Jeanne Malivel

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Jeanne Malivel

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Jeanne Malivel, Autoportrait, œuvre non sourcée.[réf. nécessaire]

Naissance 15 avril 1895
Loudéac
Décès 2 septembre 1926
Rennes
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Artiste peintre, Graveuse, illustratrice, céramiste
Mouvement artistique Seiz Breur

Jeanne Malivel, née le 15 avril 1895 à Loudéac, morte le 2 septembre 1926 à Rennes, est une artiste peintre, illustratrice et graveuse bretonne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeanne Malivel naît dans une famille de négociants. Après des études secondaires à l'institution de l'Immaculée Conception à Rennes, elle est remarquée par son professeur de dessin, Louise Gicquel (1876-1956). Elle devient infirmière à l'hôpital militaire de Loudéac en 1915, et décide dès l'année suivante de suivre les cours de l'Académie Julian à Paris[1].

Elle est reçue 14ème au concours d'entrée de l'École des beaux-arts de Paris en novembre 1917 et adhère à la Gilde Notre-Dame, ce qui lui permet de faire la connaissance de Maurice Denis et de Georges Desvallières. En raison des bombardements sur Paris pendant la Première Guerre mondiale, elle revient à Loudéac mais est à nouveau reçue avec succès[2] au concours d'entrée de l'École des beaux-arts de Paris. Elle va louer un atelier avec Marguerite Huré (1895-1967) et Renée Trudon (1891-1934), deux condisciples de l'École des beaux-arts.

Elle adhère en 1919 au groupe régionaliste breton Unvaniez Yaounkiz Breiz, dont le journal est Breiz Atao. Elle rencontre nombre d'artistes bretons exilés à Paris, comme René Quillivic, James Bouillé ou encore René-Yves Creston et Suzanne Creston.

A partir de 1919, elle aborde la gravure sur bois, travaillant entre autre sur l'illustration de L'histoire de notre Bretagne, ouvrage écrit par Jeanne Coroller-Danio [3]. Cet ouvrage paraît finalement en 1922. Salué par les nationalistes bretons, il est violemment attaqué par la presse française. Tous saluent pourtant le travail de Jeanne Malivel.

Au début de l'année 1923, elle devient professeur à l'École des beaux-arts de Rennes, à l'instigation de son directeur Jules Ronsin. Elle y enseigne principalement la gravure.

Au cours de l'été 1923, elle participe activement à la création au mouvement des Seiz Breur en vue de participer à l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes qui doit se tenir à Paris. En dépit des difficultés rencontrées avec Jean-Julien Lemordant, le groupe réussit à présenter un ensemble cohérent (l'Osté, salle des Côtes-du-Nord) qui est récompensé à maintes reprises. Pourtant, dès le début de l'année 1925, le groupe des Seiz Breur connaît de vives tensions et Jeanne Malivel s'en écarte, tout comme son ami Pierre Abadie-Landel. Elle se marie en juillet 1925 avec Maurice Yung, contrôleur des droits indirects, et le couple emménage à Vitré à la fin de cette même année. Touchée par une typhoïde, elle meurt prématurément à la clinique Saint-Vincent de Rennes le 2 septembre 1926.

Galerie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Estampes[modifier | modifier le code]

Jeanne Malivel a été l'une des grandes rénovatrices de la gravure sur bois en Bretagne. S'inspirant de ses recherches sur l'art irlandais mais aussi le Haut Moyen Âge, elle commence à aborder cette technique en 1919 avec un Saint-Maurice, patron de Loudéac, initialement conçu comme une image de pardon et qui sera reproduit sous diverses formes.

Ses travaux de gravures sont essentiellement destinés à l'édition, mais elle réalise également vers 1922 une série de gravures prenant pour thème la nature (L'Arbre sans feuilles, Le vieux Poirier).

On peut estimer son oeuvre à 150 gravures environ.[réf. nécessaire]

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Abbé Joseph Roulé, Nouvelle notice de N.-D. de Toute-Aide de Querrien, paroisse de La Prénessaye, Rennes, Impr. de L. Bahon-Rault, 1916
  • Illustrations pour la revue Breiz Atao, 1919
  • Syndicat d’initiatives de Loudéac, Loudéac et ses environs, Loudéac, Imprimerie Anger, 1922
  • Jeanne Coroller-Danio, sous le pseudonyme de C. Danio, Histoire de notre Bretagne, Dinard, imprimé et édité à l'enseigne de l'Hermine, 41, rue des Casinos, 1922
  • André Le Marchand, Raoul de Fougères ou l’héroïque rançon, Rennes, Imprimerie Oberthür, 1923
  • Illustrations pour la revue Feiz ha Breiz entre 1921 et 1926

Fresques[modifier | modifier le code]

  • Patronage de Loudéac : Saints bretons

Céramiques[modifier | modifier le code]

Mobilier[modifier | modifier le code]

Dès 1919, Jeanne Malivel conçoit des ensembles mobiliers pour son entourage familial ou amical. Ces meubles visent là encore à la rénovation des arts appliqués et sont parfois inspirés de meubles de la région de Loudéac. Ils sont réalisés par les ébénistes Julien Bacon à Caurel, Christian Lepart à Rochefort-en-Terre ou encore Gaston Sébilleau à Redon. Ces réalisations peuvent être ornées de polychromie. Signalons également qu'elle dessine et fait réaliser par un forgeron loudéacien toutes les ferrures de ses meubles. L'un de ces ensembles, à décor de lignes brisées, sera présenté au pavillon de la Bretagne à l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Pontivy, Salon d'art régional, juillet 1917
  • Guérande, exposition du congrès de l'Union régionaliste bretonne, août 1920
  • New York Museum of French Art, « Exhibition of the art of Brittany », 25 février au 10 mars 1921
  • Fougères, exposition du congrès de la fédération régionaliste bretonne, juillet 1921
  • Rennes, Galerie Louis Carré, 27 avril au 10 mai 1923
  • Paris, Exposition internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes de 1925

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J.R. Rotte, Ar Seiz Breur, Elven, Éditions Breizh Hor Bro.
  • Octave-Louis Aubert, Jeanne Malivel. Son oeuvre et les sept frères, préface de Maurice Denis, Saint-Brieuc, O.-L. Aubert, 1929. Réédition en 1995 par l'association Mémoire du pays de Loudéac, avec une préface de Daniel Le Couëdic.
  • Jeanne Malivel, poème des 7 frères, Association Mémoire du Pays de Loudéac.
  • Olivier Levasseur, Jeanne Malivel, 1895-1926, Spézet, Coop Breizh, 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'une des rares écoles d'art qui enseignent aux femmes à cette époque.
  2. À la 4ème place.
  3. Édité sous le pseudonyme de « C. Danio » par Camille Le Mercier d'Erm.
  4. Modèle de Jeanne Malivel réalisé par Renée Trudon, manufacture Henriot.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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