Heike Drechsler

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Heike-Drechsler-01.JPG
Heike Drechsler en 2008
Informations
Disciplines 100 m, 200 m, relais 4 × 100 m, saut en longueur et heptathlon
Période d'activité Début des années 1970 jusqu'au début des années 2000
Nationalité Drapeau de l'Allemagne de l'Est Allemagne de l'Est et Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Naissance 16 décembre 1964
Lieu Gera (Allemagne de l'Est)
Taille 1,82 m
Poids 68 kg
Club SC Motor Jena, TuS Jena, LAC Chemnitz, Erfurter LAC, ABC Ludwigshafen, Karlsruher SC
Entraîneur Peter Hein, Erich Drechsler, puis Alain Blondel
Records
4 RM du saut en longueur, 2 RM du 200 m et 1 RM (junior) de l'heptathlon
Distinctions
• Élue au Temple de la renommée de l'IAAF en 2014
Trophée Track and Field de l'athlète de l'année en 1992
Palmarès
Jeux olympiques 2 1 2
Championnats du Monde 2 2 2
Championnats d'Europe 5 1 0

Heike Drechsler, née Daute le 16 décembre 1964 à Gera, est une athlète allemande spécialiste des épreuves de sprint, de saut en longueur et d'heptathlon. Elle est double championne olympique et double championne du monde de saut en longueur et a été à cinq reprises championne d'Europe. Elle a également été détentrice des records du monde du saut en longueur et du 200 mètres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Athlète précoce, Heike Daute établit un premier record du monde, chez les juniores, en 1981. Deux ans plus tard, elle porte son record à 7,14 m. Lors de la même saison 1983, le grand public découvre cette athlète est-allemande lors des Championnats du monde 1983 d'Helsinki où elle obtient la médaille d'or en saut en longueur à seulement dix-neuf ans[1].

Heike Daute en 1984

Heike Daute devient la favorite des Jeux olympiques de Los Angeles en 1984. Mais la République démocratique allemande, comme la plupart des autres nations du bloc de l'Est, boycottent cet événement. En fin de saison, elle réalise sa meilleure performance personnelle en heptathlon lors du meeting de Talence avec 6 741 points.

En 1985, elle établit un nouveau record du monde du saut en longueur en réalisant 7,44 m en septembre à Berlin. Elle termine sa saison par une victoire lors de la coupe du monde.

En 1986, elle réalise de grandes performances : le 16 février, elle établit à Senftenberg (Allemagne de l'Est) un nouveau record du monde du 100 yards en salle, en 10 s 24[2]. Puis elle bat son record du monde du saut en longueur d'un centimètre le 21 juin à Tallinn. Huit jours plus tard, elle égale, avec 21 s 71, le record du monde du 200 m, détenu par sa compatriote Marita Koch. Elle égale son propre record du saut en longueur quatre jours plus tard. Enfin, lors des Championnats d'Europe de Stuttgart, elle égale de nouveau le record de Koch pour remporter son premier titre européen. Lors de cette compétition, elle réalise le doublé en remportant également le saut en longueur[3]. Ces performances lui valent quelques distinctions personnelles : elle est désignée athlète de l'année en République démocratique allemande, succédant à Marita Koch et elle est désignée United Press International Athlete of the Year Award, distinction attribuée par l'agence de presse américaine United Press International et qui récompense la meilleure athlète, quel que soit le sport pratiqué, de l'année.

La saison hivernale 1987 voit l'apparition d'une nouvelle compétition, les Championnats du monde en salle dont la première édition se déroule à Indianapolis. Drechsler y remporte deux titres, le 200 m et le saut en longueur.

Lors des Championnats du monde de Rome, elle a pour ambition de remporter trois titres, le 200 mètres, le saut en longueur et le relais 4 × 100 mètres. L'heptathlète américaine Jackie Joyner-Kersee, qui deviendra sa plus grande rivale sur la discipline et qui a égalé le record du monde de Drechsler lors des jeux panaméricains trois semaines avant le début des championnats mondiaux, remporte le titre en sautant 7,36 m. Drechsler, blessée au genou, revient en larmes du sautoir après avoir manqué son quatrième saut. Elle n'utilise pas son cinquième essai, puis voyant que la troisième place lui est assurée, elle décide de ne pas utiliser son dernier essai. Elle remporte ainsi la médaille de bronze avec 7,13 m, l'argent étant remporté par la Soviétique Yelena Belevskaya[4],[5]. L’Américaine remportera également l'heptathlon[6]. Lors de ces mondiaux de Rome, Drechsler participe également au 100 m, terminant à la deuxième place derrière sa compatriote Silke Gladisch[7]. Sa blessure l'empêche de participer au relais 4 × 100 mètres.

Heike Drechsler en 1988

Pour ses premiers Jeux olympiques à Séoul, elle termine troisième du 100 m derrière l'Américaine Florence Griffith-Joyner qui remporte le titre en 10 s 54 et une autre Américaine, Evelyn Ashford, qui déclara lors de la conférence de presse : « Aucune femme ne peut battre Florence Griffith »[8]. Dans l'épreuve du 200 m, Drechsler se voit dépossédée de son record du monde lors de la demi-finale par Griffith-Joyner. Celle-ci abaisse encore le record en finale, le portant à 21 s 34, soit 37 centièmes de mieux que le précédent record de l'Allemande. Drechsler termine à nouveau troisième, derrière la Jamaïcaine Grace Jackson[9]. Le concours de saut en longueur est également très relevé avec la présence de Jackie Joyner-Kersee, belle-sœur de Griffith, et de Galina Chistyakova, nouvelle détentrice du record du monde avec 7,52 m. Celle-ci prend l'avantage, puis est dépassée par Drechsler qui prend la tête avec 7,18 m puis 7,22 m. Lors de son cinquième essai, Jackie Joyner-Kersee réalise 7,40 m, soit 18 centimètres de mieux que Drechsler et remporte son deuxième titre olympique après l'heptathlon où elle a de plus battu le record du monde[6].

Après une année sabbatique en 1989, pour donner naissance à son fils, elle revient au plus haut niveau, devenant championne d'Europe 1990 du saut en longueur avec 7,30 m. Elle obtient une médaille d'argent sur le 200 m, battue par sa compatriote Katrin Krabbe[3].

Lors des Mondiaux de Tokyo, l'affrontement entre Joyner-Kersee et Drechsler tourne à nouveau à l'avantage de l'Américaine, l'Allemande se contentant de l'argent avec un saut de 7,29 m[10]. Elle remporte une deuxième médaille dans ces championnats avec le bronze du relais 4 × 100 mètres.

Heike Drechsler prend enfin sa revanche, à la longueur, lors des Jeux olympiques de 1992 à Barcelone avec un saut de 7,14 m, Joyner-Kersee n'obtenant que le bronze.

Drechsler confirme cette suprématie lors des Mondiaux de 1993 à Stuttgart en réalisant 7,11 m[11]. L'année suivante, elle gagne son troisième titre européen lors des Championnats d'Europe d'Helsinki.

Suit alors une période de problèmes : elle doit d'abord s'excuser publiquement après les révélations sur les techniques de dopage datant de l'époque de la République démocratique allemande. Puis, elle est blessée aux ischio-jambiers, blessure qui sera pour elle une blessure récurrente.

Lors des quatrièmes Championnats du monde, disputé à Göteborg, Drechsler ne termine qu'à la neuvième place[12]. Elle retrouve un niveau correct lors de la saison hivernale suivante où elle termine avec la meilleure performance mondiale et en étant invaincue. Cependant, sa saison estivale est perturbée par une blessure au genou droit qui la prive des Jeux olympiques d'Atlanta. Elle termine toutefois la saison avec une seconde place lors de la Finale du Grand Prix IAAF[13].

Heike Drechsler renoue avec les podiums la saison suivante en conservant son titre européen de la longueur lors des Championnats d'Europe de Budapest avec un saut de 7,16 m. Elle est seulement devancée au bilan mondial par une nouvelle venue, l'Américaine Marion Jones, la battant toutefois lors de la coupe du monde de Johannesburg[13]. Mais sa blessure récurrente la rattrape et l'empêche de participer aux Mondiaux 1999 de Séville, son premier forfait dans cette épreuve[13].

Elle n'est donc pas favorite lors des Jeux olympiques de Sydney, laissant ce rôle à de redoutables concurrentes telles que Marion Jones qui domine l'athlétisme ou Tatyana Kotova. Elle met cependant fin à l'espoir de l'Américaine Marion Jones de remporter cinq titres au cours de mêmes Jeux en remportant le concours des jeux de Sydney avec 6,99 m lors de son troisième essai. L’Américaine termine à la troisième place à sept centimètres, devancé pour la deuxième place par l'Italienne Fiona May qui la devance grâce à un meilleur deuxième saut[14]. L’Allemande remporte ainsi son deuxième titre olympique, au saut en longueur, à 35 ans, 8 ans après Barcelone et 17 ans après son premier titre mondial.

Elle continue sa carrière mais les blessures l'empêchent de participer aux compétitions majeures. Elle annonce sa retraite sportive en mai 2005.

En 2014, elle est intronisée au Temple de la renommée de l'IAAF[15].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle s'est mariée en 1984 avec Andreas Drechsler, ancien athlète et footballeur, avec qui elle a eu un fils Tony. Le couple a divorcé en 1997. Heike Drechsler fut la compagne du décathlonien français Alain Blondel, qui fut son dernier entraîneur. Actuellement, son compagnon se nomme Steffen.

Stasi et dopage[modifier | modifier le code]

En 1992, le professeur Franke, biochimiste, et son épouse, ancienne heptathlète de la République démocratique d'Allemagne, publient un livre où ils expliquent que, à partir des archives de la Stasi, ils arrivent à déterminer quels athlètes étaient suivis dans le cadre d'un dopage à base principalement de stéroïde et de testostérone. Bien que les archives ne contiennent pas de noms, les dates et performances permettent d'identifier les noms de code utilisés. Selon ces dossiers, Drechsler aurait reçu des produits dopants entre 1982 et 1984. L’Allemande, qui avait contesté les faits à l'époque en traitant les auteurs de menteurs fut condamnée à leur verser 7 500 £ et à faire des excuses publiques[16].

Drechsler déclara en août 2009 qu'elle n'excluait pas d'avoir été dopée à son insu : « Qu'il y ait eu du dopage en ex-RDA, cela ne fait aucun doute. Il y a certainement eu des moments (...) où lorsqu'on allait chez le médecin, on recevait des choses sans réfléchir à ce que c'était », « Au final, les sportifs étaient tous en RDA en quelque sorte des victimes »[17].

En outre, d'autres archives présentent Drechsler comme une collaboratrice de la Stasi, sous le pseudonyme de « Jump », ayant pour mission d'espionner les autres athlètes. Cette affirmation a toujours été niée par Drechsler[18].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Année Compétition Lieu Discipline Place Performance
1983 Championnats d'Europe en salle Budapest Saut en longueur 3e 6,61 m
Championnats du monde Helsinki Saut en longueur 1re 7,27 m
1985 Championnats d'Europe en salle Athènes Saut en longueur 3e 6,97 m
Coupe du monde Canberra Saut en longueur 1re 7,27 m
1986 Championnats d'Europe en salle Madrid Saut en longueur 1re 7,18 m
Championnats d'Europe Stuttgart 200 m 1re 21 s 71
Saut en longueur 1re 7,27 m
1987 Championnats d'Europe en salle Liévin Saut en longueur 1re 7,12 m
Championnats du monde en salle Indianapolis 200 m 1re 22 s 27
Saut en longueur 1re 7,10 m
Championnats du monde Rome 100 m 2e 11 s 00
Saut en longueur 3e 7,13 m
1988 Championnats d'Europe en salle Budapest Saut en longueur 1re 7,30 m
Jeux olympiques Séoul 100 m 3e 10 s 85
200 m 3e 21 s 95
Saut en longueur 2e 7,22 m
1990 Championnats d'Europe Split 200 m 2e 22 s 19
Saut en longueur 1re 7,30 m
1991 Championnats du monde en salle Séville Saut en longueur 2e 6,82 m
Championnats du monde Tokyo Saut en longueur 2e 7,29 m
4 × 100 m 3e 42 s 33
1992 Jeux olympiques Barcelone Saut en longueur 1re 7,14 m
Coupe du monde La Havane Saut en longueur 1re 7,16 m
1993 Championnats du monde Stuttgart Saut en longueur 1re 7,11 m
1994 Championnats d'Europe en salle Paris Saut en longueur 1re 7,06 m
Championnats d'Europe Helsinki Saut en longueur 1re 7,14 m
Finale du Grand Prix IAAF Paris Saut en longueur 3e 6,83 m
1995 Championnats du monde Göteborg Saut en longueur 9e 6,64 m
1996 Finale du Grand Prix IAAF Milan Saut en longueur 2e 6,87 m
1997 Championnats du monde en salle Paris Saut en longueur 7e 6,63 m
Championnats du monde Athènes Saut en longueur 4e 6,89 m
1998 Championnats d'Europe Budapest Saut en longueur 1re 7,16 m
Coupe du monde Johannesburg Saut en longueur 1re 7,07 m
2000 Championnats d'Europe en salle Gand Saut en longueur 2e 6,86 m
Jeux olympiques Sydney Saut en longueur 1re 6,99 m
Finale du Grand Prix IAAF Doha Saut en longueur 1re 7,07 m
2001 Championnats du monde en salle Lisbonne Saut en longueur 5e 6,75 m
Championnats du monde Edmonton Saut en longueur qualification 4,45 m
2002 Championnats d'Europe Munich Saut en longueur 5e 6,64 m

Autres[modifier | modifier le code]

  • Première du classement final du Grand Prix en 1992
  • 15 fois championne d'Allemagne (dont 8 en RDA)

Records[modifier | modifier le code]

Distinctions personnelles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « 1st IAAF World Championships in Athletics Helsinki LONG JUMP - Women », sur www2.iaaf.org (consulté le 9 septembre 2009)
  2. (de) « Bild 183 Allgemeiner Deutscher Nachrichtendienst - Zentralbild », sur www.bild.bundesarchiv.de (consulté le 24 mai 2013)
  3. a et b (en) « Result of European championship », sur www.gbrathletics.com (consulté le 11 septembre 2009)
  4. (en) « Long jump victory to Joyner-Kersee », sur www.nytimes.com,‎ 5 septembre 1987 (consulté le 11 septembre 2009)
  5. (en) « 2nd IAAF World Championships in Athletics LONG JUMP - Women », sur www2.iaaf.org (consulté le 9 septembre 2009)
  6. a et b « Jackie Joyner, la référence », sur www.dyligences.be (consulté le 7 septembre 2009)
  7. (en) « 2nd IAAF World Championships in Athletics 100 m », sur www2.iaaf.org (consulté le 9 septembre 2009)
  8. Robert Parienté, Guy Lagorce, La Fabuleuse Histoire des jeux Olympiques, Le mystère Griffith, page 655 (ISBN 2830705831)
  9. Robert Parienté, Guy Lagorce, op. cit., p. 665 (« Des belles-sœurs en or »).
  10. (en) « 3rd IAAF World Championships in Athletics Tokyo », sur www2.iaaf.org (consulté le 9 septembre 2009)
  11. (en) « 4th IAAF World Championships in Athletics Stuttgart », sur www2.iaaf.org (consulté le 9 septembre 2009)
  12. (en) « 5th IAAF World Championships in Athletics Göteborg », sur www2.iaaf.org (consulté le 9 septembre 2009)
  13. a, b et c (en) « Heike Drechsler », sur www.sporting-heroes.net (consulté le 8 septembre 2009)
  14. (en) « Drechsler shatters Jones' golden dream », sur news.bbc.co.uk,‎ 29 septembre 2000 (consulté le 9 septembre 2009)
  15. (en)« Twelve athletics legends inducted into IAAF Hall of Fame », sur iaaf.org,‎ 11 novembre 2014 (consulté le 11 novembre 2014)
  16. (en) « Athletics: The spy who jumped in from the cold », sur www.independent.co.uk,‎ 23 août 2007 (consulté le 11 septembre 2009)
  17. « Heike Drechsler ne nie pas », sur www.sport.fr,‎ 16 août 2009 (consulté le 11 septembre 2009)
  18. (en) « The Legacy of Doping in the GDR », sur www.spiegel.de,‎ 17 août 2009 (consulté le 11 septembre 2009)
  19. (en)« Track & Field news Athletes of the Yar », sur trackandfieldnews.com (consulté le 6 janvier 2012)
  20. (en)« UPI International Athletes of the Year », sur hickoksports.com (consulté le 6 janvier 2012)
  21. « Fredericks and Drechsler receive Fair Play Award », sur www.iaaf.org,‎ 14 août 2005 (consulté le 21 septembre 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]