Les Aventures de Jo, Zette et Jocko

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Jo, Zette et Jocko est une série de bande dessinée réalisée par Hergé. Elle a été créée en 1936 pour le journal Cœurs vaillants, dont les éditeurs catholiques, un peu réservés devant le personnage de Tintin, auraient demandé à Hergé de créer de nouveaux héros, avec une famille.

La première planche de Le Rayon du mystère ou Les Aventures de Jo, Zette et Jocko paraît dans le no 3 de Cœurs vaillants du 19 janvier 1936.
Elle a ensuite été publiée dans Le Petit Vingtième à partir d'octobre 1936.

Protagonistes[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un frère et d'une sœur, Jo et Zette, âgés de onze ans[1], et de leur singe Jocko. Ils vivent en famille avec leur mère et leur père, l'ingénieur Jacques Legrand[2].

Jo est toujours habillé avec un polo rouge et un short noir, et Zette avec une robe courte bleue sur une chemisette blanche. Ses cheveux noirs sont noués par deux nœuds rouges.

Jocko est un chimpanzé apprivoisé, qui les accompagne librement. Très intelligent, il lui arrive de soliloquer comme Milou, mais il ne parle pas aux humains.

Ces histoires mêlent de l'aventure, de l'espionnage et de la science-fiction.

La particularité des aventures de Jo et Zette Legrand réside dans le fait qu'il s'agit d'une action se situant dans le cadre d'une vraie famille avec des personnages ayant un prénom et un nom. On est donc, de ce point de vue, loin de Tintin (du même auteur) qui, lui, n'a pas de parents connus. La présence d'une famille conforme à un modèle chrétien était souhaitée par la rédaction du journal Cœurs vaillants. Hergé a déploré avec humour la contrainte narratologique que lui infligeait parfois la représentation de l'inquiétude impuissante des parents Legrand pendant les aventures de leurs enfants.

On trouve dans ces aventures l'expression de sentiments affectifs dans la fratrie et un rôle classique dévolu aux personnages du père et de la mère.

De même y trouve-t-on l'archétype des attitudes masculines et féminines, tant chez les enfants que chez leurs parents. Là encore, à la différence des aventures de Tintin, qui évolue dans un monde quasiment sans femmes.

Si les enfants vivent loin de leurs parents des aventures peu ordinaires, ils restent néanmoins dépendants de l'intervention d'adultes pour les sauver. Ils ne possèdent pas de pouvoirs particuliers, mais usent de leur seule intelligence et de leur grande volonté pour se sortir de mauvais pas. Ceci fait d'eux des personnages très réalistes et proches de leurs lecteurs.

Le père des deux enfants est ingénieur, sans doute généraliste, car sa spécialité n'est pas claire. Dans Le Stratonef H.22, il est ingénieur aéronautique et travaille à la S.A.C.A. (Société Anonyme de Construction Aéronautique)[3],[4] (Le Stratonef lui-même, un monomoteur à hélice, ne pourrait jamais exister réellement. Sa forme est probablement inspirée du Caudron C.460 Rafale[5] qui remporta plusieurs records de vitesse comme la coupe Deutsch à partir de 1933, ou peut-être du Gee Bee R-1 d'un aspect semblable). Dans La Vallée des cobras, M. Legrand est ingénieur civil (puisqu'il est engagé à construire un pont). Enfin, dans Le Rayon du mystère (diptyque du “Manitoba” ne répond plus et de L'Éruption du Karamako), il est simplement « ingénieur ». Pourtant, ce ne sont pas ses connaissances scientifiques qui l'aident à sortir ses enfants et leur singe de leurs mauvais pas.

Albums[modifier | modifier le code]

Cette série comporte 5 tomes :

Les héritiers potentiels d'une grande fortune doivent, pour en bénéficier, faire empêcher la réussite d'un raid aéronautique Paris New-York. C'est le père des héros qui est le concepteur de l'appareil qu'ils cherchent à saboter et aux commandes duquel vont s'envoler malgré eux les deux jeunes enfants.
Un savant utilise ses inventions pour pirater les navires en haute mer. Jo et Zette vont en être faits prisonniers et tenteront de s'évader de son repaire sous-marin.
Parents et enfants se retrouvent en Inde pour construire un pont à la demande du maharadjah de Gopal, rencontré dans une station de ski savoyarde. Cette réalisation ne plaît pas à tout le monde localement (notamment le chef du gouvernement régional et un fakir hindou), et le chantier est menacé. On peut noter que dans les Aventures de Tintin et Milou, Bianca Castafiore cite plusieurs fois le Maharadjah de Gopal comme une de ses connaissances.
  • Le Thermozéro (inachevé)
Au cours des années 1960, Hergé chargea Bob de Moor d'adapter le scénario de Tintin et le Thermozéro en une aventure de Jo, Zette et Jocko. Bob de Moor dut abandonner cette adaptation avant terme pour moderniser L'Île Noire.

Perception[modifier | modifier le code]

Au sujet de cette série, il est quelquefois évoqué un relatif échec de son auteur. En comparaison au succès de Tintin, c'est sans doute exact (il faut toutefois prendre en compte que la popularité du petit reporter est hors-norme). Au delà des comparaisons intempestives, les albums de Jo et Zette connaissent une carrière de plus de soixante ans et sont régulièrement réédités. En 2003, les albums en français cumulaient un total de ventes de trois millions d'exemplaires[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Voici son signalement : âge 11 ans, taille 1,27 m » dans Le Testament de M. Pump, page 20
  2. Jo et Zette - Éditions en noir et blanc Vol. 2, p. 30.
  3. Jo et Zette - Éditions en noir et blanc Vol. 1, p 171
  4. Dans l'édition en album, l'entreprise est rebaptisée SAFCA (L'Éruption du Karamako, p. 37)
  5. Caudron-Renault C460
  6. Coffret Jo & Zette éditions en noir et blanc, vol. 1, avant propos p. 13

Voir aussi[modifier | modifier le code]