Paraponera
Paraponera
Paraponera clavata - Muséum de Toulouse
La paraponera est souvent appelée fourmi balle de fusil en raison de sa piqûre très douloureuse, comparée à un coup de fusil. Elle désigne une grande fourmi de couleur noire, comprenant deux espèces :
- Paraponera clavata (Fabricius, 1775)
- Paraponera dieteri Baroni Urbani, 1994
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Le nid [modifier]
Panaponera clavata vit dans les forêts tropicales, du sud du Nicaragua jusqu'au Paraguay. Une fourmilière de Paraponera est constituée de quelques dizaines de fourmis jusqu’à une centaine d’individus. C'est donc une petite colonie comparativement à d'autres fourmis, mais les Paraponera sont des fourmis extrêmement agressives qui n'hésitent pas à attaquer quand elles sont dérangées, ce qui est très impressionnant étant donné la grande taille des fourmis, soit 18-25 mm. Le nid se situe généralement à la base du tronc d'un gros arbre, entre les racines.
Elles chassent individuellement sur toute la hauteur de l’arbre, à la recherche de proies, et aussi au sol, aux alentours du nid. Ce sont des fourmis essentiellement insectivores mais qui se nourrissent aussi de sève de plantes et de nectar.
Une piqûre foudroyante [modifier]
Très connue en Amérique Centrale et du Sud, ces fourmis y sont craintes et respectées. La fourmi possède, pour se défendre, un long dard ; la piqûre est vraiment très douloureuse pour l'humain et son effet est instantané. Le venin, de la poneratoxine « un peptide neurotoxique » et de l'acide formique est particulièrement efficace. Elle est appelée « la fourmi 24 heures » dans certains pays pour signifier la durée des douleurs ressenties, mais, en fait, selon l'endroit où l'on est piqué, le temps de la douleur de la piqûre varie. La douleur qui irradie dans tout le membre touché, parfois accompagnée de spasmes, peut perdurer péniblement jusqu'à six heures, parfois encore plus. Très intense au début, elle diminue avec les heures. Cette douleur est la plus forte d'après l'échelle de la douleur de Schmidt.
Noms vernaculaires [modifier]
- Conga « les combattantes ».
- Ticondera « qui font mal avec leurs abdomens ».
- Bala au Costa Rica.
- Bullet Ant dans la littérature anglo-saxonne, « désigne la douleur semblable à une balle de revolver ».
- Fourmis flamandes en Guyane française.
- Fourmi 24 heures ou hormigas veinticuatro, « durée potentielle de la douleur ressentie ».
Culture [modifier]
Certaines populations indigènes amazoniennes du Brésil et de Guyane française comme les Wayana, les Wayãpi, les Apalai, les Satere-Mawe se servent de fourmis des genres Paraponera ou Dinoponera dans leur rite de passage ou rite initiatique pour les garçons, parfois les filles, au moment de la puberté. Ils confectionnent différents types de natte de feuillage ou de joncs ressemblant dans certain cas à un « plastron » et y insèrent une quinzaines ou plus de ces fourmis, parfois également des guêpes. Chez les Wayana et les Apalai, cette vannerie, richement décorée de plumes d'oiseaux, est appelée kunana ; elle est la « représentation d’un esprit puissant » et peut avoir une forme de poisson, d'oiseau ou d'écureuil. Cette vannerie est apposée sur la poitrine ou le dos du postulant durant plusieurs minutes. L'initié doit montrer sa capacité à résister à la douleur de la façon la plus stoïque possible. Dans d’autres populations, le jeune homme doit s’accroupir à proximité du nid de fourmis plaçant ses bras croisés près de l'entrée jusqu’à dix minutes. Le but de cette épreuve consiste également à affirmer son courage.
Liens externes [modifier]
- YouTube video of initiation ritual
- Référence Tree of Life Web Project : Paraponera (en)
- Référence Catalogue of Life : Paraponera (en)
- Référence ITIS : Paraponera Smith, 1858 (fr) ( (en))
- Référence Animal Diversity Web : Paraponera (en)
- Référence NCBI : Paraponera (en)
- The Satere-Mawe people of Brazil use intentional bullet ant stings as part of their initiation rites into manhood.