Iraq Petroleum Company

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Compagnie pétrolière fondée en 1927 et remplaçant la Turkish Petroleum Company pour l'exploitation pétrolière en Irak, l'IPC formait une société à capitaux occidentaux répartis comme suit :

Cette compagnie détenait une concession sur la quasi-totalité du territoire de l'Irak et s'était développée dans d'autres pays du Moyen-Orient. Véritable État dans l'État, elle était quasiment le seul partenaire international de l'Irak, et fut nationalisée en 1971.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1912, plusieurs sociétés rivales s'unirent pour créer la Turkish Petroleum Company (TPC) afin d'obtenir une concession d'exploration pétrolière en Irak. L'objectif d'origine de la TPC était d'éliminer la concurrence parmi les partenaires et de devancer les chercheurs d'éventuelles concessions américaines. Le principal acteur dans la TPC était Calouste Gulbenkian, qui avait été sollicité par les intérêts bancaires britanniques à cause de ses connaissances et de sa capacité à influer sur les décisions du gouvernement turc. Ses capitaux de 5 pour cent dans la TPC sont réputés avoir fait de lui l'homme le plus riche du monde pendant de nombreuses années, et furent à l'origine de son surnom, « Monsieur Cinq Pour cent ».

L'établissement de la TPC n'élimina pas la rivalité parmi les actionnaires qui représentaient divers intérêts nationaux. Le Royaume-Uni avait un intérêt stratégique de longue date en Mésopotamie à cause de son emplacement vis-à-vis de l'armée britannique et des routes vers l'Inde. La décision du gouvernement britannique, avant la Première Guerre mondiale, de convertir la propulsion de sa flotte du charbon au pétrole augmenta encore l'importance de cette zone. Vers 1914, la Compagnie pétrolière anglo-perse, contrôlée par le gouvernement britannique, avait racheté 50 % des parts de la TPC et faisait pression sur le gouvernement turc pour qu'il accorde à la pétrolière anglo-perse une concession; mais la Première Guerre mondiale retarda les pourparlers.

La Première Guerre mondiale a révélé aux grandes puissances l'importance de garantir la sécurité de leurs ressources en pétrole. La conférence franco-britannique de San Remo en 1920 accorda un contrôle britannique permanent de toutes les compagnies établies, afin de développer le pétrole mésopotamien, mais elle alloua 20 % aux intérêts irakiens s'ils désiraient investir. La France réclama les parts allemandes de la TPC qui avaient été saisies comme propriétés de l'ennemi, et elle forma la Compagnie française des pétroles (CFP) pour maintenir les parts françaises dans la TPC. Les gouvernements italien et américain protestèrent contre leur exclusion. Après de longs et âpres échanges diplomatiques, les pétrolières américaines furent autorisées à racheter au sein de la TPC, bien que les pourparlers ne fussent achevés qu'en 1928.

L'accession du Royaume-Uni à un mandat sur l'Irak en 1920 ne garantit pas à la TPC une concession exclusive. En utilisant la promesse d'une concession du gouvernement turc d'avant-guerre, la TPC entama des pourparlers pour en avoir une en 1921. Le contentieux portait beaucoup sur les 20 % de part de l'Irak sur toutes les compagnies d'exploitation pétrolière, condition qui fut stipulée lors de la conférence de San Remo. Au début des années 1920, la TPC regroupait presque entièrement des pétrolières qui ne voulaient pas de représentation ou d'interférence irakienne dans la gestion de la TPC. Elles réussirent à résister aux efforts irakiens de participer malgré la pression exercée par le gouvernement britannique afin d'accepter les actionnaires irakiens.

La TPC obtint une concession en mars 1925. Dès sa mise en œuvre, de nombreux Irakiens se sentirent lésés. Elle devait durer soixante-quinze ans et couvrir vingt-quatre parcelles. Le gouvernement irakien devait recevoir des redevances à un taux uniforme par tonne, à être payées en livres sterling britanniques, mais avec une clause sur l'or pour se prémunir contre une dévaluation de la livre. Les paiements de Royalties étaient liés aux profits des pétrolières, mais cette clause tomba en désuétude vingt ans plus tard seulement. Le gouvernement irakien usait du droit de taxer la TPC au même taux que celui fixé pour d'autres exploitations industrielles. La TPC devait construire une raffinerie pour satisfaire les besoins domestiques de l'Irak, et un pipeline pour l'exportation du pétrole brut. Le gouvernement irakien conservait le droit d'offrir d'autres parcelles pour l'exploration et le développement pétroliers, et la TPC ne fut pas exclue des appels d'offre sur ces parcelles supplémentaires.

La TPC commença le forage exploratoire après que la concession fut ratifiée par le gouvernement irakien. On découvrit du pétrole dans la proximité au nord de Kirkouk le 15 octobre 1927. De nombreuses tonnes furent déversées avant que l'on ait pu contrôler le puits. Cette indication de l'existence d'un champ pétrolifère large et de valeur se révéla bientôt être bien fondée.

La découverte de ce gisement prometteur accéléra les pourparlers en vue de la future composition et les fonctions de la TPC. Les actionnaires paraphèrent une entente officielle en juillet 1928. La pétrolière anglo-perse, le conglomérat Royal Dutch Shell, la CFP (Compagnie française des pétroles) et le NEDEC, Groupe de développement du Proche-Orient (qui défendait les intérêts de cinq pétrolières américaines d'importance) détiendraient respectivement 23,75 % des actions et Calouste Sarkis Gulbenkian, le reste, en parts non votantes, soit 5 %. La TPC fut formée en tant que compagnie sans but lucratif enregistrée au Royaume-Uni produisant du pétrole brut pour ses partenaires à un taux établi selon leur nombre d'actions. Il fut accordé à la pétrolière anglo-perse des paiements de redevance de 10 % sur le pétrole produit, dû à sa part réduite dans TPC.

Un irritant d'importance pour les pétrolières américaines résida dans un article inclus dans le texte lors de la réorganisation en 1914 stipulant que toute exploitation pétrolière dans l'Empire ottoman par n'importe quel actionnaire serait partagée par tous. Gulbenkian avait expressément insisté que cette mention figure à l'entente de telle façon que les pétrolières ne pourraient pas écarter ses propres intérêts en créant d'autres compagnies sans sa propre participation. Cette stipulation, également reconduite lors de la réorganisation de 1928, hérita du nom d'Accord de la ligne rouge, leur interdisant d'exploiter pour leur propre compte à l'intérieur du maintenant défunt Empire ottoman. Cette « ligne rouge » empêcha effectivement les États-Unis et les autres partenaires de la TPC d'obtenir de nouvelles concessions et de se livrer à des exploitations de gisement pétroliers dans la plus grande partie du Golfe Persique et ce jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

En 1929 la TPC fut rebaptisée Compagnie pétrolière d'Irak (Iraq Petroleum Company). IPC regroupait alors des pétrolières aux intérêts divers et parfois même en opposition. La compagnie Anglo-persienne et la compagnie Standard Oil du New-Jersey (alias Esso qui deviendra plus tard Exxon), par exemple, avaient accès à du pétrole brut à l'extérieur de l'Irak, et souhaitaient de la sorte conserver en réserve les gisements irakiens. La CFP et d'autres pétrolières à l'inverse exigeaient une exploitation rapide des puits de pétrole irakiens afin d'augmenter leur stocks déficitaires en pétrole brut.

Les partenaires d'IPC retardèrent malgré tout l'exploitation des champs irakiens, et la concession fut ainsi résiliée car les pétrolières firent défaut de rencontrer certains objectifs, tels la construction de pipelines et d'installations portuaires. La concession d'IPC fut l'objet de nouveaux pourparlers en 1931. Le nouveau contrat prévoyait une concession d'une durée de soixante - dix ans sur un territoire élargi de 83.200  km2 complètement à l'ouest du fleuve Tigre. En contrepartie, cependant, le gouvernement irakien exigeait de recevoir des paiements additionnels de Royalties et obtenir des prêts, ainsi que la promesse qu'IPC complèterait la construction de deux pipelines vers la Méditerranée avant 1935.

Les autorités gouvernementales demeuraient embarrassées face aux intentions qui animaient IPC. Plusieurs autorités irakiennes étaient convaincues que celle-ci écartait du marché mondial le brut irakien en vue de créer une surenchère de leur propre pétrole produit ailleurs dans le monde. En 1932 l'Irak accorda donc une concession à la Compagnie d'exploitation pétrolière britannique (BDOC) pour un terme de soixante - quinze ans, créée par un groupe d'intérêts italiens et britanniques, offrant un territoire de 120 000  km2 à l'ouest du fleuve Tigre. Les conditions étaient nettement plus avantageuses pour le gouvernement irakien que celles des ententes précédentes. Le financement de BDOC s'avéra inadéquat, cependant, et la compagnie fut rachetée par IPC en 1941 et rebaptisée Compagnie pétrolière Mosul (MPC). Les partenaires de IPC consolidèrent de nouveau leur monopole lorsqu'ils acquirent les droits de concession du sud de l'Irak et en 1938 implantèrent la Compagnie pétrolière Basrah (BPC) filiale entièrement sous leur contrôle pour exploiter cette région.

L'acheminement demeura un problème majeur au succès de l'exportation du pétrole irakien. En rejoignant IPC après la Première Guerre mondiale, la France voulut que le pipeline irakien transite par la Syrie jusqu'aux installations portuaires méditerranéennes à Tripoli au Liban. Les irakiens et britanniques préféraient un port pétrolier à Haifa, en Palestine. En 1934, le pipeline emprunta un tracé partant des champs pétrolifères de Kirkuk jusqu'à Al Hadithah, de là se divisa en deux, un embranchement se dirigeant vers Tripoli (il fut fermé par la Syrie -favorable à l'Iran- en 1982 conséquence de l'ouverture des hostilités entre Iran et Irak en 1980), et un autre embranchement vers Haïfa (ce tronçon fut fermé en 1948). En 1938, onze ans après la découverte de pétrole, le Royaume d'Irak commença à en exporter des quantités importantes. La production irakienne chiffrait en moyenne 4 millions de tonnes par année jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, alors que des embargos sur la mer Méditerranée firent décliner brusquement la production.

Sources[modifier | modifier le code]

  • U.S. Library of Congress