Crux-la-Ville

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Crux-la-Ville
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Nièvre
Arrondissement Nevers
Canton Saint-Saulge
Intercommunalité Communauté de communes Cœur du Nivernais
Maire
Mandat
Jean-Marie Gatignol
2014-2020
Code postal 58330
Code commune 58092
Démographie
Population
municipale
424 hab. (2011)
Densité 9,3 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 09′ 42″ N 3° 31′ 19″ E / 47.1616666667, 3.52194444444 ()47° 09′ 42″ Nord 3° 31′ 19″ Est / 47.1616666667, 3.52194444444 ()  
Altitude Min. 246 m – Max. 398 m
Superficie 45,56 km2
Localisation

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Crux-la-Ville est une commune française, située dans le département de la Nièvre en région Bourgogne.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune se situe à 34 km au nord-est de Nevers (41 km par la route), quasiment en plein centre du département de la Nièvre. Elle se situe à 7 km au nord de Saint-Saulge, chef-lieu de canton. L'Aron, qui se jette dans la Loire à Decize après un parcours de 68 km, y prend sa source au niveau de l'étang d'Aron (alt. 280 m).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Moussy Saint-Révérien Vitry-Laché Rose des vents
Saint-Franchy N Bazolles
O    Crux-la-Ville    E
S
Saint-Saulge Saint-Maurice

Histoire[modifier | modifier le code]

Deux vestiges de voie romaine se trouvent sur la commune, dans les bois de Crux, et entre la commune de Moussy et le domaine des Perrières. Une mosaïque fut découverte par un cultivateur qui nivelait son pré au Guérignault en 1871, à 20 mètres de la rivière Aron, à 35 cm de profondeur. Partiellement détruite par le propriétaire, elle fut préservée et recouverte après l'intervention de l'abbé Boëre, curé de Crux-la-Ville[1].

La commune se composait des 2 paroisses de Crux-la-Ville et Crux-le-Châtel, qui ne formaient qu'une seule seigneurie importante, et qui donna son nom à une ancienne famille. L’Évêque de Nevers, Bernard de Saint-Saulge, reconnaît dans des lettres de 1161, adressées au moine Bernard II, que les églises de Cruso-Villa et de Cruso Castro appartiennent bien à l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, dont il est l'abbé[2].

Il est fait mention de Crux Villa et Crux Castrum dans le registre-terrier de l'évêché de Nevers, datant de 1287[3].

L'histoire de Crux-la-Ville se confondit durant de nombreux siècles avec celle de la famille de Damas. En 1362, Hugues Damas, seigneur de Marcilly, devint seigneur de Crux par son mariage avec Philiberte de Crux. Une branche de la famille de Damas porta le nom de cette seigneurie qui fut érigée en comté au XVIIe siècle siècle.

Comme le démontre André Bossuat[4], les serfs de Crux refusèrent au XVe siècle les tailles et les corvées que leur seigneur, Jean Damas, exigeait d'eux. Ils les jugeaient excessives et déraisonnables :

  • ceux qui possédaient bœufs et chariot devaient transporter le bois de chauffage au château ainsi que les provisions nécessaires, le vin, le grain, et même des pierres pour les réparations des bâtiments, et cela autant de fois que nécessaire ;
  • ceux qui n'avaient ni bœufs ni chariot apportaient une charge de bois sur leurs épaules ;
  • les serfs devaient une corvée d'un jour pour faucher les prés du seigneur ;
  • ceux qui ne savaient pas faucher étaient employés à faner ;
  • ils devaient cultiver les vignes et y faire toutes les façons nécessaires ;
  • les habitants des Bordes devaient faire des haies dans la forêt et les entretenir pour permettre au seigneur de chasser plus commodément, ce qui les dispensait d'ailleurs d'autres corvées.

La taille était levée 2 fois par an par Jean Damas : à la Saint-Barthélémy et au mois de février.

Le seigneur exigeait également à titre de "champeage" une poule, un chevreau, de ceux qui élèvent des chèvres, un oison de ceux qui ont des oies, 4 deniers pour un veau et un porcelet de ceux qui élèvent des porcs. Les habitants lui doivent encore les dîmes des veaux et pourceaux nourris au lait, soit un denier par veau mâle et une obole par femelle, plus un porcelet sur dix.

Ceux qui se mariaient dans l'année devaient au seigneur un gâteau fait d'un demi-boisseau de froment et deux poules.

Enfin, ils étaient astreints au service du guet, jour et nuit, aussi souvent que le seigneur le jugeait utile.

Le procès qui débuta en 1440 s'acheva en 1464 par un arrêt du Parlement.

Au XVIIe siècle et XVIIIe siècle siècles, les châtelains font œuvre "d'aménagement du territoire" en créant la Rigole de la Vaucreuse, qui alimente Paris en bois de flottage.

À la fin du XIXe siècle siècle, la rigole d'Aron est tracée, destinée à alimenter le canal du Nivernais.

La commune fut rebaptisée Aron-la-Montagne à la Révolution.

Le site est riche en bois et forêts, investis par les résistants durant la Seconde Guerre mondiale. Les maquis y sont alors nombreux, parmi lesquels figurent Mariaux, Daniel ou encore Camille. Du 12 au 17 août 1944 eut lieu une bataille au cours de laquelle 1 500 Allemands appuyés par de l'artillerie et de l'aviation ne réussirent pas à réduire 800 maquisards[5] encerclés. Ceux-ci, aidés par les FFI du Morvan et les FTP du Val de Loire, décrochèrent après avoir fait subir des pertes sévères à l'armée allemande.

Transports[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, la commune fut traversée par la voie ferrée reliant Nevers à Corbigny, via Saint-Saulge. 2 gares existaient : Ligny et Cloiseau. L'exploitation de cette ligne dura de 1905 à 1939. Si le nombre de billets délivrés à Crux-la-Ville s'élevait à 5 100 en 1930, il tomba à 2 600 puis 2 080 en 1933 et 1934, victime de la concurrence automobile. En effet, en 1915, le train mettait 2 heures et 45 minutes pour aller de Nevers à Crux, et il fallait rajouter 1 heure et 12 minutes pour atteindre Corbigny.

Petite Histoire[modifier | modifier le code]

  • Le 18 octobre 1685, Louis XIV révoque l’Édit de Nantes, et interdit aux protestants de pratiquer leur religion « en attendant qu’il plaise à Dieu de les éclairer comme les autres. » Et trois jours plus tard à Crux-la-Ville…
« Ce jourd’huy vingt un du mois d’octobre 1685, Jean Jallot âgé d’environ 30 ans, natif de la ville de Sancerre, domestique du Sieur Vignault, fermier de Crux, a renoncé à l’hérésie de Calvain et fait profession de la religion Catholique, Apostolique et Romaine, et a reçu l’absolution publiquement de son péché d’hérésie par moy soubsigné Curé de Crux le Chatel en ayant eu la permission de Monseigneur le Grand Viquaire de Monseigneur Notre Évêque de Nevers, en présence de Messire Jean Frachot, prestre curé de Saint-Franchy, Joseph Rapine, curé de Saint-Martin, Messire Denis Vignault, Fermier de Crux, de François Delaveyne, greffier dudit Crux, d’Imbert Pelle, praticien, et de Saulge Camus, marchand. »
  • L’abbé Fleury, curé de Crux-le-Chatel, met en lumière en 1765 un migrant (volontaire ?) bien éloigné de sa terre natale…
« Ce jourd’huy deux juin 1765 le nommé Cacambo nègre de la Guinée âgé d’environ quinze ans nous ayant esté confié pour l’instruire dans la religion catholique apostolique et romaine et après avoir reconnus dans luy le désir et les dispositions prochaines pour estre bon chretiens a esté baptisé et nommé Louis Estienne par Monsieur l’Abbé de Damas vicaire général de Monseigneur l’Evesque de Nevers chanoine et grand chantre de l’église cathédrale dudit Nevers, a eu pour parrain hault et puissant seigneur Messire Louis Estienne François Damas, Comte de Crux, baron de Demain, seigneur de la Colancelle et autres lieux, colonel du régiment de Limousin infanterie, chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis et pour marraine haulte et puissante dame Dame Marie Louise de Menou veuve de hault et puissant seigneur Messire Louis Alexandre Damas, la ditte dame représentée par Damoiselle Louise Christine Garnier épouse de Jean Gaudry sorti en maistre d’hotel de la maison de Crux et bourgeois actuelment de Crux le Chatel. Fleury, curé de Crux-le-Chatel »
  • On trouve cette note du maire Gilbert Torterat dans le registre d'état-civil de l'année 1815.
« Les troupes alliées sont entrée dans ce département à la fin de juillet 1815, au nombre d’environ 20 000 hommes. La fin de leur départ s’est opéré environ le 17 octobre suivants. Cette commune en à nourrit depuis le 28 juillet jusqu’au 6 octobre ; elle a eu la première fois deux compagnies de cavalerie qui formoient 220 hommes ; elle a tenu aussy pendant 43 jours consecutives environ 200 hommes d’infanterie. Elle a dépensé tant en fourniture pour les troupes stationnés dans son enceinte que pour requisitions à fournir dans les villes voisines, telles que St Sauge et Nevers, une somme de plus de 33 000 francs. »

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2014 en cours Jean Marie Gatignol    
mars 2008 mars 2014 Hubert Merland   Retraité
juin 1995 mars 2008 Jean-Marie Gatignol
1977 1995 Paul Cointe
1965 1977 Alexis Marceau
1958 1965 Michel Droin
1943 1958 Bernard Magnien
1935 1943 Jérôme Cougnard
1929 1935 Pierre Lucier Républicain
1900 1929 Antoine Cougnard Socialiste effectif
1892 1900 Edme Bouton
1882 1892 Antoine Blandin
1881 1882 Dominique Terriot
1865 1881 Raoul Etienne Audebal
1848 1865 Simon Léger
1822 1848 Pierre Peuvot
vers 1813 1822 Gilbert Torterat
1808 vers 1813 Louis Germain Normand
1800 1808 Guillaume Bernard
1792 1800 Pierre Bernard

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 424 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 612 1 313 1 956 1 822 2 016 2 028 1 997 2 106 2 007
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 953 1 857 1 870 1 819 1 723 1 620 1 667 1 639 1 555
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 482 1 376 1 289 1 045 991 980 897 856 767
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
674 624 505 451 413 453 415 424 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Selon les registres paroissiaux de Crux, le moulin, dont la roue a été reconstruite en 1995, était en fait un "foulon" (moulin à foulon). Le foulonnier était l'artisan qui faisait passer les draps (les foulait) dans des cylindres métalliques pour les comprimer et les rendre plus serrés. La famille Geoffroy était propriétaire des lieux aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle siècles.

  • Église Saint-Nazaire (1864)

Elle contient une toile intitulée "l'Ange Gardien" du peintre Philippe de Champaigne[8] (1654) et une plaque de 1763 portant une épitaphe latine à la mémoire d'un membre de la grande famille des Damas-Crux.

  • Chapelle Saint-Thomas :

Le pouillé (inventaire) du diocèse de Nevers faisait mention de cette chapelle dont il ne restait déjà plus que des ruines au XIXe siècle siècle (cf. "Statistique Monumentale du Département de la Nièvre" de Georges de Soultrait - 1852). Cette chapelle est mentionnée une seule fois dans les registres paroissiaux de Crux avec le décès de l'ermite qui y demeurait.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bulletin de la Société nivernaise des sciences, lettres et arts - Seconde série - Tome Cinquième - 1872.
  2. Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun: Charte N° XVII.
  3. Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts - Seconde série - Tome Quatrième - 1870.
  4. Le servage en Nivernais au XVe siècle d'après les registres du Parlement. André Bossuat. Bibliothèque de l’École des Chartes. 1959. Volume 117.
  5. Principalement des corps francs Vengeance, Cf. "Bataille de Crux-la-Ville (12-17 Août 1944)" par Hubert Cloix
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  8. Malgré la signature, les auteurs du catalogue de l'exposition À l'école de Philippe de Champaigne Évreux, musée d'Évreux, 2007-2008, pensent qu'il s'agit d'une production typique de l'atelier, note 20, page 133 du catalogue cité.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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