Diffusion audionumérique

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En bleu : pays équipés de systèmes DAB, DAB+, ou DMB fin 2010[1]

La diffusion audionumérique (en anglais : digital audio broadcasting, DAB) est un système de radiodiffusion numérique standardisé développé par le projet européen Eureka 147 regroupant des diffuseurs, constructeurs, centres de recherches et opérateurs.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Elle se caractérise en bref par :

  • transmission audionumérique utilisant le système de compression du son MPEG-1/2 Layer II qui appartient à la même famille de standard que le MP3 (Layer III). L'enregistrement de fichiers sonores en MP3 sur des cartes mémoires flash ainsi que les fonctions de Pause-Rembobinage sont disponibles dans la majorité des récepteurs DAB récents ;
  • un émetteur émet un bouquet de chaînes plutôt qu'une seule chaîne. On appelle ce bouquet un ensemble ou multiplex. Le bouquet peut être organisé librement par le diffuseur ;
  • la modulation utilisée est le DQPSK sur une largeur de bande de 1,536 MHz. Une redondance temporelle de 384 ms est incluse dans le transport des données, ce qui permet une excellente immunité aux chutes brutales de signaux lors de passages sous des trémies par exemple. Le signal est composé d'un canal de signalisation nommé FIC et d'un canal pour les programmes nommé MSC. Chaque programme peut se voir attribuer une protection propre, ce qui permet une optimisation importante du spectre. En stream audio (DAB), il existe 5 niveaux de protection. En données, il existe 4 niveaux de protection ;
  • le système est prévu pour fonctionner dans les bandes de fréquences VHF (ondes ultra courtes) et plus haut dans les bandes UHF. Il est donc prévu pour une diffusion à l'échelle locale, régionale ou nationale ;
  • émission à large bande dans des nouvelles bandes de fréquences. Un émetteur occupe un quart de la place d'un émetteur TV analogique, soit 1,536 MHz de largeur de bande. À ce stade en Europe (2004), les fréquences disponibles pour le DAB se situent dans les bandes : bande III et bande L ;
  • système normalisé. Le texte de la norme est disponible à l'ETSI, réf. EN 300 401, et téléchargeable gratuitement. Plusieurs fabricants proposent ainsi des récepteurs et l'équipement professionnel nécessaire à la diffusion ;
  • système évolutif : il constitue le cœur du système DMB de diffusion multimédia vers des récepteurs nomades qui permet la réception de télévision mobile (MPEG 4 AVC pour la vidéo et HE-AAC V2 ou BSAC pour l'audio) et de radio numérique (DAB MPEG Audio Layer II) ou HE-AAC V2 en DAB+.

Par rapport à la diffusion radio analogique en FM sur les ondes ultra-courtes, le DAB offre un certain nombre d'avantages :

  • qualité audionumérique, équivalente à celle des baladeurs MP3. Absence de bruit de fond dû à une réception moyenne ou aux perturbations ;
  • fonctionnalités audio nouvelles : mise en Pause et Reprise du son. « Rembobinage » du son de la radio. Enregistrement en MP3 ;
  • augmentation du nombre de stations par rapport à la bande FM ;
  • réseau à fréquence unique. Tous les émetteurs d'un certain bouquet de stations peuvent être synchronisés sur la même fréquence centrale d'où une économie substantielle de fréquences ;
  • facilité de recherche de stations. Il n'est plus nécessaire de connaître les fréquences pour chaque région. Les récepteurs assurent un suivi automatique des changements de fréquences, ce qui existe cependant déjà en analogique avec le Radio data system (RDS) ;
  • données associées aux programmes : texte défilant, images, informations diverses, sites web ;
  • ajout d'autres services possibles : transferts de données numériques diverses, vidéo ;
  • robuste face aux perturbations lors d'utilisation en réception mobile (voiture, train) y compris à très haute vitesse ;
  • la consommation moyenne des récepteurs du commerce est faible et comparable à celle d'un baladeur MP3 avec des durées de fonctionnement continues sur batteries allant de 5 heures à 48 heures.
  • l’ajout d'autres services possibles : transferts de données numériques diverses, vidéo, info-trafic, météo.

Dans tous les cas, le DAB nécessite que les auditeurs fassent l'acquisition d'un nouveau récepteur. Les premiers récepteurs ont fait leur apparition sur le marché en 1998. À fin 2003, environ 60 récepteurs différents étaient disponibles, 250 à fin 2004, environ 1 000 modèles au premier trimestre 2007. La diffusion a déjà commencé dans plusieurs pays d'Europe, au Canada et également en Corée mais c'est en Angleterre que le DAB connaît son plus grand succès avec 3 millions de récepteurs vendus à fin 2005 et un dépassement cette même année par rapport aux ventes de récepteurs FM. En 2006, les fabricants de récepteurs se sont orientés vers le multistandard permettant à l'auditeur de pouvoir écouter toutes les normes européennes (DAB/DMB et DRM essentiellement).

Un organisme a été fondé : le Forum WorldDAB, renommé WorldDMB depuis 2007[2], pour la promotion du DAB dans le monde, des évolutions du système et pour favoriser les échanges dans le monde des diffuseurs et constructeurs. Par exemple, un accord a été conclut avec le consortium du système Digital Radio Mondiale (DRM) de radiodiffusion numérique pour les ondes courtes, moyennes et longues afin que les constructeurs proposent à l'avenir des postes hybrides DAB/DRM à la manière des postes FM/AM actuellement.

Évolution de la norme[modifier | modifier le code]

T-DMB[modifier | modifier le code]

Depuis 2005, une extension du DAB a été normalisée à l'ETSI permettant également de diffuser, en plus de l'audio, de la vidéo au format MPEG-4 part 10. Cette nouvelle norme permet la réception de programmes télévisés sur des appareils de petites dimensions en portatifs ou mobiles. Ce complément de norme s'appelle le T-DMB.

DAB+[modifier | modifier le code]

Depuis début 2007, le DAB permet également de transporter des flux audio au format HE-AAC V2. Le nom commercial de ce complément est DAB+. Ce format de compression audio offre un bien meilleur rapport qualité/compression que le MPEG-1/2 Layer II choisi à l'origine pour le DAB, et permettra ainsi d'offrir un plus grand choix de radios et/ou une meilleure qualité d'écoute.

Inconvénients[modifier | modifier le code]

Si les deux évolutions citées ci-dessus présentent chacune des avantages, elles ne sont par contre pas rétro-compatibles avec la norme DAB originale. Cela provoque un inconvénient majeur pour les personnes s'étant déjà équipé en matériel DAB, puisqu'il faudra à nouveau changer de récepteur. Ces appareils restant encore relativement chers, cela ne va pas aider à la démocratisation de la radio numérique qui peine à s'imposer dans certains pays.

En ce qui concerne le DAB+, les récepteurs seront tous compatibles avec le DAB traditionnel. Il sera donc possible de recevoir indistinctement des radios diffusées en DAB ou DAB+ avec la nouvelle génération de récepteurs.

Par contre, en ce qui concerne le T-DMB, la norme est très différente du DAB puisqu'elle inclut la diffusion de vidéo. Cette norme a d'ailleurs été développée principalement dans ce but. La bande passante pour les programmes radio s'en trouve de ce fait réduite. Le choix de la France pour ce mode de diffusion provoque donc une controverse et il n'est pas sans rappeler l'isolement que représentait la norme de télévision analogique SECAM parmi tous les autres pays d'Europe de l'Ouest qui avaient opté pour le PAL. En effet, s'il existe des récepteurs pouvant recevoir le T-DMB et le DAB/DAB+, leur prix sera plus élevé du fait qu'ils intégreront deux technologies différentes.[réf. nécessaire]

Offre radio proposée[modifier | modifier le code]

Drapeau de la Belgique Belgique[modifier | modifier le code]

Drapeau de la France France[modifier | modifier le code]

Des expérimentations sont en cours en T-DMB et également en DAB+. À l'initiative du GRAM (Groupement des Radios Associatives de la Métropole Nantaise), le premier pylône destiné à diffuser de la radio numérique terrestre a été installé mardi 18 mai 2010 à Nantes. Il permet la diffusion à titre expérimental d'un bouquet de programmes radio sur un multiplexe T-DMB ( 2 programmes) et DAB+ (12 programmes: RFI, Radio FG, Evasion.Net, TSF Jazz, Ouï FM, LCI Radio, SUN, Jet, Euradio, AlterNantes, Prun', Fidélité).

La T-DMB est aussi à l'essai à Paris et Lyon.
Pour Lyon, il existe trois sites d'émission :

  • La Tour Métallique de Fourvière (puissance 2 kW) = RTL, Europe 1, Inter, RMC, Jazz Radio, Radio Classique, Espace et Espérance ;
  • Le Mont Cindre et le site 23bis, rue Roger Radisson (puissance respective de 3,2 kW et 700 W) : Radio FG, Nova, Africa 1, France Magrheb 2, Impact FM, MFM, Oui Fm, R107.7, Latina Fm, Orient, Scoop, Sol FM, Sud Radio et RCF.

D'autres expérimentations sont conduites en DRM (Digital Radio Mondiale), en particulier depuis l'émetteur de Saint-Gouéno, en Bretagne. Ces tests sont les premiers de grande envergure conduits en France. La société Littoral Média, propriétaire du centre émetteur, est aussi la société éditrice de la radio régionale Littoral AM.
La technologie est utilisée partout en Europe.

Actualité : Les premières villes à bénéficier de la radio numérique terrestre seront Paris, Marseille et Nice. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a fixé le calendrier, elle sera disponible d'ici fin 2013.

Drapeau de la Suisse Suisse[modifier | modifier le code]

L'offre DAB en Suisse est composée de quatre ensembles spécifiques à chaque région linguistique et diffusant chacun entre 12 et 13 radios du service public (SRG SSR idée suisse). Ces ensembles diffusent des radios aux normes DAB et DAB+, dont plusieurs ne sont pas disponibles en FM.

Le 15 octobre 2009, un 2e ensemble mixte privé/public a été lancé en Suisse alémanique. Un ensemble similaire a vu le jour le 16 avril 2014 en Suisse romande. Les radios proposées dans ces ensembles sont toutes en norme DAB+. Avec ces deuxièmes ensembles, les régions romandes et alémaniques proposent un peu moins de 30 stations en 5 langues.

Progressivement depuis 2014, un "3e ensemble", comportant une quinzaine de stations, est créé par région. C'est déjà la cas à Genève depuis mai 2014, ce sera le cas en Valais en septembre 2014. Ainsi, les auditeurs disposent d'une cinquantaine de stations.

La Suisse a opté pour une transition totale vers le DAB+ d'ici 2015.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) WorldDMB Forum, Country Information for DAB, DAB+ and DMB
  2. (en) www.worlddab.org

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]