Lasse Virén

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Lasse Virén Portail athlétisme
LasseViren1976.jpg
Lasse Virén en 1976 à son retour des Jeux olympiques de Montréal
Informations
Disciplines 5 000 m, 10 000 m et marathon
Nationalité Drapeau de la Finlande Finlande
Naissance 22 juillet 1949
Lieu Myrskylä
Taille 1,80 m
Poids 60 kg
Palmarès
Jeux olympiques 4 0 0
Championnats d'Europe 0 0 1

Lasse Virén (né le 22 juillet 1949 à Myrskylä) est un coureur de fond finlandais. Quatre fois médaillé d'or aux Jeux olympiques, il n'a néanmoins obtenu qu'une médaille de bronze lors des championnats d'Europe.

Carrière[modifier | modifier le code]

Lasse Virén signe sa première performance sur 5 000 m en 1968 (un modeste 14 min 59 s 4) et déclare à l'issue de cette course qu'il a pour ambition de succéder à Paavo Nurmi, suscitant des réactions amusées des observateurs. Virén retient la leçon et se mure alors dans un silence total jusqu'à la fin de sa carrière[1].

Il suit un entraînement typique des fondeurs finlandais et décroche une qualification pour les Championnats d'Europe 1971 en signant le record de Finlande sur 5 000 m (13 min 32 s 6). Il termine septième de la finale européenne remportée par son compatriote Vaatinen, qui le dépossède de son record de Finlande (13 min 35 s 2). Dix jours plus tard, Virén bat à nouveau le record (13 min 29 s 8)[2].

En 1972, lors des Jeux olympiques de Munich, il se présente comme un outsider mais enlève deux médailles d'or sur 5 000 et 10 000 m. En remportant ces deux distances la même année, il rejoint ainsi Hannes Kolehmainen (1912), Emil Zátopek (1952) et Volodymyr Kuts (1956). Miruts Yifter (1980) et Kenenisa Bekele (2008) sont les seuls après lui à réussir le même exploit. Virén bat à cette occasion le record du monde sur 10 000 m qui tenait depuis 1965 (27 min 38 s 34). Il conserve ce record du monde sur 10 000 m du 3 septembre 1972 au 13 juillet 1973 et est élu athlète de l'année en 1972 et sportif finlandais de l'année en 1972.

Entre les JO de 1972 et 1976, Virén se consacre exclusivement à l'entraînement mais en profite également pour écrire un livre, Les secondes dorées, où il lève le voile sur ses méthodes d'entraînement. Il fait de furtives apparitions en compétition, notamment à l'occasion des Championnats d'Europe 1974 où il décroche une décevante médaille de bronze sur 5 000 m.

Outsider en 1972, Virén n'est pas favori aux Jeux olympiques d'été de 1976 de Montréal. Le Portugais Carlos Lopes tient ce rôle sur 10 000 m. Ce dernier fait exploser le peloton, mais Virén ne cède pas. À la cloche, Virén produit son effort, laissant Lopes sur place. Il remporte son troisième titre olympique en 27 min 40 s 4 avec quatre secondes d'avance sur son dauphin. Cette performance surprend les observateurs, qui l'attendent maintenant sur 5 000 m, où la concurrence est très relevée. Appliquant sa tactique habituelle, Virén se contente de suivre le rythme des meilleurs. Conscients du danger, les autres concurrents se refusent à donner un rythme soutenu à la course, contraignant Virén à prendre le contrôle de la course à deux km de l'arrivée. Lui qui avait remporté ses trois premiers titres au finish, allait alors démontrer toute sa puissance. Il se lance alors dans une véritable démonstration, conservant l'allure d'un 1 500 m jusqu'au bout. Les quatre favoris terminent à plusieurs centaines de mètres derrière Virén. Le public est stupéfait d'une telle performance et salue longuement l'auteur d'une performance inédite : doublé 5 000 - 10 000 m sur deux olympiades. Même Zatopek n'avait pas réussi cet exploit.

Il effectue un tour d'honneur pieds nus en brandissant ses chaussures après la finale olympique du 10 000 m. Cette image est emblématique de sa carrière, mais certains lui reprochent d'avoir voulu faire de la publicité à son équipementier. Virén se défend de cette accusation en précisant : « Après le 10 000 m, j'avais mal au pied. Je n'ai pas voulu faire de pub ! »[3]

On l'accuse alors de se doper et de pratiquer l'auto-transfusion sanguine, non interdite à l'époque. Virén répond simplement lors de la conférence de presse se tenant après son quatrième titre olympique que son seul dopant est du lait de renne qu'il consomme à chaque petit-déjeuner[4].

Le 31 juillet, il est au départ du marathon olympique de Montréal où il termine cinquième en h 13 min 10 s 8.

Il revient en compétition en 1979 et prend part à un marathon avec pour objectif de remporter celui des Jeux olympiques d'été de 1980 à Moscou. Il s'aligne effectivement sur le 10 000 m et le marathon à Moscou, mais les résultats sont décevants : abandon au 27e km du marathon et cinquième place lors de la finale du 10 000 m derrière les nouveaux rois du fond : les Africains.

Il participe au marathon des Jeux olympiques d'été de 1984 à Los Angeles où il termine très péniblement en h 27 min 31 s. En 1988, on le retrouve au marathon de Paris qu'il termine avec un chrono de jogger : h 39 min 30 s.

Il entre ensuite en politique et devient député pour le compte du Parti de la Coalition nationale en 1999[5]. Réélu en 2003, il échoue de justesse en 2007 et n'est que premier suppléant dans la circonscription d'Uusimaa[6].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Jeux olympiques d'été[modifier | modifier le code]

Championnats d'Europe[modifier | modifier le code]

National[modifier | modifier le code]

  • 2 titres au 1 500 m (1972, 1974)
  • 2 titres au 5 000 m (1969, 1976)[7]


Records[modifier | modifier le code]

Records personnels
Épreuve Performance Lieu Date
1 500 m 3 min 41 s 8 Lappeenranta 29 juin 1976
3 000 m 7 min 43 s 2 (RN) Oulu 27 juillet 1972
2 miles 8 min 14 s 0 (RN) Stockholm 14 août 1972
5 000 m 13 min 16 s 3 (RN) Helsinki 14 septembre 1972
10 000 m 27 min 38 s 35 Munich 3 septembre 1972
Marathon 2 h 13 min 11 s Montréal 31 juillet 1976

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Charpentier et Euloge Boissonnade, 100 ans de Jeux olympiques, Paris, France-Empire, 1996, p. 475
  2. Bernard Leroy, Dictionnaire encyclopédique des sports, des sportifs et des performances, Paris, Denoel, 1973, p. 142
  3. coll., Les Jeux olympiques, Paris, L'Équipe, 2003, p. 373
  4. Henri Charpentier et Euloge Boissonnade, op. cit., p. 475
  5. (fi) Fiche parlementaire des ex-députés
  6. (fi) Ministère de la justice, résultat des élections législatives de 2007
  7. (en) « FINNISH CHAMPIONSHIPS », sur gbrathletics.com (consulté le 29 août 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]