Champagne Louis Roederer

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Siège social
Siège social à Reims

Le Champagne Louis Roederer est une maison de Champagne de Reims[1]fondée en 1776 et propriété de la même famille depuis 1819. Il s'agit de l’une des dernières maisons de Champagne encore indépendantes. Sa production de vins de Champagne (Brut Premier, Brut Millésimé, Brut Rosé, Blanc de Blancs, Cristal) s’élève annuellement à près de 3 millions de bouteilles distribuées dans 80 pays[2].

Louis Roederer possède également Roederer Estate et Scharffenberger en Californie, le Champagne Deutz et la maison Delas dans la vallée du Rhône, la Maison Ramos Pinto au Portugal, les Domaines Ott en Provence, les Châteaux de Pez et Haut-Beauséjour (saint-estèphe) à Bordeaux et, depuis janvier 2007, les Châteaux Pichon Longueville Comtesse de Lalande (pauillac) et Bernadotte (haut-médoc).

Historique[modifier | modifier le code]

portrait ancien en buste de Louis Roederer
Louis Roederer père
  • 1776 : Fondation de la Maison à Reims par Messieurs Dubois, père et fils, qui la vendent plus tard à Nicolas Schreider.
  • 1827 : Louis Roederer, né à Strasbourg en 1809 neveu de Monsieur Schreider, devient associé dans la Maison de son oncle.
  • 1833 : Louis Roederer hérite l’affaire de Monsieur Schreider. Il exploite la Maison sous son propre nom et lui donne, dans les années qui suivent, un important essor. Afin de ne pas être tributaire des approvisionnements en raisin, il décide contre l'avis de ses gestionnaires d'acheter des parcelles plantées.
  • 1868 : La maison vend annuellement plus de 2,5 millions de bouteilles, essentiellement en Russie, mais aussi aux États-Unis et dans toute l’Europe[2].
  • 1870 : Louis Roederer II succède à Louis Roederer Ier.
  • 1873 : Les expéditions de Champagne Louis Roederer à destination de la Russie et de la Cour des tsars atteignent près de 700 000 bouteilles soit 27 % de la production totale de la Maison[3].
  • 1876 : À la demande d’Alexandre II est créée la cuvée Cristal pour la consommation exclusive des Tsars de Russie, donnant ainsi naissance au concept de « Cuvée de Prestige »[4]. La fameuse bouteille à fond plat est créée pour le tsar afin d'éviter que le fond de la bouteille ne puisse cacher un explosif.
  • 1880 : Succédant à Louis Roederer II, sa sœur, Léonie Olry-Roederer, puis le fils de celle-ci, Léon Olry-Roederer dirigent la société.
  • 1917 : La Maison vend 700 000 flacons à la cour impériale de Russie mais perd, avec la Révolution d’Octobre, son marché principal : la Russie qui représente 27 % de ses ventes. Cette année-là, Roederer commercialise 10 % de la production champenoise.
  • 1932 : Décès de Léon Olry-Roederer alors que la Maison est au bord de la faillite, victime de la Révolution russe, de la Première Guerre mondiale et de stocks trop importants. Sa veuve, Camille Olry-Roederer, prend la tête de la Maison pendant plus de 40 ans, jusqu’en 1975. Propriétaire de l'entreprise, elle en confiera la gestion à plusieurs directeurs successifs, parmi lesquels Philippe Goudeau.
  • 1975 : Jean-Claude Rouzaud succède à Camille, sa grand-mère. Il est l'un des très rares chefs de maisons champenoises à posséder une formation d’œnologue et à contribuer à l’élaboration de ses vins. Il procède à des échanges de parcelles pour donner de la cohérence au vignoble.
  • 1980 : Jean-Claude Rouzaud, achète des terres nues dans l'Anderson Valley à trois heures de San Francisco, un secteur possédant un climat frais adapté à la production de vins effervescents. Sous son impulsion, la maison crée « Roederer Estate » en Californie.
  • 1990 : Achat du domaine et de la Maison Ramos Pinto au Portugal propriétaire de 200 hectares de vignoble.
  • 1992 : Acquisition du domaine bordelais « Haut Beauséjour », à l'état d'abandon.
  • 1993 : La Maison champenoise « Deutz » à l'époque en difficulté est rachetée.
  • 1994 : Le domaine bordelais « Château de Pez » fait partie de la Maison.
  • 2004 : Acquisition du domaine provençal « Ott ».
  • 2006 :
    • Depuis le 1er janvier, Frédéric Rouzaud, arrière-petit-fils de Camille Olry-Roederer et fils de Jean-Claude (devenu président du Conseil d’administration), est à la tête de l'exploitation.
    • Le deuxième cru du Médoc « Château Pichon Longueville Contesse de Lalande » est acheté.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Vignoble maison[modifier | modifier le code]

photo récente d'un vignoble avec un bâtiment au milieu
Vignoble

Les 214 hectares du vignoble Roederer sont répartis dans les trois principales zones de production de la Champagne : Montagne de Reims, Vallée de la Marne, Côte des Blancs. Le vignoble couvre les deux tiers des besoins en raisins de la Maison, ce qui fait dire que le Champagne Louis Roederer est un « Champagne de propriétaire ». Cette situation permet à Louis Roederer le plus grand contrôle de sa production.

Les vins de réserve[modifier | modifier le code]

photo récente d'une cave vinicole constituée d'un long et large couloir séparant deux rangées de foudres
Foudres de chênes

Comme tous les Champagne, Louis Roederer assemble des vins de différents terroirs. Ces vins ne sont pas tous immédiatement utilisés. Certains d’entre eux sont mis en réserve dans des foudres en chêne : ils interviendront dans l’assemblage du Brut Premier afin de maintenir la constance du style Roederer ou seront utilisés pour les liqueurs d’expédition.

Plusieurs milliers de litres de vins mûrissent ainsi pendant de longues années dans plus de 150 foudres de chêne. Ce sont les « vins de réserve ». Ils représentent un investissement très important pour la société : coût financier de l’immobilisation, entretien des foudres, conditionnement de l’air de la cave réservée à leur stockage, surveillance constante de l’évolution des vins.

Une entreprise familiale[modifier | modifier le code]

À l’époque des multinationales, Louis Roederer est restée une société exclusivement familiale et indépendante, dirigée par des spécialistes du vin. De ce fait, les objectifs de la société sont tournés vers le maintien de la haute qualité de sa production plus que par la conquête de parts de marché[5] ; ainsi les stocks se situent toujours entre 4 et 5 années de vente.

Élaboration du Champagne Roederer[modifier | modifier le code]

Louis Roederer recrute 600 personnes chaque année pour effectuer les vendanges. Les raisins sont cueillis puis rassemblés dans des paniers de 50 kg, transportés vers les pressoirs de la maison et pressurés sur les lieux mêmes de la récolte. Les moûts obtenus sont acheminés jusqu’aux celliers. Les moûts sont ensuite répartis, parcelle par parcelle soit dans des petites cuves en acier inoxydable soit dans des foudres de chêne, chacun recevant la production de un à deux hectares des vignes, puis ils commencent leur fermentation.

Les caractéristiques et typicités de chaque cru, de chaque parcelle sont ainsi respectées jusqu’au moment de l’assemblage. En hiver, le chef de caves de la Maison (Jean-Baptiste Lécaillon) et son équipe d’œnologues dégustent chaque vin provenant de cette immense palette, de façon à en déterminer les qualités spécifiques et procéder à leur assemblage, puis à leur mise en bouteille au printemps suivant.

Brut Premier[modifier | modifier le code]

Une bouteille de Brut Premier à côté de sa boite d'emballage
Brut Premier

Le champagne non millésimé Brut Premier allie au moins quatre vins de crus différents et sa cuvée se compose de chardonnay (30 %), de pinot noir (50 %) et de pinot Meunier (20 %). L’intégration des vins de réserve (approximativement 10 %), mûris dans des foudres de chêne pendant plusieurs années, donne la complexité et la rondeur caractéristiques des champagnes de Louis Roederer.

Assemblé puis mis en bouteille, le Brut Premier vieillit pendant trois années. Une fois le dégorgement effectué, il repose six mois supplémentaires pour permettre à la « liqueur de dosage » d’affiner son travail.

Cristal[modifier | modifier le code]

En 1833, Louis Roederer hérite la maison de Champagne de son oncle. Il décide alors de lui donner son nom et d’en développer la renommée à l’étranger. Ses efforts se concentrent sur plusieurs pays, dont la Russie[6]. Le Tsar lui-même devient un fervent amateur du champagne de Monsieur Roederer. Il demande à la Maison Louis Roederer que lui soit réservée, chaque année, la meilleure de ses cuvées[7]. Le sommelier de la Cour vient chaque année à Reims pour participer personnellement à sa composition aux côtés du chef de caves de Louis Roederer.

Un jour de 1876, le Tsar Alexandre II fait remarquer à son sommelier que les bouteilles servies à sa table étant toutes entourées d’un linge, rien ne les distingue de celles que sa cour déguste avec plaisir[8]. Il exige alors que sa cuvée personnelle lui soit servie dans des bouteilles en cristal à fond plat transparent, leur col constituant un moyen infaillible d’identification. C’est ainsi que naît Cristal, première notion d’une cuvée de prestige du champagne, présentée dans une bouteille dont l’aspect n’a pas varié depuis plus d’un siècle.

La Révolution d'octobre 1917 anéantit le marché russe. Néanmoins, la Maison Louis Roederer entreprend de poursuivre la production de Cristal qu’elle commercialise dans le monde entier. Aujourd’hui, la production de cette cuvée est limitée et loin de satisfaire la demande croissante dont elle est constamment l’objet[9].

Données financières[modifier | modifier le code]

En 2010, son chiffres d'affaires était de 118 981 000 € pour un résultat net de 33 772 900 €.

En 2009, son chiffres d'affaires était de 100 000 000 € pour un bénéfice de 27 000 000 €[10].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tom Stevenson, World Encyclopedia of Champagne & Sparkling wine (ISBN 1-899791-98-1)
  • Jean-Marie Curien, Guide Curien 2006-2007
  • Richard Julhin's, 4000 Champagnes (ISBN 2-0803-0470-4)
  • Edouard Zarifian, Bulle de champagne (ISBN 2-262-02288-7)
  • J. De Saint-André, Les Grandes usines de Turgan

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Champagne Louis Roederer (CLR), Société anonyme au capital de 3 672 000 N.M. 291-001 RCS Reims B 335 681 169 00017, 21, Bd Lundy - B.P. n° 66 - 51053 Reims cedex - France
  2. a et b Magazine Aéroport de Paris, numéro 35 p. 8
  3. J. De Saint-André, Les Grandes usines de Turgan
  4. Magazine Étoile du 01/12/2008, Article "Le Cristal Roederer de Jean-Baptiste Lécaillon" p. 4
  5. Magazine Cig'Art, 26/01/2009, p. 84
  6. "Le Cristal Roederer de Jean-Baptiste Lécaillon" p. 4
  7. Guide Curien de la Champagne
  8. Magazine Etoile du 01/12/2008, article « Le Cristal Roederer de Jean-Baptiste Lécaillon » p. 4
  9. [1]
  10. http://www.societe.com/societe/champagne-louis-roederer-clr-335681169.html