Mygalomorphae

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne les araignées. Pour les autres significations, voir Mygale.

Les mygales (du latin mus: souris) forment le sous-ordre des Mygalomorphae, les araignées orthognathes (Orthognatha), ce qui signifie que la base des chélicères est dirigée vers l'avant.

Le sous-ordre compte actuellement 15 familles, 321 genres et 2 651 espèces[1].

Mygalomorphae et Araneomorphae forment le groupe des Opisthothelae.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les mygales sont caractérisées par une articulation crochets-partie supérieure des chélicères qui se fait dans l'axe longitudinal du corps.

Au repos, les crochets ne se croisent pas et sont repliés parallèlement. Le corps des mygales est aussi beaucoup plus massif que celui des aranéomorphes et des mésothèles.

En remarquant que certaines mygales arrivaient à se stabiliser sur des substrats mouvants comme des plaques de verre glissant les unes sur les autres, des chercheurs ont pu montrer qu'elles produisent aussi de la soie via des « microtubules » répartis à l’extrémité de leurs pattes (tarses) quand elles sont en danger ou qu'elles glissent[2].
Sur les mues de ces araignées, le microscope révèle des tubules sécréteurs de soie, répartis sur la surface de contact du tarse.

Physiologie[modifier | modifier le code]

Mue[modifier | modifier le code]

Les mygales muent régulièrement.

De nombreuses espèces de Théraposidae tissent une toile spéciale lorsque sonne l'heure de la mue (ecdysis dans l'usage anglophone). Les araignées sont dépourvues de squelette interne (endosquelette) et ne possèdent qu'une cuticule qui joue le rôle de squelette externe (exosquelette). Les animaux à mue ont une croissance non pas linéaire, mais par "paliers". L'épiderme synthétise des protéines qui vont former une couche non cellulaire au niveau de la surface du corps, la cuticule. Cette couche est plus ou moins rigide, ce qui empêche l'organisme de croître. Ainsi, l'animal doit s'en débarrasser afin de continuer sa croissance grâce à un contrôle neuro-endocrinien.

Pendant leurs premières années de vie, les mygales muent tous les deux ou trois mois, à chaque stade de la croissance. Arrivées à l'âge adulte, elles ne changent de peau qu'une fois chaque année[3]. Les mâles, quant à eux, effectuent leur dernière mue, la mue imaginale, qui leur permettra d'attendre la maturité sexuelle. Ils ne mueront plus pour le reste de leur vie.

Nutrition[modifier | modifier le code]

Certains genres chassent à l'affut, cachées dans des terriers munis d'une porte[4]. Malgré leur taille, les mygales ne peuvent pas ingurgiter directement leurs proies. Après que les crochets ont inoculé le venin, les glandes maxillaires des araignées sécrètent de puissantes enzymes digestives qui dissolvent rapidement les organes intérieurs de leurs victimes, les transformant en bouillie nutritive. Les mygales aspirent ensuite le produit transformé qui passe successivement par la bouche, l'œsophage, le jabot aspirateur et l'estomac avant l'assimilation dans l'intestin[5].

Venin[modifier | modifier le code]

Le venin des mygales est puissant. En effet, celui-ci entraîne une paralysie immédiate de la proie et une mort rapide. Cependant, contrairement aux idées reçues, assez peu de morsures de mygales sont dangereuses pour l'homme. Chez certaines espèces le venin est néanmoins un puissant neurotoxique qui s'attaque au système nerveux périphérique, engendrant des signes locaux ou loco-régionaux (douleurs, oedèmes, faiblesse musculaire, anesthésies ou paresthésies) et parfois des signes généraux parasympathiques (hyper-salivation, nausées, bradycardie) Certaines espèces (Poecilotheria sp, Cyriopagopus sp, Stromatopelma sp) peuvent provoquer des signes généraux graves, avec des cas de comas. Une seule espèce (Atrax robustus) peut provoquer la mort, il y a eu des cas fatals avant 1980, date de la mise au point d'un anti-venin spécifique. La victime, en état de choc, connaît une chute de pression sanguine. Actuellement, l'administration de sérums anti-venin permet le traitement adéquat de ces morsures.

Outre le venin, il faut également considérer la blessure mécanique que peut provoquer les grands chélicères des plus grandes espèces (Theraphosa leblondi par exemple)

Parce que les mygales sont encore peu connues et que de nombreuses espèces restent encore à recenser, il est difficile de dire si certaines sont réellement mortelles pour l'homme. Toutefois, les études récentes montrent que les seuls symptômes observés sont, chez l'adulte et dans la majorité des cas, des douleurs et des vomissements.

Par ailleurs le venin des mygales est étudié pour ses applications pharmacologiques.

Distribution[modifier | modifier le code]

Les mygales ont principalement élu domicile dans les régions tropicales et subtropicales du globe, le plus souvent dans les forêts profondes et humides.

Elles sont présentes dans le Sud de l'Amérique du Nord (Mexique), en Amérique centrale, en Amérique du Sud (surtout en Amazonie), en Afrique (où elles sont plus petites), en Asie, en Europe (mygale maçonne, etc.) et en Australie[5].

Étude, élevage et adoption[modifier | modifier le code]

En France, le GEA (Groupe d’Études des Arachnides) est la seule association regroupant les passionnés d'arachnides (mygales, scorpions…), avec pour objectifs leur étude et leur élevage, afin de mieux les connaître et d'améliorer leur protection.

La mygale dans les NAC (Nouveaux animaux de compagnie)[modifier | modifier le code]

Les mygales sont des espèces qui figurent dans la liste des NAC, parmi les serpents et autres animaux de plus en plus demandés à l'adoption[6].
Il est très difficile de s'occuper d'une mygale. Les amateurs doivent respecter des règles strictes : la température doit être maintenue entre 26 et 32 °C, selon le moment dans la journée et dans l'année, et l'hygrométrie doit rester aux environs de 70 %[7]. Il faut, de plus, être titulaire d'un certificat de capacité délivré par la direction des services vétérinaires. Le venin n'est pas le seul danger de ces animaux, il faut également considérer la présence de soies urticantes et allergisantes que l'animal peut projeter si il se sent en danger (Theraphosidae du continent américain)

Liste des familles[modifier | modifier le code]

Liste des sous-familles[modifier | modifier le code]

Liste des genres[modifier | modifier le code]

Psalmopoeus irminia

Quelques espèces[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. The World Spider Catalog, Version 11.0
  2. Brève du Journal « Pour la science », p7 n° 405, Juillet 2011. ; citant Loïc Mangin, FC Rind et al ; j Exp. Biol. Vol 214, pp 1874-1879, 2011 ;
  3. Licence Biologie, cours de "Diversité et Évolution du monde vivant"
  4. Encyclopédie Larousse, article "Mygale".
  5. a et b Livre "Le grand spectacle du monde animal, sauvages ! La mygale", Time Life Ed.
  6. Mon quotidien
  7. « Animaux de terrarium, mygales »

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]