Luís Carlos Prestes

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Luís Carlos Prestes en 1936

Luís Carlos Prestes, Porto Alegre, 3 janvier 1898 - Rio de Janeiro, 7 mars 1990) était un militaire et homme politique brésilien, dont la vie fut tout entière tournée vers la défense de ses idées communistes.

Il fut secrétaire général du Parti communiste du Brésil (PCB), puis dirigea une scission de celui-ci, le Parti communiste brésilien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et début de carrière[modifier | modifier le code]

Prestes se forma en ingénierie à L'École militaire de la Praia Vermelha (actuel Institut militaire d'ingénierie) à Rio de Janeiro en 1919. Il fut ingénieur ferroviaire à la Compagnie ferroviaire de Deodoro, comme lieutenant jusqu'à sa mutation au Rio Grande do Sul.

Début du mouvement rebelle[modifier | modifier le code]

En octobre 1924, déjà capitaine, Luís Carlos Prestes prit la tête d'un groupe de rebelles dans la région de missions Santo Ângelo, au Rio Grande do Sul. Coupant l'encerclement des troupes gouvernementales, il se dirigea vers le nord jusqu'à Foz do Iguaçu. Dans la région sud-ouest de État du Paraná, le groupe en rencontra un autre venant de São Paulo et il se forma ce que l'on appellera la Colonne Prestes, avec 1 500 hommes. Ils parcoururent 25 000 km. Durant toute cette campagne, les pertes furent d'environ 750 hommes par le choléra, la fatigue et le manque de chevaux. Relativement peu d'hommes moururent au combat, comme Siqueira Campos, « mousquetaire » et ami de Prestes.

Les études en Argentine et en Union Soviétique[modifier | modifier le code]

Prestes, surnommé le « Chevalier de l’Espérance » alla étudier le marxisme en Argentine, où il s'était installé à la fin de l'année 1928. Là, il maintint des contacts avec les communistes argentins Rodolfo Ghioldi et Abraham Guralski, ce dernier étant alors le dirigeant de l'Internationale communiste (IC).

En 1930, il revient clandestinement à Porto Alegre, où il rencontre deux fois Getúlio Vargas. Bien qu'invité à commander militairement la Révolution de 1930, il refusa d'appuyer le mouvement.

Invité, en 1931, il va habiter en Union soviétique, y travaillant comme ingénieur et étudiant le marxisme-léninisme. En août 1934, le Parti communiste de l'Union soviétique le fait entrer dans le PC brésilien.

Après avoir été élu membre de la commission exécutive de l'Internationale Communiste, il revient au Brésil en 1934 dans la clandestinité, accompagné de l'Allemande Olga Benário, membre également de l'IC, qu’il épousa. Son but était de diriger une révolution armée au Brésil, commandée depuis Moscou.

Le Commandement de l'ANL et la déportation d'Olga[modifier | modifier le code]

Au Brésil, il trouva le nouveau mouvement Ação Libertadora Nacional - ALN, de caractère antifasciste et anti-impérialiste qui réunissait des militaires, lieutenants socialistes ou communistes, mécontents du gouvernement de Vargas. Même clandestin, le « Cavalier de l'Espérance » y fut chaleureusement acclamé comme président d'honneur de l'ANL durant sa première session à Rio de Janeiro.

Avec l'énorme croissance de l'ANL, qui le vénérait, et la reprise des contacts dans les milieux militaires, Prestes chercha à créer des bases en vue de la prise du pouvoir au Brésil. En juin 1935, il publia un manifeste incendiaire exigeant « tout le pouvoir » pour l'ANL et le renversement du gouvernement Vargas.

Vargas profita immédiatement de l'occasion et déclara l'ANL illégale ce qui n'empêcha pas Prestes de continuer à organiser ce qui fut connu plus tard comme l'« Intentona comunista » (tentative de mutinerie militaire).

En novembre, éclata l'insurrection dans les garnisons de l'armée à Natal, Recife et Rio de Janeiro (qui était alors le district fédéral), mais fut facilement et rapidement maîtrisée par Vargas, qui déclencha un violent processus de répression et d'emprisonnements.

En mars 1936, Prestes fut arrêté, perdit son grade de capitaine et commença une peine de prison qui durera neuf ans. Son épouse, enceinte fut déportée et mourut dans la chambre à gaz au camp de concentration de Ravensbrück. Sa fille, Anita Leocádia Prestes, naquit en prison en Allemagne mais fut récupérée par la mère de Prestes après une campagne internationale intense.

La fin de l'État nouveau, amnistie, et retour à la clandestinité[modifier | modifier le code]

Avec la fin de l'État nouveau, en 1945, Prestes fut libéré et élu sénateur. Il devint secrétaire général du PCB. L'enregistrement du Parti fut annulé et Prestes, de nouveau persécuté, retourna à la clandestinité.

En 1958, il fut à nouveau condamné à la prison, mais cette condamnation fut annulée par décision judiciaire.

Pendant la dictature militaire[modifier | modifier le code]

Après le coup d'État de 1964, par l'Acte institutionnel Nº 2, ses droits civils furent cassés pour dix ans.

Il s'exila en Union Soviétique pour ne pas être de nouveau arrêté. Il revint au Brésil, grâce à l'amnistie de 1979.

Les membres du PCB qui restèrent au pays durant la dictature militaire n'acceptèrent plus ses orientations, parce qu'ils les jugeaient rétrogrades, trop rigides et peu adaptés à l'époque. Ils lui retirèrent la direction du PCB. En opposition au comité central du parti, il publia la Lettre aux Communistes dans laquelle il défendait une politique agressive vis-à-vis de la dictature et une reconstitution du mouvement communiste au Brésil. En 1982, avec quelques militants, il quitta le PCB et mena un nouveau combat pour diverses causes dont le non payement de la dette extérieure du Brésil ou l'élection de Leonel Brizola en 1989.