Arctodus simus

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L'Ours à face courte (Arctodus simus) est l'une des deux espèces du genre éteint Arctodus. Il s'agit de l'un des plus gros ours ayant jamais vécu, le plus gros étant Arctotherium Angustidens et du plus grand prédateur terrestre d'Amérique des derniers 20 000 ans.

Il vécut en Amérique du Nord de l'Alaska au Mexique entre environ 1,6 million d'années et 10 000 ans BP. Comme beaucoup d'autres espèces de l'ancienne mégafaune, cet ours géant a disparu à la fin du Pléistocène. Son extinction s'explique probablement par la disparition d'une partie de ses proies avec la fin de la dernière ère glaciaire, le développement d'armes et de techniques de chasse par les premiers américains (premier peuplement de l'Amérique) ainsi que la concurrence de l'ours brun venu d'Asie.

Doté de puissantes mâchoires et de dents impressionnantes, il était un chasseur dominant capable de tuer des proies de grande taille (probablement des bisons, des cerfs, des élans et des camélidés) mais comme sa morphologie n'était pas adaptée à la poursuite sur des longues distances, il était essentiellement cleptoparasite, il utilisait son imposante taille pour faire fuir d'autres prédateurs et ainsi s'emparer de leur proie, un prédateur opportuniste aussi charognard.

Anatomie[modifier | modifier le code]

Comparaison entre un Arctodus simus et un homme.

Il était probablement l'un des plus grands (1,80 m au garrot et 3,50 m debout), sinon le plus grand des mammifères prédateurs qui ont vécu sur Terre au cours de l'ère glaciaire. Les dernières études sur la masse de cet ours suggèrent un dimorphisme sexuel important comme chez les ours actuels. Ainsi, si l'on prend par exemple les évaluations de masse pour les spécimens LACM 122434 et UM 25611 on obtient respectivement 317 kg et 388 kg. Ces masses appartiennent à des femelles, comme on le constate, les femelles de cette espèce sont déjà bien plus massives que les plus grands fauves de notre époque, elles sont dans la gamme de masse des grizzly adultes mâles (ursus horribilis). Concernant, les mâles, les masses obtenues concernant les spécimens PM 24880, F:AM 25531 et UVP 015 sont respectivement 740 kg, 863 kg et 957 kg. Le fait qu'un tiers des mâles étudiés approchent la tonne suggère que les mâles atteignant ou dépassant 1 000 kg devaient être plus courants que prévu. À titre de comparaison, l'ours kodiak le plus imposant retrouvé à l'état sauvage ne dépasse pas 750 kg, leur masse moyenne allant de 300 à 500 kg. Il est difficile de donner une masse moyenne pour Arctodus simus étant donné que statistiquement nous n'avons qu'un faible échantillon comparé à tous les spécimens qui ne se sont pas fossilisés. Les paléontologues s'accordent à dire que les mâles les plus massifs devaient dépasser un peu la tonne.

Parmi tous les ours connus Arctodus possédait l'une des plus fortes dentitions, avec le genre agriotherium et très probablement arctotherium. Une puissante mâchoires comportant de longues canines pouvant s'écarter énormément comme chez un grand félin, ce qui, joint à la musculature énorme de ses mâchoires lui permettait de tuer de grosses proies par la force de leur morsure. Crâne large et aplati, yeux rapprochés, son museau était très large mais cela ne suggère pas un comportement particulièrement prédateur puisque actuellement les ours malais ont un museau plus large que l'ours polaire et sont pourtant bien moins prédateurs que ce dernier. Les mesures ostéologiques nous indiquent finalement que cet ours n'avait pas proportionnellement de plus longs membres que les ours actuels contrairement à une idée répandue dans le passé. Arctodus simus n'était pas un prédateur cursorial comme les felidae mais pouvait plutôt être vu comme un omnivore de taille très impressionnante pouvant s'imposer la plupart du temps face aux autres carnivores tels que les canidae ou les felidae.

L'Ours à face courte disparaît à la fin du Pléistocène sans laisser de descendants, son plus proche cousin est l'Ours à lunettes qui vit encore dans les Andes en Amérique du Sud.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Demythologizing Arctodus simus, the ‘short-faced’ long-legged and predaceous bear that never was. Journal of Vertebrate Paleontology. (2010)
  • Les animaux disparus, collection ça m'intéresse de One plus One édtions (2010)

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