Abbaye de Gembloux

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Ancienne abbaye de Gembloux
Image illustrative de l'article Abbaye de Gembloux
Ancienne abbaye de Gembloux, aujourd'hui occupée par la Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux
Présentation
Culte Catholicisme
Type Abbaye
Rattachement Ordre de Saint-Benoît
Début de la construction Xe siècle
Style dominant Architecture néo-classique
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1977, no 92142-CLT-0005-01)
Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine exceptionnel (2013, no 92142-PEX-0001-02)
 Patrimoine mondial (1999, 2005, Beffroi)
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Namur Province de Namur
Commune Gembloux
Coordonnées 50° 33′ 44″ N 4° 41′ 42″ E / 50.562286, 4.69488250° 33′ 44″ Nord 4° 41′ 42″ Est / 50.562286, 4.694882  

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Ancienne abbaye de Gembloux

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Ancienne abbaye de Gembloux

L'abbaye Saint-Pierre de Gembloux fut fondée en 936 par Saint Guibert de Gembloux (882-962).

Fondation[modifier | modifier le code]

Selon les textes disponibles, c'est Saint Guibert, originaire de Lorraine et lassé de sa carrière militaire qui s'installa comme ermite dans un domaine familial, à Gembloux (alors connu comme Gemblours) à une quinzaine de kilomètres au nord de Namur.

Comme des disciples venaient à lui il décida de construire un monastère. Il fit un séjour à l'abbaye bénédictine de Gorze en Lorraine d’où il ramena le moine Erluin comme premier supérieur pour son monastère. Il y introduisit la Règle de saint Benoît.

Otton Ier de Germanie lui octroya dès le début une grande autonomie (droit de monnaie et de marché)[1].

En 1099, une grande cérémonie est tenue pour élever Guibert, fondateur du monastère de Gembloux, mort 137 ans plus tôt, au rang de saint fondateur de l’abbaye. Avec l’autorisation de l’archevêque de Cologne, ses restes sont extraits de son tombeau puis portés dans un champ voisin pour être montrés au peuple. Les reliques sont ensuite déposées dans une châsse et placées à l’intérieur de l’église de Gembloux[2].

Développement et histoire du monastère[modifier | modifier le code]

Le monastère se développa et devint rapidement prospère, ce qui attira des convoitises (entre autres du Comte de Namur). Guibert qui s'était retiré à Gorze dut revenir plusieurs fois pour protéger sa fondation.

Dès le siècle suivant, le monastère eut un grand rayonnement intellectuel. Son école claustrale formait d’excellents copistes et savants et sa bibliothèque était réputée être l'une des meilleures d'Europe. Sigebert de Gembloux (1030-1112), un des meilleurs chroniqueurs et historiens de son époque prit part aux controverses du temps.
Il a aussi écrit une Gesta abbatum Gemblacensium (1071) qui décrit la gestion de l'abbaye par ses premiers abbés, travail qui sera poursuivi par d'autres après sa mort (jusqu'en 1136).

Au siècle suivant, la situation s’était détériorée. Guibert-Martin de Gembloux (1124-1213) ancien élève de l’école monastique, et moine-écrivain attaché à son monastère nous en est témoin. En 1156, un incendie détruisit complètement la ville de Gembloux, le monastère et sa bibliothèque. La communauté fut dispersée mais certains (dont Guibert) restèrent sur place. Plus tard, un relâchement de la discipline monastique et des divisions internes le forcèrent à quitter Gembloux pour Marmoutier (Tours).

À peine reconstruit, le monastère subit un nouvel incendie, en 1185. Guibert fut élu abbé en 1194. Pendant 10 ans il travailla à la restauration spirituelle et matérielle de l’abbaye, sans obtenir le succès espéré. Il renonça à sa charge en 1204 et s’exila au monastère de Florennes. Le monastère traversa les vicissitudes des âges et des révolutions. Il fut plusieurs fois reconstruit. La communauté monastique fut emportée dans la tourmente de la Révolution française.

Le bâtiment (le palais abbatial) qu’occupe aujourd’hui la Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux date du XVIIIe siècle, et a été construit sur des plans de l'architecte Laurent-Benoît Dewez, entre 1762 et 1779.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Texte et traduction de cette charte mis en ligne par le Corpus Etampois.
  2. Michel Lauwers. La mémoire des ancêtres, le souci des morts. Morts, rites et société au Moyen Âge. Paris Beauchesne, 1997. p. 255.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ursmer Berlière, Monasticon belge, vol.1, p. 15-26.
  • Ursmer Berlière, L'abbaye de Gembloux, dans Revue Bénédictine, vol.4, 19887, p. 303-307.
  • Bernard Gineste, «Otton Ier: Confirmation de donations faites à l’abbaye de Gembloux (20 septembre 946)», in Corpus Étampois, 2008.

Articles connexes[modifier | modifier le code]