Henri le Navigateur

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Henri le navigateur)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Henri.
Henri le Navigateur
Image illustrative de l'article Henri le Navigateur

Titre Henri, prince de Portugal
(pas sure – 1448)
Allégeance PortugueseFlag1385.svg Royaume de Portugal
Distinctions Ordre de la Jarretière
Ordre du Christ
Ordre de l'Infant Dom Henrique
Biographie
Dynastie Dynastie d'Aviz
Naissance 4 mars 1394
Porto, Portugal
Décès 13 novembre 1460 (à 66 ans)
Sagres (Vila do Bispo)
Père Jean Ier de Portugal
Mère Philippa de Lancastre

Armas duque viseu.svg

Henri le Navigateur, en portugais : Henrique o Navegador, également appelé Infante Dom Henrique (Infant Don Henri), né le 4 mars 1394 à Porto et mort le 13 novembre 1460 à Sagres, prince de Portugal, est souvent considéré comme la figure la plus importante du début de l'expansion coloniale européenne. Lui-même n'a jamais vraiment navigué et n'a donc fait aucune découverte géographique. Son rôle dans ce domaine s'est uniquement limité à du mécénat. L'épithète de « navigateur » qui lui a été attribuée est donc purement honorifique.

Il est le troisième fils de Jean Ier de Portugal, le fondateur de la dynastie d'Aviz. Sa mère est Philippa de Lancastre, fille de Jean de Gand et sœur d'Henri IV d'Angleterre. Henri le Navigateur ne s'est jamais marié et n'a pas eu de descendance.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

En 1414, alors qu'il n'avait que 20 ans, il convainc son père d'organiser une campagne pour prendre le port de Ceuta aux musulmans. Des pirates maures harcèlent en effet les côtes sud du Portugal depuis ce port, vendant les habitants sur les marchés aux esclaves. La ville est prise en août de l'année suivante, et Henri découvre les marchandises apportées par les routes commerciales du Sahara dont Ceuta est une étape (notamment l'or du sud de la Mauritanie, amenant les Portugais à descendre l'Afrique par la voie maritime). Ces échanges ne passent alors plus par cette ville, mais cela suscite chez Henri le désir d'avoir sa part de cette richesse. Il est par ailleurs également inspiré par la légende du « Prêtre Jean ».

Selon João de Barros, en 1416, il commence à repeupler le village de Terçanabal, sur la péninsule de Sagres en Algarve. Ce village, bientôt appelé Vila do Infante (la ville de l'Infant), devient rapidement une base de haute technologie avec un arsenal naval, un observatoire, ainsi qu'une école pour l'étude de la géographie et la navigation. Jehuda Cresques, un cartographe connu, y est invité : il y compile les connaissances et finit par y obtenir un poste permanent. Le port proche de Lagos fournit un abri pratique et devient un centre de construction navale. En 1419, Henri est nommé gouverneur de l'Algarve.

Le premier fruit de cet effort est la redécouverte de l'archipel de Madère par João Gonçalves Zarco et Tristão Vaz Teixeira, puis colonisé par les Portugais.

Revenus et ressources[modifier | modifier le code]

Le 25 mai 1420, Henri est nommé gouverneur du très riche Ordre du Christ, le successeur portugais de l'Ordre du Temple dont le siège est à Tomar. Il garde ce poste toute sa vie et en tire les revenus nécessaires aux explorations et campagnes menées par le prince. Il convient également d'ajouter que, le temps passant, il devint de plus en plus dévot. À la mort de son père Jean Ier, Édouard devient roi et verse à Henri un cinquième des profits du commerce dans les zones découvertes ainsi que le droit exclusif d'autoriser des expéditions au-delà du cap Bojador. Viennent s'ajouter à ces revenus divers monopoles en Algarve.

Les découvertes de ses explorateurs[modifier | modifier le code]

20 Escudos célébrant le 500e anniversaire de la mort de l’infant Don Henrique dit le navigateur,1960.
Les routes d'Henri le Navigateur

En 1427, un de ses navigateurs (Gonçalo Velho Cabral ou Diogo de Silves) découvre les Açores, rapidement colonisées.

Jusqu'alors, le cap Bojador était le point le plus méridional de la côte africaine connu des Européens. Gil Eanes, le commandant d'une des expéditions de Henri, est le premier européen à l'avoir dépassé, en 1434.

Lorsqu'Édouard meurt cinq ans plus tard, Henri soutient son frère Pierre pour la régence, pendant la minorité d'Alphonse V, et reçoit la confirmation de ses privilèges. Il fait mettre au point un nouveau type de navire, la caravelle, qui permet de voyager sur de plus longues distances. Le cap Blanc est atteint en 1441 par Nuno Tristão et Antão Gonçalves. Le Banc d'Arguin est en vue en 1443 et un important fort y est construit en 1448.

Dinis Dias parvient bientôt au fleuve Sénégal et dépasse le Cap-Vert en 1444. Avec le franchissement de la limite sud du désert, Henri atteint un de ses objectifs : le contournement des routes commerciales tenues par les musulmans et l'accès à l'or et aux esclaves.

À partir de 1452, l'or arrive en quantité suffisante pour que les premiers cruzados soient frappés. La même année, Henri missionne Diego de Teive pour la découverte et l'exploration de la mythique île d'Antilia, qu'on imagine située au-delà de l'archipel des Açores. En 1462, Pedro de Sintra atteint l'actuel Sierra Leone.

En 1437, Henri est le principal organisateur d'une attaque sur Tanger, qui se révèle un désastre au cours duquel son jeune frère Ferdinand est capturé. Ferdinand meurt en captivité onze ans plus tard. La réputation militaire de Henri en souffre ; il se concentre donc sur ses explorations et sur la politique à la cour de Portugal.

L'activité de Henri éveille l'intérêt des Européens pour la colonisation et le commerce des épices, un intérêt qui s'accentue avec la chute de Constantinople en 1453, et initie un mouvement qui transformerait le monde pendant les quatre siècles suivants. L'école de Sagres, dont l'existence réelle est aujourd'hui mise en doute par plusieurs historiens brésiliens et portugais[1], aurait contribué au progrès dans plusieurs domaines de l'art de la navigation.

Moins de trente ans après sa mort, le cap de Bonne-Espérance est dépassé par Bartolomeu Dias et Vasco de Gama atteint l'Inde durant la décennie suivante. Quant à Christophe Colomb, influencé par les succès des Portugais dans l'Atlantique, en cherchant une route directe vers les Indes par l'ouest, il découvre l'Amérique quelques années plus tard.

Annexes[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Sa statue à Lagos en Algarve
  • En 1931, Francisco Franco de Souza lui dédie une statue qui se trouve en France, place du Commerce à Nantes.
  • En 1960, pour commémorer le 500e anniversaire de la mort d'Henri le Navigateur, une statue est érigée à Lisbonne, sous le nom de Padrão dos Descobrimentos, en allusion aux padrões utilisés par les navigateurs portugais pour marquer leurs découvertes.
  • En 1994, Henri est représenté sur les billets de banque portugais de 10 000 escudos.

Fiction[modifier | modifier le code]

  • Arkan Simaan, L’Écuyer d’Henri le Navigateur, L'Harmattan, 2007. Roman historique (basé sur des chroniques du XVe siècle) dans la cour de l’infant depuis la conquête de Ceuta (1415) jusqu’au premier marché d’esclaves africains (1444) à Lagos. Il décrit donc les premières navigations, la quête du Prêtre Jean, les découvertes de Porto Santo et de Madère, la défaite de Tanger, le passage du Cap Bojador et la rencontre des Portugais avec les Azenègues et les Wolofs.
  • Le cinquième épisode de la série télévisée d'animation Il était une fois... les Découvreurs lui est consacré.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stefan Zweig, Magellan, (ISBN 9782246168058), le rôle d'Henri le Navigateur dans cette biographie du navigateur portugais.
  • Gomes Eanes de Zurara, Chroniques de Guinée (1453), éditions Chandeigne, 2011, (ISBN 9782915540796), texte historique écrit en 1453 qui raconte les expéditions envoyées par Henri le navigateur vers l'actuelle Guinée-Bissau.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette école serait en fait un mythe inventé par les historiens portugais pendant la période romantique du XIXe siècle. Source : Fábio Pestana Ramos, Por Mares Nunca Dantes Navegados, Éd. contexto, 2008