Motomarine

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Pilote et sa motomarine (à selle)

Une motomarine, aussi nommée scooter des mers et moto aquatique, est un petit véhicule de loisir nautique que l'on chevauche et qui est propulsé par un hydrojet, lui-même actionné par un moteur à combustion. On compte deux types de ce véhicule : la motomarine à bras où l'utilisateur se tient debout et contrôle l'appareil avec un bras mobile verticalement muni de poignées de contrôle et la motomarine à selle qui comporte un siège et des guidons similaires à ceux d'une motoneige ou d'une motocyclette. Dans ce second cas, le véhicule est en général pour un conducteur et un ou deux passagers.

Conçue par un avocat américain amateur de motocyclettes, Clayton Jacobson II, elle fut popularisée dans les années 1970 par la compagnie Kawasaki. D'autres constructeurs se joignirent au mouvement dans les années 1980 et la production mondiale depuis 2002 se maintient à près de 80 000 unités par année[1]. Ce véhicule de plaisance peut servir également pour le sauvetage près des plages, la surveillance maritime, l'accès à des sites biologiques en mer et bien d'autres usages. Plusieurs compétitions de motomarines sont organisées en Europe, en Amérique et en Australie, souvent commanditées par les compagnies productrices. Comme tout autre véhicule à moteur, elle a certains inconvénients (bruit et pollution) et les autorités de plusieurs pays règlementent donc son usage pour les minimiser.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Un motomariniste prenant un virage

Le terme « Jet Ski », nom d'un véhicule commercialisé par Kawasaki, visait à désigner ce que l'on appelle aujourd'hui une « motomarine à bras » (« stand-up ski »). « Jet Ski » est devenu avec le temps un terme quasi-générique pour désigner aussi bien les motomarines « à selle » que les motomarines « à bras » par un certain nombre d'utilisateurs. D'autres manufacturiers ont également produit des engins similaires sous les marques Sea Doo (Bombardier), Wave Runner (Yamaha).

Une marque de commerce particulière ne devant pas être utilisée comme nom commun d'un objet, des substantifs plus francophones ont été suggérés. En Europe, l'emploi des termes « scooter des mers » ou « scooter de mer » a une certaine diffusion. Depuis 2000, on remarque également l'usage du terme « moto aquatique ». Le terme administratif officiel, mais non d'usage, pour la France est V.N.M. (Véhicule nautique à moteur[2]). On n'a donc pas un consensus d'utilisation en Europe.

Le terme « motomarine » a été recommandé officiellement au Québec par l’Office québécois de la langue française. Il s'y est rapidement imposé car les termes européens n'y sont pas employés. La personne qui pratique la motomarine est appelée « motomariniste » (n.m., n. f.) ou parfois « motomarinier » (n.m.) et « motomarinière » (n.f.)[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Invention[modifier | modifier le code]

Amanda Water Scooter de 1955, précurseur de la motomarine

Il est difficile de dire quand la première embarcation ressemblant à une motomarine, et non à une chaloupe, a été produite. En 1955, la Vincent Motorcycle Company proposait déjà son Amanda Water Scooter, une embarcation munie d'un siège et d'un guidon. Elle était propulsée par un moteur de 200 cm³ relié à une hélice, plutôt qu’à un hydrojet[4]. Cependant, l’invention officielle de la motomarine est communément attribuée à Clayton Jacobson II, un avocat américain et avide amateur de motocyclettes, qui rêvait de créer une machine pour faire du ski nautique sans avoir l'obligation d'être tiré par un bateau[5],[6].

Ses premières versions était construites d'aluminium et le guidon mobile n'existait pas[7]. En 1967, il fut engagé par le constructeur de motoneiges Bombardier pour qui il créa en 1968 une motomarine assise, le Sea-Doo. Cette motomarine avait une quille ronde et de petite largeur par rapport à sa longueur, lui donnant l'aspect d'une tortue quand la quille était renversée dans l'eau. Avec un moteur de seulement 18 ch, sa quille peu performante et certains problèmes de fiabilité mécanique, les ventes ne décollèrent pas. Bombardier abandonna le projet en 1970 pour se concentrer sur son marché principal, les motoneiges, et rendit les droits de l'invention à Jacobson[5].

Jacobson fut alors approché par Kawasaki Heavy Industries (KHI). Il vendit les droits d'usage de son brevet à la compagnie et y développa le JetSki en 1973, la première motomarine de type « à bras »[7]. La première série de JetSki mesurait 2,08 par 0,61 mètres, pesait 100 kilogrammes et elle était propulsées par un moteur de 398 cm³. La coque en fibre de verre était disponible en deux versions: le modèle WS-AA dont le fond était plat et le modèle WS-AB, plus agressif, avec un fond en V. Environ 550 unités furent fabriquées la première année dont les deux tiers étaient du modèle WS-AB. Ces véhicules se vendaient 995 dollars US.

Après ce premier succès, Kawasaki et Jacobson entrèrent en dispute sur la parenté de l'invention : la compagnie argumentait qu'elle n'avait pas eu besoin de son brevet pour développer le véhicule. À la suite d'un procès en 1979, Jacobson fut reconnu l'inventeur[8]. En 1989 il intenta une autre action en cours contre Kawasaki et deux de ses filiales aux États-Unis. Il alléguait alors que la compagnie avait obtenu un brevet pour le Jet Ski au Japon en nommant deux de ses employés comme les inventeurs. Il gagna contre la compagnie mère en juillet 1991 et obtint du jury 7,5 millions de dollars pour dommages, plus 13,5 millions en compensations punitives. Cependant en appel, un juge ordonna un nouveau procès[8]. Finalement, en août 1992, les deux parties en arrivèrent à une entente hors-cour dont le montant ne fut pas publié mais qui reconnaissait Jacobson comme l'inventeur une fois pour toutes[9].

Apparition sur le marché[modifier | modifier le code]

Bien que certains constructeurs d'embarcations aient mis sur le marché des motomarines utilisant des moteurs hors-bord, comme l’Aquarail un modèle vendu en « kit » en 1972[10]; Kawasaki demeura le seul producteur de motomarines, telles que nous les connaissons maintenant, jusqu'en 1986 alors que Jacobson a vendu un droit d'utilisation de son invention à Yamaha[8]. Devant le succès obtenu par le Jet Ski, Bombardier décida également de reprendre la production du Sea-Doo en 1988[6].

En 1992, c'est au tour d'un autre constructeur de motoneiges, la firme américaine Polaris, de se lancer dans ce nouveau marché et remporte un franc succès auprès de la clientèle des États-Unis[11]. En 1993, Arctic Cat de Thief River Falls dans le Minnesota emboîte le pas avec les jets Tigershark, motorisés par la firme Suzuki[11]. En 2010, trois constructeurs se partagent l'essentiel du marché : Bombardier, Kawasaki et Yamaha. Les ventes mondiales ont connu une constante progression jusqu'en 1995 alors qu'on a atteint un maximum de 200 000 unités vendues annuellement, la plus grande part étant destinée à l'Amérique du Nord.

Par la suite, la production a décliné pour se stabiliser autour de 79 500 depuis 2002[1]. En 2004, selon l'Association des constructeurs de motomarines la valeur totale des ventes se situait à 733 454 700 dollars américains, le prix d'une motomarine était de 9 226 dollars américains[1]. On comptait environ 1,5 million de ces véhicules en circulation aux États-Unis seulement[1]. Depuis le milieu des années 1990, ce sont les motos avec sièges qui constituent la presque totalité des ventes aux États-Unis, les modèles pour trois passagers formant la catégorie la plus en progression[1].

Sport[modifier | modifier le code]

Le sport associé à la pratique de la motomarine prit réellement son envol au cours des années 1980 avec des modèles de 440 cm³ et 550 cm³, dont la coque était pratiquement identique à celle des premiers modèles de Kawasaki. Les 550 cm³ furent disponibles jusqu'au milieu des années 1990, maintenant remplacés par des modèles plus puissants. La popularité grandissante de ce sport imposa l'apparition de la IJSBA, fédération mondiale dont le nom originale était « International Jet Ski Boating Association » et dont le nom fut changé pour « International Jet Sport Boating Association », le terme JetSki étant une marque de commerce appartenant à Kawasaki. C'est à cette époque que la compétition mondiale fut créée à Lake Havasu en Arizona.

Types[modifier | modifier le code]

Une motomarine « à bras »
Motomarine à selle

Motomarine à bras[modifier | modifier le code]

La motomarine à bras se différencie de celle à selle par le fait qu’elle est démunie de toutes assises. Son pilote doit se tenir debout, les pieds dans une plate-forme spécifique nommée baquet. Son guidon est monté sur un bras articulé qui l’accompagne dans ses mouvements verticaux. La motomarine à bras est aussi appelée « stand-up ».

Les différentes pratiques de motomarine à bras sont :

  • Freeride : Pratique de la motomarine à bras ou à selle dans les vagues dans le but d'exécuter des figures lors des sauts.
  • Freestyle : Pratique de la motomarine à bras sur eau plate dans laquelle le pilote crée lui-même ses vagues en effectuant des aller-retours et se sert de son sillage pour décoller et exécuter des figures similaires à celles du freeride. Cette pratique nécessite une grande puissance à bas régime
  • Vitesse : Course de vitesse exécutée dans un circuit de bouées qui est comparable à une course de MotoGP.

Motomarine à selle[modifier | modifier le code]

La motomarine à selle, également appelé « scooter des mers » (Europe), est d’un gabarit bien supérieur à la motomarine à bras, elle est munie d’une assise, d’où sa dénomination de motomarine à selle. Elles ont été conçu à l'origine pour transporter deux personnes, mais on en retrouve maintenant de trois et même quatre sièges. Ce type de motomarine est aussi appelé « Run » en référence au terme « Wave runner » de Yamaha.

Détails techniques[modifier | modifier le code]

Diagramme en coupe d'un hydrojet
Hydrojet sur un bateau de police

Les motomarines sont équipées de moteurs qui actionnent une turbine de type hydrojet, ingérant de l’eau à l’avant, la concentrant par turbinage et l’expulsant à la base arrière du véhicule[1]. Ce jet orientable par le guidon génère le déplacement et permet le changement de direction. On n’a donc aucune hélice visible, ce qui réduit le danger d’accident. Pour un contrôle de direction supplémentaire à basse vitesse, de petites ailettes de gouvernail équipent généralement les modèles à selle[1].

Originalement équipé de moteurs deux-temps à carburateur, les motomarines sont maintenant majoritairement munis de moteurs à injection à quatre-temps avec convertisseurs catalytiques[1]. Ceci réduit les gaz polluants et le bruit pour suivre les règlements comme ceux de l’Environmental Protection Agency (EPA) aux États-Unis et ceux encore plus stricts de la Californie[12],[13]. Ces moteurs réduisent en 2008 les émissions de plus de 90 %, par rapport à ceux de 1998, et sont disponibles chez tous les constructeurs depuis 2003[1]. Ils constituent maintenant la majorité des ventes. L’insonorisation des coques, de meilleurs systèmes d’échappement et l’utilisation de matériaux absorbant les vibrations a permis de réduire le bruit des motomarines de 70 % depuis la fin des années 1990[1].

Usages[modifier | modifier le code]

Plaisance[modifier | modifier le code]

Les motomarines sont agiles, faciles à conduire après un formation appropriée et peu coûteuses. Elles sont devenues populaires auprès des plaisanciers pour faire des balades sur les lacs et rivières. Les sorties en mer sont tout à fait possibles mais plus techniques et nécessitant un entretien plus long. Si les jets à bras sont très instables et nécessitent une bonne expérience pour les sorties en mer, les jets assis, notamment les trois places sont de plus en plus stables et utilisables en mer même pour des débutants. Elles sont assez petites pour être amenées sur place grâce à une remorque tirée par une automobile, mais elles peuvent être louées localement. La version à selle est en général assez puissante pour tirer un skieur, pouvant aller de 100ch à 300ch.

Utilitaire[modifier | modifier le code]

Ces mêmes qualités les rendent attrayantes pour divers usages professionnels. Elles peuvent ainsi remplacer les hors-bords ou les autres petits bateaux pour les gardiens de plages, les biologistes qui étudient la vie marine, les policiers chargés de la surveillance des lacs et rivières, ou les entraîneurs de nageurs et de rameurs de compétition.

Le sauvetage en mer est aussi une application de plus en plus commune car les motomarines sont très agiles et rapides et peuvent aller dans des eaux très peu profondes où des bateaux plus classiques ne pourraient pas aller.

La marine peut également les employer pour des missions de commando ou de patrouille rapprochée.

Compétition[modifier | modifier le code]

Comme tout engin mécanique, la motomarine voit se dérouler des compétitions. Il y a des courses de vitesse en circuit fermé autour de bouées, des courses de vitesse en mer (le « Jet Offshore »), des courses d'endurance, et des épreuves de freestyle et de freeride[14]. Il y a eu pendant quelques années des épreuves de slalom parallèle mais elles ont disparu du paysage compétitif à la fin des années 1990.

Il n'y a pas une discipline reine qui éclipserait les autres dans la motomarine: les courses de vitesse au large sont les épreuves qui réunissent le plus de participants (450 pour les championnats du monde de la discipline, régulièrement plus de 200 pour d'autres épreuves du genre[15]) mais les pilotes de freestyle et de freeride sont ceux qui bénéficient globalement de la meilleure reconnaissance tant leur talent et leur prise de risque sur l'eau sont spectaculaires.

Les grands noms qui ont fait l'histoire de la motomarine en tant que sport sont[16] :

  • Jeff Jacobs,
  • David Gordon,
  • Tera Laho,
  • Nicolas Rius,
  • Florence Le Vot[17],
  • Dustin Motzouris,
  • Dustin Farthing,
  • Steven Dauliach,
  • Teddy Pons
  • Christy Carlson,
  • Eric Malone,
  • Francky Zapatta,
  • Chris Mc Clugage,
  • Chris Fischetti,
  • Cyrille Lemoine,
  • Eric Roy,
  • Mark Sickerling,
  • Didier Navarro,
  • Karine Paturel,
  • Jimmy Visser,
  • Pierre Maixent,
  • Scott Watkins,
  • Jeff Kantz,
  • Amy Green,
  • Janelle Barr,
  • Marc Sickerling,
  • Ross Champion,
  • Alessander Lenzi
  • Federico Bufacchi
  • Jean-Pierre Simonini

On compte beaucoup de grands champions, voire quelques-unes des "légendes", de ce sport parmi les Français alors que c'est un sport plutôt marginal dans ce pays. Une prise de conscience environnementale générale, l'augmentation des coûts du carburant et la pression conjointe des lobbys écologistes ont contribué à prendre ce sport dans un effet ciseau depuis le début des années 2000. Il est mal perçu donc moins de commanditaires, moins de couverture médiatique, plus de contraintes et de restrictions, plus coûteux. Le nombre de ses adeptes et compétiteurs a chuté de manière drastique en quelques années.

Réglementation[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Du point de vue de la réglementation française, la motomarine est un « véhicule nautique à moteur » (VNM), utilisable de jour uniquement et à moins de milles marins d'un abri pour les motomarines à selle et mille marin d'un abri pour celles à bras[2]. La bande littorale des 300 m est en principe interdite aux VNM qui ne peuvent approcher la terre qu'en utilisant les chenaux traversiers lorsque la zone est balisée ou bien en ligne droite perpendiculaire à la plage lorsque le zone n'est pas balisée. La vitesse maximale dans la bande des 300 m est de toute façon limitée à 5 nœuds. Pour le piloter, le permis bateau est obligatoire (côtier en mer et fluvial sur les fleuves et lacs). Celui-ci est accessible dès 16 ans. Dans les bases agréées, il est possible de naviguer sans permis lors d'initiations ou de randonnées encadrées par des moniteurs diplômés.

À la suite d'une mauvaise réputation des motomarines, surtout dans le sud de la France, la législation de la bande des 300 m, qui dépend des pouvoirs locaux, est de plus en plus restrictive par rapport à celle des autres embarcations marines. Ainsi, les bateaux à moteur, même très puissants, ont le droit de circuler dans la bande des 300 m à une vitesse de 5 nœuds même en dehors de chenaux traversiers alors que les motomarines ne le peuvent pas. Aussi, dans le parc national des Calanques, près de Marseille, les motomarines sont complètement interdites alors que les bateaux à moteur sont acceptés.

La situation est différente sur la côte atlantique ou bien dans la Manche. En effet, la concentration de motomarines et de plaisanciers étant moindre et les marées rendant l'estimation de la bande de 300 m sans balisage pratiquement impossible, la législation est plus permissive, les motomarines étant le plus souvent des cas traitées comme les autres navires à moteur.

Inconvénients[modifier | modifier le code]

Bruit[modifier | modifier le code]

Selon un mémoire remis au Sénat canadien par M. Charles Komanoff, le 6 mai 2003, lors des audiences sur projet de loi S-10 concernant la motomarine, on peut résumer les doléances des autres utilisateurs des plans d'eau à l'encontre de la motomarine ainsi[18] :

  • les conducteurs de motomarines ont rarement une destination et ne font que passer et repasser, générant du bruit à chaque fois ;
  • contrairement à la plupart des embarcations motorisées, les motomarines quittent constamment l’eau en sautant les vagues. Sans l’effet atténuant de l’eau, l’échappement du moteur est beaucoup plus bruyant (estimation de huit à dix décibels supplémentaires) en sortant de l'eau. En retombant, la moto frappe la surface avec un bruit explosif ;
  • la motomarine est conçue et utilisée pour l’esquive, les virages brusques, la capacité de tourner sur place et, de façon générale, l’utilisation erratique de la manette des gaz. La vitesse du moteur varie donc avec chaque manœuvre. Il en résulte un son aigu pénétrant, qui monte et retombe rapidement de tonalité, captant l’attention de toutes les personnes à portée d’oreille.

Les calculs montrent que la nuisance psychologique supplémentaire due à ce que les motomarines émettent des bruits aigus, et variables d’un moment à l’autre, a le même effet de nuisance qu’un supplément de 12 à 15 décibels du niveau de bruit[18]. En ajoutant à cela le niveau de nuisance sonore mesurable et supplémentaire de 8 à 10 dBA dû aux sorties de l’eau, on estime que la motomarine peuvent émettre de 20 à 25 décibels de plus qu’un bateau à hors-bord ayant le même niveau de bruit mesuré dans l’eau. Même les plus récentes motomarines qui se conforment aux standards plus stricts produisent donc des effets sous-estimées par ces normes.

Le projet de loi S-10 visait donc à contrôler l'usage des plans d'eau par les motomarines en permettant aux communautés riveraines de faire une demande d'interdiction[19]. Plusieurs États américains ont également des législations interdisant leur usage sur des lacs de moins de 30 hectares (75 acres)[19].

Il est cependant à remarquer que les modèles équipés de moteurs 4 temps sont moins bruyants que les modèles anciens équipés de moteurs 2 temps. Malgré le surplus de décibels dus à une utilisation sportive (qui ne sont donc pas applicables en utilisation de randonnée) les nouvelles machines émettent bien moins de bruit (70 % de bruit en moins que vers la fin des années 1990[20]).

Dangers[modifier | modifier le code]

Comme n'importe quel véhicule, les motomarines sont sujets à une mauvaise utilisation, aux bris mécaniques et aux accidents par collisions. Leur conduite comporte cependant un élément de risque supplémentaire dû à la manœuvrabilité de leur direction. En effet, le mouvement du guidon change la direction d'éjection de l'hydrojet. Plus le régime du moteur est élevé, plus le changement de direction est précis. Si le moteur s'arrête subitement, il y a perte complète de maîtrise de la direction. En cas d'évitement d'urgence le conducteur doit donc accélérer pour avoir une meilleure manœuvrabilité, ce qui n'est pas intuitif et peut causer des accidents chez les pilotes inexpérimentés[19],[21]. Comme mentionné antérieurement, certains modèles ajoutent maintenant des ailettes de gouvernail pour remédier à ce problème.

Leur mode de propulsion représente aussi un risque particulier : en effet, un occupant qui tombe à l'arrière d'une motomarine est soumis au jet puissant venant de la turbine. S'il n'est pas protégé par un vêtement solide, comme une combinaison de plongée en néoprène, l'eau peut s'infiltrer dans toute ouverture de son corps et causer des dommages importants allant jusqu'à la mort[21],[22]. Par exemple, un patient de 16 ans est décédé à la suite d'une chute derrière une motomarine en Illinois. L'autopsie a révélé que la cause principale du décès est un syndrome du choc toxique causé par une infection bactérienne à la suite du déchirement de l'anus par le jet[23]. Dans un autre cas de 2006, un jury du Comté de Napa, en Californie, a condamné Polaris Industries à verser 3,7 millions $US en dommages et intérêts à une victime qui a survécu à un tel accident mais souffre de handicaps importants comme l'incontinence fécale[24].

Si le jet d'eau lors d’accélérations peut donc présenter un danger pour les personnes mal équipées, l'hélice protégée permet cependant d'éviter des accidents de découpe. En effet, les motomarines possèdent des hélices carénées et protégées qui ne vont qu'à quelques centimètres sous le niveau de l'eau, contrairement à un bateau dont l'hélice peut aller assez profondément, pouvant menacer à la fois les baigneurs et la faune sous-marine.

Dans une eau polluée (fréquente dans les ports, les estuaires, les canaux ou à proximité d'émissaires immergés ou d'autres exutoires d'eaux usées ou de stations d'épuration ou de ruissellement), l'exposition aux embruns et gouttelettes générés par les vagues, ou le moteur et le véhicule lui-même, ou l'ingestion involontaire d'eau en cas de chute, le risque d'infection (otites, infections pulmonaires, diarrhées et autres maladies gastro-intestinales ou MGI) augmente significativement[25].

Pollution[modifier | modifier le code]

Les anciens moteurs deux-temps des motomarines émettaient jusqu'à 225 fois plus d'oxyde de carbone et jusqu'à 1 000 fois plus de composés nitreux qu'un moteur automobile[19]. Ceci sans compter les pertes en hydrocarbures rejetés dans l'eau. Les améliorations de ces moteurs depuis 1998, à la suite des nouveaux règlements gouvernementaux, et l'introduction de moteurs quatre-temps ont réduit considérablement les émissions des nouveaux véhicules. Cependant, tant que les anciennes motos ne seront pas retirées de la circulation, la pollution du parc de motomarines restera élevée.

Du côté positif, le plein peut se faire dans la grande majorité des cas dans des stations service terrestres ce qui évite les risques de fuite de carburants comparativement aux bateaux qui le font à des stations à quai.

Fédérations existantes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) « The history,Evolution, and Profile of the Personal Watercraft », Personal Watercraft Industry Association,‎ janvier 2006 (consulté le 15 février 2013) [PDF]
  2. a et b (fr) « Véhicules nautiques à moteur », Ministère de l'Écologie,de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire,‎ 11 avril 2008 (consulté le 16 février 2013)
  3. « Motomarine », Grand dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française,‎ 2004 (consulté le 15 février 2013)
  4. (en) Wrenchbender, « The Personal Watercraft Phenomenon », motorcycleproject.com,‎ 4 avril 2003 (consulté le 15 février 2013)
  5. a et b (en) Sampsell, Michael M.; et al., Boat Accident Reconstruction and Litigation, Lawyers & Judges Publishing,‎ 2002, 63-4 p. (ISBN 0913875791)
  6. a et b (en) Johnny Action, Tania Adams et Matt Packer, Origin of Everyday Things, Sterling Publishing,‎ 2006, 124 p. (ISBN 1402743025)
  7. a et b (en) « Jet Ski Evolution », boats.com,‎ 6 octobre 2007 (consulté le 15 février 2013)
  8. a, b et c (en) « Judge Orders New Trial in Kawasaki Jet Ski Case », Wall Street Journal,‎ 17 septembre 1991, C11
  9. (en) « Kawasaki Heavy Industries Ltd.: U.S. Unit, Inventor Reach Settlement in Legal Dispute », Wall Street Journal,‎ 17 août 1992, B6
  10. (en)Hal Kelly, « Build Our Aquarail for Fun on the Water! », Mechanix Illustrated,‎ août 1972 (lire en ligne)
  11. a et b (fr) Bruno Gillet de la revue Hydrojet HS, « Le Jet : une histoire d'ingeniosité », Jet-Net.org,‎ juillet 1999 (consulté le 15 février 2013)
  12. (en) « EPA Finalizes Emission Standards for New Nonroad Spark-Ignition Engines, Equipment, and Vessels », Environmental Protection Agency,‎ septembre 2008 (consulté le 15 février 2013) [PDF]
  13. (en) Air Resources Board, « Facts about California's new marine engine standards », California Environmental Protection Agency,‎ février 1999 (consulté le 15 février 2013) [PDF]
  14. (en) « How to Get Started in Racing », International Jet Sports Boating Association,‎ 2008 (consulté le 15 février 2013)
  15. (fr) « Championnat du Monde de Jet Offshore », sur le site officiel de l'île d'Oléron (consulté le 15 février 2013)
  16. (en) « World Champions 1982 - 2004 », International Jet Sports Boating Association,‎ 2008 (consulté le 15 février 2013)
  17. (fr) « 1999 à 2002 - Jet Ski », Bienvenu dans mon universel sportif, sur Florence Le Vot (consulté le 15 février 2013)
  18. a et b (fr) « Pourquoi les motomarines nous agressent-elles à ce point ? Davantage que les autres bateaux ? Données techniques. », Regroupement québécois contre le bruit (RQCB),‎ septembre 2006 (consulté le 15 février 2013)
  19. a, b, c et d (fr) Louis-Gilles Francoeur, « La motomarine en procès », Le Devoir,‎ 30 mai 2003, B7 (lire en ligne) [PDF]
  20. (en) « Evolution of PWC and PWC Technology », sur Personnal Watercraft Industry Association,‎ 2013 (consulté le 15 février 2013)
  21. a et b (en) Roy Scott Hickman et Michael M. Sampsel, Boat Accident Reconstruction and Litigation, Tucson, Lawyers & Judges Publishing Company,‎ 2003, 560 p. (ISBN 0913875791 et 978-0913875797, lire en ligne), « Chapitre 4 : Personal Watercraft »
    Accidents reliés aux motomarines en pages 77-78
  22. (en) Jim Stingl, « Have fun on your watercraft, butt beware », Milwaukee Journal Sentinel,‎ 28 juin 2000, p. 1 (résumé)
  23. (en) « Case Report: Rectal Injury Caused by Personal Watercraft Accident », Diseases of the Colon and Rectum, Springer (New York), vol. 46, no 7,‎ juillet 2003, p. 971-972 (ISSN 1530-0358 et 0012-3706, lien DOI?, résumé) [PDF]
  24. (en) « Ford v. Polaris Industries, Inc. (cas 139 Cal. App. 4th 755) »,‎ 18 mai 2006 (consulté le 15 février 2013)
  25. Margaret Sanborn et Tim Takaro, « Maladies reliées aux loisirs aquatiques Prise en charge et prévention en cabinet », Can Fam Physician., vol. 59, no 5,‎ mai 2013, e225-e230 (lien PubMed Central?)
  26. (en) « Site internet », International Jet Sports Boating Association (consulté le 15 février 2013)
  27. (en) (fr) « Site internet », International Freeride Watercraft Association (consulté le 15 février 2013)
  28. (en) (fr) « Site internet », Union Internationale Motonautique (consulté le 15 février 2013)
  29. (fr) « Site internet », Fédération Française Motonautique (consulté le 15 février 2013)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]