Cravache

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne cravache. Pour les types d'instruments de torture, voir Fouet.
Cravache standard d'équitation

La cravache est un bâton utilisé par le cavalier en équitation en tant qu'aide artificielle ou instrument de punition.

Les cravaches sont plus ou moins longues, plus ou moins épaisses, de couleurs différentes, voire décorées de façon originale. Elles ont aussi des formes variées de poignée et de claquette. Certaines cravaches sont munies d'une dragonne qui permet de ne pas les faire tomber, mais qui s'avère gênante pour les changements de main. Une bonne cravache standard est équilibrée, munie d'une poignée anti-dérapante qui tient bien en main, avec une tige flexible et dynamique et avec une claquette souple et large. Un test simple : tenir très légèrement et à l'horizontale la cravache par la base de la poignée. Celle-ci doit rester parfaitement en équilibre.

Types de cravache[modifier | modifier le code]

Trois types de cravache existent :

  • Cravache standard : sa longueur est limitée à 75 cm. Elle est utilisée en saut d'obstacles. Elle est généralement en fibres de verre, recouverte de polyester. Elle est bon marché, et convient plutôt aux débutants, qui s'en serviront surtout pour maintenir l'impulsion et se faire respecter de leur monture.
  • Cravache d'obstacle : Elle est beaucoup plus courte, (40 à 50 cm), plus épaisse, et sa claquette est beaucoup plus large (env 5 cm). Elle ne dispose pas de dragonne. Sa petite taille empêche une action précise, mais elle est très peu encombrante. On l'utilise aussi en course (pour ne pas gêner les autres concurrents) et en cross (les obstacles sont parfois sautés de manière acrobatique, il est plus facile de gérer une petite cravache).
  • Cravache de dressage : elle est longue, fine, souvent de couleur noire et n'a pas de dragonne. Son rôle est d'agir sur les hanches du cheval, donner une indication au niveau des jarrets ou l'inciter à mobiliser davantage son arrière-main. La cravache de dressage peut être une houssine, longue badine en bois de houx ou de noisetier.

La cravache ne doit pas être confondue avec la chambrière qui est utilisée en travail à pied. La cravache est un petit fouet qui ne doit être utilisé que par des cavaliers confirmés, maîtrisant bien les aides.

Fabrication[modifier | modifier le code]

Fouet de dressage (dessus) et fouet de chasse (dessous).

Elle est composée de trois parties :

  • Une poignée munie d'un étui antidérapant ;
  • Une tige, en plastique souple ou en fibre de verre ;
  • Une claquette située à l'extrémité,qui sert à faire avancer le cheval au moment qu'on cravache le cheval. Une large claquette procure un bruit plus impressionnant tout en faisant un peu moins mal.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Sports équestres[modifier | modifier le code]

La cravache a plusieurs rôles :

  • Renforcer l'autorité du cavalier : beaucoup de chevaux travaillent davantage rien qu'à la vue d'une cravache tenue par le cavalier. Des petits et brefs coups de cravache sur l'épaule, sans relâcher le contact des rênes avec la bouche, stimulent le cheval en cas d'hésitation. De même, la cravache permet de remettre aux ordres votre monture. Pour ce faire, donnez un coup de cravache derrière votre mollet.
  • Corriger le cheval : en cas de désobéissance ou de mauvaise volonté persistante, le cavalier donne un coup de cravache sur le flanc par une action ferme. La punition doit se produire dans les deux secondes de la faute.
  • Donner une « leçon de jambe » : cette action éducative consiste à fermer ses jambes pour obtenir un mouvement en avant du cheval. En cas de réponse insuffisante, un petit coup de cravache est donné derrière la jambe du cavalier, les rênes étant tenues dans une main pour laisser au cheval la liberté d'avancer. Si le cheval obéit, flattez le. Si sa réaction est lente, recommencez, en donnant un coup sur les fesses de l'équidé cette fois.

La cravache reste l'un des seuls instruments de correction disponibles pour le cavalier face à un cheval qui refuse la soumission. Certains chevaux répondent fortement à la cravache en donnant une ruade. Dans ce cas, persistez et donner un coup de cravache sur le flanc de votre cheval. Vous ne devez jamais laisser le cheval avoir le dernier mot[réf. nécessaire]. Dans les faits, la cravache sert peu sauf par son action psychologique. Des traces de coups ne doivent pas être trouvées sur le corps. La cravache est interdite en compétition de dressage sauf en monte amazone.

Réglementation[modifier | modifier le code]

L'utilisation de la cravache est réglementée. En sport hippique, par exemple, le jockey de course de plat est limité à huit coups. Les sanctions sont assez légères, Olivier Peslier n'ayant été suspendu qu'une journée pour avoir utilisé quatorze fois sa cravache au Prix de l'arc de triomphe. En concours de saut d'obstacles, la fédération équestre internationale limite le nombre de coups à trois et peut décider de sanctions, comme celle de l'Américain Michael Morrissey condamné à trois mois de suspension et 5000 euros d'amende pour avoir donné treize coups à son cheval[1].

BDSM[modifier | modifier le code]

La cravache est encore actuellement perçue et utilisée en tant que symbole de domination durant les activités sadomasochistes. Ce matériau est également le seul lien évident dans la scène stéréotypée fétichiste. En règle générale, la cravache sert à punir le soumis ou la soumise dans un cas éventuel de désobéissance.

Controverses[modifier | modifier le code]

L'utilisation de la cravache sur le cheval est controversée. Alors que de nombreux utilisateurs jugent son action indolore (France Galop ne la considère pas comme dangereuse[1]), l'étude vétérinaire de l'australien Paul McGreevy met en exergue la souffrance qu'elle peut provoquer chez le cheval, et son inadéquation avec la protection animale. La retransmission des courses hippiques banalise son utilisation et en fait, d'après lui, « la forme de violence la plus publique ». En sport hippique comme en équitation western, l'utilisation de la cravache n'entraîne pas davantage de victoires (certains Pur sangs champions, comme Black Caviar, n'en ont pas besoin), le Pur Sang étant déjà issu d'un élevage sélectif qui le pousse à galoper le plus vite possible. Au contraire, l'utilisation de la cravache sur un cheval trop fatigué pour accélérer soulève des questions éthiques. Les analyses montrent que plus de la moitié des coups de cravache donnés durant les derniers 200 mètres d'une course touchent le cheval, que 64 % des impacts se font par la partie non-rembourrée, et que la plupart des coups laissent une marque visible sur le corps de l'animal[2].

La plupart des autorités estiment que même si le cheval reçoit des coups pendant la course, l'adrénaline libérée dans son organisme le rend insensible. Cet avis n'est pas partagé par l'étude vétérinaire, d'après laquelle un coup de cravache mal placé entraîne des inflammations, et donc une douleur qui persiste après la course. Les cravaches « anti-douleurs » ne seraient pas efficaces[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Lessé-Lasserre 2013, p. 65
  2. Lessé-Lasserre 2013, p. 64

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fédération Française d'Équitation, Être Cavalier Galop 5, 6, 7, Lavauzelle, Paris, 2005 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles[modifier | modifier le code]

  • Christa Lessé-Lasserre, « Sur les traces de la cravache », Cheval magazine, no 502,‎ septembre 2013, p. 64-35

Articles connexes[modifier | modifier le code]