Mau égyptien

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Fairytale bookmark gold.png Vous lisez un « article de qualité ».
Mau égyptien
{{#if:
Mau égyptien black silver spotted tabby présenté à l'exposition féline de Hyvinkää en Finlande.
Mau égyptien black silver spotted tabby présenté à l'exposition féline de Hyvinkää en Finlande.

Espèce Chat (Felis silvestris catus)
Région d’origine
Région Drapeau de l'Égypte Égypte
Caractéristiques
Silhouette Médioligne, semi-foreign
Taille Moyenne
Poids 2,5 à 5 kg
Poil Court
Robe Trois à quatre couleurs sont reconnues suivant les fédérations.
Tête Triangle adouci
Yeux En amande, grands, de couleur vert groseille à maquereau
Oreilles Moyennes à grandes
Queue Longueur moyenne
Standards

Le mau égyptien est une race de chat originaire d'Égypte et développée à partir des années 1953 en Italie puis aux États-Unis par une princesse russe. Rapidement reconnue par les registres d'élevage, la race se heurte dans les années 1980 à un problème de consanguinité : de nombreux chats originaires d'Inde et d'Égypte sont intégrés dans la race afin d'en augmenter le bassin génétique.

Le mau égyptien est la seule race de chat qui possède naturellement un marquage spotted tabby, c'est-à-dire distinctement marqué de taches noires. Les trois couleurs historiques sont le silver (argenté taché de noir), le bronze (beige à roux taché de noir) et smoke (base du poil argent le reste du poil est anthracite. Spots noirs). Le noir uni est reconnu par le LOOF en NRC (Nouvelle Race ou Couleur) et les couleurs issues du bleu sont enregistrées par la CFA à des fins de suivis.

Origines[modifier | modifier le code]

La légende du chat de l'Égypte antique[modifier | modifier le code]

Détail d'un papyrus montrant un chat au physique proche du mau.

Au cours du IIe millénaire av. J.-C., avec le stockage du grain accourent les rats, bientôt suivis des serpents et des chats[1]. Les Égyptiens apprécient énormément les chats. Les papyrus représentant des chats les montrent bruns et mouchetés de noir.

Le chat de l'ancienne Égypte est déifié sous les traits de la déesse Bastet[2]. Le chat est alors considéré comme un membre de la famille et lors de sa mort toute la famille en porte le deuil en se rasant les sourcils[2]. Les Britanniques ont importé beaucoup de momies de chats au point de les broyer et d'en faire de l'engrais[3]. Le chat domestique se répand peu à peu dans le monde entier en suivant les échanges entre les différents peuples humains.

Au début du XXe siècle, l’Italie est peuplée des descendants des chats d’Égypte. Selon les descriptions, un grand nombre d’entre eux sont des chats à robe mouchetée ressemblant aux chats des pharaons. Avec la Seconde Guerre mondiale, beaucoup de chats périssent en Italie, et les descendants directs des chats pharaoniques en ont pratiquement disparu[4]. Cependant, on peut parfois trouver des chats de maison mouchetés en Italie, et même, dit-on, en Provence.

Le mau égyptien est considéré comme l’ancêtre de toutes les races de chat par les promoteurs de la race, puisqu'il descendrait de Felis lybica ocreata, une sous-espèce africaine de Chat sauvage ayant disséminé le chat domestique partout dans le monde[5]. Cependant, l'ascendance du mau égyptien reste hypothétique et doit être considérée comme une légende.

Une princesse à l'origine de la race[modifier | modifier le code]

Nathalie Troubetzkoï[Note 1] est une princesse russe exilée dans le palais de l’ambassadeur d'Égypte[6] en Italie durant la Seconde Guerre mondiale[7]. Amoureuse des chats, elle est considérée comme la créatrice de la race. Elle reçoit un premier chat par l'intermédiaire d'un petit garçon qui lui amène un chaton dans une boîte en carton[4]. La beauté inhabituelle de ce chaton la conquiert immédiatement et elle le nomme Ludivine, surnommée Ludol puis Lulu. Lulu est d’une belle couleur argent avec des taches noires. La princesse remarque que la boîte dans laquelle le chaton lui a été amené vient d’Égypte. C’est ainsi qu’elle en déduit que le chat est un descendant des chats de pharaon. Elle se sert de ses nombreux amis pour trouver un autre chat de ce type et obtenir une portée toute mouchetée. Des amis lui trouvent Gregorio, un mâle noir de 11 ans issu d’une famille mouchetée[8] et elle acquiert Geppa, un mâle black smoke du Proche-Orient, par l'intermédiaire de l’ambassadeur de Syrie[6].

Lulu et Geppa donnent bientôt naissance à leur première portée qui est mouchetée comme ses parents. Parmi ceux-ci, Nathalie Troubetzkoï conserve une petite femelle silver, Baba. Cependant, l'origine de Baba varie selon les sources : elle est peut-être directement importée d'Égypte[6] ou est le chaton d'origine de la boîte en carton[4]. De Lulu et Gregorio nait, entre autres chatons, Jojo, le premier mau de couleur bronze[8]. Liza, fille de Baba et Jo-Jo, sont présentés en concours à Rome en 1955[9].

Lorsqu'elle obtient l'autorisation d'immigrer aux États-Unis en 1953[10], Nathalie Troubetzkoï fait enregistrer seulement trois chats en 1956[7]. C’est ainsi que Baba, femelle silver de 4 ans, Jojo (ou Jo-jo, de son vrai nom Georgio), mâle bronze de trois ans, fils de la première, et Liza, femelle silver de onze mois stérile[5], partent à la conquête des États-Unis[2],[4].

Une fois installée, Nathalie Troubetzkoï continue à œuvrer pour faire connaître les chats d’Égypte, les exposer et les faire reconnaître en tant que race sous le nom de mau égyptien. Elle crée son élevage sous le nom de « Chatterie de Fatima ». En 1957, Baba est la première de la race à être couronnée championne[9]. Tous les maus égyptiens d’élevage descendent de ces premiers sujets[8].

Développement de la race[modifier | modifier le code]

Maslama de fondcombe, chat importé d'Égypte[11].

Les sujets amenés aux États-Unis connaissent rapidement le succès, et le terme « mau » est utilisé pour désigner la race : mau est un terme venant de l'égyptien qui désigne tout autant le chat que le miaulement[5]. Le mau égyptien est enregistré par la Cat Fancier Association (CFA) dès 1968[10] et reconnu comme race en 1977[6]. En 1979, le premier mau égyptien reconnu Grand Champion en exposition est Sangpur Jonathan Dot Dot, un mâle silver[12]. The International Cat Association (TICA) enregistre les premiers sujets dès 1979[13] et rédige un standard en 1988, et la Fédération internationale féline (FIFé) le reconnaît en 1992[9]. La Governing Council of the Cat Fancy (GCCF) reconnaît la race qu'en 2007[14].

Le bassin génétique de la race étant basé sur seulement trois individus, les éleveurs s'attachent au cours des années 1980 à 2000 à introduire de nouveaux sujets afin de diminuer la consanguinité de la race. En 1980, aux États-Unis, du sang neuf est apporté par Jean Mill, depuis le zoo de Delhi et treize sujets[15] sont inclus dans le registre d'élevage, dont Toby, un mâle bronze porteur du glitter. C'est ensuite au tour de Cathy Rowan, J. Len Davidson et Marie-Christine et Didier Hallépée[8] d'introduire des sujets originaires d'Égypte[2]. Le registre d'élevage est toujours ouvert à de nouveaux sujets qui ne sont acceptés dans le livre des origines qu'à partir de la quatrième génération.

Les éleveurs divisent la descendance en trois lignées différentes et tentent d'uniformiser le type du mau égyptien en s'y appuyant[5] :

  • la lignée « traditionnelle », issue de la chatterie de Fatima : leur robe est moins contrastée mais la tête est très finement dessinée ;
  • la lignée « indienne », issue des importations de Jean Mill. Cette lignée est porteuse de glitter.
  • la lignée « égyptienne », issue des importations de Marie-Christine et Didier Hallépée, dont la taille est plus grande que les autres lignées.

Les premiers maus égyptiens sont introduits en France en 1997 par Marie-Christine et Didier Hallépée[8], au Royaume-Uni en 1998[14] et en Finlande au cours des années 1990, bien que la première portée date de 2006[16]. Il est également présent au Japon, où quelques chatteries ont produit d'excellents sujets[Note 2], en Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie[2] et en Suisse[5]. Le développement de la race se poursuit avec l'introduction de nouvelles couleurs, comme le mau égyptien entièrement noir, et des versions diluées : le bleu smoke, le bleu et le bleu silver[17].

Le mau égyptien représente en 2013 la 26e race la plus populaire en nombre de pedigrees édités par le LOOF de 2003 à 2012[18]. En 2008, le mau égyptien est à la 21e place de la CFA[19] en nombre d'enregistrements.

Année LOOF[18] CFA[19] GCCF[20]
Inscriptions Rang Inscriptions Rang Inscriptions Rang
2003 30 27e 363 22e 163 18e
2008 52 25e 288 21e 230 19e

Standards[modifier | modifier le code]

Notation[modifier | modifier le code]

Evaluation d'un mau égyptien silver dans une exposition féline FIFé.

Les différents standards des associations félines sont globalement très proches pour décrire le « mau égyptien idéal ». L'échelle des points est différente selon les fédérations, mais toutes privilégient la qualité de la robe sur la forme du visage et celle du corps. Il y a des variations sur la prise en compte de la couleur et de la forme des yeux, dont la notation peut être faite à part ou incluse dans une autre section. La « condition » est un critère prenant en compte l'aspect général du chat et son tempérament[21].

Répartition des points dans différentes fédérations félines[21]
Fédérations Tête Yeux Corps Robe Condition
Texture Couleur Patron
ACF 20 [A 1] 25 5 25 25 0
ACFA 25 [A 2] 25 10 15 25 0
CFA 20 [A 1] 25 5 25 25 0
FIFé 20 10[A 3] 20 20 25 5
LOOF 30 [A 2] 30 40 0
TICA 35 [A 2] 25 40 0
WCF 25 10 30 10 30 5
  1. a et b Forme des yeux : incluse dans tête ; couleur : incluse dans couleur
  2. a, b et c Forme et couleur des yeux incluses dans tête
  3. Juste la couleur des yeux, la forme est dans tête

Tête[modifier | modifier le code]

Portrait d'un mau égyptien.

La tête est de taille moyenne. La face prend une forme de triangle aux contours arrondis : il ne doit y avoir aucune face plane. Les joues sont plates, sauf pour le mâle où les bajoues sont tolérées, et le nez d'une même largeur sur toute sa longueur. De profil, on constate un front arrondi avec un léger creux à la naissance du nez qui, lui, est droit. Le museau est de taille moyenne, avec un menton bien proportionné, c'est-à-dire ni saillant, ni fuyant. Une tête ronde est considérée comme un défaut, tout comme un museau pointu[21].

Les yeux en amande, sont grands et placés légèrement de biais, sans être complètement obliques comme le sont ceux des orientaux. La couleur demandée est « vert groseille à maquereau » qui est en fait un vert clair. Le LOOF accepte que la couleur ne soit pas complètement fixée jusqu'à 24 mois[22], l'ACF, l'ACFA et la FIFé jusqu'à 18 mois[23],[24],[25], la TICA et la CFA sont plus précises et souhaitent qu'à 8 mois le vert soit discernable dans les yeux du chaton et qu'à 18 mois l'œil soit entièrement de la couleur voulue[26],[27]. Des yeux ronds ou trop orientaux sont pénalisants en concours, mais des yeux qui ne sont pas de couleur verte sont tout simplement éliminatoires[21].

Les oreilles sont de taille moyenne à grande et placées éloignées l'une de l'autre, en harmonie avec la forme du visage ; des oreilles trop petites sont considérées comme un défaut. Implantées assez en arrière du crâne, leur bout est arrondi et leur base large. Les plumets, qui apparaissent sur certaines races comme le maine coon, sont acceptés[21],[Note 3].

Corps[modifier | modifier le code]

Le mau égyptien est un chat de taille moyenne, bien musclé.

La silhouette de cette race est de type médioligne semi-foreign, c'est-à-dire qu'elle oscille entre le type européen et le type oriental[28], sans jamais être l'un ou l'autre. Le corps, de taille moyenne, doit paraître à la fois puissant et élégant[21].

La musculature est développée, particulièrement chez les mâles. L'encolure est arquée et les épaules sont saillantes. Une sorte de poche ventrale que l'on appelle « gousset » doit être présente : on lui attribue la grande mobilité du mau égyptien et est une caractéristique des races mau égyptien et keuda[7],[Note 4].

Les pattes sont de longueur moyenne, avec une ossature moyenne mais une musculature développée. L'arrière-main est légèrement plus haute que l'avant-main, mais selon la TICA les pattes arrières sont pliées, ce qui permet d'avoir un dos droit[26]. Les pieds sont petits et légèrement ovales, avec des orteils longs aux pattes arrières précise la TICA[26]. Cette conformation donne une attitude particulière au mau égyptien qui semble marcher sur la pointe des pieds. La queue quant à elle est de longueur moyenne avec un bout arrondi, elle ne doit pas être petite[21].

Robe et fourrure[modifier | modifier le code]

Le patron spotted[modifier | modifier le code]

La robe du mau égyptien se caractérise par ses mouchetures.

Le mau égyptien est la seule race naturelle de chat à être mouchetée, ou en terme félinotechnique spotted tabby : un mau égyptien présentant une robe autre que la spotted tabby est de toute façon exclu de tout titre en compétition. La qualité de la robe est un point primordial pour le mau égyptien, car il représente en concours le plus grand nombre de points dans de nombreuses fédérations. Le pelage doit être court, mais présente néanmoins une longueur suffisante pour que quatre bandes de couleurs puissent s'alterner sur le poil agouti. La texture est douce et élastique pour les couleurs silver et bronze et doit être plus soyeuse pour le smoke et le noir[21].

Le patron spotted tabby doit être bien visible, le contraste entre le fond et les taches doit donc être suffisant : le M sur le front est bien visible et les rayures horizontales partant du coin externe de l'œil, appelées « maquillage égyptien », sont bien marquées. Une rayure supplémentaire, plus estompée, barre les joues en dessous des premières rayures. À partir du M, une rayure descend le long de la colonne vertébrale et se mue en taches alignées. Les taches sont plus grosses au niveau du cou et des pattes[21].

Les taches sur les flancs ne doivent pas être alignées afin de ne pas rappeler le patron mackerel (rayé). La queue est annelée avec le bout noir, et au moins une rayure en forme de collier ouvert doit encadrer le poitrail. Des taches qui se touchent et l'absence de collier sont des défauts pénalisants en concours, tandis que l'apparition de rosettes, une quantité de tache insuffisante ou un motif non tacheté sont éliminatoires[21].

Les différentes couleurs de robes[modifier | modifier le code]

Trois couleurs sont acceptées par l'ensemble des fédérations[21] : le silver (gris argent tacheté de noir), le bronze (brown) (marron clair tacheté de noir) et smoke (base du poil argent le reste du poil est anthracite. Spots noirs). La robe silver est la mieux représentée : en 2004, elle représentait 58 % des enregistrements à la CFA, contre 26 % de bronze pour 14 % de smoke[29].

Le mau égyptien silver doit avoir une robe couleur argent très contrastée par rapport aux taches. L'arrière des oreilles est gris-rose, le bout est noir. L'arrières des pieds est noir ainsi que les coussinets, et la truffe est de couleur brique. La base du mau égyptien bronze est de couleur bronze à ivoire sur les parties intérieures du corps (ventre, gorge). Les taches peuvent être marron foncé. Les coussinets et l'arrière des pattes sont bruns à noirs. La truffe est brique. Le mau égyptien smoke n'est pas un chat spotted tabby, mais grâce à son sous-poil argent, les motifs apparaissent nettement. Le poil est gris clair sur un quart de la longueur, puis noir. Les parties intérieures du corps sont plus claires. La truffe, les coussinets et l'arrière des pattes sont noirs[21].

Le mau égyptien noir est reconnu par le LOOF comme nouvelle couleur (NRC) depuis 2006[22] et est autorisé uniquement en tant que reproducteur par la CFA[2]. La robe est entièrement noire mais peut laisser apparaître un motif fantôme sous certains éclairages. Elle doit être bien lustrée[21]. La CFA enregistre le mau égyptien bleu dans ses quatre nuances (bleu spotté, bleu silver, bleu smoke et bleu self) uniquement à des fins de suivi[2] depuis 1997[30].

Chez le mau égyptien bronze, deux nuances de couleur existent selon les fédérations. La couleur classique est un brun chaud avec des motifs allant de marron à noir. C'est la seule couleur admise dans le standard du LOOF[22]. La CFA, comme la TICA et la GCCF, préfèrent une teinte tirant sur le rouge grâce à la présence de nombreux polygènes rufus. Cette couleur tire son origine de la lignée indienne, quoique de nombreuses rumeurs sous-entendent que l'apparition du gène est entretenue par des croisements réguliers avec le bengal[31]. Le LOOF défend la couleur d'origine, et interdit toute trace de rufus ou de glitter issues de la lignée indienne[22].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Caractère[modifier | modifier le code]

Les traits de caractère restent parfaitement individuels et sont avant tout fonctions de l'histoire de chaque chat, quelle que soit sa race. Le mau égyptien a un tempérament voulu docile par les éleveurs[7], notamment parce que les premières générations de mau égyptien étaient difficilement manipulables[17]. Il garde généralement un caractère indépendant et intelligent[7],[10] tout en étant modérément actif[17]. Il est considéré comme un bon chasseur, qui a besoin de faire de l'exercice pour garder un caractère équilibré[7]. Chat proche de son maître, il réclame de l'attention[10] et peut être distant avec les étrangers[5]. Le mau égyptien a la réputation de montrer sa joie en miaulant doucement, et également en ondulant vivement la queue[17].

Selon les éleveurs de mau égyptien, il existe des différences de caractère entre les différentes couleurs. Ainsi, le mau égyptien bronze à la réputation d'être beaucoup plus exclusif envers son maître et plus dominant sur les autres chats. Le mau égyptien smoke aurait un caractère plus tendre, recherchant le contact physique[32].

Liens avec les autres races[modifier | modifier le code]

Le bengal et le mau égyptien sont deux races de chat liées.

Le mau égyptien peut être confondu avec une autre race présentant une robe spotted tabby : l'ocicat, race créée dans les années 1970 et 1980 pour ressembler à l'ocelot[7].

Au Royaume-Uni, une race « mau » a été développée : elle devait ressembler aux chats représentés dans l'Égypte antique et avait un corps plus allongé, de type longiligne, avec un pelage brown spotted tabby. Le développement de la race a été occulté par celui du mau égyptien, qui rencontra plus de succès : le « mau britannique » brown spotted tabby est à présent inclus dans le standard de l'oriental shorthair[7]. Plus récemment, le mau arabe est une nouvelle race naturelle développée dans les années 2000 à partir de chats domestiques de la péninsule arabe. En dehors du terme « mau », il n'y a pas de corrélation avec le mau égyptien[33].

Le mau égyptien a contribué à la formation de la race bengal à travers un mau de la lignée indienne du nom de « Millwood Tory of Delhi » qui a notamment apporté les polygènes rufus et glitter[34],[31]. En outre, de nombreuses rumeurs sur de possibles croisements réguliers avec le bengal courent en raison du développement rapide du mau égyptien bronze[31]. Le savannah a également reçu un apport de sang mau lors du développement de la race[35].

Élevage[modifier | modifier le code]

Acquisition d'un mau égyptien[modifier | modifier le code]

Une douzaine d'éleveurs sont actifs en France[36]. Le prix d'un mau égyptien varie fortement selon l'âge, la descendance et les qualités esthétiques de l'individu, mais également selon l'éleveur. En 2011, les prix observés en France pour un chaton destiné à la compagnie (c'est-à-dire qui ne servira pas de reproducteur et ne sera pas présenté en concours) varient de 1 000 à 1 500 euros[37]. Aux États-Unis, un chaton de compagnie est vendu entre 600 et 1 000 dollars en 2007[38]. Toujours en 2007, un mau de compagnie se vend 375 livres en moyenne au Royaume-Uni ; pour des chats destinés à la reproduction ou aux expositions, les prix montent à 600 à 1 000 livres[39].

Félinotechnie[modifier | modifier le code]

Associations d'élevage[modifier | modifier le code]

Les associations d'élevage sont différentes des registres d'élevage, qui enregistrent la généalogie des races de chat. En règle générale, les associations d'éleveur ont pour but de rassembler les éleveurs afin de promouvoir l'élevage d'une race. Aux États-Unis, l'association d'éleveurs The Egyptian Mau Breeders and Fanciers Club est créée dès 1975, puis, un peu plus tard, la The International Egyptian Mau Society[2]. En France, l'Association internationale du mau égyptien (AIME), créée en 1998, est la seule reconnue par le Livre officiel des origines félines (LOOF)[6]. Au Royaume-Uni, The Egyptian Mau Club est créé en décembre 1998[39].

Génétique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Tabby.
La base du poil smoke est transparente.

Le patron spotted tabby qui caractérise la robe du mau égyptien est complexe à obtenir. Il existe une théorie selon laquelle le chat tacheté ou spotted est un chat rayé ou mackerel dont les marques sont brisées. Le spotted serait alors sujet à au moins un gène dominant changeant le patron mackerel ou encore l'action de polygènes modificateurs de mackerel[7]. Des chatons ne possédant pas le patron spotted tabby naissent sporadiquement de chats tachetés[40],[39].

Au niveau des couleurs, le standard du mau égyptien joue sur le gène I, responsable de l'apparition du silver et du smoke, et le gène A, responsable de l'apparition des tâches. Le poil d'un chat est formé de plusieurs bandes de couleurs plus ou moins contrastées. L'action du gène inhibiteur « I » est d'arrêter la production de phéomélanine dans le poil, ce qui se traduit par une bande transparente d'apparence blanche. Sur un poil d'apparence uni, cela se traduit par une racine claire et une pointe d’apparence noire uniforme : on obtient un smoke. Sur un poil agouti, la racine est blanche puis survient une succession de bandes transparentes et de couleur : c'est le silver tabby. Le gène A détermine si la robe est tabby ou pas[41]. L'introduction de gènes de dilution d permet l'obtention de la couleur bleue.

Des recherches génétiques menées par l'université de Californie à Davis a rapporté la présence à très faible fréquence de l'allèle récessif responsable du gantage blanc du sacré de Birmanie chez le mau égyptien. Cette particularité n'est évidemment pas recherchée par les éleveurs. Un test génétique spécifique existe afin de détecter le gène de gantage birman[42].

Charte des couleurs du mau égyptien[43]
Silver Bronze Smoke Noir uni
I//I ou I//i
A//A ou A//a
i//i
A//A ou A//a
I//I ou I//i
a//a
i//i
a//a

Enjeux de l'élevage[modifier | modifier le code]

Les éleveurs travaillent avec les trois lignées de mau égyptien afin de garder les points positifs de chacune[5],[40]. Un autre objectif d'élevage pour les sujets de la CFA est de pouvoir concilier le développement de mau bronze rufus avec celui des silver : en effet, les polygènes rufus sur une robe argentée tendent à ternir la couleur. Des éleveurs s'inquiètent donc de la vogue des maus rufus, qui pourraient scinder l'élevage en deux, puisque le résultat des croisements entre les deux couleurs peuvent être très décevants[31].

Reproduction et croissance[modifier | modifier le code]

La robe d'un mau égyptien met du temps pour se fixer.

La couleur des yeux du mau égyptien peut mettre de un à un an et demi avant d'atteindre sa couleur définitive[2]. De même, la couleur de la robe et le dessin des taches évoluent au cours de la croissance[40].

Selon les statistiques du LOOF portant sur les années 2003 à 2011, la taille des portées est en moyenne de 3,36 chatons[36]. Les statistiques de la CFA de 1987 à 2008 sont de 2,9 à 3,9 chatons par portée en moyenne[44]. Le coefficient de consanguinité moyen des chatons enregistrés par le LOOF est de 4,92 %[Note 5]. Cinq étalons et dix femelles contribuent à plus de la moitié des naissances sur la période étudiée[36].

Santé[modifier | modifier le code]

Aucune étude scientifique uniquement orientée sur les pathologies du mau égyptien n'a été réalisée[5]. La race est considérée comme d'une santé solide du fait d'une gestion rigoureuse de la consanguinité réalisée par les éleveurs avec l'appui des clubs de race comme l'Aime[45]. Aucune maladie héréditaire n'est signalée pour cette race[5]. Des cas de cardiomyopathie hypertrophique féline et de syndrome asthmatiforme félin ont été signalés dans la lignée traditionnelle ; toutefois, l'apport des sujets égyptiens et indiens a permis d'accroître le patrimoine génétique de la race et donc de réduite fortement le risque d'apparition de ces maladies[5]. Quelques cas de luxation de la rotule sont également notés par les éleveurs[5].

Au Royaume-Uni, l'association d'élevage The Egyptian Mau Club déclare que les défauts esthétiques les plus fréquents sont les malformations de la queue (présence de bosses par exemple) et les hernies ombilicales. Ce dernier défaut étant héréditaire et semblant s'aggraver au cours des générations, les sujets atteints, même faiblement, sont retirés de la reproduction[46].

La longévité du mau égyptien est estimée à 12 à 13 ans[45].

Entretien[modifier | modifier le code]

Comme tout chat à poil court, l'entretien du mau égyptien se réduit à un brossage hebdomadaire. Toutefois, les éleveurs de la CFA recommandent un toilettage régulier en brossant le mau avec un peigne à dents resserrées puis un lustrage du poil en utilisant par exemple une peau de chamois. Avant une exposition féline, un bain est nécessaire en utilisant des shampooings spécialement formulés pour le type de pelage du mau égyptien[47].

Le mau égyptien dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans le film Le Hussard sur le toit de Jean-Paul Rappeneau, le héros félin ressemble beaucoup à un mau couleur bronze. Le mau égyptien GC Tavaron’s Dotte Coolpepper, de couleur silver tient le rôle du chat Midnight dans Catwoman de Pitof[38].

En philatélie, le mau égyptien a été représenté dans une série de timbres sur les races de chat en Afghanistan en 2000[48] et dans les antilles néerlandaises en 1995[49]. À l'occasion de l'exposition féline internationale 2011 de Monaco, l'Office des émissions de timbres-poste édite un timbre-poste à l'effigie d'un mau égyptien le 4 janvier 2011[45],.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ou Troubetzkoy selon la graphie.
  2. Joyfulpal de Yoshiko Moriya, Nekono-Mori de Tomiko et Sadafumi Morizumi, Wisteria FL de Hiroko Fujiwara, Celsior Mau de Yukio Watanabe et la chatterie Ambroisie de Rii Teranishi
  3. The Egyptian Mau Club, club de race britannique, fournit un document détaillant la bonne implantation des oreilles pour le standard GCCF :
    (en) « Egyptian Mau: correct ear set », The Egyptian Mau Club (consulté le 8 juillet 2011)
  4. Le keuda est un chat sélectionné pour être un bon chat de ferme, excellent souricier. Bien qu'il soit américain, il partage une morphologie très proche du mau égyptien. Le keuda est reconnu comme race par aucun registre d'élevage.
  5. À titre de comparaison, le coefficient de consanguinité du persan est de 4,09 %

Références[modifier | modifier le code]

  1. Paul-Henry Carlier, Les chats, Nathan,‎ 1983, 15 p. (ISBN 2092842439), « L'Égypte »
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) « Breed Article:The Egyptian Mau », sur http://www.cfainc.org/, Cat Fancier Association,‎ Juin 2002 (consulté le 22 octobre 2009)
  3. Michael Pollard, L'Encyclopédie du chat, Parragon,‎ 16 novembre 2003 (ISBN 978-1405414388), p. 384, p. 122
  4. a, b, c et d (en) « The Egyptian Mau Spot-on for Elegance », sur http://www.petpublishing.com/, Cats and Kitten (consulté le 22 octobre 2009)
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (fr) Noémie TOMMASINI, « Étude ethnologique de trois races félines à robe tachetée : le bengal, le mau égyptien, l'ocicat », sur http://theses.vet-alfort.fr/, École nationale vétérinaire d'Alfort,‎ 2003 (consulté le 25 octobre 2009)
  6. a, b, c, d et e (fr) Livre officiel des origines félines, « Le chat des pharaons », sur http://www.loof-actu.fr/,‎ 2009 (consulté le 22 octobre 2009)
  7. a, b, c, d, e, f, g, h et i (fr) Dr Bruce Fogle (trad. Sophie Léger), Les chats [« Cats »], Gründ, coll. « Le spécialiste »,‎ août 2007, 320 p. (ISBN 978-2-7000-1637-6), « mau égyptien », p. 116
  8. a, b, c, d et e Didier Hallépée, Le chat mau égyptien, Carrefour du Net,‎ 2009
  9. a, b et c (fr) « MAU EGYPTIEN », sur http://www.royalcanin.fr/, Royal Canin (consulté le 22 octobre 2009)
  10. a, b, c et d Christiane Sacase, Les Chats, Solar, coll. « Guide vert »,‎ février 1994 (ISBN 2-263-00073-9)
  11. (fr) « Imports », sur http://www.aime.us/, AIME (consulté le 25 novembre 2009)
  12. (en) Egyptian Mau breed council, « Egyptian Mau CFA firsts & records », sur http://www.egyptianmaubc.org/, CFA,‎ 2009 (consulté le 22 octobre 2009)
  13. (en) « Egyptian Mau », sur http://tica.org/, TICA (consulté le 23 octobre 2009)
  14. a et b (en) Melissa Bateson, « The origins and history of the Egyptian Mau », sur http://www.egyptianmaus.co.uk/, The Egyptian Mau Club (consulté le 30 octobre 2009)
  15. (en) Lisa Root, « History of EGYPTIAN MAU », sur http://www.breeds.traditionalcats.com/, Traditionnal Cat Association,‎ 19 juillet 2003 (consulté le 25 octobre 2009)
  16. (en) « The history of the Mau », sur http://www.egyptinmau.net/, The Finnish Egyptian Mau Association (consulté le 30 octobre 2009)
  17. a, b, c et d (en) Dot Brocksom, « Breed Profile: Egyptian Mau », sur http://www.cfainc.org, Cat Fancier Association,‎ 12 juin 2009 (consulté le 22 octobre 2009)
  18. a et b (fr) « Tableau des pedigrees par race et par année », sur http://www.loof-actu.fr/, LOOF,‎ 2013 (consulté le 11 juillet 2013)
  19. a et b (en) « CFA Egyptian Mau Breed Statistics », sur http://www.egyptianmaubc.org/, CFA Egyptian Mau Breed Council,‎ 2009 (consulté le 23 octobre 2009)
  20. (en) « Analysis of Breeds Registered by the GCCF © », sur http://www.gccfcats.org/, GCCF
  21. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m
  22. a, b, c et d (fr) Standard LOOF du 12 juin 2009 sur http://www.loof-actu.fr/. Consulté le 24 octobre 2009
  23. (en) Standard ACF du 23 juillet 2007
  24. (en) Standard ACFA de 2005
  25. (en) [(en) Standard FIFé sur http://www.fifeweb.org
  26. a, b et c (en) Standard TICA du 5 janvier 2008 sur http://www.ticaeo.com/
  27. (en) Standard CFA de 2009 sur http://www.cfainc.org. Consulté le 23 octobre 2009
  28. (fr) Livre officiel des origines félines, « Les types morphologiques », sur http://www.loof-actu.fr/,‎ 12 juin 2006 (consulté le 21 octobre 2009)
  29. (en) CFA Egyptian Mau Breed Council, « Percentage Of Cats Registered By Color As Of 2003 », sur http://www.egyptianmaubc.org (consulté le 2 novembre 2009)
  30. (en) « Egyptian Mau », sur http://www.iams.com/, I ams (consulté le 3 novembre 2009)
  31. a, b, c et d (en) Melissa Bateson, « The Bronze Egyptian Mau - past, present and future », sur http://www.egyptianmau.org/, Global Egyptian Mau Society (consulté le 25 octobre 2009)
  32. (fr) « Le caractère du mau égyptien », sur http://aime.ws/, Association Internationale du mau égyptien (AIME) (consulté le 30 octobre 2009)
  33. (en) « Arabian Mau », sur http://www.mecats.net/, Middle East Cat Society (consulté le 2 novembre 2009)
  34. (fr) Ashanti Bengals, « Qu’est-ce que le Glitter? », sur http://www.ashantibengals.com/ (consulté le 25 octobre 2009)
  35. (fr) « Mariage autorisé », sur http://www.loof-actu.fr/, LOOF,‎ 12 juin 2006 (consulté le 25 octobre 2009)
  36. a, b et c (fr) « Statistiques du LOOF », sur http://www.loof-actu.fr/, Livre officiel des origines félines,‎ 20112 (consulté le 31 septembre 2012)
  37. (fr) « Combien coûte un chat de race ? », sur http://www.chatsdumonde.com/, Chat du monde,‎ 2012 (consulté le 31 septembre 2012)
  38. a et b (en) Sandra Choron, Harry Choron, Arden Moore, Planet Cat: A Cat-alog, Houghton Mifflin Harcourt,‎ 2007, 424 p. (ISBN 9780618812592, lire en ligne)
  39. a, b et c (en) Anne Gregory, « THE EGYPTIAN MAU – SOME FACTS & FIGURES! », The Egyptian Mau Club,‎ 2007 (consulté le 8 juillet 2011)
  40. a, b et c (en) « Egyptian Mau: A gift of Re », sur http://www.geocities.com/Petsburgh/2369/, The Egyptian Mau Breeders and Fanciers Club (consulté le 3 novembre 2009)
  41. (fr) M. Peterschmidt, « L’ambre chez le chat des forêts norvégiennes, un mystère résolu »,‎ 15 juillet 2009
  42. (en) « Feline Coat Color Tests », sur http://www.vgl.ucdavis.edu/, Université de Californie à Davis (consulté le 22 décembre 2011)
  43. (en) « The Egyptian Mau Genetic Color Chart », sur http://www.egyptianmau.org, Global Egyptian Mau Society (consulté le 3 novembre 2009)
  44. (en) Egyptian Mau Breed Council, « Number of Egyptian Mau litters By Yeay », sur http://www.egyptianmaubc.org/, CFA,‎ 2008 (consulté le 1er novembre 2009)
  45. a, b et c (fr) Natalie Pilley-Mirande, « Le mau égyptien : Divin félin des pharaons », 30 millions d'amis, no 285,‎ mai 2011, p. 38-41
  46. (en) « Assessing Egyptian Mau kittens for breeding and show potential », sur http://www.egyptianmaus.co.uk/, The Egyptian Mau Club (consulté le 8 juillet 2011)
  47. (en) Dot Brocksom, « Grooming Tips: Egyptian Mau », sur http://www.cfainc.org/, CFA,‎ Juillet 1999 (consulté le 30 octobre 2009)
  48. (en) « Afghanistan », sur http://www.catsonstamps.nl/ (consulté le 19 juillet 2011)
  49. (en) « Netherlands Antilles », sur http://www.catsonstamps.nl/ (consulté le 19 juillet 2011)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

mau égyptien black smoke.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Associations d'élevage[modifier | modifier le code]

Standards[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Cet article est reconnu comme « article de qualité » depuis sa version du 10 décembre 2009 (comparer avec la version actuelle).
Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion et le vote l'ayant promu.