Yvon Gattaz

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gattaz.
Yvon Gattaz
Image illustrative de l'article Yvon Gattaz
Fonctions
Président du CNPF
19811986
Prédécesseur François Ceyrac
Successeur François Perigot
Biographie
Date de naissance 17 juin 1925 (89 ans)
Lieu de naissance Bourgoin-Jallieu (Isère)
Nationalité Française
Enfant(s) Pierre Gattaz
Diplômé de École centrale de Paris
Profession Chef d'entreprise

Yvon Gattaz, né le 17 juin 1925 à Bourgoin-Jallieu (Isère), est chef d'entreprise français et président d'organisations patronales. Il est président du CNPF entre 1981 et 1986.

Défenseur de l'entreprise et notamment des petites entreprises, il a fondé plusieurs associations. Il est membre depuis 1989 de l'Académie des sciences morales et politiques (Institut de France), qu'il a présidée en 1999.

Il est le père de Pierre Gattaz, président du MEDEF en 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Yvon Gattaz est né à Bourgoin-Jallieu dans le département de l'Isère. Il est le fils de Marceau et Gabrielle Gattaz, artiste-peintre et institutrice. Il a effectué ses études supérieures à l'École centrale de Paris, puis a été ingénieur aux Aciéries du Nord (1948-1950) et chef de division aux Automobiles Citroën (1950-1954). En 1952, il fonde, avec son frère Lucien, la société Radiall, spécialisée dans la connectique électronique, et reste président-directeur général de cette société jusqu'en 1993. Depuis 1994, il en est président du Conseil de surveillance.

Il a été membre du comité exécutif du CNPF à partir de 1975 et membre du Conseil économique et social de 1979 à 1989. Après la victoire de François Mitterrand, en 1981, Yvon Gattaz, alors PDG d’une moyenne entreprise (Radiall), est sollicité par Paul Huvelin, ancien président, pour se présenter à la présidence du CNPF où il est élu en décembre 1981 pour 5 ans. L’organisation entame alors une « guerre des tranchées » avec le gouvernement socialiste en place[1][réf. nécessaire]. La bataille s’engage sur la question du passage aux 39 heures, sur la flexibilité du temps de travail, sur les nationalisations, sur l’impôt sur les grandes fortunes et la loi d’amnistie, mais surtout sur la montée des cotisations sociales des entreprises contre lesquelles Yvon Gattaz livre bataille, avec l'aide de deux de ses vice-présidents, Guy Brana, président de la commission économique, et Michel Maury-Laribière, président de l'action territoriale du CNPF.

Cette lutte est couronnée de succès dès le 16 avril 1982, lors de la grande réunion gouvernement-CNPF à Matignon : arrêt de l'augmentation des charges des entreprises, écrêtement de leur taxe professionnelle en échange de l'engagement d'investir, promesses qui seront tenues dans les deux sens. En 1982, Yvon Gattaz rencontre sept fois en tête-à-tête le président François Mitterrand à qui il fait part de l’exaspération des chefs d'entreprises : « Les entreprises sont exsangues, il faut stopper les saignées qu’on leur impose pour financer le progrès social »[2][réf. nécessaire]. Le retournement le plus spectaculaire de cette période fut le rassemblement de 28 000 chefs d'entreprise dans le tout nouveau parc des expositions de Villepinte, le 14 décembre 1982 qui changea la nature des rapports entre le CNPF et le gouvernement[3][réf. nécessaire]. En 1986, Yvon Gattaz devient président d'honneur du CNPF, aujourd'hui rebaptisé MEDEF.

Yvon Gattaz a également fondé en 1976 ETHIC (Entreprises de taille humaine indépendantes et de croissance), un mouvement patronal en faveur des entreprises à taille humaine pour favoriser la morale d'entreprise, la stratégie humaine vers l'harmonie sociale et la création d'entreprises nouvelles. En 1986, il a fondé l'Association Jeunesse et entreprises (AJE) qui vise à rapprocher les jeunes du monde de l'entreprise, association dont il est toujours le président. En 1987, Yvon Gattaz a créé le COMEX 93, Comité d'expansion économique de Seine-Saint-Denis, qu'il a présidé pendant 10 ans.

En 1995, il crée l'Association des moyennes entreprises patrimoniales (ASMEP) pour permettre la transmission, donc la pérennité de ce type d'entreprise, grâce à un abattement fiscal sur les droits de succession en contrepartie d'un pacte ASMEP de conservation des titres. ASMEP est devenue en 2009 ASMEP-ETI, le syndicat des Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) qu'il a présidé jusqu'en 2013 et dont il est désormais président d'honneur[4]. Ce combat l’a fait reconnaître comme le promoteur de la pérennité des entreprises (en particulier patrimoniales et familiales) et de la vision stratégique à long terme de leurs dirigeants[réf. nécessaire][5][6][7].

Depuis 1989, il est membre de l'Institut (Académie des sciences morales et politiques). Sollicité par le bâtonnier Albert Brunois, président à l'époque, pour se présenter à l'Académie, Yvon Gattaz sera élu la première fois et au premier tour. Il recevra son épée d'Académicien des mains d'Alain Peyrefitte en 1990 qui a déclaré : « Vous êtes le premier créateur d’entreprise industrielle à entrer sous la Coupole »[8][réf. nécessaire] depuis la création des Académies en 1635 . Depuis 1997, il est président de la section « Économie politique, statistique et finances » de l’Académie des sciences morales et politiques.

Création d’entreprises[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Yvon Gattaz est connu pour le rôle déterminant qu’il a joué pendant cinquante ans dans la création de nouvelles entreprises, en particulier par des jeunes. Il a tout d’abord donné l’exemple de création d’une entreprise industrielle à partir de zéro (Radiall en 1952)[9]

En 1970, il publie Les Hommes en gris pour inciter les diplômés de l’enseignement supérieur et, en particulier, les ingénieurs à créer des entreprises, même s’ils sont dépourvus de moyens financiers. Dans ce domaine, les « lois de Gattaz » sont restées célèbres : « Parmi les élèves de grandes écoles d’ingénieurs, seul 0,3 %, soit 1 par promotion de 300 crée une entreprise industrielle encore viable au bout de cinq ans » (en 1970)[10].

De même la « recette Gattaz » a été plébiscitée dans les grandes écoles commerciales  :

« Pour créer une entreprise, il suffit d’avoir 10 % de finances, 10 % de compétences, 40 % de vaillance, 40 % d’inconscience. »

[11]

Flexibilité sociale[modifier | modifier le code]

Lorsqu’il était président du CNPF, Yvon Gattaz a prôné les ENCA, « emplois nouveaux à contraintes allégées », qui ont été consacrés par la suppression de l’autorisation administrative de licenciement, « sauvant » ainsi 375 000 emplois en dix-huit mois, du 1er janvier 1987 au 1er juillet 1988[12][réf. incomplète].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Les Hommes en gris, Robert Laffont, 1970. Tout premier livre sur la création d'entreprises nouvelles. A lancé cette idée neuve chez les jeunes.
  • La Fin des patrons, Robert Laffont, 1979. La troisième race de patrons sera celle des animateurs au sens large.
  • Les patrons reviennent, Robert Laffont, 1988. Leur disparition n'était pas totale, et les meilleurs reviennent.
  • Le Modèle français, Plon, 1993. On connaît bien les handicaps des Français et très mal leurs atouts pourtant puissants.
  • Mitterrand et les patrons, en collaboration avec Philippe Simonnot, Fayard, 1999. Plus que de l'économie politique, c'est l'économie et la politique.
  • La Moyenne Entreprise, Fayard, 2002. Les plus inconnues et les plus performantes des entreprises françaises.
  • Mes vies d'entrepreneur, Fayard, 2006. Destiné à inciter, par l'exemple, des vocations d'entrepreneurs et de créateurs d'entreprises.
  • La Seconde Vie : faire de sa retraite un succès, Bourin Éditeur, 2010. Pour les seniors, préparer et organiser une retraite active, passionnante et salutaire.
  • Les ETI, entreprises de taille intermédiaire, Bourin Éditeur, 2010. Les nouvelles entreprises de taille intermédiaire de 250 à 5000 salariés, avec 30 témoignages de PDG performants.
  • L'Entreprise et les jeunes, Bourin Editeur, 2011. Depuis quelques décennies, les jeunes se rapprochent des entreprises et de leurs métiers, et les entreprises se rapprochent des jeunes pour leur information, leur formation et leur insertion.
  • Création d'entreprise: la double révolution, Eyrolles Éditeur, 2014. La première révolution (nombre d'entreprises créées) est gagnée, la seconde révolution (croissance des nouvelles entreprises) est à faire.

Citations[modifier | modifier le code]

Les gattazismes sont des aphorismes de fond, les gattazeries sont des aphorismes de forme.

  • "Vite et bien"[14]
  • "Les lois de Gattaz"[15]
  • "Il est indispensable d'espérer pour entreprendre"[16]
  • "L'entreprise n'a pas besoin d'aides, elle a besoin d'air"[17]
  • "Tout salaire mérite travail"[18]
  • "La multiplication des emplois passera par la multiplication des employeurs"[19]
  • "Le malheur est dans le prêt"[20]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yvon Gattaz et Philippe Simonnot, Mitterrand et les patrons, Fayard,‎ 1999
  2. Yvon Gattaz et Philippe Simonnot, Mitterrand et les patrons, Fayard,‎ 1999
  3. Yvon Gattaz et Philippe Simonnot, Mitterrand et les patrons, Fayard,‎ 1999
  4. « Elections à la présidence d’ASMEP-ETI »
  5. Yvon Gattaz, Les ETI, champions cachés de notre économie, Bourin,‎ 2010, p.17
  6. Yvon Gattaz, La moyenne entreprise, Fayard,‎ 2002, p.126
  7. « Historique d'ASMEP-ETI »
  8. Alain Peyrefitte, Discours de remise d'épée à Yvon Gattaz,‎ 31.05.1990, p.19
  9. « Yvon GATTAZ – Président d’Honneur d’ASMEP-ETI »
  10. Yvon Gattaz, Les Hommes en gris, Robert Laffont,‎ 1970, p.189
  11. Yvon Gattaz, Création d'entreprise: la double révolution, Eyrolles,‎ 2014, p.137
  12. Sources : UNEDIC et INSEE.
  13. « Décret du 31 décembre 2012 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier », sur legifrance.gouv.fr,‎ 31 décembre 2012 (consulté le 31 décembre 2012)
  14. Yvon Gattaz, Les Hommes en gris, Robert Laffont,‎ 1970, p.82
  15. Yvon Gattaz, Les Hommes en gris, Robert Laffont,‎ 1970, p.189
  16. Yvon Gattaz, Mes vies d'entrepreneur, Fayard,‎ 2006, p.36
  17. Yvon Gattaz, Mes vies d'entrepreneur, Fayard,‎ 2006, p.167
  18. Yvon Gattaz, Mes vies d'entrepreneur, Fayard,‎ 2006, p.244
  19. Yvon Gattaz, L'entreprise et les jeunes, Bourin,‎ 2011, p.87
  20. Yvon Gattaz, L'entreprise et les jeunes, Bourin,‎ 2011, p.95

Lien externe[modifier | modifier le code]