Eugen Fischer

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Eugen Fischer (au centre) en 1934.

Eugen Fischer (en français Eugène Fischer) (né le 5 juillet 1874 à Karlsruhe, dans le Bade-Wurtemberg - mort le 9 juillet 1967 à Fribourg-en-Brisgau) était un médecin, généticien, anthropologue et universitaire allemand, qui enseigna à l’université de Fribourg-en-Brisgau et fut recteur de l'université de Berlin.

Eugen Fischer étudia les Hereros du Sud-Ouest africain. Il est un disciple d'Alfred Ploetz dont il s'est inspiré pour sa théorie de l'hygiène raciale durant le nazisme et le fondateur et dirigeant à partir de 1927 de l’Institut d’hygiène raciale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Eugen Fischer est né le 5 juillet 1874 à Karlsruhe.

De ses études, il conclut aux « méfaits » de la mixité raciale entre Hereros et Allemands. Il poursuivit ses recherches dans les camps de concentration hereros du Sud-Ouest africain en 1904 où il effectua des expérimentations anthropologiques, médicales dont des recherches génétiques sur les corps des Hereros pendus. Il procédera également à la stérilisation des femmes.

Son ouvrage sur les principes de l'hérédité humaine et l'hygiène de la race est considéré comme ayant été une source inspiratrice de l'idéologie nazie. Fischer rejoint d'ailleurs le parti nazi peu de temps après sa formation.

En 1923, Adolf Hitler lors de son emprisonnement, aurait lu avec intérêt les travaux de Fischer avant de rédiger « Mein Kampf. »

Jusqu'en 1933, il dirige l'institut Kaiser Wilhelm d'anthropologie, d'hérédité humaine et d'eugénisme.

Après 1933 et l'avènement du régime nazi, le Docteur Eugène Fischer fut promu recteur de l'université de Berlin. En 1934, il donnait ses cours aux médecins SS dont le docteur Joseph Mengele qui devient son assistant.

Sous le régime nazi, il développe ses théories sur les spécificités raciales déterminant les origines raciales des individus. Il expérimente avec son équipe ses théories sur les Roms et les africains. Il fait pratiquer une stérilisation forcée de centaines de milliers d'individus comme les retardés ou les malades mentaux parce que « racialement déficients. » En 1936, les « bâtards de Rhénanie » se retrouvent ainsi pour moitié envoyés en camp de concentration, l’autre moitié étant stérilisée de force sous la supervision du docteur Fischer.

Fischer prit sa retraite en 1942.

Grand ami du philosophe Martin Heidegger, avant comme après la guerre (en 1944, Eugen Fischer écrit à son propos au gauleiter de Salzbourg que c'est un « penseur exceptionnel et irremplaçable pour [le] parti et [la] nation[1] ».

En 1959, Fischer publie ses mémoires « Rencontre avec les morts ». Il meurt le 9 juillet 1967, sans que son rôle dans la solution finale ou l'avènement du IIIe Reich ait jamais fait l'objet d'un procès.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Télégramme de Fischer demandant que Heidegger soit libéré du Volkssturm, cité par Hugo Ott, Martin Heidegger: éléments pour une biographie, Payot, 1990, 420 p. (ISBN 9782228882880) p. 166-167.

LIens externes[modifier | modifier le code]