Jean Capelle (homme politique)

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Jean Capelle (1909-1983) est un ancien élève de l'École normale supérieure, major de l'agrégation de mathématiques (1933), titulaire d'un doctorat sur la théorie des engrenages (1938), homme d'action, créateur du mouvement pour le latin vivant et homme politique.

Sa carrière[modifier | modifier le code]

Dans les années 1930, il participe à la conception de la 2CV, notamment à sa boîte de vitesses.

A Nancy[modifier | modifier le code]

Il est ensuite professeur à l'Université de Nancy et l'École nationale supérieure d'électricité et de mécanique, qu'il réorganise. En 1954, on constate une pénurie générale d’ingénieurs, de techniciens supérieurs et de cadres, tandis qu'à Nancy, dont Jean Capelle est devenu recteur, se pose la question de la reconversion des personnels des bassins houillers et sidérurgiques. Avec André Grandpierre, de la société Pont-à-Mousson, ils créent pour cela le CUCES, Centre universitaire de coopération économique et sociale, centre pionnier de la formation continue alliant université et industrie, dont Bertrand Schwartz devient directeur en 1960.

En AOF[modifier | modifier le code]

En 1947-49 et 1954-57, nommé directeur général de l'enseignement en Afrique-Occidentale française, alors très peu alphabétisée, il décide de faire passer cette activité du Ministère des Colonies au Ministère de l'Éducation nationale, et d'obtenir successivement :

  • la création d'une première école normale d'instituteurs,
  • la constitution d'une première Académie de plein statut,
  • la constitution de quelques instituts d'enseignement supérieur, en prélude à la création d'une première Université à Dakar.

Au cours de cette action menée avec l'appui des premiers élus africains, dont Léopold Sedar Senghor, il se heurte notamment à Gaston Defferre, alors Ministre des Colonies. Mais, finalement, il deviendra recteur de la nouvelle Université de Dakar.

L'INSA de Lyon[modifier | modifier le code]

Panneau de l'avenue Jean-Capelle à La Doua. Mention de l'amphithéâtre Jean-Capelle.

Sur une idée d'Henri Longchambon, appuyée par les Amis de l'Université de Lyon, dont Charles Mérieux, Xavier d'Hautuille et le doyen André Latreille, puis par Gaston Berger et Raymond Billères, Jean Capelle devient en 1957 rapporteur de la loi de création puis le directeur du premier INSA, qui s'inspire de diverses Universités Techniques étrangères, et de l'École polytechnique fédérale de Zurich. École d'ingénieurs fédérative, à vocation internationale, elle regroupe à La Doua diverses options, un département des Humanités, un internat et un premier cycle intégré au recrutement particulièrement ouvert pour l'époque [1]. Les premiers étudiants sont accueillis à l'INSA dès novembre 1957, sept mois après la création.

Cet établissement doit être le premier d'un réseau comportant plusieurs INSA, un projet à Lille, à Alger (transféré à l'Algérie avant d'ouvrir), et deux établissements, l'INSA de Toulouse et l'INSA de Rennes.

Européen militant, proche de la Conférence des Recteurs Allemands, Jean Capelle amorce le jumelage de l'INSA de Lyon avec les Universités Techniques de Carlsruhe et d'Aix-la-Chapelle.

Direction des Lycées[modifier | modifier le code]

En 1961, Jean Capelle devient directeur des lycées au Ministère français de l'Éducation nationale où il met en place la réforme portant à 16 ans l'âge de l'obligation scolaire, et promeut la création des collèges d'enseignement général. Au-delà du baccalauréat, il propose aussi la création d'Instituts de Formation Professionnelle, sous la responsabilité de l'Enseignement Technique ; ce projet modifié sera à l'origine des IUT.

Dernières années[modifier | modifier le code]

Il revient en 1966 comme professeur de mécanique à Nancy.

Maire pendant 22 ans de sa commune, il est élu le 30 juin 1968 député de Bergerac, apparenté Union des Démocrates pour la République.

Le promoteur du latin vivant[modifier | modifier le code]

Attaché à la vieille culture européenne et au souvenir de la République des lettres, Jean Capelle lança à nouveau l'idée du latin vivant pour que le latin redevienne à nouveau la langue de culture internationale commune aux lettrés (à côté de l'anglais qui est une langue commerciale internationale) en publiant, dans le Bulletin de l’Éducation Nationale de 23 octobre 1952, un article intitulé Le latin ou Babel[2].

Devant le succès de son article, Jean Capelle réunit en septembre 1956 le premier Congrès International pour le latin vivant à Avignon, où se rencontrèrent près de deux cents participants issus de vingt-deux nations. Il accueillit plus tard sur le même thème un autre congrès à l'INSA de Lyon. Les pouvoirs publics français, à une époque où l'usage de l'anglais s'imposait de plus en plus dans le monde, n’encouragèrent pas cette initiative, qui pouvait paraître anachronique et semblait aller à contre-courant, et dont l’élan s'essouffla ainsi rapidement en France où cependant suite au congrès d'Avignon, l’éditeur avignonnais Théodore Aubanel publia la revue Vita Latina. Ce fut donc plutôt à l'étranger que ce congrès eut un impact et où continua jusqu'à nos jours le mouvement pour le latin vivant.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Prix Fourneyron de l'Académie des Sciences, 1946
  • sénateur d'honneur de l'Université Technique de Carlsruhe
  • docteur honoris causa de l'Université du Michigan
  • commandeur de la Légion d'Honneur et de divers Ordres nationaux (Luxembourg, Sénégal)
  • nombreuses missions pour l'UNESCO, l'OCDE et le Conseil de l'Europe

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Jean Capelle, L'Éducation en Afrique noire à la veille des indépendances, 1946-1958, ouvrage posthume, préface de Léopold Sédar Senghor, Kartala-ACCT, Paris, 1990.
  • Jean Capelle, Éducation et Politique, PUF Collection SUP, Paris, 1974.
  • Jean Capelle, Évolution de l’éducation permanente, in Conseil de l’Europe, L’éducation permanente (p. 399-421). Strasbourg : Conseil de l’Europe, 1970.
  • Jean Capelle, L'école de demain reste à faire, préface de Louis Armand, PUF, 1966.
  • Jean Capelle, Le latin ou Babel, dans : Bulletin de l’Éducation Nationale, Paris, 23 octobre 1952.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. bacheliers de l'enseignement général ou de l'enseignement technique, ou autodidactes ; jeunes gens et jeunes filles ; français et étrangers
  2. Une version anglaise du texte fut publiée dans The Classical Journal et signée par lui et Thomas H. Quigley (The Classical Journal, Vol. 49, No. 1, October 1953, pp. 37-40)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]