Oudaï Hussein

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Oudaï Saddam Hussein al-Tikriti (arabe : عُدي صدّام حُسين), né le à Bagdad en Irak et mort le à Mossoul, était le fils aîné de Saddam Hussein et de sa première femme, Sajida Talfah. Il a été longtemps présenté comme dauphin de son père, assumant des responsabilités importantes au sein du régime irakien. Son comportement erratique et ses relations troublées tant avec son père qu'avec son cadet ont été relatées à de multiples reprises dans la presse occidentale, à partir de la fin 2001 et également après qu’il eut été tué à l’âge de 39 ans par l’armée américaine, peu après l’invasion de l’Irak en 2003. De multiples témoignages l’accusent d'actes de tortures et de viols dans l’exercice de ses fonctions[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Oudaï Hussein a été brièvement marié à la fille de Izzat Ibrahim ad-Douri, ancien vice-président et député du Conseil du Commandement Révolutionnaire de Saddam Hussein[2]. Bien que sa position de fils ainé de Saddam Hussein ait fait de lui le successeur potentiel de son père, Oudaï tomba en disgrâce à cause de son extravagance et de son instabilité. En octobre 1988, lors d'une réception en l'honneur de Suzanne Moubarak, femme de Hosni Moubarak, président d'Égypte, Oudaï Hussein aurait assassiné[réf. nécessaire] le valet et goûteur personnel de son père, Kemal Hana Gegeo. Devant des convives horrifiés, il l'aurait frappé d'abord avec une canne, puis l'aurait achevé à l'aide d'un couteau [réf. nécessaire]. Gegeo aurait en effet présenté à Saddam Hussein une jeune femme, Samira Shahbandar, qui plus tard devint la seconde épouse du président irakien. Oudaï Hussein aurait considéré que la relation de son père avec Shahbandar constituait une insulte à sa propre mère [réf. nécessaire]. Il existe d'innombrables variantes de cette histoire, quant aux lieux, à la date et aux motivations de ce crime : selon certaines versions, il était follement amoureux de Samira, était prêt à l'épouser alors qu'elle se refusait à lui, et aurait assassiné Gegeo par passion amoureuse ; selon d'autres versions, elle était sa maîtresse [réf. nécessaire]et il n'acceptait pas que Gegeo l'ait proposée comme épouse à Saddam Hussein ; selon d'autres encore, il l'aurait d'abord violée… Ou, encore, il aurait craint de perdre sa place de successeur désigné à la présidence, face à Gegeo, goûteur personnel de son père… valet dont la loyauté et la fidélité à Saddam Hussein aurait été au-dessus de tout soupçon[3]. Pour le « punir » de ce crime, son père l'aurait fait brièvement emprisonner[réf. nécessaire]. Sur l'intervention personnelle du Roi Hussein de Jordanie, Saddam Hussein aurait fait libérer son fils, l'exilant [réf. nécessaire] en Suisse où il devint assistant de l'ambassadeur irakien auprès des Nations unies, son oncle Barzan Al-Tikriti. Il fut (secrètement ?) expulsé par le gouvernement de ce pays - après qu'il aurait menacé de poignarder quelqu'un dans un restaurant[réf. nécessaire].

La presse[modifier | modifier le code]

Il dirigeait un journal appelé Babel, ainsi qu'une station de radio ; la Voice of Iraq ciblant un public jeune et diffusant de la musique pop, ainsi que l'une des trois chaînes de télévision d'Irak, Shabab Television (la télévision de la jeunesse). Les médias qu'il dirigeait contrastaient par leur relative liberté de ton et d'ouverture aux médias extérieurs avec l'ensemble des médias irakiens ; cependant, cette autonomie était contrôlée par Saddam Hussein, qui y voyait un moyen de faire passer des messages non diffusables dans la presse officielle. Il fut élu en 1992 et à l'unanimité président du Syndicat des journalistes irakiens, et se faisait paraît-il appeler « Doyen des journalistes »[3].

Le sport[modifier | modifier le code]

Saddam Hussein désigna ensuite son fils à la tête du comité olympique irakien ; à ce poste, il aurait torturé et/ou fait torturer plusieurs athlètes [réf. nécessaire] ; plus tard, il devint chef de l'une des officines chargées de la sécurité du président irakien. Oudaï Hussein semblait fier de sa réputation et se nommait paraît-il lui-même Abou Sarhan, « père du loup » en français. On a retrouvé au siège de la fédération olympique d'Irak une vierge de fer, instrument de torture très probablement utilisé par Oudaï Hussein lui-même[4]

Attentat[modifier | modifier le code]

En 1996, il a subi un attentat alors qu'il conduisait sa Porsche ; il fut atteint de quatre balles et l'on pensait qu'il resterait paralysé ; cependant, des médecins cubains parvinrent à l'opérer, et il récupéra l'usage de ses jambes avec néanmoins un fort boitement. Peut-être en raison de l'affaiblissement d'Oudaï, ou plus probablement à cause de son comportement erratique, Saddam Hussein donna à son cadet Qoussaï des responsabilités croissantes puis finit par le désigner comme son dauphin en 2000. Les commanditaires et les exécuteurs de l'attaque n'ont jamais été retrouvés, mais les possibilités sont nombreuses, y compris au sein de sa propre famille, tant il est vrai qu'Oudaï Hussein aurait eu un grand nombre d'ennemis [réf. nécessaire].

La traque et sa fin[modifier | modifier le code]

Emplacement de la maison de Mossoul où Oudaï et Qoussaï Hussein avaient trouvé refuge après son bombardement par les américains.

Dès la prise de contrôle de la capitale par les forces américaines en avril 2003, Oudaï Hussein, considéré comme un des piliers du régime baasiste, se cache en compagnie de son frère Qoussaï et d'autres membres de sa famille. Le 11 avril, les Américains annoncent leur liste des 55 personnes les plus recherchées sous forme de jeu de carte, Qoussaï Hussein y est l'as de cœur, devenant ainsi l'une des quatre cibles prioritaires des Américains, avec son père, son frère et le secrétaire présidentiel. Sa tête est également mise à prix pour quinze millions de dollars américains.

Une traque systématique se met alors en place et le , suite à un renseignement d'un informateur irakien non identifié (on a parlé du propriétaire de la maison où s'étaient réfugiés les deux fils de Saddam Hussein), un commando des forces spéciales américaines tente de les capturer à Mossoul. Suite à un échange de coups de feu, les forces spéciales se replient et demandent du renfort. Deux cents soldats de la 101e division aéroportée encerclent alors la maison, recevant l'aide d'hélicoptères Apache et d'un avion A-10. Après quatre heures de bataille intense, les soldats pénètrent dans la maison et y auraient trouvé quatre cadavres, qui seront dès le lendemain identifiés[5] grâce à leur dossier dentaire comme étant ceux d'Oudaï Hussein, de son frère Qoussaï, d'un garde du corps et de Mustapha, le fils de Qoussaï, âgé de 14 ans.

Le propriétaire de la maison (le Cheikh Zeidan, un cousin de Saddam[6]) reçut peu après la citoyenneté américaine et s'expatria aux États-Unis, ce qui renforça les spéculations selon lesquelles il aurait pu être l'informateur des Américains et le bénéficiaire des trente millions de dollars de récompense. Son frère fut tué en 2004 par des inconnus, possiblement en représailles.

Dès le 24 juillet, des photos des cadavres sanguinolents furent largement diffusées dans la presse. Le commandement militaire américain déclara que ces photos avaient pour but de noyer les rumeurs selon lesquelles les deux frères étaient toujours en vie. Certains ne manquèrent pas de critiquer le deux poids deux mesures de l'armée américaine, l'administration Bush ayant quelques semaines auparavant vivement condamné Saddam Hussein pour avoir diffusé des images de cadavres de soldats américains morts [réf. nécessaire] pendant l'offensive.

Il a été enterré dans un cimetière de la région de Tikrit aux côtés de son frère et de son père.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Nous les Irakiens, film documentaire tourné par Abbas Fahdel en 2003. Le film montre la réaction de la population irakienne à l'annonce de la nouvelle de la mort d'Oudaï Hussein et de son frère Qoussaï.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.time.com/time/world/article/0,8599,444889,00.html
  2. Saddam's Inner Circle, Izzat Ibrahim ad-Douri CBS News. Retrieved on Nov 3, 2006.
  3. a et b Rapport de Reporters sans frontièresur les activités d'Oudaï Hussein dans le secteur de la presse.
  4. Iron Maiden Found in Uday Hussein's Playground - TIME
  5. La Libre Belgique, 23/07/2003.
  6. Annonce de la mort par Radio-France.

Sources[modifier | modifier le code]

L'article incorpore du texte traduit de en:Uday Hussein