Oumpah-Pah

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Oumpah-Pah
Personnage de fiction apparaissant dans
Oumpah-Pah le peau-rouge.

Origine Canada français
Sexe Masculin
Cheveux noirs
Yeux noirs
Activité(s) Indien, de la tribu des Shavashavahs
Caractéristique(s) grand, d'une force surhumaine
Arme(s) favorite(s) tomahawk
Famille Mamah-Pah (sa mère), Papah-Pah (son père)
Entourage Hubert de la Pâte Feuilletée, officier du Roy de France
Ennemi(s) tribu des Pieds Plats

Créé par René Goscinny, Albert Uderzo
Première apparition Oumpah-Pah le peau rouge, Le Journal de Tintin, 2 avril 1958
Dernière apparition Astérix présente son grand frère : Oumpah-Pah le peau rouge, Éditions Albert-René, 1995

Oumpah-Pah est le héros éponyme d’une série de bande dessinée humoristique. Il a été créé par René Goscinny (scénario) et Albert Uderzo (dessin), et est apparu pour la première fois dans Le Journal de Tintin en 1958.

Genèse[modifier | modifier le code]

Premier concept (1951)[modifier | modifier le code]

Oumpah-Pah est le premier personnage créé par le tandem Uderzo-Goscinny. Oumpah-Pah est un jeune indien de la tribu des Pieds Plats, vivant dans une réserve, confronté à la modernité des contemporains vivant à proximité, tandis que le village indien a conservé ses rites ancestraux. La série s'inscrit dans le mode humoristique et est la première déception de ses auteurs[1]. La série ne convient pas et est refusée par plusieurs journaux. Goscinny et Uderzo, dans l'espoir de jours plus heureux, vont œuvrer pour un magazine féminin. C'est là, qu'un des frères Dupuis - éditeur et du journal de Spirou et de la revue féminine Bonne soirée - visite un jour l'agence. Les croquis de leur héros sont pour l'occasion accrochés au mur, mais les deux compères n'obtiennent rien d'autre que des encouragements[2]. L'éditeur veut créer à New York un magazine de télévision Tv Family et confie à René Goscinny la charge de monter l'équipe. Le scénariste, dans l'espoir que peut-être aux États-Unis cela marche, emporte avec lui les six planches dessinées d'Oumpah-Pah. Grâce à la bienveillance de plusieurs dessinateurs[N 1] , il rencontre le lettreur de Milton Caniff, qui réécrit le contenu des bulles en anglais. L'expérience du magazine américain tourne court et quelques mois plus tard, Goscinny retrouve en France Uderzo. Outre-Atlantique, Oumpah-Pah n'a pas davantage obtenu de succès. Les planches sont rangées et délaissées pour de nombreuses années, pour être finalement éditées bien plus tard avec un lettrage bilingue ; Uderzo se refusant d'effacer le texte en anglais, chaque dessin est donc sous-titré en français[3].

Seconde naissance (1958)[modifier | modifier le code]

Le personnage n'est repris qu'à partir de 1958. Le concept est modifié, désormais l'histoire se passe au XVIIIe siècle, en Nouvelle-France, colonie du royaume de France sur le territoire de l'actuel Canada ; Oumpah-Pah n'est plus un Pied Plat, mais un Shavashava qui va être confronté avec les colons européens et devenir l'ami d'Hubert de la Pâte Feuilletée, un gentilhomme Français. Pour cela, Goscinny s'est documenté sur les indiens shawnees, bien que cette fois encore l'humour l'emporte sur la vérité historique[4]. Les planches sont publiées dans Le Journal de Tintin ; le premier épisode paraît dans le no 14 du 2 avril. Toujours dans le même périodique, quatre autres épisodes sont édités. La série s'arrête en 1961 suite à un référendum auprès des lecteurs du journal. Cette pratique mensuelle avait pour objectif d'établir le classement des dix séries préférées du public. Oumpah-Pah se classe à la 11e place et les auteurs décident de mettre un terme aux aventures d'Oumpah-Pah, pour se consacrer uniquement à Astérix - qui a vu le jour avec le magazine Pilote deux ans plus tôt[4],[5].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le guerrier indien Oumpah-Pah, de la tribu des Shavashavas, fait équipe avec le distingué aristocrate français Hubert de la Pâte Feuilletée, envoyé du Roy, nommé également « Double-scalp » à cause de sa perruque. L’action se déroule en Amérique du Nord au XVIIIe siècle.

Personnages[modifier | modifier le code]

Oumpah-Pah[modifier | modifier le code]

Oumpah-Pah, le plus brave de la tribu des Shavashavas. Guerrier peau-rouge protégé par son totem le puma et par Nanabozho le Grand Lapin, il met sa force et sa ruse au service de sa tribu et de tous ses amis.

L’expression « oumpah-pah » semble être une référence aux trois temps d’une valse et même d'une valse musette[réf. nécessaire]. Mais c'est surtout un rappel phonétique du clan Hunkpapa formant avec six autres la tribu Sioux des Lakotas[réf. nécessaire].

Hubert de la Pâte Feuilletée[modifier | modifier le code]

Hubert de la Pâte Feuilletée est le meilleur ami d’Oumpah-Pah, en outre Chevalier du Roy courageux autant qu’étourdi. Devenu frère de sang d’Oumpah-Pah, il a reçu le surnom de « Double-scalp » en raison de sa perruque poudrée.

Autres personnages[modifier | modifier le code]

Parmi les noms de personnages plus fantaisistes les uns que les autres (Y-Pleuh le sorcier, Y-A-Plus-De-Saisons le chasseur, le Marquis Octave-Claude de l’Épanchement de Synovie, etc.), on en trouve deux qui sont probablement les plus longs de l’histoire de la bande dessinée : l’indien N’A-Qu’Une-Dent (qui devient au cours de l'histoire N’A-Qu’Une-Dent-Mais-Elle-Est-Tombée-Alors-Maintenant-N’En-A-Plus pour des raisons évidentes) et le chevalier prussien Franz Katzenblummerswishundwagenplaftembomm.

Publication[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

La série est publiée en France par Dargaud et en Belgique par les Éditions du Lombard.

  1. Oumpah-Pah le Peau-Rouge incluant Oumpah-Pah sur le sentier de la guerre (1961)
  2. Oumpah-Pah et les Pirates incluant Mission secrète (1962)
  3. Oumpah-Pah contre Foie-Malade (1967)
Intégrale : Les Aventures complètes d’Oumpah-Pah (1979)

Les Éditions du Lombard rééditent les cinq aventures en albums individuels.

  1. Oumpah-Pah le Peau-Rouge (1986, ISBN 2-8036-0593-7)
  2. Oumpah-Pah sur le sentier de la guerre (1986, ISBN 2-8036-0594-5)
  3. Oumpah-Pah et les Pirates (1987, ISBN 2-8036-0606-2)
  4. Mission secrète (1987, ISBN 2-8036-0638-0)
  5. Oumpah-Pah contre Foie-Malade (1988, ISBN 2-8036-0671-2)

La série a été rééditée par Les Éditions Albert-René en trois tomes dans les années 1990.

  1. Oumpah-Pah le Peau-Rouge (1995, ISBN 2-86497-093-7)
  2. Oumpah-Pah sur le sentier de la guerre - Oumpah-Pah et les Pirates (1996, ISBN 2-86497-094-5)
  3. Mission secrète - Oumpah-Pah contre Foie-Malade (1997, ISBN 2-86497-095-3)

Les Éditions Albert René ont publié le 12 octobre 2011 une Intégrale des aventures d'Oumpah-Pah[6] (2011, ISBN 978-2864972495). Outre les cinq aventures d'Oumpah-pah, ce volume contient les huit pages de la toute première version (non publiée) d'Oumpah-Pah, et seize pages inédites illustrées de dessins et documents originaux de René Goscinny et Albert Uderzo.

Éditeurs[modifier | modifier le code]

Dessins animés[modifier | modifier le code]

Oumpah-Pah apparaît également à une reprise dans Les Douze Travaux d'Astérix, quand Kermes le Perse lance son javelot jusqu’en Amérique. Ce sera la seule apparition de Oumpah-Pah dans une aventure d’Astérix.

Le studio Belvision a produit un court métrage d’animation d’après Oumpah-Pah en 1965.

Disques[modifier | modifier le code]

Deux disques ont été édités par les Disques Festival en 1959 : Oumpah-Pah le Peau Rouge et Oumpa-Pah sur le chantier de la guerre[7].

Distribution[modifier | modifier le code]

On peut noter que Roger Carel sera la voix d'Astérix dans Les Douze Travaux d'Astérix, tandis qu'Henri Virlogeux prêtera la sienne à Panoramix[8].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Harvey Kurtzman, Will Elder, Jack Davis notamment. Source : Préface de l'album Oumpah-Pah le peau-rouge, Les Éditions Albert René, 1995, p. 5 - « Réné (Goscinny) connaît beaucoup d'auteurs et de dessinateurs de bandes dessinées dont les nom prestigieux résonneront encore dans les mémoires de certains : (... / déjà cité) et bien d'autres... (...) Ils feront en sorte que René puisse rencontrer le propre lettreur de Milton Caniff, pour qu'il réécrive en anglais le texte des bulles. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Préface de l'album Oumpah-Pah le peau-rouge, Les Éditions Albert René, 1995, p. 4 ; « C'est ainsi que naîtra Oumpah-Pah dans sa première conception. Ce sera également, pour ses auteurs, leurs premières déceptions. »
  2. Préface de l'album Oumpah-Pah le peau-rouge, Les Éditions Albert René, 1995, p. 5 ; « C'est très bien ! Continuez à vous entraîner les enfants ! »
  3. Préface de l'album Oumpah-Pah le peau-rouge, Les Éditions Albert René, 1995, p. 5.
  4. a et b Album Oumpah-Pah le peau-rouge, Les Éditions Albert René, 1995, texte d'introduction p. 15.
  5. (voir également) : Bernard de Choisy, Uderzo-storix, Jean-Claude Lattès, 1991, p. 164
  6. http://www.asterix.com/oumpah-pah/l-integrale/l-album.html
  7. Shawnee soit qui mal y pense, Intégrale Oumpah-Pah, Les Éditions Albert René, p. 24-25
  8. Id.
  9. Id.

Sources[modifier | modifier le code]