Robert King Merton

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Robert King Merton

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Robert K. Merton (1965)

Naissance 4 juillet 1910
Philadelphie
Décès 23 février 2003 (à 92 ans)
New York

Robert King Merton, sociologue américain né à Philadelphie en Pennsylvanie le 4 juillet 1910 et mort à New York le 23 février 2003. En 1994, il a reçu la National Medal of Science pour ses contribution et fondation de la sociologie de la science[1]. Il a développé des concepts notables tels les "conséquences inattendues", "role model", "prophéties auto-réalisatrices", et a contribué à la consolidation de théories de "moyenne portée" (groupes de référence). Il est généralement présenté comme le fondateur de la sociologie de la science. Il a introduit le concept de sérendipité en sociologie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étudiant à Harvard, Robert King Merton a été l'élève de Pitirim Sorokin et de Talcott Parsons. Il est le fondateur de la sociologie des sciences. Il se situe juste avant les interactionnistes, et il est tenant d'un fonctionnalisme dit de « moyenne portée ». Il est le père de l'économiste Robert Merton « Prix Nobel » en 1997.

Les prophéties auto-réalisatrices[modifier | modifier le code]

Reprenant l'idée du sociologue William I. Thomas, Robert K. Merton décrit le mécanisme de prophétie auto-réalisatrice (self-fulfilling-prophecy) en ces termes : « La prophétie auto-réalisatrice est une définition d'abord fausse d'une situation, mais cette définition erronée suscite un nouveau comportement, qui la rend vraie ». Exemple : Les actionnaires imaginent que le marché va s'écrouler et cela provoque un crack boursier. Il souligne également des phénomènes inverses : lorsque la prédiction d'un évènement empêche celui-ci de se réaliser. Exemple : La crainte d'un embouteillage peut amener à différer son départ et rendre le trafic plus fluide.

La construction typologique[modifier | modifier le code]

Dans Éléments de théorie et de méthode sociologique, un recueil d'articles, R.K. Merton établie une typologie d'adaptation individuelle à la société :

Le conformisme (l'individu se soumet aux attentes du groupe),

l'innovation (l'individu accepte les valeurs du groupe mais n'a pas fait siennes les normes sociales et procédures habituelles),

le ritualisme (l'individu reste figé dans un mode de comportement donné),

l'évasion (l'individu vit en marge de la société), la rébellion (l'individu conteste et combat les normes sociales).

La rebellion (l'individu rejette les buts et les moyens culturellement valorisés par une société donnée mais pour en suggérer voir en imposer d'autre.)

Ces modes d'adaptation peuvent représenter des styles de vie de certains groupes sociaux.

Normes et valeurs scientifiques[modifier | modifier le code]

En 1942, il publie un article The normative Structure of Science dans The sociology of science (Chicago University Press), fondateur d'une tradition d'analyse des normes et valeurs qui régissent le comportement social des scientifiques[2]. Il distingue deux types de normes interdépendantes qui régissent les comportements scientifiques : les normes méthodologiques relatives aux techniques et les normes éthiques. Ces dernières sont au nombre de quatre : l'universalisme, le communalisme, le désintéressement et le scepticisme organisé.

La sérendipité[modifier | modifier le code]

Robert Merton s'est toujours intéressé au concept de sérendipité.
Il en pose en 1945 la définition suivante  : La découverte par chance ou sagacité de résultats pertinents que l'on ne cherchait pas. Elle se rapporte au fait assez courant d'observer une donnée inattendue, aberrante et capitale (strategic) qui donne l'occasion de développer une nouvelle théorie ou d'étendre une théorie existante[3].
Il l'a répète trois fois en 1949 dans  : Social Theory et Social Structure : « Le processus par lequel une découverte inattendue et aberrante éveille la curiosité d'un chercheur et le conduit à un raccourci imprévu qui mène à une nouvelle hypothèse.
2004: The Travels and Adventures of Serendipity: A Study in Sociological Semantics and the Sociology of Science

Déviance et criminalité[modifier | modifier le code]

Voir : Déviance et criminalité

Merton part de l'observation que les individus dans une société agissent en fonction d’objectifs et grâce à des moyens. Le sociologue prend l'exemple, dans les années 1950 aux États-Unis, d’individus ayant pour objectif de s’enrichir mais qui, ne possédant pas les moyens de le faire (manque d'argent, d'éducation, etc). vont utiliser des moyens illégaux pour s'enrichir.

La représentation structuro-fonctionnelle de Merton de la déviance et l'anomie.

Merton les appelle innovateurs même si ceux-ci sont considérés comme des criminels. En les valorisant, il déplace le problème de la criminalité. L’origine du problème se trouve dans la vie sociale, comme le prouverait l'exemple, aux États-Unis, de l’enrichissement personnel avec des moyens différents selon les individus.

Le sociologue est à l'origine de la notion de dysfonction sociale : lorsque les conséquences d’un fait social empêchent le système de s’adapter et risquent de rendre difficile ou impossible son maintien.( Par exemple la criminalité urbaine entraîne des conséquences dysfonctionnelles comme l'insécurité, les dégradations, etc.).

On distinguerait donc fonction manifeste et fonction latente :

  • Fonction manifeste: volontaire, voulue, comprise. Il y a des conséquences objectives qui contribuent à son ajustement ou son adaptation.
  • Fonction latente: involontaire, pas comprise, ni voulue. Les conséquences sont du même ordre que la fonction manifeste mais elles sont involontaires et inconscientes.

A travers cette distinction, figure une tentative d'analyse de pratiques qui paraissent socialement irrationnelles en allant plus loin que les jugements moraux. L'analyse fonctionnaliste que Merton utilise se fait en cinq étapes : description spécifique de ce qui est étudié, indication des types d'alternative, évaluation de la signification de l'activité déviante, identification des motifs de conformisme ou de déviance et description des modèles non reconnus.

Distinctions et honneurs[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

  • Realino Marra, Merton e la teoria dell’anomia, in «Dei Delitti e delle Pene», V-2, 1987, pp. 207-21.
  • Charles Crothers, Robert K. Merton, Ellis Horwood, Chichester, 1987.
  • Jon Clark, ed, Robert K. Merton : consensus and controversy, The Falmer Press, London, 1990.
  • Renate Breithecker-Amend, Wissenschaftsentwicklung und Erkenntnisfortschritt : zum Erklärungspotential der Wissenschaftssoziologie von Robert K. Merton, Michael Polanyi und Derek de Solla Price, Waxmann, Münster, 1992.
  • Markus Schnepper, Robert K. Mertons Theorie der self-fulfilling prophecy : Adaption eines soziologischen Klassikers, Lang, Frankfurt, 2004.
  • Gönke Christin Jacobsen, Sozialstruktur und Gender : Analyse geschlechts-spezifischer Kriminalität mit der Anomietheorie Mertons, VS Verlag, Wiesbaden, 2007.
  • Craig J. Calhoun, ed, Robert K. Merton : sociology of science and sociology as science, Columbia University Press, New York, 2010.
  • Arnaud Saint-Martin, La sociologie de Robert K. Merton, La Découverte, coll. "Repères", Paris, 2013.
  • Piotr Sztompka, Robert K. Merton: an intellectuel profile, Macmillan Education, London, 1986.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. name="Robert K. Merton">(en) « Robert K. Merton »
  2. Dominique Vinck, L'ethos de la science, Sciences et Avenir, octobre/novembre 2005, page 17.
  3. Éléments de théorie et de méthode sociologique, Plon, 2e éd., 1965, p. 47-51et note p. 429-430.
  4. (pl) Doktorzy honoris causa, sur le site de l'université jagellonne de Cracovie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]