York

Robert King Merton, sociologue américain né à Philadelphie en Pennsylvanie le et mort à New York le . En 1994, il a reçu la National Medal of Science pour ses contribution et fondation de la sociologie de la science[1]. Il a développé des concepts notables tels les "conséquences inattendues", "role model", "prophéties auto-réalisatrices", et a contribué à la consolidation de théories de "moyenne portée" (groupes de référence). Il est généralement présenté comme le fondateur de la sociologie de la science. Il a introduit le concept de sérendipité en sociologie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étudiant à Harvard, Robert King Merton a été l'élève de Pitirim Sorokin et de Talcott Parsons. Il est le fondateur de la sociologie des sciences. Il se situe juste avant les interactionnistes, et il est tenant d'un fonctionnalisme dit de « moyenne portée ». Il est le père de l'économiste Robert Merton « Prix Nobel » en 1997.

Les prophéties auto-réalisatrices[modifier | modifier le code]

Reprenant l'idée du sociologue William I. Thomas, Robert K. Merton décrit le mécanisme de prophétie auto-réalisatrice (self-fulfilling-prophecy) en ces termes : « La prophétie auto-réalisatrice est une définition d'abord fausse d'une situation, mais cette définition erronée suscite un nouveau comportement, qui la rend vraie ». Exemple : Les actionnaires imaginent que le marché va s'écrouler et cela provoque un crack boursier. Il souligne également des phénomènes inverses : lorsque la prédiction d'un évènement empêche celui-ci de se réaliser. Exemple : La crainte d'un embouteillage peut amener à différer son départ et rendre le trafic plus fluide.

La construction typologique[modifier | modifier le code]

Dans Éléments de théorie et de méthode sociologique, un recueil d'articles, R.K. Merton établie une typologie d'adaptation individuelle à la société :

Le conformisme (l'individu se soumet aux attentes du groupe),

l'innovation (l'individu accepte les valeurs du groupe mais n'a pas fait siennes les normes sociales et procédures habituelles),

le ritualisme (l'individu reste figé dans un mode de comportement donné),

l'évasion (l'individu vit en marge de la société), la rébellion (l'individu conteste et combat les normes sociales).

La rebellion (l'individu rejette les buts et les moyens culturellement valorisés par une société donnée mais pour en suggérer voir en imposer d'autre.)

Ces modes d'adaptation peuvent représenter des styles de vie de certains groupes sociaux.

Normes et valeurs scientifiques[modifier | modifier le code]

En 1942, il publie un article The normative Structure of Science dans The sociology of science (Chicago University Press), fondateur d'une tradition d'analyse des normes et valeurs qui régissent le comportement social des scientifiques[2]. Il distingue deux types de normes interdépendantes qui régissent les comportements scientifiques : les normes méthodologiques relatives aux techniques et les normes éthiques. Ces dernières sont au nombre de quatre : l'universalisme, le communisme, le désintéressement et le scepticisme organisé.

La sérendipité[modifier | modifier le code]

Robert Merton s'est toujours intéressé au concept de sérendipité.
Il en pose en 1945 la définition suivante  : La découverte par chance ou sagacité de résultats pertinents que l'on ne cherchait pas. Elle se rapporte au fait assez courant d'observer une donnée inattendue, aberrante et capitale (strategic) qui donne l'occasion de développer une nouvelle théorie ou d'étendre une théorie existante[3].
Il l'a répète trois fois en 1949 dans  : Social Theory et Social Structure : « Le processus par lequel une découverte inattendue et aberrante éveille la curiosité d'un chercheur et le conduit à un raccourci imprévu qui mène à une nouvelle hypothèse.
2004: The Travels and Adventures of Serendipity: A Study in Sociological Semantics and the Sociology of Science

Déviance et criminalité[modifier | modifier le code]

Voir : Déviance et criminalité Il s’est rendu compte que les individus dans une société agissent en fonction d’objectifs grâce à des moyens. Par exemple dans les années 1950 aux États-Unis beaucoup d’individus ont comme objectif de s’enrichir mais Merton constate que de nombreux individus n’ont pas les moyens de le faire (manque d'argent, d'éducation, etc. ).

La représentation structuro-fonctionnelle de Merton de la déviance et l'anomie.

Il constate que ces individus vont alors utiliser des moyens illégaux pour atteindre le but de l’enrichissement personnel; il les appelle innovateurs même si ceux-ci sont considérés comme des criminels. Il a refusé la connotation morale pour mettre en avant ces individus. En les valorisant, il déplace le problème de la criminalité. L’origine du problème se trouve dans la vie sociale, exemple aux États-Unis l’enrichissement personnel avec des moyens différents selon les individus.

Il est à l'origine de la notion de dysfonction sociale, lorsque les conséquences d’un fait social empêchent le système de s’adapter et risquent de rendre difficile ou impossible son maintien. Par exemple la criminalité urbaine entraine des conséquences dysfonctionnelles (insécurité, dégradation etc.). Fonction manifeste: volontaire, voulu, comprises. Il y a des conséquences objectives qui contribuent à son ajustement ou son adaptation. Fonction latente: involontaire, pas compris, ni voulu. Les conséquences sont du même ordre que la fonction manifeste mais ils sont involontaire et inconsciente. Les avantages de faire cette distinction sont que sa éclaire l'analyse de pratiques qui paraissent irrationnelles, elle oriente la recherche vers des domaines théoriquement féconds, elle contribue au développement des connaissances empiriques. De plus,elle permet d'aller plus loins que les jugements moraux. L'analyse fonctionnaliste qu'il utilise se fait en 5 étapes. Description spécifique de ce qui est étudié, il indique les type d'alternative, il évalu la signification de l'activité déviante, il cerne les motifs de conformisme ou de déviance et il décrit les modèles non reconnu.

Distinctions et honneurs[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

  • Realino Marra, Merton e la teoria dell’anomia, in «Dei Delitti e delle Pene», V-2, 1987, pp. 207-21.
  • Charles Crothers, Robert K. Merton, Ellis Horwood, Chichester, 1987.
  • Jon Clark, ed, Robert K. Merton : consensus and controversy, The Falmer Press, London, 1990.
  • Renate Breithecker-Amend, Wissenschaftsentwicklung und Erkenntnisfortschritt : zum Erklärungspotential der Wissenschaftssoziologie von Robert K. Merton, Michael Polanyi und Derek de Solla Price, Waxmann, Münster, 1992.
  • Markus Schnepper, Robert K. Mertons Theorie der self-fulfilling prophecy : Adaption eines soziologischen Klassikers, Lang, Frankfurt, 2004.
  • Gönke Christin Jacobsen, Sozialstruktur und Gender : Analyse geschlechts-spezifischer Kriminalität mit der Anomietheorie Mertons, VS Verlag, Wiesbaden, 2007.
  • Craig J. Calhoun, ed, Robert K. Merton : sociology of science and sociology as science, Columbia University Press, New York, 2010.
  • Arnaud Saint-Martin, La sociologie de Robert K. Merton, La Découverte, coll. "Repères", Paris, 2013.
  • Piotr Sztompka, Robert K. Merton: an intellectuel profile, Macmillan Education, London, 1986.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. name="Robert K. Merton">(en) « Robert K. Merton »
  2. Dominique Vinck, L'ethos de la science, Sciences et Avenir, octobre/novembre 2005, page 17.
  3. Éléments de théorie et de méthode sociologique, Plon, 2e éd., 1965, p. 47-51et note p. 429-430.
  4. (pl) Doktorzy honoris causa, sur le site de l'université jagellonne de Cracovie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]