Rose Valland
|
|
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (décembre 2011).
Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». (Modifier l'article)
|
Rose Valland
| Naissance | 1er novembre 1898 Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs |
|---|---|
| Décès | 18 septembre 1980 Ris-Orangis |
| Nationalité | Français |
| Profession | Conservatrice des Musées nationaux |
| Activité principale | Historienne d'art |
| Autres activités | Résistante |
| Distinctions | Chevalier de la Légion d'honneur en 1946 Médaille de la Résistance en 1946 Médaille de la Liberté en 1948 Officier de l’Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne en 1972 |
Rosa Antonia Valland, dite Rose Valland, née le 1er novembre 1898 à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs et morte le 18 septembre 1980 à Ris-Orangis, est une historienne d'art, une résistante et une capitaine de l'armée française. Pendant et après la Seconde Guerre mondiale, elle a participé au sauvetage et à la récupération d'œuvres d'art volées par les nazis.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Jeunesse et formation [modifier]
Rose Valland, de son vrai nom Rosa Antonia Valland, est née le 1er novembre 1898 à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, en Isère, bourg de 2 000 habitants de la plaine de la Bièvre près de Grenoble. Elle est la fille unique de François Valland, charron et maréchal-ferrant, et de Rosa Maria Viardin.
En 1914, elle intègre l'école normale d'institutrices de Grenoble dont elle sort en 1918. Douée en dessin et encouragée par ses enseignants, elle part suivre les enseignements de l'École nationale des beaux-arts de Lyon où elle se fera remarquer, obtenant de nombreux prix. Elle en sort en 1922 pour être admise la même année à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Elle réussit ensuite le concours du professorat à l’enseignement du dessin, 6e sur plus de 300 candidats. Elle suit parallèlement l’École du Louvre et passe en 1931 une thèse sur l'évolution du mouvement de l'art italien jusqu'à Giotto.
Après sa rencontre avec le professeur Gabriel Millet, elle se consacre entièrement à l'histoire de l'art. Elle suit les cours à l'école des hautes études d’archéologie chrétienne et byzantine où elle passe une thèse sur les fresques du XIIe siècle de la crypte d’Apullée en Vénétie, suit des cours au Collège de France et à l'Institut d’art et d’archéologie de l’université de Paris où elle obtient les trois certificats d’études supérieures d’histoire de l'art moderne, d’archéologie médiévale, et d'archéologie grecque, qui constituent le diplôme d’art qui combiné avec sa thèse du Louvre lui donne une licence spéciale d’histoire de l’art et d’archéologie. Elle voyage en Italie et probablement en Allemagne dont elle parle la langue sans jamais l'avoir étudiée durant sa scolarité.
En 1932, elle devient « attachée bénévole » au musée des peintures et sculptures étrangères de la Galerie nationale du Jeu de Paume aux Tuileries. Elle s'y occupe du catalogue des collections du musée, puis travaille à la réalisation d’une quinzaine d’expositions internationales et à leur catalogue. Elle écrit également de nombreux articles dans des revues d’art et des journaux. Elle ne sera pourtant titularisée, et salariée, qu'en 1941.
L'Occupation allemande [modifier]
À la déclaration de guerre elle devient conservatrice du musée du Jeu de Paume, sans doute protégée par le directeur des Musées nationaux, Jacques Jaujard. Pendant l'Occupation, les Allemands, sous l'administration du « personnel spécial pour l'art pictural » (Sonderstab Bildende Kunst) de l'Institut du Reichsleiter Rosenberg pour les territoires occupés (Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg für die Besetzen Gebiete, ou ERR), commencent à travers la France un pillage systématique des œuvres des musées et des collections privées, principalement celles appartenant à des Juifs déportés ou ayant fui. Ils utilisent le musée du Jeu de Paume comme dépôt central (avec six salles du département des antiquités orientales du musée du Louvre) avant d'orienter les œuvres vers différents lieux et différentes hautes personnalités en Allemagne. Pendant le pillage nazi, Rose Valland enregistre en secret autant d'œuvres que possible parmi celles qui transitent par le musée du jeu de Paume.
Pendant quatre ans, elle garde la trace de ces mouvements, de la provenance, de la destination et du destinataire (généralement un dignitaire nazi) des œuvres, etc. Pour remplir ses centaines de fiches de manière scrupuleuse, elle déchiffre les papiers carbone allemands dans les poubelles du musée et écoute les conversations des officiels nazis. Elle fournit également des informations à la Résistance sur les trains qui transportent les œuvres, afin que ces convois soient épargnés par les résistants.
Le musée du jeu de Paume est visité par de hauts dignitaires nazis, et Rose Valland est présente quand le Reichsmarschall Hermann Göring vient le 3 mai 1941 sélectionner personnellement certains des tableaux volés pour alimenter sa propre collection. Dès l'automne 1944, elle informe les Américains afin d'éviter le bombardement des sites de stockage supposé des œuvres volées en Allemagne et faciliter leur récupération. Le lieutenant James Rorimer, l'une des personnes chargée du sauvetage du patrimoine artistique européen, témoignera du travail de Rose Valland dans son livre Survival, en 1950.
L'après-guerre et la récupération des œuvres [modifier]
À la suite de la libération de Paris par les troupes alliées, Rose Valland travaille en tant que membre de la Commission de récupération artistique. Elle part dans la zone française d'occupation en Allemagne, devenant officier Beaux-arts dans la 1re armée française. En 1947, elle est nommée au poste central de la récupération artistique en Allemagne et se rend alors dans toutes les zones d'occupation, y compris la zone soviétique. Elle témoigne au procès des dirigeants nazis à Nuremberg. Elle participe à la récupération des œuvres volées mais aussi aide à la reconstruction des musées allemands.
À son retour en France en 1953, elle devient chef du service de protection des œuvres d'art puis est nommée en 1955 conservatrice des Musées nationaux, consécration de sa carrière. En 1961, elle publie ses expériences sous l'Occupation dans le livre Le Front de l'art (réédité en 1997). Le film Le Train de John Frankenheimer (1964) est basé sur ce livre (le personnage de Mme Villard, inspiré de Rose Valland, y est interprété par Suzanne Flon).
Rose Valland prend sa retraite en 1968, mais continue à travailler sur la restitution des œuvres pour les Archives françaises. Elle reçoit pour son travail de nombreuses décorations françaises et étrangères. Du gouvernement français, elle reçoit la Légion d'honneur, est faite commandeur des Arts et des Lettres, et distinguée de la Médaille de la Résistance. Les États-Unis lui remettent la Médaille présidentielle de la liberté. Elle est faite en 1951 officier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne.
Décès [modifier]
Rose Valland meurt en 1980 à l'âge de 82 ans dans une relative solitude à Ris-Orangis, en banlieue parisienne. Elle est enterrée dans son village natal de Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, où un collège porte son nom. Le 25 avril 2005, le ministre français de la culture Renaud Donnedieu de Vabres dévoile une plaque commémorative à son nom sur la façade du Jeu de paume au jardin des Tuileries.
Sources [modifier]
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Rose Valland » (voir la liste des auteurs)
- Association "La Mémoire de Rose Valland"
- Site Musea, université d'Angers
Bibliographie [modifier]
- Le Front de l'art 1939-1945 de Rose Valland, éditions Plon 1961 (réédition Réunion des musées nationaux, 1997)
- Rose Valland, la Résistance au musée de Corinne Bouchoux, Geste éditions, 2006.
- Rose Valland Capitaine Beaux-Arts, bande dessinée de Catel Muller (dite Catel), Emmanuelle Polack et Claire Bouilhac, Editions Dupuis, 2009
- La Mémoire spoliée, les archives des Français, butin de guerre nazi puis soviétique de Sophie Coeuré, éditions Payot 2007
- L'exode des musées, histoire des œuvres d'art sous l'occupation de Michel Rayssac, éditions Payot 2007.
- Le Pillage des œuvres d'art en Europe de Lynn H Nicholas
- Survival de James Rorimer, Abelard Press, 1950
- Monuments men...Rose Valland et le commando d'experts à la recherche du plus grand trésor nazi, Robert M. Edsel et Bret Witter, éditions JC Lattès pour la trad. française, 2010
- Didier Eribon (dir.), Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes, Larousse, 2003 (ISBN 978-2035051646)
Liens externes [modifier]
- Association "La mémoire de Rose Valland"
- Rose Valland sur le site Musea, université d'Angers
- Dossier Rose Valland sur Isère Magazine, novembre 2005
- Discours de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication lors de l'hommage à Rose Valland, avril 2005
- Exposition " la Dame du Jeu de Paume " au CHRD de Lyon, 2009 / 2010
- Historien de l'art
- Élève de l'École du Louvre
- Élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts
- Femme dans la Résistance
- Titulaire de la médaille de la Résistance
- Officier de la Légion d'honneur
- Officier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne
- Commandeur des Arts et des Lettres
- Médaille présidentielle de la liberté
- Naissance en 1898
- Naissance dans l'Isère
- Décès en 1980