Union des industries et métiers de la métallurgie

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L’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) est la fédération patronale française regroupant, dans le domaine de la métallurgie, les principales entreprises françaises. Membre du Medef, l'UIMM est considérée comme l'une de ses branches les plus influentes.

Depuis novembre 2014, son président est Jean Luminet[1]. il succède à Frédéric Saint-Geours, élu le 20 décembre 2007[2] en remplacement de Denis Gautier-Sauvagnac, qui avait démissionné le 23 octobre précédent (tout en restant délégué général de l'organisation), à la suite des révélations sur l'existence d'une importante « caisse noire » aux destinations controversées[3]. Frédéric Saint-Geours est reconduit à la présidence pour 3 ans le 15 mars 2012 par le bureau de l'UIMM[4].

Le niveau opérationnel de l'UIMM est réalisé par des chambres syndicales territoriales, essentiellement départementales.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'UIMM est l'une des plus anciennes confédérations syndicales patronales de France. Elle est légalement créée en mars 1901, à l'initiative de Robert Pinot[5] et s’appelle alors l’Union des industries métallurgiques et minières en réaction au décret du 17 septembre 1900 instaurant des Conseils régionaux du travail par Alexandre Millerand, alors ministre du commerce et de l’industrie. Ces derniers devaient fonctionner avec des représentants des syndicats, notamment ouvriers[6], mais n'ont jamais été mis en place, le décret ayant été annulé en Conseil d'État.

Une préfiguration de ces Conseils régionaux du travail avait déjà été imposée à Eugène Schneider (1868-1942) en 1899 par la décision arbitrale de Waldeck-Rousseau, suite à la grève générale du Creusot en septembre-octobre 1899. Eugène Schneider avait alors écrit à de nombreux dirigeants industriels pour « travailler au groupement d'industriels qui, jusqu'à présent, n'avaient pas encore jugé nécessaire de se réunir en comités patronaux »[7]. L'Union est fondée à l'initiative de certains membres du Comité des forges, créé en 1864[8], dont certains membres, comme Camille Cavallier, estiment qu'il est incapable de faire face à la situation nouvelle. L'objectif formulé par Eugène Schneider est très clair : « organiser l'entente des patrons afin de résister aux grèves des ouvriers. »[9].

Pendant le XXe siècle, l'influence de l'UIMM est extrêmement importante sur l'ensemble du patronat français, notamment par la définition de sa doctrine sociale et par sa participation à la construction de la législation[10].

Le 11 septembre 1937, le siège de l'UIMM au 45, rue Boissière est la cible d’un attentat à la bombe fomenté par le groupe d'extrême droite La Cagoule. Comme lors d’une autre explosion, le même jour, contre la confédération générale du patronat français 4, rue de Presbourg, un agent de police en faction devant les bâtiments est tué. Ces deux actions terroristes qui avaient pour objectif d’en faire accuser les communistes, sont connues sous le nom d'attentats de l'Étoile, en raison de la proximité de la place de ce nom.

Le régime de Vichy prononce, le 9 novembre 1940, la dissolution officielle de tous les syndicats, salariés et patronaux et saisi l’ensemble de leurs biens, à l'exception de l'UIMM[11].

Stratégies et pratiques[modifier | modifier le code]

L'ouvrage de l'historienne Danièle Rousselier-Fraboulet « Quand les Patrons s'organisent » [12] décrit sur la période 1901-1950 les stratégies et les pratiques de l'UIMM (Union des industries métallurgiques et minières).

Champs d’intervention[modifier | modifier le code]

L'UIMM est signataire d'accords collectifs couvrant un large domaine d'activité. À ce titre, un accord national du 16 janvier 1979, modifié en 1983 et 1992, relatif au champ d’application des accords nationaux de la métallurgie, signé par l'organisation, se réfère à 18 classes de la nomenclature d'activité de l'INSEE de 1973. Sont ainsi visés des secteurs aussi variés que la sidérurgie et l'horlogerie.

Propagande politique[modifier | modifier le code]

Selon Joseph Pinard, historien et ancien député de 1981 à 1986, l'UIMM participe à l'élaboration du faux journal France Matin en 1974 visant à discréditer l'opposition de l'époque (c'est-à-dire la gauche). Il rapporte également, s'appuyant sur des sources "engagées"[13], qu'un an plus tôt, l'organisation patronale aurait financé des affiches et autocollants contre le programme commun de la gauche. Selon lui, « des preuves existent de l'implication de l'UIMM dans certaines campagnes politiques. C'est un fait historique »[14].

Rôle international[modifier | modifier le code]

De 1919 à 1974, la délégation patronale française à l'OIT est prise en charge par l'UIMM. Ces délégués ont, quasi systématiquement, été élus membres titulaires du Conseil d'administration du BIT[15].

Affaire de l'UIMM[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire de l'UIMM.

En 2007, la presse révèle que l'UIMM dispose d'une caisse noire de plusieurs centaines de millions d'euros, créée par les patrons de la métallurgie pour lutter contre les grèves.

Entre 2000 et 2007, 16 millions d'euros de retraits en liquide sont également effectués et des fonds publics auraient été détournés[16].

En octobre 2013, le parquet requiert une peine de deux ans de prison avec sursis et 250.000 euros d'amende à l'encontre de Denis Gautier-Sauvagnac. Les prévenus sont accusés notamment « d'abus de bien social, travail dissimulé, destruction de documents comptables, recel »[17]. Le jugement de première instance rendu le 10 février 2014 sanctionne les prévenus :

  • Denis Gautier-Sauvagnac est condamné à 3 ans de prison dont 1 ferme et 375 000 euros d'amende ;
  • Dominique de Calan (délégué général adjoint) est condamné à 1 an de prison avec sursis et 150 000 euros d’amende ;
  • Dominique Renaud (responsable du service comptable) à 8 mois avec sursis ;
  • Bernard Adam (directeur administratif) à deux mois avec sursis ;
  • L’UIMM en tant que personne morale a été condamnée à 150 000 euros d’amende.

Les prévenus ont interjeté appel[18].

Utilisation des réserves financières de l'UIM M[modifier | modifier le code]

L'UIMM annonce dans son communiqués de presse du 25 septembre 2008 garder pour elle ses réserves financières[19].

Pour l'UIMM, "Ces réserves financières s'élèvent aujourd'hui à 580 millions (valeur de marché). L'UIMM, qui en est pleinement propriétaire, a souhaité pouvoir les affecter à des projets entrant dans son objet social et d’intérêt général"[20].

En revanche, si on fait le total des sommes affectées aux 6 projets annoncés[20] :

  • Projet 1 : durée 5 ans. 10 millions par an,
  • Projet 2 : durée 5 ans. Dotation 10 millions et 2 millions par an,
  • Projet 3 : durée 5 ans. Dotation 20 millions et 10 millions par an,
  • Projet 4 : durée 5 ans. Dotation 50 millions et 1 million par an,
  • Projet 5 : durée inconnue. 5 millions par an,
  • Projet 6 : durée 5 ans. Deux sous projets d'1 millions par an chacun,

on arrive à un total, sur 5 ans, inférieur à 235 millions.

Par ailleurs l'UIMM participe depuis 2011 au financement du think-tank "La Fabrique de l'Industrie".

Secrétaires généraux et présidents[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le Toulousain Jean Luminet élu Président national de l'UIMM », ladepeche.fr,‎ 1er décembre 2014 (consulté le 3 décembre 2014)
  2. « Le patron de Peugeot succède à Denis Gautier-Sauvagnac à la tête de l'UIMM »], L'Expansion.com avec AFP, 20 décembre 2007.
  3. Affaire Uimm : Denis Gautier-Sauvagnac annonce sa démission - parismatch.com
  4. Bulletin Quotidien 16 MARS 2012]
  5. Jacques Marseille, "Nouvelles lectures sur les avenirs flous de la longue crise" dans Vingtième siècle : Revue d'histoire, Presses de Sciences Po, (ISBN 2-72462-888-8)
  6. Danièle Fraboulet, Quand les patrons s’organisent. Stratégies et pratiques de l'Union des industries métallurgiques et minières 1901-1950, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve-d'Ascq, 2007, pp. 30-31 et aussi Claire Guélaud, Le cœur d’acier du patronat, Le Monde n°19506 daté du 11/10/2007, page 3
  7. Lettre cité par René-Pierre Parize, Le Creusot 1898-1900. La naissance du syndicalisme et les mouvements sociaux à l'aube du XXe siècle, Les nouvelles éditions du Creusot, Le Creusot, 2009, p.197.
  8. UIMM: Un pilier du patronat vacille, Les Échos, 17 octobre 2007
  9. Cité par René-Pierre Parize, op. cit..
  10. Danièle Fraboulet, Quand les patrons s’organisent, op. cit., pp.181-260
  11. Qui donc découvre seulement aujourd’hui l’UIMM ?
  12. Presses Universitaires du septentrion , 2007 , Villeneuve d'Ascq
  13. le journal L'Unité
  14. propos recueillis par Karl Laske, L'UIMM, l'enquête qui va à droite, site contrejournal du quotidien Libération, 31/01/08 [lire en ligne]
  15. Historique de la Délégation patronale française à l'OIT et à l'OIE, Jean-Jacques OECHSLIN
  16. UIMM : la caisse noire remplie par des stagiaires fantômes
  17. UIMM:deux ans avec sursis requis contre l'ancien président, Lefigaro.fr, 21 octobre 2013
  18. Marie Bellan, « Lourdes condamnations pour la «caisse noire» de l’UIMM », Les Echos,‎ 10 février 2014 (lire en ligne)
  19. Que devient la cagnotte de l'UIMM ?, Bakchich.info, 26 septembre 2008.
  20. a et b L’UIMM lance un projet ambitieux pour l’Industrie et l’Emploi, Uimm.fr 25 septembre 2008.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Danièle Fraboulet, Quand les patrons s’organisent. Stratégies et pratiques de l’Union des industries métallurgiques et minières 1901-1950, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve-d'Ascq, 2007, 372 p.
  • Guillaume Delacroix, Enquête sur le patronat : dans les coulisses du scandale Medef-UIMM, Plon, 2009.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]