Efficacité

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L'efficacité qualifie la capacité d'une personne, d'un groupe ou d'un système de parvenir à ses fins, à ses objectifs (ou à ceux qu'on lui a fixés).

Être efficace revient à produire à l'échéance prévue les résultats escomptés et réaliser des objectifs fixés.

Objectifs qui peuvent être définis en termes de quantité, de qualité, de rapidité, de coûts, de rentabilité, etc.

La notion d'efficacité est largement utilisée dans les activités économiques et de gestion.

Mais pas seulement : elle est employée dans les domaines scientifiques : chimie, catalyse, biochimie, biologie, mécanique, thermodynamique, etc.

L'efficacité ne doit pas être confondue avec l'efficience qui caractérise la capacité à atteindre des objectifs au prix d'une consommation optimale de ressources (personnel, matériel, finances).

Interaction de l'efficacité avec d'autres notions[modifier | modifier le code]

L'efficacité ne peut être appréciée comme une valeur isolée et absolue.

  • En gestion de projet, l'obtention d'un résultat dépend de la combinaison entre 3 paramètres :
La charge : qui caractérise l'importance, la dimension du résultat à atteindre, et par conséquent le volume d'effort à produire.
Exemple : La peinture d'une porte peut être définie comme une peinture en une, deux ou trois couches à appliquer.
La ressource affectée : qui caractérise l'importance des moyens mobilisés pour effectuer la charge.
Exemple : Une charge peut être réalisée par une personne seule ou un groupe de personnes.
La durée : qui caractérise le temps alloué aux ressources pour remplir la charge.
Exemple : La charge peut avoir une durée allouée très courte (contrainte délai forte) ou longue (on a le temps de voir venir...)
On s'aperçoit donc qu'il existe une étroite corrélation entre ces paramètres : par exemple, diminuer la charge (réduire le nombre des couches exigées) ou augmenter les ressources (affecter 2 peintres au lieu d'un) aura pour effet de réduire la durée de réalisation de la charge.
  • En évaluation, l'efficacité est un mode de jugement parmi d'autres, qui consiste à vérifier si les objectifs attendus ont été atteints. Il existe d'autres critères qui permettent de compléter l'évaluation, tels que la pertinence, l'efficience, la cohérence et l'utilité

Causes et effets de l'efficacité[modifier | modifier le code]

L'efficacité a fait l'objet de nombreuses interrogations :

  • Quel est l'impact des processus gérant,motivant ou générant l'efficacité selon les contextes ? (par ex : contextes fortement imprégnés par les idées de productivité et de compétitivité).
Au XXe siècle, taylorisme, marchandisation et financiarisation ont poussé à la recherche systématique de l'efficacité.
  • Depuis toujours le philosophe, le sociologue, le psychologue, l'éducateur, le moraliste s'interrogent sur le sens et la valeur qu'une société et les individus attribuent à l'efficacité.
  • Quels liens relient l'esprit d'efficacité à celui d'innovation ? Hors des méthodes de travail acquises ou apprises, pourquoi certaines personnes, groupes, systèmes ou organisations (y compris auto-organisations) sont-elles plus efficaces dans l'accomplissement d'une activité (connue ou nouvelle) ?
  • En quoi la compréhension précise d'une tâche (ce qu'on veut, peut ou doit faire) est-il un facteur majeur d'efficacité ?
Une tâche simple ou bien apprise peut être accomplie presque de manière réflexe.
Une tâche ou objectif plus complexes ne peuvent être appréhendés et appropriés aussi naturellement par le cerveau .
Les théories de la participation, de l'empowerment s'efforcent de réfléchir cette question.
  • Dans une perspective éthique et humaniste, l'efficacité peut conduire, au niveau personnel ou professionnel, à mettre en perspective la notion d'efficacité et de performance pour intégrer le respect de ses objectifs, des autres, de soi et de l'environnement passé, présent et à venir.

Efficacité : Facteur de progrès et/ou de stress[modifier | modifier le code]

Dans le monde du travail et de l'économie mondialisée basée sur la consommation de biens et de ressources, la recherche d'augmentation de l'efficacité visant le gain de productivité est au-delà d'une certain seuil, facteur de stress, d'accident, voire de suicide. Le travailleur se trouve de plus en plus victime d'une situation de paradoxes et double contrainte, devant contradictoirement être autonome et solidaire, expert dans son domaine et polyvalent, rentable et peu coûteux, moins polluant, moins consommateur d'énergie et de plus en plus mobile et productif.
Le stress peut être renforcé et les conditions de travail dégradées quand l'efficacité et la qualité, que la comptabilité analytique ne sait pas analyser ni mesurer, deviennent des critères de salaire ou d'avancement.

La performance d'un système ou d'un groupe ne dépend pas que de la productivité des individus et de l'intensité énergétique d'un travail. Des logiques de créativité et de travail collaboratif peuvent s'opposer à la division taylorienne et pyramidale du travail et à la logique d'un service rendu à moindre coût (sans prise en compte ni internalisation des coûts externes). Le sociologue Pierre Velts estime que la période post-industrielle déplace l'efficacité « de l'individu au collectif »[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Velts, « Le nouveau monde industriel », Ed. Gallimard, 271 pages

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]