Geneviève Tabouis

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Geneviève Tabouis, née Geneviève Le Quesne le 23 février 1892 à Paris 8e et morte le 22 septembre 1985 (à 93 ans) à Paris 17e, est une journaliste de renommée internationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeune fille de la bonne bourgeoisie, Geneviève Eugénie Marie-Laure Le Quesne est introduite dans les milieux diplomatiques par son oncle par alliance, Jules Cambon (époux de sa tante maternelle Eugénie Lafosse[1], et par le frère de ce dernier, Paul Cambon, lui aussi diplomate. Elle collabore à La Petite Gironde en 1922, puis au quotidien l’Œuvre de 1930 à 1940.

Réfugiée à Londres en raison de ses prises de position farouchement opposées au nazisme, elle ne rejoint pas la France libre naissante[2] mais part aux États-Unis où elle dirige, du 12 janvier 1942 au 25 août 1945, un périodique francophone à New York, Pour la victoire, publié par les éditions Notre Paris Corp., qui connaît 34 numéros. Elle y devient l'amie et la confidente d'Eleanor Roosevelt.

Rentrée en France, elle fait partie des services de politique étrangère de divers journaux : La France libre (1945-1949), l’Information (1949-1956) et Paris-Jour (à partir de 1959). Pour son esprit critique et par jalousie peut-être, on l'a accusée longtemps d'être un agent soviétique. Il ressort des éléments trouvés dans les archives soviétiques et publiés par son biographe, Denis Maréchal, que Geneviève Tabouis recevait mensuellement 5 000 francs de l'ambassade soviétique dans les années 1930.

Épouse depuis 1916 de Robert Tabouis (qui deviendra PDG de la Compagnie générale de la télégraphie sans fil puis administrateur de Radio Luxembourg), elle se fait connaître de la France entière sur cette antenne par ses chroniques politiques des années 1950 et 1960, les Dernières nouvelles de demain (1949-1967), qu'elle entame invariablement par sa célèbre phrase fétiche « Attendez-vous à savoir… », « J'ai encore appris… » et relaie par des « Et vous saurez… »et concluait ses éditoriaux à Radio Luxembourg d'un : à dimanche prochain, pour les dernières nouvelles de demain. Puis ce furent les Nouvelles exclusives (1964-1966) et l'Inédit du dimanche (1967-1981)... Elle y intervenait encore à l'âge de 88 ans.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Pharaon Tout Ank Amon, sa vie et son temps (avec une préface de Théodore Reinach), Payot, coll. « Bibliothèque historique », Paris, 1928, 311 p.
  • Nabuchodonosor et le triomphe de Babylone (avec une préface de Gabriel Hanotaux), Payot, coll. « Bibliothèque historique », Paris, 1931, 423 p.
  • Salomon, roi d'Israël (avec une préface de Nicolas Politis), Payot, coll. « Bibliothèque historique », Paris, 1934, 476 p.
  • Geneviève Tabouis, Albion perfide ou loyale. De la guerre de Cent ans à nos jours, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique »,‎ 1938, in-8° (notice BnF no FRBNF31426850)
  • Geneviève Tabouis, Chantage à la guerre, Paris, Flammarion,‎ 1938, in-16, 211 p. (notice BnF no FRBNF31426851)
  • Geneviève Tabouis, Jules Cambon : par l'un des siens..., Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique »,‎ 1938, in-8°, 395 p. (notice BnF no FRBNF34203799)
  • Geneviève Tabouis, Ils l'ont appelée Cassandre…, New York, Éd. de la Maison française, coll. « Voix de France »,‎ 1942, in-16, 409 p. (notice BnF no FRBNF31426854)
  • Geneviève Tabouis, Grandeurs et servitudes américaines, souvenirs des U.S.A. 1940-1945, Paris, Éd. Nuit et jour, coll. « Les Documents “Nuit et jour” », in-16, 270 p. (notice BnF no FRBNF31426853)
  • Vingt ans de suspense diplomatique, Albin Michel, Paris, 1958, 411 p.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denis Maréchal, Geneviève Tabouis : les dernières nouvelles de demain (1892-1985), Nouveau monde éd., coll. « Collection Culture-médias. Études de presse », Paris, 2003, 289 p. (ISBN 2-84736-029-8)
  • Jean Lacouture, Les impatients de l'Histoire, Paris, 2009 (ISBN 2246744512)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Valentine Weiss (dir.), Thierry Guilpin (dir.), Stéphane Le Flohic (collaborateur), Emmanuelle Denis (collaboratrice), Marie Le Provos (collaboratrice) et Aurore Lafolie (collaboratrice), Fonds Geneviève Tabouis (1818-1984), 27 AR 1-269 : répertoire numérique détaillé, Paris, Archives nationales,‎ 2010, 105 p. (lire en ligne), p. 3
    « Elle grandit entourée de son frère cadet, Raymond, sa mère, et la famille de sa tante Eugénie Lafosse, épouse de l'ambassadeur Jules Cambon. (...) Outre cette éducation classique, Geneviève Le Quesne est profondément marquée par les étroites relations qu'elle entretient avec son oncle Jules Cambon et le frère de celui-ci, Paul. Tous deux ambassadeurs, ils forment très tôt la jeune Geneviève à la politique internationale. »
  2. La France libre de Jean-Louis Cremieux-Brilhac
  3. Archives nationales