Kashmir (chanson)

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Kashmir

Chanson de Led Zeppelin
extrait de l'album Physical Graffiti
Sortie 24 février 1975
Enregistré janvier-février 1974
Headley Grange, Hampshire Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Durée 8:29
Genre Hard rock[1],[2]
Rock progressif[2],[3]
Auteur Robert Plant
Compositeur Jimmy Page
Robert Plant
John Bonham
Producteur Jimmy Page
Label Swan Song Records

Pistes de Physical Graffiti

Kashmir est une chanson du groupe britannique de rock Led Zeppelin issue de leur sixième album studio Physical Graffiti publié le 24 février 1975 sur leur label Swan Song Records. Écrite par Robert Plant lors d'un voyage au Maroc et composée par Jimmy Page, Robert Plant et John Bonham pendant trois années, ce morceau est, selon John Paul Jones et Robert Plant, la chanson « qui représente le mieux le groupe ». Elle a été jouée à chaque concert du groupe à partir de 1975 jusqu'à sa dissolution en 1980, et de nouveau lors de la réunion à l'O2 Arena de Londres le 10 décembre 2007 avec Jason Bonham à la batterie.

Contexte[modifier | modifier le code]

Comme le claviériste et bassiste John Paul Jones est en retard aux sessions d'enregistrement, Jimmy Page commence à travailler sur le riff avec John Bonham, le batteur. Ils font ainsi plusieurs démos fin 1973, puis Jimmy Page ajoute la partie du milieu du morceau et enfin John Paul Jones termine avec les cordes[n 1],[o 1]. Pour Robert Plant et John Paul Jones, c'est la chanson qui représente le mieux Led Zeppelin[4].

Caractéristiques artistiques[modifier | modifier le code]

La chanson dure huit minutes et trente-deux secondes, une durée que les stations de radio considèrent généralement comme trop longue pour que le morceau soit passé à l'antenne. Cependant, lors de la sortie de l'album Physical Graffiti, elles n'hésitent pas à la diffuser, d'autant plus que Stairway to Heaven passait très bien alors que les deux titres ont une durée similaire. Le Long play original annonçait, à tort, un temps de neuf minutes et quarante et une secondes pour Kashmir.

Musique[modifier | modifier le code]

La chanson est centrée sur la progression d'un accord signé apparu en premier dans le studio-maison de Jimmy Page. C'est l'extension d'un cycle de guitare qu'il a travaillé depuis des années. C'est le même cycle qui est utilisé sur les chansons Black Mountain Side, White Summer et Swan-Song (non publiée).

Pour la chanson, Jimmy Page se sert d'un accordage de guitare alternatif. Ses cordes sont accordées en Open Dsus4 ou DADGAD. La batterie de John Bonham produit du phasing pour donner plus de puissance à la grosse caisse en faisant des sons plus sourds. Cet effet est créé par un déphaseur Eventide de première génération gracieusement fourni par Ron Nevison[5]. Jimmy Page estime d'ailleurs que le jeu du batteur est la clé du morceau puisqu'il dit que « c'est ce qu'il n'a pas fait qui a permis que ça fonctionne »[n 1]. Certains parties de la chanson utilise la polyrythmie avec la batterie et les paroles sur une rythmique à quatre temps tandis que les autres instruments sont sur une structure rythmique à trois temps[6],[o 2]. La chanson comprend des éléments de musique classique marocaine, indienne et du Moyen-Orient. Jimmy Page explique « qu'il avait un sitar pendant un temps et il était intéressé par les arrangements modaux et les trucs arabes. Ça a commencé par un riff et après j'étais au Moyen-Orient »[o 3].

Un orchestre composé de cuivres et de cordes est accompagné par une guitare électrique et un mellotron sur la chanson. C'est l'une des rares chansons de Led Zeppelin où des musiciens extérieurs leur viennent en aide. Les musiciens ne sont venus que pour les parties jouées par les cordes et le cor d'harmonie[o 1]. Selon John Paul Jones, « le secret d'une section réussie au clavier à cordes, c'est de ne jouer que ce qu'un véritable instrument à cordes aurait joué. C'est une ligne pour les premiers violons, une ligne pour les seconds, une pour les altos, une pour les violoncelles, une pour les contrebasses. Quelques parties peuvent être divisées pour une ou deux notes, mais il faut le faire un minimum. Il faut penser mélodiquement »[7].

Paroles[modifier | modifier le code]

C'est sur la route entre Guelmim et Tan-Tan dans le sud du Maroc que Robert Plant écrit les paroles de la chanson.

Les paroles sont écrites par Robert Plant en 1973, juste après leur tournée nord-américaine achevée le 29 juillet, dans un lieu qu'il nomme « les terres en friche »[o 3] dans le sud du Maroc pendant qu'il conduisait entre Guelmim et Tan-Tan dans le désert du Sahara[n 1],[o 1]. Malgré cela, la chanson se nomme Kashmir en référence au Cachemire, une région du nord-ouest de l'Himalaya[8]. Robert Plant explique au journaliste Cameron Crowe que « toute l'inspiration vient du fait que la route passait, passait, passait. C'était une simple route qui traversait pratiquement le désert. Il y avait des rochers à deux miles à l'ouest et à l'est. C'était comme conduire dans un canal, cette route délabrée, et il semblait ne pas y avoir de fin. [...] Kashmir, en particulier, était trop positive, d'un point de vue des paroles »[n 1].

Il commente également les défis que l'écriture d'une œuvre musicale présentent en décrivant la chanson comme « exceptionnelle, c'était un incroyable défi pour lui... Parce que la rythmique, toute la chanson n'est pas... grandiose mais puissante. Elle requiert une sorte de qualificatif ou un paramètre abstrait d'écriture sur l'idée même que la vie est une aventure et une série de moments illuminés. Mais chaque chose n'est pas ce que nous voyons. C'est en quelque sorte une tâche car nous ne pouvons le chanter. C'est comme si la chanson était plus grande que lui. C'est vrai : il était pétrifié, c'est vrai. C'était douloureux, j'étais virtuellement en pleurs »[9]. En 1975, dans une interview à William S. Burroughs, Jimmy Page déclare qu'au moment où la chanson a été composée, aucun membre du groupe n'était allé au Cachemire[10].

Classements[modifier | modifier le code]

Classement (2007) Meilleure
position
Drapeau du Canada Canada (Hot Canadian Digital Singles)[11] 33
Drapeau des États-Unis États-Unis (Hot Digital Songs)[12] 42
Drapeau des États-Unis États-Unis (Hot Digital Tracks)[13] 49
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Singles Chart)[14] 80
Drapeau de la Suisse Suisse (Schweizer Hitparade)[15] 64

Autres apparitions[modifier | modifier le code]

Reprises[modifier | modifier le code]

À l'écran[modifier | modifier le code]

Personnel[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Notes rédigées par Cameron Crowe sur le coffret The Complete Studio Recordings
  1. a, b et c (en) Dave Lewis, The Complete Guide to the Music of Led Zeppelin, Omnibus Press,‎ mars 1994, 128 p. (ISBN 978-0-7119-3528-0)
  2. (en) Kevin Courtright, Back to Schoolin', Xulon Press,‎ 2009, 416 p. (ISBN 978-1-6157-9045-6) :

    « The basic melodic and chordal material in "Kashmir" is in 3/4 (or 6/8) time, yet Bonham's relentless drum beat is in straight 4/4...Additionally, the song has sections in full 4/4 which provide a stabilizing counterpoint. »

  3. a et b (en) Chris Welch, Led Zeppelin, Orion,‎ 1994, 120 p. (ISBN 978-1-8579-7930-5), p. 76

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. (en) Stephen Davis, Hammer of the Gods: The Led Zeppelin Saga, HarperCollins,‎ 2008, 432 p. (ISBN 978-0-0614-7308-1), p. 347 :

    « The set finished with an uproarious "Kashmir," replete with an infarction-causing Arab violin solo and hard-rock vamps evoking the late, great "Black Dog." »

  2. a et b (en) Sterling Whitaker, « Led Zeppelin, ‘Kashmir’ [live] – Song Review », sur Ultimateclassicrock.com,‎ 25 octobre 2012 (consulté le 22 août 2013) : « The song is (...) an amalgam of hard rock and what might be described as Egyptian progressive rock, having nothing to do with the blues-based origins of the group. »
  3. (en) Judith Baughman, Victor Bondi, Richard Layman, American Decades: 1970-1979,‎ 1995, 8e éd., 648 p. (ISBN 978-0-8103-8882-6), p. 68
  4. (en) « Kashmir », sur Ledzeponline.com (consulté le 10 octobre 2012)
  5. (en) « Ron Nevison », Guitar World,‎ mai 2005
  6. (en) Karl D. Robinson, « Rock Hall STI Lesson 44 », sur Rockhall.com (consulté le 10 octobre 2012)
  7. (en) « John Paul Jones' Mellotron », sur Geocities.com (consulté le 10 octobre 2012)
  8. (en) (en) Mikal Gilmore, « The Long Shadow of Led Zeppelin », Rolling Stone, no 1006,‎ 10 août 2006
  9. (en) « Hottest 100 of All Time », sur Abc.net.au (consulté le 10 octobre 2012)
  10. (en) William S. Burroughs, « Rock Magic: Jimmy Page, Led Zeppelin, and a Search for the Elusive Stairway to Heaven », sur Geocities.com,‎ juin 1975 (consulté le 10 octobre 2012)
  11. (en) « Hot Digital Singles – 1 December 2007 », sur Billboard.com, Prometheus Global Media (consulté le 2 octobre 2012)
  12. (en) « Led Zeppelin – Digital Songs », sur Billboard.com, Prometheus Global Media (consulté le 15 décembre 2013)
  13. (en) « Hot 100 Digital Tracks – 1 December 2007 », sur Billboard.com, Prometheus Global Media (consulté le 2 octobre 2012)
  14. (en) Archive Chart. UK Singles Chart. ChartArchive. Consulté le 15 décembre 2013.
  15. (en) Swisscharts.com – Led Zeppelin – Kashmir. Schweizer Hitparade. Hung Medien. Consulté le 15 décembre 2013.