Bellone

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bellone (homonymie).
Alizee Bellone
Dieu de la mythologie romaine
Bellone de Rembrandt.
Bellone de Rembrandt.
Caractéristiques
Nom latin Bellona
Fonction principale Déesse de la guerre

Bellone est une figure de la mythologie romaine, déesse de la Guerre aux origines incertaines, identifiée avec la déesse grecque Ényo. Elle est considérée tantôt comme l'épouse, tantôt comme la sœur de Mars, mais elle incarne davantage les horreurs de la guerre que ses aspects héroïques.

Historique[modifier | modifier le code]

Bellone est une déesse d'origine probablement sabine : la déesse Néris.

"La disparition de l'Empire hittite [à la fin du XIII° s. av. J.-C.] laisse en possession de l'Anatolie centrale les Phrygiens venus de Thrace et de Macédoine... La grande divinité phrygienne, adorée à Pessinonte, à Sardes, en d'autres lieux encore, est Cybèle, celle que les Néo-Hittites appellent Kubaba, les Lydiens Kybele ou Kybebe... Mentionnons la déesse Mâ, identifiée par les Romains à Bellone et adorée à Comana, en Cappadoce, où le grand prêtre, aux dires de Strabon, était le second personnage du pays après le roi" (Maurice Vieyra) [1]

"La déesse guerrière Mâ-Bellone de Comana fit son entrée à Rome avec l'armée de Sulla [en 92 av. J.-C.]. Elle avait ses 'porte-lances (hastiferi) analogues aux corybantes de Cybèle. Comme les galles, ses fanatici tourbillonnaient frénétiquement au son des trompettes et des tambourins en se lacérant les chairs pour éclabousser de leur sang l'idole divine, ou le boire avidement. Qualifiée de pedisequa (suivante) de Cybèle, Mâ-Bellone entretenait d'étroites relations avec le culte métroaque [c'est-à-dire de Cybèle]. A Ostie, les sanctuaires des deux déesses anatoliennes étaient voisins" (Robert Turcan)[2].

Culte[modifier | modifier le code]

Temples[modifier | modifier le code]

Elle avait un temple à Rome dans lequel le Sénat donnait audience aux ambassadeurs. À la porte de ce temple était une petite colonne nommée « la guerrière » (columna bellica), à laquelle on jetait une lance toutes les fois qu'une guerre était déclarée. Mais son temple le plus fameux se trouvait à Comane (en), en Cappadoce : là, son culte était célébré par une multitude de ministres de tout âge et de tout sexe. Plus de six mille personnes étaient employées au service de ce temple.

Représentations[modifier | modifier le code]

Indépendamment de ses fonctions auprès du dieu Mars, cette déesse au front d'airain, suivant l'expression d'Homère, a son char et son cortège particuliers, et procède d'elle-même à sa terrible mission. Armée à l'antique, le casque en tête, la lance à la main, montée sur son char qui renverse tout sur son passage, précédée de l'Épouvante et de la Mort, elle s'élance vers la bataille ou dans la mêlée : sa chevelure de serpents siffle autour de son visage enflammé, pendant que la Renommée vole autour d'elle, appelant au son de la trompette la Défaite et la Victoire.

Citations[modifier | modifier le code]

  • Virgile, L'Énéide, VIII, 703 :
la Discorde passe en robe déchirée, et Bellone la suit avec un fouet sanglant. (trad. A. Bellesort)
  • Lucain, La Pharsale, VII, 567-568 :
[...] Quacumque uagatur, / De quelque côté qu’aille César,
sanguineum ueluti quatiens Bellona flagellum / comme Bellone quand elle secoue son fouet sanglant
[...]à leur place sont venues
Bellone aux mains sanglantes
La sinistre déesse de la guerre
L'Érinice de la vengeance
Qui ronge le cœur des tyrans
Bellonne, ardant de rage, au plus fort de la presse
Couroit qui çà qui là, d'une prompte allegrese :
Detranchoit, terrassoit, faisoit sourdre un estang
Où passoit son espee ointe de nostre sang.
Horrible, sanglante, cruelle, felonne, maudite, implacable, mortelle, furieuse, guerriere, empistollee, farouche, impitoiable, meurdriere, ennemie, ardente, maupiteuse, effroiable, tumultueuse, mavortienne ou martiale, triste, vangeresse, morionnee, espouventable.
Les poëtes disent qu'elle est desse de la guerre, et sœur de Mars.
... pour s'occuper d'une autre passion, qui a bien autant de partisan, que bellone, pour me conformer au langage des Poëtes. (p. 398).
Cette tête si belle et bonne
Pour qui la déesse Bellone
A toujours eu tant de respect...
cité par Dominique Paladilhe, dans Le Grand Condé, page 60.
J'ai servi Vénus et Bellone:
Je suis époux et Brigadier.
Jusqu'à ce que l'amant de Bellone, ceint de la cuirasse,
eût fait front avec une force incomparable

La Fontaine; Fables, Livre XII, 10 L'écrevisse et sa fille (v 29-30) "Surtout au métier de Bellone Mais il faut le faire à propos."

Rouget de Lisle - La Marseillaise XII ème et dernier couplet

O vous ! que la gloire environne, Citoyens, illustres guerriers, Craignez, dans les champs de Bellone, Craignez de flétrir vos lauriers ! (bis) Aux noirs soupçons inaccessibles Envers vos chefs, vos généraux, Ne quittez jamais vos drapeaux, Et vous resterez invincibles.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • [1] La taurobole et le culte de Bellone
  • [2] Bellone

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire des religions, coll. "Pléiade", t. I, 1970, p. 302-303.
  2. Histoire des religions, coll. "Pléiade", t. II, 1972, p. 46.