Éléonore de Castille (1241-1290)

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Éléonore de Castille

Éléonore ou Aliénor de Castille, comtesse de Ponthieu, fut la première reine consort d'Angleterre d'Édouard Ier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance[modifier | modifier le code]

Éléonore, née en 1241 en Castille, est la fille de Ferdinand III, roi de Castille et de Léon, et de Jeanne de Dammartin, comtesse de Ponthieu - et donc arrière-petite-fille de Louis VII. Pour les cérémonies de 1291 marquant le premier anniversaire de la mort d'Éléonore, on paya 49 porteurs de chandelles pour le cortège, chaque chandelle représentant une année de sa vie. Cela ferait dater sa naissance de l'année 1241. Comme ses parents avaient été séparés pendant les treize mois où le roi Ferdinand menait une campagne militaire en Andalousie et qu'il n'était revenu dans le Nord de l'Espagne qu'en février 1241, Éléonore naquit probablement vers la fin de cette année.

Promise à Thibaut II de Navarre[modifier | modifier le code]

Thibaut II de Navarre

Le mariage d'Éléonore en 1254 avec le futur Édouard 1er d'Angleterre n'était pas le premier mariage prévu pour elle par sa famille. Les rois de Castille avaient de longue date affirmé leur suzeraineté sur le royaume de Navarre, et depuis 1250, Ferdinand III et son héritier, le futur Alphonse X de Castille, demi-frère d'Éléonore, espéraient la marier à Thibaut II de Navarre. Pour éviter de tomber sous la tutelle de la Castille, la mère de Thibaut II, Marguerite de Bourbon conclut en 1252 avec Jacques Ier d'Aragon une alliance qui comportait l'engagement solennel que jamais Thibaut n'épouserait Éléonore.

Mariage[modifier | modifier le code]

En 1252, Alphonse X fit revivre des prétentions dynastiques douteuses sur le duché de Gascogne, au sud de l'Aquitaine, laquelle était la dernière possession des rois d'Angleterre en France. Henri III d'Angleterre se hâta de contrer les prétentions d'Alphonse par des mesures diplomatique et militaires. Au début de 1254, les deux rois commencèrent à négocier et, après avoir discuté les conditions financières, Henri et Alphonse convinrent qu'elle épouserait le fils d'Henri III, Édouard, et qu'Alphonse transférerait à Édouard ses prétentions sur la Gascogne. Henri, tellement impatient que le mariage eût lieu, renonça délibérément à continuer les préparatifs déjà entamés pour l'adoubement d'Édouard en Angleterre, et accepta que ce serait Alphonse qui adouberait Édouard avant le mariage.

Le jeune couple se maria au monastère de Las Huelgas, à Burgos, le 18 octobre 1254. Henri III était fier d'avoir résolu définitivement la crise gasconne, mais ses sujets anglais craignaient qu'Éléonore fît venir avec elle une nuée de cousins et de compatriotes qui vivraient de la générosité ruineuse d'Henri. Plusieurs de ses proches vinrent effectivement en Angleterre peu de temps après son mariage. Elle était trop jeune pour arrêter leur intrusion ou empêcher Henri III de leur donner de l'argent, mais elle fut la cible de toutes sortes de reproches et son mariage fut impopulaire. Mais Éléonore de Ponthieu-Dammartin va contribuer à donner la principauté de Galles à la couronne britannique. En effet, au cours de sa campagne contre les Gallois, le roi Édouard fit édifier une forteresse, celle de Caernarvon. C'est là qu'il installa la reine Éléonore pendant qu'il guerroyait contre le comte de Snowden et où elle mit au monde un fils. La campagne terminée, le roi réunit les Gallois et leur proposa la paix et un prince. Mais ceux-ci réclamèrent un prince né dans la principauté, ne parlant ni le saxon ni le français, croyant ainsi mettre leur vainqueur dans l'embarras. Alors le roi leur présenta le nouveau-né, et les rudes Gallois vinrent baiser la main de la reine et de l'enfant devenu premier prince de Galles[1].

Enfants[modifier | modifier le code]

En octobre 1254, Édouard épouse, au monastère de Las Huelgas près de Burgos (Espagne), Éléonore de Castille (1241 – 1290), fille de Ferdinand III, roi de Castille et de Jeanne de Dammartin, comtesse de Ponthieu, qui lui donne seize enfants, dont six atteignent l'âge adulte :

Seconde guerre des barons[modifier | modifier le code]

Il y a peu de renseignements sur la vie d'Éléonore en Angleterre jusqu'aux années 1260, quand une guerre civile entre Henry III et ses barons divisa le royaume. Au cours de cette période, Éléonore soutint activement les intérêts d'Édouard, en faisant venir des archers du Ponthieu, le comté de sa mère en France. Il est douteux, cependant, qu'on l'ait envoyée en France pendant la guerre civile pour la mettre à l'abri du danger ; elle était en Angleterre au moment de la lutte. Les rumeurs qu'elle cherchait des troupes fraîches de Castille amenèrent le chef des barons révoltés, Simon V de Montfort, à ordonner son enlèvement du château de Windsor après sa victoire de Lewes en juin 1264. Édouard y fut capturé et emprisonné et elle-même fut honorablement confinée au palais de Westminster. Après qu'Édouard et l'armée d'Henry eurent vaincu l'armée des barons à la bataille d'Evesham en 1265, Édouard reçut un rôle important dans la réforme du gouvernement et Éléonore gagna en importance à ses côtés. Sa position s'accrut encore en juillet 1266 quand elle donna finalement naissance à un fils, Jean, suivi d'un second, Henri, au printemps 1268, et en 1269 d'une fille en bonne santé, Éléonore.

Croisade[modifier | modifier le code]

En 1270, le royaume étant apaisé, Édouard et Éléonore allèrent rejoindre son oncle Saint Louis à la Huitième Croisade. Saint Louis mourut cependant à Carthage avant leur arrivée, et après avoir passé l'hiver en Sicile, le couple continua sa route vers Saint-Jean-d'Acre en Palestine, où il arriva en mai 1271.

Militairement la croisade fut infructueuse mais Baibars, de la dynastie Bahri, fut assez inquiété par la présence d'Édouard à Saint-Jean d'Acre pour qu'une tentative d'attentat fût commise sur la vie de l'héritier du trône d'Angleterre en juin 1272. Il fut blessé au bras par une dague que l'on crut empoisonnée. La blessure s'enflamma bientôt sérieusement et un chirurgien anglais put la guérir en enlevant la chair malade, mais seulement après qu'Éléonore « pleurant et gémissant » eut été retirée de force d'auprès du lit de son mari.

Par la suite les narrateurs embellirent cet incident, proclamant qu'Éléonore avait sucé le poison de la blessure, mais cette histoire fantaisiste ne repose sur rien. Ils quittèrent la Palestine en septembre 1272 et en Sicile, en décembre, ils apprirent la mort d'Henri III survenue le 16 novembre. Édouard et Éléonore revinrent en Angleterre et furent couronnés ensemble le 19 août 1274.

Elle devint reine en 1272 à la mort d'Henri III. Elle accompagna son mari dans ses campagnes militaires, accouchant de son quatrième fils (le futur Édouard II d'Angleterre) à Caernarfon en 1284 immédiatement après la conquête du pays de Galles. Elle eut seize enfants en tout, dont six parvinrent à l'âge adulte, mais seulement deux ou trois leur survécurent.

Aliénor mourut le 28 novembre 1290 à Nottingham (on pense que c'est l'actuel Harby dans le Nottinghamshire plutôt que la ville), et son corps fut enseveli dans l'abbaye de Westminster. Son mari fit élever plusieurs croix en son souvenir dont la plus célèbre est Charing Cross. Il se remaria neuf années plus tard avec Margaret, fille du roi Philippe III de France, en 1299.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Eleanor of Castile » (voir la liste des auteurs)
  • Parsons, John Carmi. Eleanor of Castile: Queen and Society in Thirteenth Century England, 1995.
  • Parsons, John Carmi, « The Year of Eleanor of Castile's Birth and Her Children by Edward I », Mediaeval Studies 46 (1984): 245–265, esp. 246 n. 3.
  • Parsons, John Carmi, « 'Que nos lactauit in infancia': The Impact of Childhood Care-givers on Plantagenet Family Relationships in the Thirteenth and Early Fourteenth Centuries », in Women, Marriage, and Family in Medieval Christendom: Essays in Memory of Michael M. Sheehan, C.S.B, ed. Constance M. Rousseau and Joel T. Rosenthal (Kalamazoo, 1998), pp. 289-324.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raymond Petit et Andrieu Lerou, Le Ponthieu et la dynastie anglaise, Société d'émulation d'Abbeville, 1969.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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